A qui était destiné l'argent d'Ahmad Toufic Chmeisani

08/02/2009
A qui était destiné l'argent d'Ahmad Toufic  Chmeisani

L'hebdomadaire L'Union revient cette semaine sur l'expulsion du Togo de Ahmad Toufic Chmeisani, un commerçant libanais interpellé le 18 décembre 2008 à l'aéroport de Lomé en possession de plus d'un million de dollars en espèces. Pourquoi voyager avec une telle somme liquide ? pourquoi n'a-t-il pas fait un virement ? D'où proviennent les fonds ? A qui sont-ils destinés ? Revenus commerciaux ou aide destinée au Hezbollah ? Le mystère reste entier.

L'intéressé parle d'une « collecte » sans plus de précisions. Pour le ministère de l'Economie et des Finances, comme pour celui de la Sécurité, M. Chmeisani n'était pas autorisé à exporter cette somme, d'autant que la réglementation en matière de changes dans l'espace UEMOA fixe un plafond de 5000 dollars. Voici une sélection d'articles publiés par L'Union

Economie

Attribution des marchés publics

Le seuil d'appel d'offres national ramené à 25 millions

C'est la substance du décret pris courant novembre 2008 en conseil des ministres. Le nouveau texte modifie le décret n°94-039/PR du 10 juin 1994 portant fixation de la limite des travaux, fournitures et services dispensés de la formalité d'appel d'offres et du montant limite de ces prestations entraînant la rédaction obligatoire d'un marché. Ainsi, lorsque le montant du marché est supérieur à quinze millions de francs CFA et inférieur à vingt cinq millions de francs, le marché est passé après consultation restreinte de fournisseurs ou entrepreneurs qualifiés. Le marché ne peut être attribué qu'après réception et comparaison d'au moins trois offres. Et lorsque le montant du marché est supérieur ou égal à vingt cinq millions, le marché est passé par appel d'offres ouvert. Selon les motifs du gouvernement, il urge de réviser dans l'immédiat certains textes réglementaires en vue d'assurer la transparence et l'efficacité des marchés publics.

En rappel, lors de la mission de la revue des dépenses publiques et de la gestion financière (PEMFAR) effectuée au Togo par la Banque mondiale du 22 mai au 6 juin 2008, la composante «Système de passation des marchés publics» a été analysée et fait l'objet d'une série de recommandations qui visent, à terme, à la révision du code des marchés publics et de ses textes subséquents afin de répondre aux exigences d'un environnement socioéconomique en pleine mutation. Ainsi, la réforme du système de passation des marchés doit tenir compte des nouvelles directives de l'UEMOA sur les marchés publics et des mesures anti-corruption.

Le décret de 1994 fixe le seuil minimum de passation de marché à quinze millions et le seuil de la consultation restreinte d'au moins cinq entreprises à un montant supérieur à quinze millions et inférieur à cinquante millions de francs. Ce seuil estimé très élevé pour la consultation restreinte (sans appel d'offres) favorise le fractionnement des marchés et limite l'accès aux opportunités d'affaires pour beaucoup d'entreprises nationales.

Le contrôle des entreprises publiques prend corps

Le gouvernement togolais reste décidé à activer le cadre de redynamisation des entreprises publiques et organismes de l'Etat, avec pour principal objectif l'amélioration des performances des sociétés du portefeuille de l'Etat. Aussi le ministre de l'Economie et des Finances procède-t-il actuellement à une consultation par appel d'offres auprès des professionnels de nationalité togolaise agréés pour le renouvellement des commissaires aux comptes et à la nomination de commissaires aux comptes suppléants, conformément à la loi n°90-26 du 4 décembre 1990 portant réforme du cadre institutionnel et juridique des entreprises publiques. Toutes les offres devant parvenir au cabinet dudit ministre au plus tard le mardi 17 février 2009. Quatre objectifs sont liés à cette mission de l'Exécutif : assurer la vérification des comptes des entreprises publiques selon les règles de l'art, participer à la réunion d'arrêté des comptes de la société par le conseil d'administration, présenter un rapport de commissariat aux comptes au conseil de surveillance à l'occasion des réunions d'approbation des comptes de l'entreprise et, plus généralement, prendre les dispositions pour informer à temps le conseil de surveillance de tout événement de nature à porter atteinte au patrimoine de l'entreprise.

