Aného sauvée des eaux

11/02/2011
 Aného sauvée des eaux

Le habitants du quartier Apounoukpa, à Aného (45 km à l’est de Lomé) peuvent enfin espérer dormir en paix. Tout au moins le temps de freiner les violents coups de vague qui menaçaient les habitations d’écroulement, écrit vendredi L’Union. Des habitants situées à quelques mètres seulement de l’océan
Un financement de l’UEMOA va permettre de lutter contre l’érosion côtière, rapporte le bihebdomadaire.
Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Pendule à l’heure
"Il n’y a pas de scrutin parfait au monde" a indiqué le ministre de l’administration territoriale, porte-parole du gouvernement dans une interview accordée à notre «con de frère » savoirnews. C’est pour cette raison que le gouvernement togolais cherche des voies et moyens pour améliorer le cadre électoral. Ainsi a-t-il proposé en conseil des ministres le 26 janvier dernier, la mise en place d’une mission d’appui technique aux processus électoraux au Togo. Ce qui a été dénoncé par l’opposition dans sa grande majorité. Par incompréhension surtout. Il faut alors monter au créneau pour expliquer les idées qui confortent ce projet. Le porte-parole du gouvernement pascal Bodjona s’en est essayé.
Avant de bondir sur le sujet, le ministre s’est félicité de la bonne tenue des deux dernières élections sur la terre de nos aïeux. "Les deux scrutins que le pays a connus, notamment en 2007 et en 2010 ont été unanimement salués par la Communauté internationale. Pour la première fois au Togo, nous avons connu un scrutin présidentiel paisible qui s’est passé sans pertes en vies humaines, scrutin qui avait été prédit comme à haut risque." a remarqué le ministre. Pour reconnaître néanmoins qu’il y eut quelques insuffisances que plusieurs rapports en occurrence celui de l’Union européenne ont relevé. "… il y eu un rapport remis au gouvernement et des recommandations faites par les différentes missions." a-t-il souligné.
D’où la nécessité pour le gouvernement de mettre en œuvre toutes ces recommandations aussi importantes que vitales pour l’encrage de la démocratie dans notre pays. Et cela requiert un travail de fonds de technicien pour évaluer nos faiblesses en matière électorale. C’est ce rôle qui sera confié à la mission d’appui national.
Voici les explications ordonnées du ministre Pascal Bodjona : "Par exemple pendant l’élection ou lors du processus pour la présidentielle, nous avons reçu plus de quatre missions d’appui, mais elles ont été envoyées parfois avec le financement des partenaires.
Maintenant que nous sommes en train de vouloir analyser et mettre en œuvre les recommandations des différentes missions d’observation, nous avons pris sur nous de dire: cherchons des experts à compétences avérées, des gens qui ont fait des preuves et qui sont connus et au Togo et à l’extérieur. Peut être une équipe de cinq ou six experts dans les différents domaines à savoir: le domaine de la sécurisation, le domaine du fichier électoral, le domaine du droit électoral etc…, pour qu’ils viennent nous faire de façon purement technique, l’évaluation, l’audit, afin de relever les faiblesses et nous faire des recommandations visant à renforcer et à améliorer la structure électorale chez nous.
S’ils finissent leur rapport, les politiques peuvent s’intéresser pour voir la touche politique à apporter." Voilà ce qui a été fait, mais qui, malheureusement a suscité des réactions. Ce sera la conclusion du ministre.
Mais il a regretté l’agitation de l’opposition qui ne s’est pas peinée de comprendre les dessous du projet avant de se prononcer sur le sujet. " A mon avis, ce n’est pas des réactions. Cela me semble - et c’est regrettable que je le dise - à une agitation, puisqu’on ne peut pas se baser seulement sur un résumé des travaux du Conseil des ministres pour commencer à dire ce dont on ne connaît pas la réalité." a regretté le ministre.
Dossier (1ère partie)
Au-delà de ses conditions de travail décriées
Les propriétaires expropriés au profit de la SAZOF toujours en attente de l’indemnisation
La Banque mondiale envisage d’appuyer le secteur privé du Togo à travers une enveloppe budgétaire de 13 millions de dollars pour le financement du Projet d’appui au développement du secteur privé (PADSP). Lequel projet se propose d’appuyer le Gouvernement à développer une nouvelle Zone franche. Ceci a nécessité l’élaboration de trois documents spécifiques dont le premier, intitulé Cadre de Politique de Réinstallation des Populations (CPRP), fait l’objet d’une série de publications dans L’UNION dès cette parution.
