Atta Mills ne soutiendra aucun candidat

10/04/2009
Atta Mills ne soutiendra aucun candidat

Le Ghana n'entend pas s'immiscer dans les affaires politiques togolaises. C'est en substance ce qu'a indiqué mercredi à Lomé le président John Atta-Mills. Autrement dit, ne comptez pas sur lui pour soutenir tel ou tel candidat à la présidentielle de 2010. L'Union, publié vendredi, rapporte que le N°1 ghanéen s'est contenté de déclarer qu'il souhaitait des élections "libres et transparentes" au Togo.

« Nous ne comptons pas soutenir un parti donné, nous allons soutenir un processus électoral crédible, a ajouté M. Mills.Stricte neutralité donc du Ghana.

Le même journal s'interroge sur l'étrange silence des membres du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Depuis plusieurs jours, aucun communiqué n'est venu sanctionner les travaux. Trêve de Pâques avant l'heure ?

Voici une sélection d'articles publiés par L'Union

Actu politiques

Verbatim

Encore plus d'effort

Dans presque toutes les rares discussions que je tiens avec mes compatriotes et qui ont trait à la vie de la Nation, je ne cesse de leur clamer qu'il y a de grandes chances aujourd'hui pour que la mayonnaise togolaise prenne. J'insiste souvent que le développement du Togo n'est qu'une histoire de temps. Ce qui me donne cet espoir se trouve dans les multiples "semblants de dialogues" -mais dialogues quand même- tous azimuts entre les différents courants politiques. Vous pourrez être amenés à me demander si cela ne se faisait pas au temps du Général. C'est vrai ! Mais l'ère Faure a ceci de particulier : tous les protagonistes veulent réellement le dialogue et surtout en toute circonstance. Il arrive des moments où le jeu politique conduit certains à tenir des propos malveillants et à prendre des positions drastiques, populistes plutôt.

Au cours de leur session parlementaire extraordinaire le 31 mars dernier la majorité des députés du Rassemblement du peuple togolais (RPT) ont adopté la modification de l'article 21 du code électoral. Désormais "la CENI est permanente. Le mandat des membres de la CENI est renouvelable. Les membres de la CENI restent en fonction jusqu'à la mise en place d'une nouvelle CENI" et "La CENI siège en période d'élections générales ou partielles et en période de révision des listes électorales" dispose le nouveau texte. Ce qui du coup permet à la Ceni mise en place lors des législatives d'octobre 2007 de commencer incessamment la révision des listes électorales pour la présidentielle de 2010. L'opposition parlementaire à savoir le tandem Car-Ufc a boycotté les travaux.   

Contre toute attente, pendant que le ton montait sur ce qu'on appelle ici le "énième coup de toilettage du Rpt", le président du groupe CAR à l'Assemblée nationale, Kossi Amegnona, s'est exprimé en ces termes : "Le Togo n'a pas besoin de ces malaises parce qu'on a fait trop d'avancées. Et il faut plutôt conserver ce que nous avons eu comme avancées démocratiques. On a modifié. Nous utiliserons toutes les voies démocratiques pour faire comprendre la raison à ceux qui ont pu faire cette forfaiture. Au niveau du CAR, nous croyons au dialogue ; le dialogue n'est pas rompu. Attendons de voir. Il y aura des rencontres qui vont permettre aux uns et aux autres de comprendre".

Ces propos conciliateurs m'ont une fois encore donné raison qu'il y a de l'assurance que mon pays aborde réellement son ascension. Personne ne souhaiterait mieux que de voir ce nouvel élan, cette nouvelle manière de faire la politique sur la terre de nos aïeux se perpétuer. Au demeurant que chacun fasse un réel effort de compréhension. Sans hypocrisie bien sûr.  

Relations Togo/Ghana

Atta-Mills exclut l'ingérence politique

Faure Gnassingbé a été parmi les premiers à saluer l'exemple de démocratie servi en décembre au continent par le Ghana avec l'alternance et l'élection de John Evans Atta-Mills. C'est sans équivoque.  Mais le Ghana ne compte, en aucune manière, se présenter en donneur de leçon chez ses voisins. C'est l'image que le président ghanéen a laissée au cours de sa brève visite de travail mercredi à Lomé.