Cette nouvelle aventure gouvernementale succède à l'opération d'homologation du barème de rémunération des experts comptables et les comptables agréés et surtout celle qui a institué la Commission d'agrément des auditeurs et commissaires aux comptes habilités à opérer sur les comptes des entreprises publiques, des Fonds et organismes autonomes bénéficiant des subventions de l'Etat. Depuis le 6 juin 2008, le ministère Adji Ayassor a ainsi validé une liste de 16 Experts comptables et comptables agrées à l'expertise comptable et au commissariat aux comptes, 15 cabinets agréés à l'expertise comptable et au commissariat aux comptes, 2 Comptables agréés et ayant été agréés à toutes sortes d'audits excepté l'audit financier et le commissariat aux comptes et 3 Sociétés agréées au titre de consultants.

Le commissaire aux comptes est un organe de contrôle dont la compétence peut aller au-delà des comptes pour embrasser la régularité de la vie juridique de la société. C'est donc un contrôle comptable, financier et juridique. La gestion transparente et saine des entreprises publiques togolaises est devenue une exigence des bailleurs de fonds dans un monde où les financements extérieurs restent le fruit des contribuables d'autres peuples. En clair, il faut empêcher que l'argent public passe impunément par des circuits non maîtrisés.

Rappelons que la trouvaille est de paralyser les complicités de détournement entre les commissaires aux comptes et les organes de direction des entreprises publiques par des contrats à vie. Désormais, la durée du mandat d'un commissaire aux comptes pour une même Entreprise publique, un Fonds ou un Organisme bénéficiant des subventions de l'Etat est de trois ans renouvelable une seule fois.

Gouvernance et transparence

Arrêter la fantaisie dans les TP

Il n'est plus un secret que l'exécution des marchés publics par les entreprises privées ne répond pas aux attentes des autorités et des usagers. Les gouvernements successifs sont mis sur le banc des accusés. Normal, car tout part souvent des méthodes d'attribution des marchés. Mais «cette situation s'explique par la profusion d'entreprises de bâtiments et de travaux publics qui n'ont aucune capacité tant en ressources humaines que financières comme cela est exigé par la profession sur le plan international», avance le ministre de l'Economie Adji Ayassor. Et d'ajouter que tous les citoyens veulent être entrepreneurs de bâtiments et de travaux publics au mépris des règles élémentaires. Voilà qui donne raison aux reproches. Aujourd'hui, il est question d'éviter d'attribuer les marchés des TP aux amis contre la chasse aux ristournes. Les entreprises de Bâtiments et des Travaux Publics devront désormais être sur la liste des entreprises agréées avant de pouvoir soumissionner aux appels d'offres. L'agrément est délivré conjointement par le ministre chargé des Finances et celui chargé des travaux publics, après avis conforme de la commission nationale d'agrément. Selon une confidence, près de 90% des marchés publics se négocient hors de tout circuit normal.

L'agrément provisoire permet de participer aux marchés publics pendant une durée de un an à compter de la date de son obtention. Tandis que le candidat à l'agrément définitif –valable pour une durée de trois ans renouvelable– doit présenter un dossier comportant toutes les justifications des moyens humains, matériels et financiers de son entreprise. Jusque-là, même des sociétés fictives ou sans aucun matériel arrivent à décrocher des marchés, quoique après un appel d'offre dans lequel ont compéti d'autres entreprises habilitées. Selon le décret fixant les critères et modalités d'octroi et de retrait de l'agrément habilitant les entreprises de bâtiments et de travaux publics à participer à la réalisation des marchés publics au Togo, les entreprises agréées dans une spécialité et qui désirent être agréées dans une nouvelle spécialité doivent justifier du complément en moyens humains, matériels et financiers qu'exige la nouvelle spécialité par rapport à ceux existants dans leur agrément initial. C'est à croire qu'on ne retrouvera plus des gamins sur les routes en train de diriger les travaux de replâtrage.