En principe, tout programme d’intérêt public qui doit reprendre des terres à des particuliers ou à des entreprises ne doit pas porter un préjudice élevé à ces personnes. Dès lors il y a surtout des déplacements en termes de pertes d’activités socioéconomiques (temporaires ou définitives), les personnes physiques ou morales qui perdent des droits doivent être indemnisées et assistées au moment opportun, c'est-à-dire avant que les travaux de réhabilitation et/ou de construction ne commencent. Mais les expropriés originels de la Zone franche togolaise, du moins ceux des sites actuels, n’ont toujours touché le jackpot. Et la Zone franche est soumise à des problèmes de réinstallation dans ses sites existants. Sa particularité étant que la plupart de ses 60 entreprises environ ne sont pas physiquement localisées dans les sites de la Zone ("points francs"). Dans la zone portuaire à Lomé, le site de 72 ha compte 4 entreprises et celui de 35 ha n’en compte aucune. Ce dernier site a été loué à des magasins de dédouanement. Le site de Kara, lui, n’a qu’une seule entreprise agréée. Et le nouveau site acquis par la SAZOF à Adétikopé ne compte encore aucune entreprise (le site n’est pas encore développé).
Concernant le site de 72 ha, les collectivités A, B et C sont identifiées comme étant les propriétaires originels. Les collectivités D et E, installées sur les côtes à la suite d’une migration, ont élu domicile sur ce site et y vivent encore aujourd’hui. Les collectivités A, B et C sont réglementairement expropriées de ces sites pour cause d’utilité publique, en raison de la construction et de l’extension du Port Autonome de Lomé. Des textes précisent les mesures de réinstallation et d’indemnisation qui accompagnent cette expropriation. Malgré ces dispositions, lesdites collectivités n’ont été ni réinstallées ni indemnisées par l’Etat jusqu’à l’avènement de la Zone franche qui verra le Port céder une partie du foncier à la SAZOF. Et en dehors d’une indemnité accordée par le projet Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, dont l’installation des pipelines a traversé 9 ha dans la portion des collectivités propriétaires (pour un montant de 1400F/m²), aucune collectivité n’a bénéficié d’indemnisation prévue par la loi. La question est toujours à l’ordre du jour. Par ailleurs, ce site est occupé par les collectivités E et F. Près de 2.000 personnes (estimation approximative) habitent aujourd’hui une partie du site affecté à la SAZOF.
En dehors de ces habitants, il y aussi des maraîchers qui déclarent payer des taxes journalières au Port pour la culture qui y est pratiquée. Dans le cadre du projet Gazoduc, la collectivité F, bien que n’étant pas propriétaire du site, a bénéficié de la construction de quelques infrastructures socio collectives (école, centre de santé, chambres frigorifiques et un hangar qui abrite le marché), avec une indemnisation en numéraire d’environ 1.500.000 francs Cfa.
Le site de 35 ha de la SAZOF subit la même problématique que le site de 72 ha : la procédure d’expropriation des propriétaires originels n’a pas été menée à terme, jusqu’à aujourd’hui. En revanche, ce site n’a pas d’occupants sans titre foncier. Il abrite les MAD (Magasins et Aires de Développement) qui stockent des voitures importées pour la réexportation.
Suivant les informations, le Port de Lomé a engagé un processus d’indemnisation des collectivités expropriées courant 2009-2010. Ce processus n’a véritablement commencé que sur l’insistance des collectivités propriétaires munies chacune d’un titre foncier.
Le taux fixé à cet effet s’élève à 900F/m2 et, à ce jour, 26 collectivités semblent être indemnisées par le Port, à en croire l’Administration générale et le Service juridique. Précisons que l’indemnisation n’a pas d’effets rétroactifs, les deux parties (le Port et les collectivités) ayant conclu que le seuil des données temporelles (la base) est l’année au cours de laquelle l’indemnisation s’effectue. Jusqu’alors, les propriétaires des 72 ha affectés à la SAZOF ne sont encore indemnisés. Il en est de même pour les 35 ha.