A la conférence de presse qu'il a animée dans la soirée dans le salon d'honneur de l'aéroport international de Lomé, peu avant son départ, John Atta-Mills s'est limité à souhaiter des élections "libres et transparentes" au Togo en 2010. "Nous voulons tous la démocratie, parce que c'est la meilleure voie vers le progrès et le développement", rappelle-t-il. "Ce que nous disons, c'est que des mesures soient prises pour consolider la démocratie et s'assurer d'un processus électoral crédible, transparent et libre. Nous ne comptons pas soutenir un parti donné, nous allons soutenir un processus électoral crédible. Un processus électoral accepté par tous", a précisé John Atta-Mills. Des propos très clairs, qui ne laissent aucun doute sur la poursuite de relations apaisées et d'entente mutuelle entre les deux pays voisins.

Il est vrai, par le passé, les relations entre le Ghana et le Togo, qui partagent une frontière commune sur près de 600 km - de l'Océan atlantique à la frontière du Burkina Faso -, ont été des plus tendues durant les règnes de John Rawlings et de feu Gnassingbé Eyadéma. Les deux pays s'accusant mutuellement d'abriter et d'entretenir l'opposition à leur régime respectif. Le Togo a particulièrement essuyé plusieurs attaques contre sa capitale Lomé en provenance du territoire ghanéen, notamment celle du 23 septembre 1986. Il fallait attendre l'arrivée au pouvoir à Accra de John Kufuor en 2000 pour voir le climat s'apaiser. M. Kufuor s'étant clairement, dès le départ, prononcé contre le fait pour son pays de servir de base-arrière contre le Togo.

Des fourberies

Le monde a évolué, soutient le successeur de Kufuor au Castle. Et le Ghana ne peut que souhaiter le bonheur et le développement de son voisin de l'Est. Le Ghana, il nous semble, n'a reçu mandat de personne pour se prévaloir le rôle de police au Togo. Contrairement à ce que le super opposant Gilchrist Olympio fait croire au sein de son parti.

Parti à Accra en janvier comme Faure Gnassingbé et beaucoup d'autres pour assister à la cérémonie d'investiture de John Atta-Mills, l'opposant unique en est revenu avec une prétendue promesse du Ghanéen de le soutenir. Contre qui? "Monsieur Olympio m'a envoyé un message de félicitations. Juste cela. Il ne m'a pas rencontré, et je ne suis même pas sûr qu'il était à la cérémonie d'investiture", a sèchement démenti mercredi soir le président Atta-Mills. "Il n'y avait eu de promesses, il n'y avait pas eu d'assurance. Je l'ai remercié pour son message", a déclaré Atta-Mills, qui en déplore la mauvaise interprétation par l'opposant togolais. D'autant que la seule intention du Ghana est de souhaiter la consolidation de la démocratie et le progrès pour le Togo.

Trêve d'illusions. Atta-Mills a parlé. Retour aux discussions politiques en vue du scrutin de 2010.

en encadré

Les liens se renforcent

En deux entretiens entre John et Faure, et une séance de travail entre les délégations, le Ghana et le Togo ont fait l'essentiel. Il a été question du commerce, de l'agriculture, l'économie, l'eau, l'énergie (le Togo en a vraiment besoin)… et bien évidemment de la circulation des personnes. Ce dernier point devient de plus en plus un casse-tout, au fur et à mesure que la CEDEAO prend de l'âge. Des projets "mutuellement bénéfiques" vont être identifiés, examinés et conclus. Le partenariat économique, commercial et culturel sera développé. La Commission mixte de coopération Togo-Ghana devrait se réunir bientôt.

Il est décidé que la Commission mixte de délimitation des frontières planche sur les problèmes de voisinage. Les services de sécurité - qui coopèrent déjà parfaitement - vont renforcer les relations pour faire face à la criminalité transfrontalière, comprendre notamment le trafic de drogue et d'armes devenu la mode dans la sous région.

Dialogue politique

Toujours rien à publier au CPDC

L'on est en droit de se demander ce qui a enrhumé l'appareil du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), au regard de l'habitude instaurée par cet appareil de discussions créé par l'Accord politique global de 2006. Au point que les détracteurs avancent que certains préfèrent se contenter des perdiems. Jusque-là, le secrétaire du CPDC, Arthème Ahoomey-Zunu, a toujours pondu et lu, séance tenante, un compte rendu des travaux sous forme de communiqué final souvent en manuscrit. Même si certains délégués ont voulu embobiner leurs adeptes qu'il y a des communiqués qui ne sont pas connus d'eux.