En termes de sanctions, le texte adopté le 14 janvier 2009 en conseil des ministres stipule que l'agrément d'une entreprise de bâtiment et de travaux publics peut être retiré à titre temporaire en cas de malfaçons graves et répétées dans l'exécution des travaux qui lui sont confiés, de défaillance et carence de l'entreprise dans l'exécution des travaux ayant fait l'objet de plus de deux mises en demeure et de deux résiliations de marchés aux torts de l'entreprise. Toutefois, le retrait temporaire ne peut excéder en aucun cas un an.

Pour sa part, l'agrément est retiré définitivement à toute entreprise ayant fait l'objet de deux retraits provisoires durant la période de validité de l'agrément, en cas de procédure collective de liquidation des biens ou en cas de faute professionnelle grave. Seulement, quelles sanctions à appliquer aux commis de l'administration qui s'associent pour faire passer une entreprise défaillante au départ ?

La décision de retrait à titre temporaire ou définitif de l'agrément est prise par le Premier ministre, sur avis motivé de la commission nationale d'agrément. Elle est notifiée à l'entreprise dans un délai de 20 jours à partir de la date de décision. Un délai de 6 mois à compter du 14 janvier dernier est accordé aux entreprises des B&TP pour présenter un nouveau dossier d'agrément auprès de la commission nationale d'agrément placée sous le regard direct du ministre chargé des Finances.

La SOTOCO dissoute…

La NSCT peut s'ouvrir aux capitaux privés

Créée par décret le 27 mars 1974, la Société togolaise de coton (Sotoco) a fait ses preuves. Ce qui se raconte dans les couloirs des gouvernants, c'est que cette structure, tout comme toute autre société d'Etat, a été livrée à des Togolais plus préoccupés par leur situation sociale, et qui font des structures publiques des entreprises qui réussissent rarement. En 2007, l'Etat a dû mettre la main à la poche pour éponger plus de 21 milliards de francs d'arriérés, au risque de voir les paysans cotonculteurs délaisser le secteur. Il était temps de redonner une nouvelle vie à la culture cotonnière au Togo. Et d'intéresser davantage les producteurs.

Place alors à la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), aux résultats… et à la transparence. La NSCT es supposée être gérée de manière purement commerciale, c'est-à-dire une gestion de type privé. Plusieurs dispositions ont été prises à cet effet. A ce jour, d'après nos informations, la totalité du capital de 2 milliards de francs Cfa est entièrement souscrite et libéré par l'Etat (60%) et son coactionnaire la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton du Togo (40%).

Mais, sur décision des coactionnaires, le capital pourra être ouvert à des investisseurs privés, dont la présence ainsi que celle des producteur - d'ailleurs - devront inciter davantage à la transparence et à la bonne gestion. Le directeur général de la société est recruté sur appel à candidature par le Conseil d'administration, qui lui fixe les attributions et ses émoluments.

Sur les actifs de la Sotoco

En attendant l'achèvement du processus de liquidation de la Sotoco, et la mise sur pied d'une nouvelle équipe dirigeante par une assemblée générale constitutive, le personnel poursuit ses activités. Sur les mêmes sites que la défunte Sotoco. Le siège social de la NSCT sera également celui de la Sotoco à Atakpamé (160 km de Lomé). A terme, les actifs de l'ancienne société publique seront transférés à la nouvelle d'économie mixte, notamment les équipements, les infrastructures… bref les moyens de production dont la NSCT aura besoin pour réussir sa mission.

