Les trois Francophonies

18/10/2012
Les trois Francophonies

Le Sommet de la Francophonie rassemblant tous les deux ans les 56 Etats membres ayant en partage la langue française vient de se tenir du 12 au 14 octobre à Kinshasa. Le choix d’un pays africain pour abriter  un tel sommet  reflète l’importance de l’Afrique dans l’usage de la langue francaise. 56% des locuteurs de la langue de Senghor sont des Africains. Ils représenteront 80% des francophones à l’horizon de 2050.Malgré tout cependant de nombreuses incertitudes ont inquiété les participants à cette réunion.

LES TROUBLES DE LA FRANCOPHONIE LINGUISTIQUE

Le temps de la francophonie triomphante est révolu. La langue anglaise s’est imposée comme langue universelle tandis que le français doit batailler pour garder une place au soleil. La langue française est  actuellement parlée par près de 220 millions de personnes sedans le monde. Mais l’anglais progresse. Deux stratégies se sont alors opposées lors du Sommet.

Les représentants de plusieurs pays africains comme le Sénégal, le Rwanda et plus récemment le Gabon se sont montrés favorables à l’ouverture vers l’anglais parallèlement à la langue française. Certains d’entre eux, comme le Rwanda, se sont convertis au  bilinguisme Français-Anglais.

D’autres pays Africains, comme le pays hôte, la RDC sont quant à eux favorables à une résistance face à la colonisation de l’Anglais. Mais cette attitude est de plus en plus minoritaire. Dans cette opposition de points  de vue, les pays en faveur d’une Francophonie ouverte aux autres langues progressent. Ainsi, cette année les  deux nouveaux Etats qui ont rejoint l’OIF : l’Uruguay et le Qatar sont des  Etats où le Français n’est pas la langue majoritaire. Il existe en effet dans l’organisation de la francophonie des velléités politiques qui ont tendance à placer au second plan, la francophonie linguistique.

LES HESITATIONS DE LA FRANCOPHONIE POLITIQUE 

 Au-delà du ciment unificateur linguistique la francophonie a souvent été tentée de constituer un bloc de coopération poltique. Mais cet objectif a toujours eu beaucoup de mal à se réaliser tant les intérêts des Etats membres sont divergents.

La volonté de la France d’utiliser la francophonie comme un levier politique a toujours été considérée comme une sorte de recolonisation par une francafrique occulte .Justement, à l’occasion de son voyage en terre africaine, le chef de l’Etat français a marqué sa volonté de renoncer définitivement à la francafrique. Mais si la France entend laisser les africains choisir eux-mêmes leurs dirigeants, elle cherche à présent à leur imposer son modèle politique celui d’un Etat de droit respectueux des droits humains et de la démocratie. C’est la raison pour laquelle François Hollande a quelque peu boudé lors de son séjour en terre africaine le président Kabila dont la  réélection a été contestée par l’opposition. M. Hollande avait déclaré avant même de se rendre à Kinshasa, en présence de Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, que: «La situation en RDC est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition». Et de prévenir «À Kinshasa (…), je rencontrerai l'opposition politique, les militants associatifs, la société civile.» Ce qu’il a fait dés son arrivée. Quant à sa rencontre avec le président Kabila, elle a été glaciale et le Chef de l’Etat français s’est abstenu d’applaudir son homologue congolais à la fin de son discours.

Le poids politique de la France en Afrique tend à se réduire tandis que s’accélère l’affaiblissement de la francophonie économique.

L’AFFAIBLISSEMENT DE LA FRANCOPHONIE ECONOMIQUE

Le poids de la France sur le terrain économique se réduit de jour en jour. L’Afrique francophone s’ouvre à de nouveaux partenaires comme la Chine ou l’Inde. Les deux géants africains le Nigeria et l’Afrique du Sud sont anglophones et une anglophone Madame Zuma vient de succéder à un francophone le ministre Ping à la tète de l’Union africaine.

Dans une "déclaration de Kinshasa", les 56 pays membres et les 20 observateurs de l’organisation se sont engagés à soutenir le continent africain dans "un partenariat rénové" car il est amené à jouer "un rôle grandissant" dans le monde. "L'Afrique est le nouveau pôle de croissance. Elle représente l'avenir de la Francophonie, grâce au dynamisme de sa jeunesse et à ses potentialités immenses", estiment les membres de l’OIF.

Le temps de l’afro pessimisme est révolu, celui de la francophonie est encore incertain.

Koffi SOUZA

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