La méthode, à défaut d'une large retransmission, a permis de découvrir ce qui a été débattu à chaque fois que la salle de conférence de la primature a accueilli le CPDC. Ainsi, courant mars, les populations ont apprécié les points d'accord et de désaccord arrachés par les différentes parties.

Seulement, depuis, aucun communiqué n'est plus rendu public à la fin des travaux. Mis à part la première séance qui a suivi la transmission au Chef de l'Etat des points de désaccord et d'accord pour sa facilitation. Avec une déclaration finale toute laconique : "les points donnant lieu à discussion sont le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier ministre, les conditions d'éligibilité du président de la république, la durée et la limitation du mandat présidentiel, la création d'un Sénat, la réforme de la Cour constitutionnelle et la question du mode de scrutin proposé par l'UFC et le CAR". La revisite de la loi fondamentale est donc à l'honneur.

Interrogé sur cette absence de communiqué final, un délégué a juste laissé entendre : "c'est parce que depuis-là, il n'y a rien à mettre sous la dent. S'il y avait quelque chose, on l'aurait publié comme on l'a toujours fait".

En rappel, le CAR et l'UFC menacent de boycotter les travaux du CPDC si le Cadre s'ouvrait à d'autres composantes de la Nation. "Si le gouvernement se hasarde à forcer les portes en faisant appel à d'autres partis qui n'ont pas obtenu 5% aux dernières législatives, ils discuteront entre eux et ils ne verront pas l'UFC et le CAR", a déclaré lors d'un récent meeting à Lomé Patrick Lawson, premier vice-président de l'UFC. Ce qui n'a pas empêché le gouvernement de prendre un décret élargissant le CPDC aux partis politiques et organisations de la société civile signataires de l'Accord politique global (APG), à des personnalités, des représentants des confessions religieuses, ceux de la chefferie traditionnelle, ceux des organisations syndicales ainsi que ceux des organisations de la société civile les plus représentatives non signataires de l'APG, le gouvernement, les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale et ceux ayant obtenu au moins 5% de suffrage aux dernières législatives. Il reste que toutes les nouvelles composantes désignent leurs représentants au sein du Cadre.

Confession politique

Gilchrist parle de la confiance en politique

" Vous savez, en politique, il ne faut jamais avoir confiance complètement en qui que ce soit ". C'est le vrai conseil que le leader de l'Union des forces de changement (UFC) donne à ses fans qui continuent de faire de la politique sous les tropiques. Gilchrist Olympio répond ainsi du facilitateur Blaise Compaoré qui ne lui aspire pas une totale confiance, malgré qu'il ne se prive de le visiter ou le saisir sur tel ou tel sujet de l'Accord politique global. Un accord justement que son parti a accepté de signer à Ouaga après avoir refusé de parapher un "document meilleur" à Lomé. Le CAR du président d'honneur Agboyibo et les siens continue de voir dans l'acte l'autre source de l'échec.

On peut ainsi comprendre les positions de l'UFC qui veut être seul au volant. Du coup, il n'y avait pas de crime à refuser d'entrer dans un gouvernement ou à se réclamer de la légitimité à parler au nom du peuple. Si quelqu'un commet le " parricide " de ne pas nous suivre, il faut que tout le monde sache qu'il est traitre ou qu'il est poursuivi par le démon de la mangeoire… En réalité, à l'analyse des actes politiques au Togo, Gilchrist ne livre pas un secret. C'est peut-être une révélation sortie de l'inconscient qu'on n'a pas voulu sortir. Déjà, d'aucuns parlent d'une nouvelle gaffe que ses lieutenants locaux vont essayer de redresser dès le départ du timonier.

Trêve d'étonnement ! Il faut comprendre et s'interroger. Pourquoi demander à des populations qui restent des marionnettes des politiciens de faire confiance aux politiques alors même que ceux-ci ne veulent se faire confiance ? Comment réclamer, voire exiger la confiance des amis politiques  au même moment qu'on n'est pas soi-même prêt à faire confiance en qui que ce soit ?

En général, la confiance renvoie à l'espérance, à la certitude et, en politique, à l'approbation d'une politique donnée. C'est dire qu'on doit accepter au départ et attendre le résultat. Autrement, a priori, on ne doit rien exclure. Elle reste subjective et ne peut être imposée à qui que ce soit. Et il faut accepter aussi ses limites. Ainsi, les peuples des démocraties basculent d'un camp à un autre.