Lutte contre le blanchiment d'argent au Togo

1.100.000 dollars US saisis conduisent à l'expulsion du  libanais Chmeisani

Depuis un certain temps des rumeurs incessantes courent nos murs sur la sortie illégale de faramineuses sommes d'argent du Togo vers les pays orientaux. L'expulsion la semaine dernière du libanais Chmeisani Toufic Ahmad a rouvert le débat sur ce phénomène longtemps soupçonné d'être soutenu par les autorités togolaises.  

Par arrêté pris le 28 janvier 2009 par le ministre Atcha Mohamed Titikpina de la Sécurité et de la Protection Civile, le nommé Chmeisani Toufic Ahmad, Directeur de la Société Ghena Sarl est interdit de séjour sur le territoire togolais. Cette disposition a été suivie immédiatement de la reconduction du Libanais à la frontière de son choix. Des consignes fermes ont été données pour que l'agrément de sa société et sa carte de séjour lui soient retirés. Les autorités lui reprochent des activités illicites sur le territoire togolais.

Les faits

Dans la nuit du 18 décembre 2008, les sieurs Chmeisani Ahmad et Baaklini Farès ont été appréhendés par les agents de sécurité à l'Aéroport International Gnassingbé Eyadéma, en possession de près de 1100 000 dollars américain soit 550 millions de francs Cfa environ. Interrogés sur place, Chmeisani Ahmad fait comprendre que cette somme est une collecte de plusieurs de ses compatriotes libanais revendeurs de véhicules d'occasion au Togo qu'il est chargé de convoyer sur Beyrouth, la capitale libanaise. Pour justifier son acte, il prétend avoir l'autorisation de transfert d'argent délivrée par les services des douanes togolaises.

Limiter les dégâts

«L'activité menée par le sieur Chmeisani Ahmad est tout à fait légale dans le cadre de l'agrément de change manuel reçu auprès du ministère de l'Economie et des Finances», nous a expliqué un cadre dudit ministère. Seulement, a-t-il poursuivi, il n'est pas en règle pour faire un transport de fonds aussi importants. Il existe des dispositions réglementaires pour faire passer d'importantes sommes d'argent d'un pays à un autre suivant les accords qui les lient. Dans les échanges commerciaux internationaux, des  plafonds de fonds que les individus ne doivent pas porter sur eux sont instaurés par les Etats. Au sein de l'Uemoa par exemple, plus de 5 000 dollars US constituent une infraction punissable par la loi.

Il est donc clair que le sieur Chmeisani Ahmad a violé le principe international de transfert de fonds. S'il menait une activité transparente, il lui suffisait de déclarer les sommes obtenues par le change, prendre une autorisation auprès du ministère de l'Economie et des Finances, se présenter à une banque et opérer son transfert légalement et en toute transparence. Ce qui sous-entend que la somme est déclarée, que le ou les destinataires sont connus et que le circuit ne souffre d'aucune anormalité du genre à fragiliser davantage l'économie d'un pauvre pays comme le Togo.

Dans le cas d'espèce, toutes ces dispositions n'ont pas été respectées. Certaines sources approuvent d'ailleurs que la méthode utilisée est digne d'un gang organisé qui utilise généralement ce circuit pour des évasions fiscales. Ailleurs, on craint l'utilisation de ce canal pour financer le terrorisme. C'est donc, pour mettre fin à ces activités illicites, que le ministère en charge de la sécurité a été obligé d'expulser le fautif.  

Politique

48 heures après la rencontre Faure/Bonfoh

Première réunion du Cadre permanent aujourd'hui

De sources bien informées, le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), mis en place ce 4 janvier 2009 par décret du chef de l'Etat, se réunit déjà ce vendredi à la Primature sous la présidence du Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo. Comme indiqué par le décret créant cet instrument d'éhanges, ce premier contact devra organiser le débat autour des questions figurant à l'ordre du jour de la session extraordinaire du parlement réclamée par le dernier conseil des ministres.