Le Port entend continuer à indemniser les collectivités restantes, sans toutefois dire si c’est lui (Port) ou la SAZOF qui indemniserait les collectivités toujours en attente.
A Kara, le site de la Zone franche qui abrite ‘‘Extreme Fashion’’ (entreprise de mèches) fait partie d’une superficie totale d’environ 395 ha et demeure litigieux. Un litige lié au droit de propriété légale qui oppose deux cantons. Du coup, toute la surface sur laquelle sont abrités les 30 ha pour la SAZOF est hypothéquée par l’Etat et se trouve sous le contrôle de la mairie. Il n’y a pas eu d’expropriation à Kara dans la forme légale, alors que cela aurait été nécessaire.
A Adétikopé (20 km au nord de Lomé), face à ces tourmentes foncières complexes, la Zone franche y a acquis un nouveau site de 140 ha, suite à la liquidation de l’une de ses entreprises, Darégal Equatorial. Selon elle, cette entreprise possédait un titre foncier et la SAZOF a donc pu obtenir le titre foncier de ce site. Ce site n’est pas occupé par des habitations. La SAZOF a engagé des gardes afin d’éviter des habitations illégales. En revanche, il contient des champs cultivés par les habitants voisins et certains villageois riverains réclament pour quelques parcelles la paternité du site. L’affaire y relative est pendante devant le tribunal de Tsévie. D’où le CPRP pour mieux faire.

Le danger de l’éloignement de la Zone franche du Port de Lomé
Selon le CPRP, le contingent de terrains mis à la disposition de la SAZOF dans la zone portuaire est à présent épuisé. Les terrains attribués à un développeur privé pour viabiliser et construire des bâtiments préfabriqués prêts à l’emploi n’ont jamais été utilisés dans ce sens et servent désormais à héberger des entrepôts (MAD - Magasins et Aires de Dédouanement) pour le stockage des marchandises avant dédouanement et transit. L’utilisation rationnelle des terrains tout autour du Port de Lomé constitue une problématique importante. Pour remédier à la situation de pénurie de terrains industriels, la SAZOF a acquis le nouveau terrain de 140 hectares. Le succès d’une telle démarche est confronté à deux difficultés.
Primo, la mobilisation des ressources pour la viabilisation de ce terrain constitue un défi dans la situation actuelle de contraintes budgétaires du Togo. Compte tenu des délais importants entre la conception d’un projet, les études de faisabilité, les décisions de procéder aux travaux, l’obtention des financements et la réalisation, le projet de «délocalisation» envisagé risque de mettre un coup d’arrêt à l’expansion de la Zone franche pendant de longues années, à une période cruciale où des pays voisins misent sur des développeurs privés qui ont une capacité de financement et une rapidité de décision autrement plus importantes que l’Etat togolais. Le Togo risque ainsi de se faire distancer dans la course aux investisseurs et de prendre un retard difficile à rattraper, sauf à faire la surenchère sur les incitations fiscales permanentes, ce qui serait contraire aux intérêts à long terme du pays.
Secundo, l’acceptabilité par les investisseurs potentiels de ce site n’est pas certaine, d’autant plus qu’il n’existe pas d’enquête auprès des intéressés. L’échec de la Zone franche du Sénégal – parmi beaucoup d’autres facteurs et notamment des seuils d’investissement et de création d’emplois initialement trop importants et des salaires jugés trop élevés – a été partiellement attribué à son emplacement à 17 km de Dakar. L’emplacement auprès du Port reste un facteur de compétitivité certain pour le long terme. Par conséquent, le problème de la disponibilité de terrains pour le développement de la Zone franche semble loin d’une solution satisfaisante. Il est probable que le Gouvernement ne pourra pas faire l’économie d’une réforme profonde de l’utilisation des terrains à l’intérieur et à proximité du Port de Lomé, notamment par le biais d’une gestion plus efficiente et de la tarification. Cette réforme devra être précédée par une analyse coût/bénéfice des usages alternatifs commercial/industriel, dans la mesure où les terrains qui font désormais défaut à l’expansion de la Zone franche sont actuellement occupés par les MAD et utilisés pour le commerce de réexportation.
Le recours au concept de "point franc" (donnant la possibilité de s’établir à n’importe quel endroit du territoire) est surtout valable pour les entreprises exploitant des matières premières.