Session ordinaire du parlement

Le gouvernement fixe les textes prioritaires

Au-delà du thème central collé à cette première session ordinaire de l'année - "Contribution du parlementaire pour une présidentielle apaisée en 2010 " -, c'est un parlement tout traditionnel qui vient de rentrer des vacances. Comme pour dire que la vie du pays ne doit pas s'arrêter voire ralentir pour la seule cause de la tenue de la présidentielle de 2010. Au total, une soixantaine de textes inscrits au tableau des études par les commissions spécialisées. Rien que des projets de loi. Peut-être que les élus des trois groupes parlementaires prendront les cinq années de ce mandat à observer ou apprendre à rédiger des propositions de loi. Mieux, la bagarre autour du fauteuil présidentiel a embrigadé tous les bons réflexes.

Dans ce chapelet de textes en instance, le président de l'Assemblée nationale a annoncé, à l'ouverture le 7 avril 2009, que le travail sera abattu selon l'ordre de priorité défini par l'Exécutif et les urgences du moment. Et dans le chronogramme du gouvernement, on peut y voir une subdivision en cinq catégories non intitulées. Au rang des dix premiers textes en urgence, on y voit le projet de loi portant organisation de l'état civil au Togo, le projet de loi portant création du juge de mise en état au sein des cours d'appel et des tribunaux, le projet uniforme relatif à la répression des infractions en matière de chèques, de cartes bancaires et d'autres instruments et procédés électroniques de paiement, celui portant création du centre de formation des professions de justice. Plus est, le projet de loi abolissant la peine de mort au Togo, celui portant statut de l'opposition, le projet modifiant la loi organique n°2004-021 du 15 décembre 2004 relative à la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC), le projet abrogeant la loi sur la responsabilité des comptables publics, celui portant extradition et entraide en matière de trafic illicite de drogues et celui relatif à la commercialisation des produits d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant.

A l'image de la session précédente, la palme d'or est réservée aux ratifications des conventions appliquées au plan sous-régional, africain et international. "Nous avons en instance dans les commissions, 68 textes de lois dont 41  pour la seule commission des Relations Extérieures et de la Coopération", a déclaré Abass Bonfoh.

Par exemple, le '''juge de la mise en état''' est un magistrat du Tribunal chargé de veiller au bon déroulement du procès civil (litige entre particuliers). Une affaire ne sera en effet jugée que si elle est "en état", c'est-à-dire si le dossier est complet et que les adversaires se sont communiqué mutuellement leurs arguments ainsi que leurs preuves. Le juge de la mise en état est désigné pour surveiller l'instruction d'un procès civil complexe. Il peut ordonner toutes mesures d'instruction utiles et donner des délais aux parties pour fournir les pièces nécessaires, ordonner le versement d'une provision par une des parties (c'est-à-dire une somme fixée provisoirement à un certain montant mais qui peut par la suite être supprimée, diminuée ou augmentée par le juge. Quand il considère que l'instruction est terminée et que le dossier est en état d'être jugé, il renvoie le dossier pour qu'il soit plaidé puis jugé.

Tchad

Le meurtrier du caporal togolais arrêté

Le légionnaire français qui a tué mardi deux de ses camarades et un soldat togolais à Abéché (est du Tchad), puis abattu un paysan tchadien, a été interpellé hier en fin de matinée et placé sous la garde de la gendarmerie tchadienne. Il a été formellement identifié par les autorités militaires françaises, et son état physique est correct, a indiqué l'armée française. On estime qu'il avait pris d'un " coup de folie ". Il était arrivé au Tchad en mars avec le 2e régiment étranger d'infanterie.

Le forcené et les deux autres légionnaires tués, un sergent de 30 ans, Français d'origine guinéenne et un légionnaire de 1ère classe d'origine roumaine, appartenaient au 2e régiment étranger d'infanterie de Nîmes (sud), détaché pour l'Eufor. Quant au Togolais, il est caporal du corps des Forces d'intervention rapide (FIR) de l'armée togolaise qui contribue à la Minurcat 2. Ils étaient tous stationnés au Camp des étoiles, proche de l'aéroport d'Abéché. Au total, le Togo a déployé 200 militaires pour intégrer la Minurcat. Au total, le Togo a déployé 200 militaires pour cette mission au Tchad et en Centrafrique.