Autrement, il s'agit de rechercher le large consensus autour des réformes du code électoral, du statut de l'opposition et des questions institutionnelles et constitutionnelles. Il faut signaler que la mise en place de ce Cadre est fortement exigée par les deux partis de l'opposition parlementaire (UFC et CAR) depuis que l'Exécutif a transmis à la représentation nationale le projet de loi portant modification du code électoral jugé " unilatéral ".

La rapide mise en activité du CPDC se justifie par les délais à respecter et les exigences des règles fondamentales fixées par la constitution dans la préparation de l'élection présidentielle de 2010. Le CPDC regroupe les partis représentés à l'Assemblée nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le gouvernement. Chaque parti y est représenté par son leader ou son représentant, le gouvernement par deux ministres. Il peut consulter en cas de besoin toutes personnes physiques ou morales parmi lesquelles des personnalités, les principales confessions religieuses (catholique, protestante, musulmane notamment), la chefferie traditionnelle et les associations représentatives de la société civile sur certains sujets d'intérêt national. En outre, les partis politiques légalement constitués non représentés au sein du CPDC peuvent, par écrit, le saisir de tout sujet qu'ils jugent d'intérêt national.

Rappelons que le CPDC est créé à la suite de l'entretien entre le président de la République et le président de l'Assemblée nationale sur les conditions dans lesquelles devrait se dérouler la session extraordinaire du parlement. Abass Bonfoh a fait part à Faure Gnassingbé du souci de concertation manifesté par plusieurs formations politiques.

Grève d'avertissement dans l'enseignement des 1er et 2ème degrés

Le Ministre Yves Madow Nagou n'a pas été entendu

«Actuellement, les primes de déplacement des directeurs et les dépenses diverses de fonctionnement des écoles sont en cours de payement au niveau de chaque région. Les discussions se poursuivent pour que satisfaction soit donnée aux autres revendications. Pour ces raisons, le ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l'alphabétisation demande à la FESEN et à tous ses sympathisants de surseoir à leur mot d'ordre de grève». Cette mise au point du ministre Yves Madow Nagou n'aura servi à rien ; elle est simplement ignorée par la Fédération des syndicats de l'éducation nationale (FESEN), visiblement dépitée du caractère infructueux des précédentes négociations. «Je réaffirme que la grève d'avertissement pour le 5 et le 6 février 2009 tient par rapport à la FESEN. Jusqu'à présent, nous n'avons pas eu ce que nous devons avoir et la grève est maintenue tout juste pour avertir nos autorités », explique le secrétaire général de la FESEN, Essodina Poyodé, rencontré hier.

Plusieurs séances de négociations avaient donc eu lieu. «Mais toutes les réponses ne nous ont pas convaincu car une décision suprême prise par le Président de la République de donner des fonds depuis octobre 2008 ne peut pas être actuellement bloquée quelque part sans être mise à la disposition des acteurs du développement de l'éducation nationale», soutient le responsable de la FESEN. Et d'avertir : «si les autorités veulent prendre les problèmes un à un, elles ne vont jamais s'en sortir. Il faut les états généraux de l'éducation pour prendre en charge tous les problèmes de l'éducation et qu'on puisse les canaliser dans un document».

Par constat fait hier à Lomé et dans les villes de l'intérieur, la grève d'avertissement de 48 heures a été largement suivie, même si on peut noter par endroits sur le territoire national quelques rares établissements publics en activité. Au moment où le mot d'ordre peut être mitigé à Kara (dans le nord du pays) avec certains établissements secondaires en activité dans la matinée d'hier, c'est une discipline dans les consignes de grève que vivent les centres scolaires du primaire et du secondaire à Lomé, Vogan, Tsévié, Kpalimé… Pour la FESEN, c'est une réussite de voir que la consigne de rester carrément à la maison a été bien respectée par les membres du préscolaire, du primaire, des inspections, des directions régionales de l'éducation et autres.

