Quand le journalisme militant désinforme

20/12/2014
Quand le journalisme militant désinforme

Le sujet des réformes est un sujet politique qui peut être débattu sans nécessairement faire des amalgames familiaux

Dans le fracas de la chute de Blaise Compaoré, toute une série d’activistes, analystes, journalistes et éditorialistes ont d’abord pensé non pas au bénéfice pour le Burkina Faso mais au bénéfice qu’eux pouvaient tirer de cet évènement. Comment être à leur tour les artisans de la réalisation de ce qu’ils ont nommé le « printemps africain » pour ensuite valoriser leur existence ?

En la matière, le Togo leur est paru comme une cible idéale. Dès lors, il faut trouver l’angle d’attaque, puisque le sujet de la limitation de mandat ne se pose pas de la même manière. En effet dans ce pays, la constitution ne limite pas le nombre de mandat. Cette difficulté a vite été contournée en parlant non plus de la constitution mais de la nécessité d’empêcher tout président de faire plus de deux mandats consécutifs. 

Cet argument a été usé jusqu’à la corde en posant systématiquement cette question à tous les invités y compris quand ceux-ci n’avaient aucun lien avec la sphère politique. Surtout en insistant, parfois lourdement, pour amener l’invité à dire ce qu’on souhaitait « Oui on ne doit pas pouvoir faire plus de deux mandats ». Il n’est naturellement pas question de respecter les textes constitutionnels en vigueur dans les pays qui ne limitent pas le nombre de mandats. Peu importe au fond, dès lors que ces constitutions ne sont pas conformes au paradigme de Ouagadougou.

Puis sur le Togo, ne pouvant faire l’analogie entre la longévité de Compaoré et celle du Président Togolais, il a été décidé de parler de présenter non plus sa longévité mais de celle cumulée entre lui et son père. En insistant bien entendu sur le fait qu’il était bien le fils de son père et en utilisant les mots suivants : famille, dynastie, clan, monarchie, règne éternel. Ces mots font partie du cahier des charges nécessaire pour tenir son rang de défenseur de la démocratie. Ceci au détriment de la réalité.

 En effet, quelques réalités simples pourraient être rappelées sans verser dans la défense du régime togolais :

- Le Président Faure  a rendu le pouvoir en 2005 sous la pression de la communauté internationale et a gagné les élections de 2005

- Il a organisé avec l’opposition les élections législatives 2007 reconnues comme libres et transparentes

- Il a récidivé en 2010 avec une présidentielle dont la transparence n’a pas été contestée par les observateur

- Il a poursuivi en 2013 avec les législatives libres, transparentes

Toutes les élections depuis 2007 ont été pluralistes et n’ont connu aucune violence.

Pas d'amalgames familiaux 

Il est possible d’être militant tout en étant journaliste mais il est parfaitement inconvenant d’être un professionnel qui occulte les faits, qui préfère rappeler des réalités biaisées tout en taisant complètement une part de la vérité parce que celle-ci ne correspond pas au tableau.

Ce militantisme affiché par ces journalistes les conduit parfois dans leur zèle à bâcler le travail comme cet article publié par un grand journal Français dont la correspondante est venue à Lomé faire un article dans le quel elle cite comme ministre de l’Administration territoriale, le mauvais nom ou quand elle donne toujours le nom du RPT comme parti au pouvoir alors que ce parti n’existe plus.

Le sujet des réformes est un sujet politique qui peut être débattu sans nécessairement faire des amalgames familiaux ou des raccourcis étranges. Et c’est ce que l’assemblée nationale Togolaise fait. La décision revient désormais aux députés qui, rappelons le, n’ont pas de mandat impératif. Ils seront libres de leur choix indépendamment de toutes les opinions des éditorialistes et faiseurs d’opinion.

Joseph Kossi Veritay

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