Economie

Après la compression du personnel de la SNPT

Les 600 licenciés totalement payés

La décision avait soulevé un tollé. Occasion pour certains de tirer à boulets rouges sur les autorités. On ne se le cache pas, le secteur phosphatier avait été mal géré. Le ministre des Mines l'avait dit aux honorables élus : pendant 11 ans, le service n'a jamais tenu de comptabilité. Aujourd'hui, le Togo en est à moins de 1 million de tonnes par an, à peu près le cinquième de sa capacité des années fastes.

Il est question aujourd'hui, pour la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT), de repartir de zéro, avec les moyens de bord, tout en sauvegardant le peu qui restait encore pour le pays. Ce qui impose de casser des Œufs. Parmi eux, le licenciement de 600 agents, début janvier, issus de la réduction de postes jugés non indispensables ou préjudiciables au budget de la société.

En prenant la mesure, les autorités se sont entourées des précautions les plus légales : "Nous avons travaillé avec les inspecteurs du travail, les délégués du personnel et tout a été défini", a déclaré à L'Union le président du Conseil d'administration de la SNPT, Florent Manganawé. En plus, l'intention n'était pas simplement de se débarrasser du surpoids du budget de la société. "A la date d'aujourd'hui, les droits légaux des 600 personnes sont totalement payés. Ils nous sollicitent même encore pour des mesures d'accompagnement", ajoute M. Manganawé.

Les mesures d'accompagnement

Il nous est confié que des discussions se tiennent actuellement sur ce qu'il est convenu d'appeler "mesures d'accompagnement" des agents licenciés de la SNPT. Et ces mesures seraient de deux ordres : social et financier.

Sur le volet social, le gouvernement explore des voies et moyens lui permettant de puiser parmi ceux qui sont encore actifs et jeunes, et de les intégrer dans la Fonction publique. Ou les replacer dans d'autres services. Bien entendu, cela ne peut se faire au détriment de l'avis des concernés. L'ennui, c'est ceux qui tendent vers la soixantaine, le niveau officiel de la retraite, et qui n'auraient plus d'énergie suffisante à fournir.

Sur le plan financier, des ressources importantes ont été dégagées afin d'aider les agents par des primes de santé. Depuis un bail, cela ne s'est plus fait, indique-t-on. "Les sociétés défuntes nous ont légué un personnel avec tous les avantages acquis, mais aussi avec les désavantages : les gens n'ont pas suivi de visites médicales comme il se devait. Nous sommes en train de remettre en place toutes les structures nécessaires pour que les visites médicales reprennent", a rassuré Florent Manganawé. Cela va se faire suivant le nombre d'année dans la boîte. D'ici là, priorité sera accordée à ceux qui ont été licenciés.

Des ambitions

En dépit des difficultés financières - en raison de la limitation d'accès aux crédits étrangers -, et tous les passifs des autres sociétés à gérer, la Société nouvelle des phosphates vise loin. Passée la maintenance, il est envisagé, entre 2010 et 2011, la mise en place d'une nouvelle société pour démarrer le volet transformation du phosphate en engrais et en acide phosphorique "C'est notre vision actuellement", fait le président du Conseil d'administration. Cette mission, partie intégrante du cahier des charges de la société défunte International Fertilizers Group (IFG), a été vite rangée dans les tiroirs.

"J'ai espoir que la SNPT puisse renaître des vieilles cendres des autres sociétés. Si on réussit à remettre l'outil de production en place - cela fait 11 ans qu'on n'a plus fait de révision -, on pourra reprendre mais pas avec 3 millions de tonnes dans la première année", insiste Florent Manganawé.

Culture

Spectacles

Veillée de contes au Goethe Institut

C'était presque soir au village mercredi dernier au Goethe Institut pour la soirée de contes, en conclusion à l'atelier du genre animé par le conteur Roger Atikpo, en faveur de douze conteurs togolais.

Une veillée de contes qui, comme au village, commence par des danses et chants folkloriques d'un groupe de femmes de Kodjoviakope, au rythme du djembé et du tam-tam. Un régal de voir ces corps de femmes plus ou moins fortes exprimer les performances des danses pudiques du sud-Togo, l'agbadja et l'aguéché notamment.

Puis vint de manière graduelle, mais dans une cacophonie- ce qui a quelque peu dégradé la soirée-, la prestation des participants à l'atelier. Sans doute, pour donner l'image du chaos verbal qui prévalait à la création du monde, les conteurs, éparpillés dans le public, contaient dans le désordre, imposant à tous des histoires totalement incompréhensibles.