Aujourd'hui, les enseignants reconnaissent qu'un «premier geste» est fait avec le décaissement des premiers fonds (de près de 300 millions de francs CFA) depuis la rentrée scolaire 2008-2009. Ainsi, l'on s'interroge sur le bien-fondé de ce communiqué tardif (lu au journal de 20 heures sur la TVT) de la veille du déclenchement de la grève ? Alors même que les mesures annoncées pouvaient venir plus tôt et éviter une paralysie des activités scolaires pendant deux jours. Au demeurant, le communiqué n'est qu'une goutte d'eau dans la mer, précise les syndicats des enseignants des préscolaire et primaire du public. «Le décaissement devait se faire depuis octobre 2008, et depuis les chefs d'établissements n'ont rien ; ils sortent l'argent de leur proche pour payer les bâtons de craie, les registres…», fait remarquer un chef d'établissement à Tabligbo.

Dans les faits, les grévistes dénoncent le manque des mesures d'accompagnement après que le gouvernement eut décrété la gratuité des frais scolaires et suspendu en mai 2008 les indemnités de fonctions de tous les chefs de service y compris ceux des établissements scolaires. Les directeurs régionaux, inspecteurs, conseillers pédagogiques, chefs d'établissements scolaires se sentent abandonnés. La nouvelle situation crée un manque à gagner dans les budgets des chefs d'établissements. Et le sort des enseignants volontaires (non rémunérés depuis octobre 2008) souvent supportés par les contributions des parents d'élèves est loin d'être enviable.

Sports

Football

Kader Coubadja, le temps de la résurrection?

L'attaquant togolais est retourné dans les Emirats à la recherche d'un club

Sans club depuis juillet 2008, Mohamed Kader Touré séjourne depuis quelques jours dans les Emirats Arabes Unis afin de trouver un club pour la seconde partie de saison et de retrouver ainsi du temps de jeu. Le buteur togolais, qui avait misé sur le mercato hivernal qui s'est achevé le 31 janvier pour trouver un club dans l'hexagone, n'a pas reçu d'offres de la part de clubs français.  "J'ai eu des contacts, oui...", a affirmé l'Epervier (joint au téléphone, juste avant son départ de l'aéroport); "...mais on ne m'a pas rappelé par la suite, c'est dommage...".

Et pourtant, Kader avait beaucoup compté sur un intérêt de FC Sochaux avec lequel il s'entraînait en CFA depuis la fin de son contrat en juillet avec Guingamp. "J'aimerais vraiment jouer là, mais bon, comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas au joueur d'aller voir les dirigeants, c'est à eux de venir au joueur. Après, je pense que j'intéresse un peu le coach. On va voir, on se parle pas beaucoup", avait déclaré l'attaquant togolais l'automne dernier sur son site Internet. C'est donc avec beaucoup de regrets que l'ancien sociétaire de l'Etoile Filante de Lomé a décidé une fois encore de rejoindre les Emirats.

Kader est un de ces joueurs togolais malchanceux malgré leur talent. Mais au-delà de son statut de globe-trotter (il a joué à Lugano en Suisse (1999-2000), au club d'Al-Ahli Tripoli (Libye), à Parme et à Vincenza en Italie, au FC Servette de Genève en Suisse où il fait trembler les filets à 29 reprises (dont 19 en 2003-2004) en deux saisons et FC Sochaux en France), le TGV, comme on le surnomme du côté de Lomé à cause de sa pointe de vitesse, aura marqué les esprits plusieurs fois en équipe nationale.  Le moment d'apogée de Kader Touré est sans nul doute la Coupe du monde 2006 avec la sélection en Allemagne, où lui et ses coéquipiers créent la surprise en se qualifiant pour la plus prestigieuse des compétitions, après pourtant un naufrage collectif lors de la Coupe d'Afrique des nations 2006, en Egypte (3 défaites en 3 matches, Kader inscrit tout de même un super lob, face à l'Angola).

