Le Mondial de football en Afrique

13/06/2010
Le Mondial de football en Afrique

Les medias des pays développés s’émerveillent. Comment cela est-il possible ?

Ils croyaient l’Afrique vouée à la misère et à l’assistance, à la dictature et aux coups d’Etat.

Ils découvrent une Afrique ardente, fière et conquérante. Il est vrai que la tenue de la Coupe du monde en Afrique est la plus belle des vitrines que le continent pouvait espérer.

Le pays d’accueil est à lui seul un symbole : un pays débarrassé de l’apartheid grâce à Mandela et à de Klerk, un pays certes encore prisonnier de ses zones de pauvreté, ravagé par la violence mais rassemblé, créatif, prêt à gagner le pari du développement et qui, à lui seul pèse 40%de la richesse du continent.

Et quelle incomparable publicité pour toute l’Afrique !

Sans forcer le trait, c’est, à son échelle, une sorte de chute du mur de Berlin .Voici un continent qui s’ouvre au monde extérieur, qui dispose de forces d’innovation et de travail incomparables et qui, conforté par ses richesses naturelles, est un des dragons de l’économie de demain.

Certes, tout n’est pas rose.

Les vedettes africaines du football se produisent dans les clubs des pays développés et non dans leurs Etats d’origine qu’ils ne retrouvent que dans ces évènements exceptionnels.

Certes le club privé des grands entraineurs n’accueille en son sein aucun africain. Il est vrai aussi que le démon de la corruption est aussi souvent présent dans la famille ‘’footeuse’.

Le talentueux gardien de but camerounais, Antoine Bell, a remarqué : "Dans le football français, on peut s'attendre à ce que 10% de l'argent disparaisse, en Afrique c'est de l'ordre de 90%".

Si les scandales n’ont épargné ni la France, ni l’Italie, il faut cependant reconnaître que le football africain connaît ses fédérations vénales, ses matches truqués. La récente dérive de la Fédération africaine lors de l’attaque des joueurs togolais dans le Cabinda donne à réfléchir.

Additionnant toutes ces faiblesses le Guide libyen, le colonel Kadhafi s’en est pris vivement avec sa verve et son franc parler habituel au Mondial. Il a qualifié la Fifa de "mafia mondiale" et d'organisation corrompue", et il l’a accusée de "trafic d'êtres humains et de faire renaître l'esclavage", en "achetant des joueurs de pays pauvres pour les mettre dans des camps (centres de formation) dans les pays riches pour les vendre par la suite".

Si la décolonisation du foot reste à faire, gageons cependant que le Mondial y contribuera.

La force principale de l’Afrique c’est en effet son capital humain, sa joie de vivre et son impatience d’exister. Les buts que marquera l’Afrique dans l’opinion internationale avec ce Mondial seront, sans aucun doute, encore plus prometteurs que ceux des joueurs.

Koffi Souza

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