Mais c'est un tempo cacophonique bien voulu et désiré qui prendra fin avec un retour à la normale. Les participants à l'atelier qui ont un talent certain ont tour à tour ou collectivement raconté des histoires cosmogoniques ou relatives aux relations humaines.

Le clou de ces spectacles vespéraux sera, comme en apothéose, l'arrivée du grand conteur koriste, Roger Atikpo, dans une de ces performances inédites à Lomé qui laissera pendant longtemps les analystes perplexes. S'agit-il d'un conte ou d'un théâtre ? La limite reste floue et le conteur même s'y plaît à volonté tout en se donnant à cŒur joie de brouiller les pistes. Quelle  est la différence entre le conte théâtralisé et le théâtre proprement dit ? Les spécialistes aviseront plus tard.

Mais le spectacle est d'un régal. Une scène assez dépouillée avec pour seul objet une kora posée sur un escabeau que le conteur viendra jouer juste un temps. Imposant, ce grand dégingandé se présente sur scène enroulé dans un pagne, comme Lazare sorti du tombeau, et se met à raconter la vieille histoire des enfants prodigues qui ont voulu assassiner leur père pour faire main basse sur l'héritage paternel, au détriment de leur frère. Une histoire presque connue de tout le monde, mais qui, dite de la bouche de Roger Atikpo où les mots se détachent de la langue comme la langue du palais, retrouve une certaine virginité. Puis la musique hip hop, la kora, l'adresse de l'acteur et sa maîtrise impériale du jeu, font le reste et donnent à ce tout petit spectacle une dimension incommensurable.

Roger Atikpo reste sans conteste un grand conteur togolais qui se bonifie comme un vieux vin au fil du temps, tirant son inspiration de la culture et des conteurs mandingues.

Acteur, metteur en scène, bon joueur de la kora, marié à une Suissesse, Roger Atikpo,  a élu résidence en Suisse. Mais le soleil ne l'ayant pas brûlé, il vient régulièrement au Togo pour faire des spectacles.

Musique

Sassou Koudou en spectacle le 18 avril prochain

Le 18 avril prochain, la scène du Centre culturel français va vibrer de nouveau de la musique du groupe Togo-Tempo et de son leader Sassou Koudou, le Femi Kuti togolais.

Son style de musique est essentiellement basé sur le dynamisme certain de tous les instruments (saxophone, guitare, batterie, percussion, etc…). Il privilégie également des chansons néo-acoustiques très agréables parsemées de jolies mélopées qui ne laissent jamais insensible. Son premier album "Djessi wo" est d'une réussite formidable pour un premier opus qui semble une composition basée sur une utilisation plurielle d'instruments occidentaux, asiatiques et africains. Le second opus "Afrique je t'accuse" d'excellente facture est plutôt moins bonne que la première.

Mais la force de Togo-Tempo repose sur un message fort et revendicateur sur l'Afrique et la colonisation. Il demande un droit d'inventaire et un devoir de mémoire sur passé et le présent ; une philosophie qui engage résolument l'Africain à se tourner vers l'avenir et apprendre des autres civilisations, au lieu de passer son temps à se complaire dans la médiocrité, la dénonciation et l'imprécation.

Pour l'artiste, " sans la collaboration active des Africains, la traite négrière n'aurait pu se réaliser".

"La colonisation négative de l'Afrique n'est en fait que le résultat de la naïveté de son peuple. Enfin, la pseudo-indépendance de l'Afrique aujourd'hui se trouve être encore une preuve palpable que ce continent ne se veut pas encore mature", dit l'artiste.

Effectivement, seuls les faibles n'arrivent pas à se débarrasser du poids du passé. L'artiste demande un retour aux sources par ce que pour lui le développement est avant tout un problème d'ordre culturel : "Il y a un mal profond qui mine le continent depuis la nuit des temps dont il doit être extirpé : c'est la méconnaissance de la grandeur de ses valeurs. Il n'y a pas de développement possible, sans fierté identitaire et culturelle ".

Sassou Koudou vit en France depuis des années.

Kossi Efoui avec Kangni Alem et Sami Tchak, les auteurs togolais les plus primés.

Sport

Cyclisme

Le Tour international du Togo démarre lundi

La 18e édition du Tour cycliste du Togo, qui va mettre aux prises dès lundi prochain jusqu'à dimanche des coureurs venus du Bénin, Côte d'Ivoire, Niger, Burkina Faso,  Ghana et du Togo, s'annonce très difficile pour les coureurs togolais par manque de compétitions dans les biceps.