Lors du premier match face à la Corée du Sud (défaite 2-1), Kader rentre dans l'histoire du Togo en ouvrant la marque dès la 31e  minute de jeu mais ratant le doublé au début de seconde période. Sa prestation est remarquable et lors du second match face aux Suisses, Kader montre qu'il n'est pas là par hasard et joue sur sa vitesse et sa technique pour tenter de récidiver. Un manque de chance assommant et deux penalties évidents sur son coéquipier Emmanuel Adebayor refusés empêchent Kader et les Eperviers de remporter le match (défaite 2-0) et les obligent à faire leur valises, même s'il reste encore le prestigieux match face aux Bleus de Thierry Henry. Et une nouvelle fois, Kader vole la vedette au prodige Adebayor en se montrant par ses appels et ses courses folles, qui obligent même Fabien Barthez à sortir le grand jeu au milieu de la première mi-temps. Kader ressort donc de ce Mondial connu de tous et plus fort.

Après la gloire, la traversée du désert

Malgré quelques éventuels contacts au haut niveau, Kader fait confiance à l'En Avant Guingamp, en continuant l'aventure avec les Rouge et Noir durant 6 mois. Ses nombreuses blessures le contraignent à stopper son ascension pour prendre place sur le banc de touche durant les 3 derniers mois, ne jouant plus ou moins qu'en CFA, alors que quelques mois auparavant, il était l'une des révélations du Mondial allemand. En froid avec Patrick Rémy, son entraîneur, il décide de partir pour 6 mois, dans l'optique de retrouver du temps de jeu.

C'est alors qu'il décide de s'envoler en janvier 2007 vers les Emirats Arabes Unis, au club d'Al Jazira Abou-Dhabi pour retrouver du temps de jeu et remontrer à tous ses qualités de buteur. Mission accomplie pour l'Epervier, qui aura tout de même le temps d'inscrire 7 buts en 9 rencontres !

Revenu en été 2007, Kader a dû cependant attendre novembre 2007 pour réintégrer l'effectif guingampais, suite au départ de Patrick Rémy. Le nouveau coach des rouge et noir accorde dès lors plus de chance à Kader qui, malgré un manque de réussite dans le dernier geste, semble retrouver son habileté technique et sa pointe de vitesse. Il marque même, le 7 décembre 2007, son premier but sous les couleurs bretonnes face à Gueugnon, et par la même occasion le 1000ème but de l'EAG en Ligue 2. But historique et important, puisqu'il permet à Guingamp de sortir de la zone rouge, et de se rassurer quant à l'optique du maintien.

Aujourd'hui encore, Kader est donc ''contraint'' de rejoindre un club des Emirats, pour retrouver la confiance. "Je devrais avoir du temps de jeu, je ne sais pas encore où je vais jouer. Il y a plusieurs équipes que je vais rencontrer, mais je veux retrouver la confiance", a-t-il affirmé.

Culture

Cinéma

De nombreux Togolais sélectionnés pour le Fespaco 2009

Le documentaire "Epé Ekpé ou la prise de la pierre sacrée" du réalisateur togolais Xavier Balouki sera présent à la 21e édition du Festival  panafricain du cinéma et de la télévision d'Ouagadougou (Fespaco) prévue du 28 février au 7 mars. Documentaire d'une durée de 52 minutes, "Epé Ekpé" retrace toutes les cérémonies liées à la prise de la pierre sacrée chez le peuple Guin d'Aného (environ 45 km à l'est de Lomé). D'un coût d'environ  de 8 millions de francs CFA, ce documentaire a été réalisé avec l'appui financier de la coopération française.

Les Togolais Abalo Kilizou et Steven AF sont aussi invités à présenter leur dernier film. Dans la catégorie des films documentaires, le Togolais Adjilé Assouna présente le film Sossoko ou Du côté du Levant, tandis que Agbemadon Kokou lui présente un documentaire sur le tissu pagne. Dans la catégorie de la Vidéo africaine,  Assiongbon Gadjo présente " Le Prix du Voyage ", et Rodrigue Ako met en scène "Anna Bazil et la petite Amina".