L’Etat se lance un défi dans le transport aérien
Sortir l’aéroport de Niamtougou de sa "confidentialité" économique
Il est connu du grand public il y a près de 30 ans, mais l’aéroport de Niamtougou n’est que "nationalement international". Encore que beaucoup se demandent à quoi il sert si c’est juste pour accueillir des hôtes du pays. Il ne sert pas trop de raccourci entre atterrir à Lomé et débarquer à Ouagadougou. Les opérateurs ne peuvent que défier les failles d’Alédjo et de Défalé par voiture, en voulant se rendre à l’extrême nord du Togo. Et il a fallu attendre ses 50 ans pour voir l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) prendre à son compte, le 25 septembre 2009, l’aéroport international de Niamtougou. Un aéroport ouvert au trafic depuis 1982 et remis aux normes de l’Organisation de l’Aviation Civile en 2009. Niamtougou possède une piste de 2.500 mètres, un niveau de protection 6, un ILS catégorie 2, un parking de 4 gros porteurs et une aérogare dimensionnée pour traiter 350.000 passagers par an.
Aujourd’hui, le pays envisage d’allonger la piste existante à 3.000 mètres, renforcer les chaussées aéronautiques (piste, voies de circulation et aire de stationnement), réaliser la clôture de l’ensemble du périmètre aéroportuaire et réhabiliter l’aérogare passager. Ce projet révolutionnaire, d’un coût estimatif global de 30 milliards de francs Cfa, est encore en étude. Et l’Autorité réfléchit déjà à un partenariat public-privé pour concrétiser son idée qui aura un impact régional sûr. L’aéroport international de Niamtougou, par sa position géographique avec les aéroports de Lomé, Cotonou, Accra, Abidjan, Ouagadougou et Niamey, jouera bien le rôle de plate-forme de déroutement sur certaines lignes aériennes. En plus, il devra servir à développer des activités de transit du passager et du fret. Du côté du ministère des Transports, on murmure l’implantation d’un centre de maintenance d’avion et celui de formation. Et il faut une infrastructure capable d’accueillir des avions d’une certaine capacité.

Réhabilitation des infrastructures routières
La voie urbaine BKS-Adidogomé se rétrécit, avant sa reconstruction
Un tour sur ce tronçon servant de liaison entre la Nationale 1 et la Nationale 5 fait remarquer des garçons en train de repasser de la chaux blanche sur l’indication initiale de 30 mètres. Autrement, l’emprise indiquée au départ dans le projet de reconstruction de cette voie se réduit. Paradoxalement, après que des propriétaires soient informés, que des maisons à démolir soient bien identifiées et qu’une campagne soit menée autour de la chose. Les futurs expropriés avaient été convoqués à l’époque. Bizarre, n’est-ce pas ? Dans les quartiers traversés, même si cela réhabilite certains, on croit avoir raison de prédire la chose. Au départ, avec l’imposante maison qui s’est mise dans la rue, à l’intersection avec le pavé de Djidjolé-Adidoadin, il se racontait que la route devra contourner la maison. Comme pour rappeler l’histoire de "la route qui est passée dans la maison" ou "la maison qui est construite sur la route". Deuxième et dernier blocage prédit par les populations riveraines : l’hôtel Angels.
Du côté de l’Autorité, on ne veut pas se faire lire dans la pensée. Selon la Direction des travaux publics, l’Etat a été contraint de revoir à la baisse la dimension initiale de l’emprise de le voie parce qu’il n’a pas les moyens de supporter l’indemnisation des "maisons trop coûteuses". Donc, la voie ne sera pas réduite dans toute sa longueur, mais seulement aux endroits précis des maisons plus chères. En conséquence, le trottoir et le terre-plein seront bien réduits aux mêmes niveaux.
En rappel, la route transversale reliant Agoègnivé BKS sur la Nationale 1 et Adidogomé sur la Nationale 5, lancée le 18 janvier dernier, devrait être reconstruite en double chaussée de 2 X 2 voies de 7 mètres de large chacune, dans une emprise de 30 mètres, avec des caniveaux sous trottoirs de largeur variant entre 2 et 6 mètres, un terre-plein central supérieur ou égal à 1 mètre. Quel que soit ce qui est dit, elle garde au moins sa longueur de 6,465 km.
