Les larmes et les armes ; à propos de la tuerie du Connecticut

17/12/2012
Les larmes et les armes ; à propos de la tuerie du Connecticut

Une fois de plus, la folie meurtrière a frappé les Etats-Unis. 26 personnes, dont 20 enfants sont mortes sous les balles d’un tueur dans une école du Connecticut. Et une fois de plus est mise en cause la liberté de s’armer reconnue aux citoyens américains.

UNE LIBERTE CONSTITUTIONNELLE

On sait en effet que la Constitution américaine précise (AMENDEMENT II (15 décembre 1791))

« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes. »

L’idée à l’époque était de garantir la liberté des citoyens face à l’éventuelle oppression d’une armée de métier au service de la Fédération. Depuis, loin de tomber en désuétude, cette liberté de s’armer a été renforcée par la Cour Suprême. On se demandait jusqu’a une date récente si cette impossibilité de limiter le droit de s’armer s’appliquait seulement à l’État fédéral ou bien à toutes les instances nationales ou locales.

En 2010, la Cour Suprême  a tranché estimant que le deuxième amendement peut s’imposer à chaque État, au même titre que la liberté d’expression ou celle d’exercer la religion de son choix. En d’autres termes, les États ou les municipalités ne peuvent pas limiter la détention d’armes à feu : dans l'arrêt McDonald v. Chicago la Cour Suprême a annulé les dispositions d'un règlement municipal de la ville de Chicago prohibant la détention d'armes de poing ainsi que d'autres réglementations relatives aux fusils et autres armes de chasse.

LES SOUTIENS POLITIQUES

Cette liberté est soutenue par le parti républicain et un puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association (NRA).

 Le 4 octobre 2012, Mitt Romney a déclaré : "Quand je serai président, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour défendre et protéger le droit des Américains qui respectent la loi en faveur des armes».

Quant à Barack Obama, il est toujours resté prudent sur ce sujet. S’il a souhaité un renforcement des vérifications des antécédents des acheteurs d'armes, il a assuré pendant la campagne électorale  qu'il respecterait le deuxième amendement qui autorise la détention d'armes.

La tragédie du Connecticut a bouleversé le chef d’état américain. Sans mettre en cause le droit de porter des armes, le président américain, les larmes aux yeux, a insisté sur la nécessité d’agir et a suggéré que des mesures fortes soient prises .

Mais, peu de mesures sont possibles dans le cadre constitutionnel actuel et celui-ci est difficile à modifier?

Là est le problème.

Chacun sait pourtant que,  sans des politiques drastiques, les armes provoqueront d’autres larmes.

Koffi Souza

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