Le sort de la démocratie en Afrique : à propos de l’urgence en Centrafrique

12/12/2013
Le sort de la démocratie en Afrique : à propos de l’urgence en Centrafrique

La dislocation de l’Etat en Centrafrique et les problèmes de la sécurité en Afrique  ont été au centre de la réunion à Paris le vendredi 6 et le samedi 7 décembre entre le président François Hollande et une quarantaine de dirigeants africains , une occasion pour le chef de l’Etat français d’expliquer sa nouvelle politique africaine et pour les Etats africains de mesurer le poids de leurs responsabilités.

LA NOUVELLE POLITIQUE AFRICAINE DE PARIS

La France ne souhaite pas se mêler de la politique interne des Etats africains. Elle ne veut pas interférer dans le choix démocratique des peuples africains .

Elle ne souhaite pas davantage se comporter comme le gendarme de l’Afrique francophone chargé de veiller à la sécurité des populations .C’est sur  ces Etats et leurs organisations internationales que repose le soin d’intervenir si besoin est.

L’action, de la France ne peut être que supplétive, La résolution votée par l’Onu sur présentation de la France est conforme à ce modèle théorique.

Le Conseil de Sécurité "autorise le déploiement" de la force africaine présente en RCA (Muisca) "pour une période de douze mois", avec une clause de révision à six mois, afin de "protéger les civils et rétablir l'ordre et la sécurité (...), stabiliser le pays (...) et créer les conditions propices à la fourniture d'aide humanitaire..."

Par ailleurs, le Conseil de Sécurité "autorise les forces françaises en RCA, dans la limite de leurs capacités et de leurs zones de déploiement, et de manière temporaire, à prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca dans l'accomplissement de son mandat" et demande à Bangui et aux pays voisins de soutenir leur action.

La force française n’est bien ainsi que supplétive de celle des Etats africains

LA REALITE SUR LE TERRAIN 

L’action africaine étant lente à se mettre en mouvement, c’est sur la France que repose l’initiative militaire et les populations ne s’y trompent pas qui accueillent les soldats français en libérateurs .Il faudra voir, au fil des mois, si cette quasi exclusivité française se maintient ou si les forces africaines sont en situation d’assumer le relais.

Le risque est évidemment que la France ne se retrouve partie à un conflit intérieur et qu’après les clameurs de reconnaissance ,elle ne reçoive les critiques de néo colonialisme qui sont  toujours prêtes à surgir face à une armée étrangère.

 Ce serait particulièrement injuste alors qu’aujourd’hui on reprocherait plutôt à la France d’être intervenue trop tard.

Il est vrai que le problème se pose de l’attitude à adopter lorsque la situation intérieure se dégrade dans un pays africain de l’espace francophone

QUELLE POLITIQUE PREVENTIVE

Là se situe le véritable problème :comment éviter qu’apparaissent des situations de conflits internes qui mettent en péril les populations.

 La démocratie africaine est loin d’être  enracinée .Les oppositions sont souvent irresponsables appelant à la désobéissance, n’ayant comme programme que la conquête du pouvoir. Les majorités sont trop souvent prédatrices et absolutistes . Il y a  un heurt profond entre la démocratie occidentale que l’Europe veut imposer aux Etat africains et les modes traditionnels de gouvernement qui reposent sur la large place faite aux palabres, aux délibérations, au consensus. Dés lors, les abus de pouvoir de la majorité ou les appuis accordés aux oppositions conduisent à des rébellions, des dissidences, des révoltes, des sécessions.

Il convient donc d‘imaginer des structures de pouvoir participatives permettant à chacun de s’exprimer et de peser sur les décisions Mais il faut le faire sans détruire l’autorité du pouvoir . C’est un équilibre difficile à trouver.

Et si un déséquilibre apparait , le problème se pose de savoir à  partir de quel moment une intervention extérieure est souhaitable. Elle doit être suffisamment précoce et ne    pas donner l’impression d’avantager un des camps en présence .Encontre faut-il qu’une force d’intervention africaine soit opérationnelle. On comprend dans ces conditions que souvent , comme ce qui se passe en Centrafrique, que ce soit l’ancien colonisateur qui dispose de la connaissance du terrain et des moyens pour une intervention d’urgence : intervention nationale -lourde et périlleuse- même si elle revêt l’habit onusien ou africain. 

Koffi SOUZA

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