Une nouvelle Françafrique ?

30/10/2013
Une nouvelle Françafrique ?

La libération des quatre otages français enlevés au Niger et détenus depuis trois ans  apparait comme une éclaircie alors que le ciel de l’exécutif français est chargé de nuages. Deux violents orages viennent en effet de le frapper. Après avoir  annoncé une taxation globale sur les produits de l’épargne, il a dû reculer comme il a du suspendre l’application de l’écotaxe sur tout le territoire.

On commençait à imaginer le pire pour le couple exécutif quand l’horizon s’est soudainement découvert avec la libération des otages.

Cette libération est un grand succès. Elle a exigé bien entendu l’utilisation d’une panoplie de moyens.

Il a fallu une parfaite collaboration entre la France et le Niger facilitée par l’étroite amitié entre les présidents Issoufou et Hollande (photo).

Il a également été nécessaire que la France montre les dents aux rebelles en engageant  dans leurs fiefs une importante opération militaire.

La collecte des renseignements ? leur traitement et leur transformation en actions ont joué également un rôle essentiel.

Il a fallu enfin faire appel à ces intermédiaires nombreux dans ce type de dossiers ou se mêlent des semi-rebelles, des marchands d’illusions et des commerçants de la prise d’otages.

On insistera ici ou là sur l’importance de tel facteur par rapport à tel autre et sur l’opportunité des moyens employés.

L’essentiel est que la mayonnaise a pris et que le résultat est positif au final. Il faut souhaiter que le même succès couronne la libération des autres otages. Mais il ne faut pas se faire d’illusions     : une zone d’instabilité s’est ouverte dans le front sahélien et les pays africains n’ont pas les moyens militaires pour faire face à ce défi. La France est la seule disposant de forces opérationnelles capables de contenir puis de réduire les forces hostiles portées par des idéologies extrémistes ou par la recherche de moyens financiers.

Or, la marge politique du gouvernement français est très étroite.

La France avait annoncé un peu trop tôt son retrait militaire en Afrique. Or son action est plus que jamais nécessaire en attendant le renforcement des forces interafricaines.

Il faut donc convaincre l’opinion publique française de la  nécessité de cet appui militaire aux gouvernements locaux

S’y ajoute un problème financier : c’est juste au moment où la France cherche pour des raisons budgétaires à réduire la charge de son armée qu’elle doit s’engager dans de vastes opérations coûteuses.

Et c’est un étrange paradoxe que de voir qu’il revient à une majorité  socialiste qui souhaitait se dégager de la francafrique de renforcer la présence militaire française en Afrique.

Koffi SOUZA

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