BKS-Adidogomé a été confié, ensemble avec le boulevard du 13 Janvier, à l’entreprise EBOMAF du Burkina-Faso pour un délai de 12 mois, sous le contrôle et la surveillance du groupement de consultants maliens et togolais GTAH/DECO. La structure des deux routes sera composée d’une couche de forme en sable silteux, d’une couche de fondation en sable silteux stabilisé au ciment sur une épaisseur de 20 cm, d’une couche de base en grave concassée 0/31,5 d’épaisseur de 15 cm (pour Agoényivé-Adidogomé) et en grave bitume d’une épaisseur de 10 cm (pour le boulevard du 13 Janvier). Les deux voies seront revêtues en béton bitumineux d’une épaisseur de 5 cm pour répondre aux normes régionales. Pour éviter toute dégradation par les eaux, le drainage des deux voies sera assuré par des caniveaux et dalots en béton armé de sentions conséquentes pour permettre une évacuation efficace. Elles coûtent 10 milliards de francs Cfa chacune à l’Etat togolais.

Dans le cadre de l’amélioration de la production animale au Togo
Fournir 10.000 bovins de boucherie aux abattoirs
Entre les objectifs fixés il y a quelques années et les résultats atteints par le secteur moderne de l’élevage bovin (ranching), le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche fait le constat d’un échec cuisant. Ceci prend en compte le ravitaillement de la population en viande, et des agriculteurs en animaux de trait, la fourniture de géniteurs pour les élevages traditionnels… Les trois ranches de l’Adélé, de Namiélé et de la station d’Avétonou sont en déphasage par rapport aux objectifs qui leur ont été assignés. Aussi, face aux besoins de plus en plus croissants d’approvisionnement de la population en viande et de la culture attelée, s’impose la nécessité de relancer les trois ranches. Avec pour but à atteindre, entre autres, d’assurer l’approvisionnement des abattoirs de plus de 10.000 bovins de boucherie.
Il s’agira pour les autorités de réhabiliter les structures des trois centres et d’aménager les pâturages. On pense au bloc d’insémination artificielle, aux clôtures, à l’habitat et au parc. Chacun des trois ranches est à pourvoir d’au moins 5.000 têtes de bovins. Leur personnel est à former sur une base purement technique répondant au poste profil du secteur. Et des noyaux naisseurs seront mis en place. Un projet à long terme dont la première phase pourra s’étaler sur cinq ans.
A terme, il est visé la production de plus de 15.000 reproducteurs sélectionnés pour l’amélioration de la productivité des troupeaux traditionnels, la disponibilité de plus de 5.000 bœufs de trait pour la culture attelée, et l’approvisionnement des abattoirs de plus de 10.000 bovins de boucherie. Un véritable essor de la filière bétail/viande en perspective qui, s’il ne s’arrête pas à l’étape de projet, ne pourra que couvrir les besoins en protéines animales des Togolais, et améliorer le revenu des producteurs. Le nerf de toutes ces belles idées reste le financement à décrocher. De sources pas encore confirmées, on fait une estimation d’environ 4 milliards de francs Cfa sur une période de cinq ans.
Surgit alors, au niveau des régions et des préfectures, le besoin d’implantation d’abattoirs afin d’absorber les têtes de bovins fournies. Le projet se murmure, dans le but de désengorger le seul et unique abattoir dont dispose le pays dans la zone portuaire à Lomé. Cette infrastructure, moderne à sa mise en fonction en 1976, n’a connu aucune remise aux normes d’hygiène et de sécurité. Elle est devenue obsolète et n’est plus à même de garantir la qualité des produits qui en sortent. De plus, elle est située très loin des points de vente, ce qui favorise les abattages clandestins, un fléau lourd de menaces pour la santé publique.
Mais il est tout aussi une évidence que la relance du secteur d’élevage ne peut se conduire avec succès sans prendre en compte les soucis que constitue la transhumance. Cela réveille alors le rôle des comités préfectoraux de transhumance dans le but d’une gestion durable de ce phénomène. Et, bien évidemment, de la consolidation des relations de cohabitation entre éleveurs locaux et transhumants et de bon voisinage avec les pays voisins. La transhumance pose souvent des problèmes sociaux, mais on lui reconnaît aussi des avantages importants qu’en tirent les acteurs qui animent ce circuit déguisé d’importation du bétail sur pieds et par troupeaux entiers. Il s’agira de définir des sites d’accueil et des couloirs de passage des éleveurs transhumants.