En outre, Cent vingt-sept (127) Œuvres cinématographiques et télévisuelles ont été retenues dans la sélection officielle du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco), prévu du 28 février au 7 mars 2009. Parmi les Œuvres sélectionnées, on dénombre 19 longs métrages, 20 courts métrages, 30 documentaires et 17 films de la diaspora africaine.

Cette 21ème édition du festival donne une place importante aux fictions télé / vidéos (28 Œuvres), ainsi qu'aux séries et sitcoms (13 Œuvres). Ces deux catégories ne comptaient que 24 productions en 2007. Les sitcoms sont de plus en plus prisées par les populations et la diaspora africaine, il est donc important d'y mettre un accent particulier. Les Burkinabés présentent à eux seuls, 19 films, dont deux longs métrages, 4 courts métrages et 3 documentaires. La diaspora africaine des Etats-Unis compte sur ses 12 productions pour décrocher le 1er prix Robinson de la diaspora. Sont également présent dans cette catégorie, le Brésil, Haïti, Trinidad et Tobago et la Martinique.

En tout, 30 pays seront au rendez vous de cette 21ème édition du Fespaco placé sous le thème "cinéma et patrimoines culturels ".

L'Etalon d'or de Yennega, décerné au Nigérian Newton Aduaka pour son film Ezra est doté d'une somme d'un million de FCFA.

Musique

Don Stash sort son premier album

Aujourd'hui, considéré comme l'un des meilleurs espoirs de la musique togolaise, Laclé Komi, alias Don Stash est un artiste complet qui joue la guitare et le piano. Il a grandi à Lomé. Influencé dès le bas âge par la musique et les sonorités traditionnelles, Stash va tout naturellement se pencher vers une profession musicale

Tout a véritablement commencé pour ce natif de Vogan dans les années 90 avec ses prestations dans les écoles et dans les manifestations culturelles organisées ça et là dans la capitale togolaise.

Décidé de faire une carrière artistique, il s'embarque pour Abidjan en 1996 pour l'Institut des Beaux Arts pour y apprendre la musique. "Je considère que la base d'une bonne carrière musicale est l'apprentissage d'un instrument de musique, l'apprentissage de la musique, elle-même, ses ficelles, ses exigences", aime t-il déclarer pour expliquer son choix.

Il s'engage avec le " Groupe Marine " pour se perfectionner et commencer à faire ses premiers pas sur une vraie scène. Avec " Aventurier ", son premier single, le public togolais le découvre en 2002. Il confirme alors tout le bien que l'on pensait de lui avec la sortie officielle de son album  Tovi-Novi.

Mélangeant à souhait la musique de chez lui à des bits qui viennent du Rock et du Blues, il en crée une sorte de passeport personnel qui n'est pas sans évoquer un certain Francis Cabrel qui se définit comme un rocher paysan.

Pour le Don (Majesté) en espagnol, rien ne vaut le concept de métissage de la musique tradi-moderne. Et c'est pourquoi, ses dix titres sont déclinés dans le même moule que le titre Tovi-Novi. Tout comme les rochers, Stash est très engagé. Il chante les revers de la société, l'amour, la hantise de la mort, de la vie. Grâce à ce premier opus, Don Stash s'est ouvert une voie royale vers les festivals et autres concerts  en Afrique et en Europe.

Actuellement en studio pour la préparation de son prochain album, Stash travaille avec son groupe de musiciens qui l'accompagne depuis des années " Mistik Musical "  créé depuis 2003. Il lui reste aujourd'hui, avec son humilité, de gagner un second palier dans sa recherche musicale pour s'imposer sur les marchés togolais et européen. Il a le talent qu'il faut pour cela et toute la richesse de la culture musicale togolaise. Il est largement temps pour lui d'éclore vraiment. Et son deuxième est prévu pour l'y amener

© L'Union du 6 février 2009

 

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