Les incertitudes du Davos africain

04/05/2017
Les incertitudes du Davos africain

Jacob Zuma

Mille participants, dont une grande majorité de dirigeants du secteur privé, et 13 chefs d'Etat et de gouvernement africain sont réunis en ce début mai à Durban, en Afrique du Sud, pour le Forum économique mondial sur l'Afrique. 

Le ‘Davos de l’Afrique’ se tient au moment où le monde s’interroge sur les potentialités de l’Afrique et sur l’avenir de l’économie sud-africaine.

Cette conférence marque le retour en force de l’Allemagne sur la scène africaine. L’Allemagne qui préside cette année le G20 souhaite faire du continent africain la priorité de l’année. 

Chacun estime que l’Afrique doit faire un grand pas dans la modernité. Le numérique est à l’honneur notamment dans le domaine bancaire et le secteur de la santé où les start up sont encouragées.  

L’Allemagne souhaite que l’Afrique soit une priorité du G20 qu’elle préside cette année. Le Forum fera également la part belle aux start-ups qui se sont développées pour devenir des géants. Il soulignera le fort potentiel qu’offre le numérique notamment dans les secteurs de la banque et de la santé.

Le limogeage du ministre des Finances, Pravin Gordhan, réputé intègre, est à l'origine de la dégradation de la note économique de l'Afrique du Sud. : deux agences de notation ont abaissé la note de ce pays au rang de ‘Junk’, c'est-à-dire ‘à risques’. 

Standard & Porcs blâme ‘l'incertitude politique et institutionnelle’. "Les changements lancés par le président Zuma au sein de l'exécutif font peser des risques sur les perspectives de croissance et de stabilité budgétaire’, a signifié l'agence dans un communiqué.

Le nouveau ministre des Finances a eu l'occasion de minimiser cet épisode lors des assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington fin avril.

Il multiplie à Durban les interviews. ‘Même si notre note a été abaissée, notre économie demeure dynamique, nous avons un important programme d'investissement dans les infrastructures sur trois ans, nous avons d'importantes ressources minérales, nous sommes ouverts aux investissements’, assure-t-il. 

Il reste que la situation politique se dégrade de jour en jour.

Manifestation anti-Zuma fin avril à Johannesburg

La confédération syndicale Cosatu a fait huer Jacob Zumba lors d’un rassemblement du 1er Mai. Le ministre de la Planification, Jeff Radée, voit là le signe d'une démocratie en bonne santé. ‘C’est le reflet d'une démocratie qui gagne en maturité, car même notre chef d'Etat peut être chahuté, c'est la liberté d'expression, la liberté d'association », souligne-t-il.

Reste à savoir si le modernisme du Davos africain ne risque pas d’être mis en cause par l’autocratie du président Zumba qui vient de procéder à un remaniement ministériel de grande ampleur. 

Dix ministres et autant de vice-ministres, la plupart classés parmi les fidèles de M. Zuma, ont été nommés.

Pravin Gordhan, ministre des Finances respecté des marchés, champion de la lutte contre la corruption et adversaire n°1 de Jacob Zumba au sein du gouvernement, a été la principale victime de ce coup de force, remplacé par Malus Gigaba, un proche du chef de l'Etat.

A l’incertitude économique s'ajoute une crise politique. Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir est, plus que jamais divisé.

La commission d'intégrité de l'ANC, s'est dite ‘profondément perturbée’ par l'absence de consultation précédant le remaniement.

Vendredi dernier, le vice-président Cyril Ramaphosa en personne avait même qualifié d’’inacceptable’ le limogeage de Pravin Gordhan.

Quant à Mmusi Maimane, le leader du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), il a estimé que la décision de Standard & Poor's était un ‘vote clair de défiance contre le président Zuma’. 

Et aux côtés de quatre autres formations d'opposition, dont les Combattants pour la liberté économique, il a appelé à l'organisation d'un vote de défiance devant le parlement pour faire partir Jacob Zuma.

‘Il ne s'agit pas d'un exercice académique. Nous sommes sérieux, nous travaillons pour que Jacob Zuma parte’, avait lancé M. Maimane au cours d'une conférence de presse commune.

Koffi SOUZA

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