Pour l’heure, l’élevage a contribué pour 14% du PIB agricole et 6% du PIB total du pays au cours des cinq dernières années. Il est pratiqué par 90% des agriculteurs togolais. Depuis longtemps, l’Exécutif a mis l’accent sur le développement des animaux à cycle court, pour lesquels le pays semble avoir plus de possibilités de croissance. Cette politique s’est traduite par un taux de croissance assez fort pour les ovins et les caprins (3% par an en moyenne) et surtout pour la volaille (5% par an). Le cheptel bovin ne s’est accru que faiblement et les porcins ont connu un recul dû en grande partie à l’épidémie de la peste porcine africaine survenue dans les années 2000. En 2005, le Togo a produit 40.000 tonnes de viandes et abats (les petits ruminants et les volailles locales représentant respectivement 42% et 30% de la production totale), et la production nationale arrivait à satisfaire environ 80% de la consommation en viande du pays, le solde étant couvert par des importations de viandes fraîches/congelées (volaille) et sur pied (bovins).

Lutte contre l’érosion côtière dans les Lacs
La Mairie d’Aného et son voisinage sauvés contre la mer
Les ressortissants et habitants du quartier Apounoukpa, à Aného, à 45 km à l’est de Lomé, peuvent enfin espérer dormir en paix. Tout au moins le temps de freiner les violents coups de vague qui menaçaient les habitations d’écroulement. Il y a quelque un mois, les habitations sur la tranche de terre entre le grand et vieux pont et la mer, berceau des Ajavon, n’étaient séparées des eaux que de quelques cinq mètres.
Sur un financement de 635,749 millions de francs Cfa de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemao), dans le cadre de son Programme régional de lutte contre l’érosion côtière, l’entreprise ENCOTRA a entamé des travaux de protection des rivages ouest de l’embouchure du lac en rochement. Des rivages constamment érodés par les eaux du lac Togo et de la mer, au point d’inquiéter les riverains. Il s’agira, pour l’entreprise ENCOTRA, d’agrandir l’espace qui sépare les habitations des eaux. Ensuite, des roches seront posées dans le fond d’eau jusqu’au niveau de la terre ferme, afin d’annihiler les effets des coups de vagues et, partant, de l’érosion.
Le projet sera achevé, dans un délai de 7 mois, par le pavage du sol sur une largeur de 10 mètres entre les habitations et les eaux et une longueur de 330 mètres linéaires. La rue pavée sera prolongée par une berge qui plonge dans l’eau. «A la fin du projet, des véhicules peuvent facilement se croiser, et même effectuer des manœuvres sur la nouvelle rue. Ce qui ne se faisait pas avant», explique un des responsables du projet. On susurre que dans ce bout de terre à Aného, malgré la menace de la mer et du lac, les funérailles sont légion les week-ends. Occasion pour les «déplacés» à Lomé de retrouver le pays. Sauf que l’espace cédé par les eaux n’autorisait pas les défilés des bagnoles.
Au lancement de l’appel d’offre international, en juin dernier, par l’Agence d’exécution des travaux urbains (Agetur), en qualité de maître d’ouvrage délégué, on avait affirmé au ministère de l’Environnement et des ressources forestières que ce projet avait été déjà lancé une fois, mais des critères n’ont pu être respectés. D’une manière générale, l’ensemble du littoral togolais est soumis aux effets de l’érosion côtière, principalement du côté est du port autonome de Lomé. C’est aussi le cas de pays de la région ouest africaine depuis la Mauritanie. Dans l’attente d’un plan global de lutte contre ce fléau naturel, «chacun essaie des aménagements pour protéger ses côtes», affirmait une source du ministère de l’Environnement. Plusieurs épis et des brise-rames ont été réalisés depuis Aného jusqu’à Kpémé afin de stopper l’avancée de la mer sur le territoire. Ils ont fait leurs effets, notamment à Kpémé où la mer a reculé par endroits sur près de 50 mètres, affirment les riverains.
Le coût élevé de ces réalisations amène le Togo à négocier avec des bailleurs de fonds, notamment l’Uemoa. Outre la berge de l’embouchure du lac, de nouveaux épis sont prévus à Aného, Porto Seguro, Tropicana, à Agbavi... «Nous avons déposé des dossiers au Fonds japonais et au Fonds allemand pour réaliser entre 15 et 30 épis. Si cela est fait, on aura sauvé provisoirement les côtes togolaises», rassure la même source.
Pendant que le gouvernement s’y met, les populations s’acharnent sur le sable de mer qu’elles commercialisent ou utilisent pour la construction, regrette-t-on au ministère de l’Environnement. Cette pratique a fini par fragiliser les épis au niveau d’Aného., ainsi qu’à Ramatou Beach, ou à Kpogan où le sable de mer s’en va. La réflexion est ainsi menée au sein de l’Exécutif afin de décréter, dans les prochains mois, l’interdiction de l’exploitation et de la commercialisation du sable marin.

Pour la campagne 2010-2011
Le cacao exporté en hausse de 303% au 1er trimestre
A l’inverse du café dont l’exportation a assez diminué, de l’ordre de 60,84%, au premier trimestre de la campagne 2010-2011, celle du cacao togolais a dépassé les attentes au cours de la même période (octobre, novembre et décembre 2010) par rapport au trimestre précédent. Les chiffres officiels recueillis par L’UNION indiquent une augmentation de 303,52% pour le cacao, exporté au premier trimestre à 2 969 450 kilogramme, contre 735 891 kilogrammes en juillet, août et septembre, qui représentent le dernier trimestre de la campagne précédente (2009-2010).
Visiblement, la demande a été très forte. Mais elle est loin d’être un record car, par rapport à la même période de la campagne précédente (glissement annuel), l’exportation du cacao togolais a diminué de 27,98%. En effet, en octobre, novembre et décembre 2009 un total de 4 123 123 kilogramme de cacao a été exporté à la demande des clients. Pour la campagne cacaoyère en cours, les mois de novembre et de décembre ont fait des recettes, dépassant tous deux la barre de 1 131 000 kilogrammes. C’est moins que novembre et décembre 2009, qui avaient exporté respectivement 1 504 200 et 1 519 753 kilogrammes. Les débuts de campagne ont tendance à donner de gros résultats, explique un habitué du secteur.
Le cacao togolais s’est mieux vendu ces dernières campagnes. 2004-2005 et 2008-2009 ont totalisé respectivement 13 346 789 et 13 077 456 kilogrammes. 2005-2006 et 2007-2008 ont fait moins : 10 773 317 et 10 666 732 kilogrammes. Mais un pic avait été atteint en 2003-2004, à 21 521 824 kilogrammes. Le souci des autorités agricoles du pays est d’injecter près de 3 milliards de francs Cfa dans le secteur, afin de porter, sur une durée minimum de 3 ans, la production à 15 000 tonnes. Il y manque encore le financement.

Après l’"Eau" et la "Scolarisation de la jeune fille"
Miss Togo 2011 se lance avec la "Femme entrepreneur, actrice de développement"
Fidèle à la périodicité annuelle, l’édition 2011 de l’élection Miss Togo a été lancée hier à Lomé. Ce qui est acquis, en attendant de connaître l’identité de la "plus belle fille togolaise" le 27 août 2011, date de la finale, le successeur de Melle Armande Akumah (Miss Togo 2010) devra s’atteler au thème "Femme entrepreneur, actrice de développement". Ce sera une façon de promouvoir l’entreprenariat féminin. Et ce après l’Eau potable pour tous en 2009 et la Scolarisation de la jeune fille en 2010.
L’ouverture des candidatures est fixée au 14 février prochain et la clôture le 3 juin. Quant aux sélections régionales, elles vont courir du 15 juillet au 6 août et permettront de choisir les finalistes de ce jeu de beauté. Entre-temps, les élections préfectorales iront du 10 au 25 juin.
Les conditions, elles, n’ont guère été modifiées : être de nationalité togolaise, célibataire sans enfant, ni précédemment mariée, avoir entre 18 et 25 ans, être d’une bonne moralité et avoir une excellente réputation, avoir une taille minimale de 1,70m, parler couramment le français.
L’élection Miss Togo reste un vecteur de communication pour la promotion du patrimoine culturel national. Chaque année, le budget à boucler ne descend pas en bas de 100 ou 150 millions de francs Cfa. Ce qui reste toujours moindre par rapport aux comités des pays voisins. La crise économique passe aussi par-là.
© L’Union N° 368 du 11 février 2011

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