"Nos coureurs ont fait un mois de préparation mais pour moi, un ancien coureur, et en toute modestie, je dis que l'entraînement ne remplace jamais la compétition. Il y a des pays qui sont en avance sur le Togo comme la Côte d'Ivoire où les moyens énormes sont mis en jeu, le Burkina Faso, pays des sprinters. Mais les Togolais vont se battre comme ils l'ont toujours fait dans le passé ", a rassuré Francis Ducreux, promoteur du Tour.

Pour lui, le Tour de l'année dernière a révélé des difficultés  pour les coureurs étrangers dans l'ascension du mont Agou, à un peu plus de 900 mètres ; parcours  d'une dizaine de kiolmètres sur lequel les Togolais ont  nettement montré leur suprématie.

Par ailleurs Francis Ducreux est revenu sur la spécificité du cyclisme qui est une discipline qui va vers les gens. "Le Tour sert à promouvoir le cyclisme chez les jeunes. Nous faisons l'une des rares disciplines qui est gratuit et qui se déplace vers les gens et leur offre des moments plaisir à travers l'ambiance créée, les échanges entre les cyclistes et les populations".

Pour cette édition, le Tour comporte 8 étapes et  couvrira une distance de compétition de 780 km, pendant que les transbordements, quatre au total, font 306 km. Une distance de compétition qui est en régression comparativement à celle de la 17e édition qui faisait 825 km. "Le cyclisme nécessite d'importants moyens financiers que nous n'avons pas au Togo. Les sponsors sont toujours réticents à nous accompagner. C'est aussi la raison fondamentale de la multiplication des transbordements", concède Francis Ducreux.

L'Ivoirien Bassirou Konté a été le grand vainqueur du 17ème Tour cycliste international du Togo qui a connu son apothéose le dimanche 20 avril dernier devant le ministère des Sports à Lomé. Les cyclistes du  Tour du Togo ont  parcouru les 825 km en 23h 08mn 11s. Bassirou Konté a gagné 5 des 8 étapes du Togo et c'est logiquement qu'il a remporté l'épreuve. Le meilleur togolais de l'épreuve a été Attivi Eguey.

Boxe

La Fetoboxe présente la ceinture WBA, Pan African

La Fédération togolaise de boxe (Fetoboxe) a présenté hier la ceinture mise en jeu dans le cadre du championnat du monde WBA, version Poids légers, qui oppose samedi au Palais des Congrès de Lomé, le Togolais Sabou Balogou au Franco-algérien Amar Amari. C'était l'occasion pour le président Azaad Kélani Bayor de remercier  une fois encore l'Etat togolais pour avoir  alloué une enveloppe de 45 millions de francs CFA à la Fédération afin de lui permettre d'organiser dans les meilleures conditions ce combat qui doit permettre au pugiliste togolais d'entrer dans l'une des versions les plus convoitées des boxeurs du monde.

Mais le combat entre Sabou Balogou et Amar Amari ne sera que le point d'orgue d'une soirée de gala au cours de laquelle plusieurs combats sont prévus à l'instar du championnat d'Afrique CAB Super Welter qui oppose Djolévi Balogou à l'Ivoirien d'origine camerounaise, Guy Zunfun Tende. Quant à Yaovi Agbonson, il croisera les gants avec le Nigérian Big Ben en combat international Néo-Pro Poids Lourds, pendant que Judith Amoussou du Bénin défie Kate Peter du Nigéria en combat professionnel international Plumes (combat féminin).

Notons que le championnat du monde WBA sera arbitré par  le Sud-africain Stanley Christodoulou assisté par un superviseur  ghanéen, Peter Zweiness et trois juges dont deux sont venus du Ghana, notamment Fredrick Ayité et Roger Barnor. Le 3e vient du Danemark et s'appelle Ove Ovesen.

Football/ classement FIFA/COCA COLA

Le Togo réalise une nette progression

Vingt six places de gagnées. C'est le gain remporté par le Togo qui occupe désormais le 65e rang au nouveau classement de la FIFA, publié mercredi. Cette nette progression est consécutive à la victoire de la sélection nationale, lors de la première journée de la dernière phase des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2006, en battant le Cameroun, premier au classement africain par un 1-0. Sur le plan africain, le Togo décroche le 12e rang.

Quant aux Lions Indomptables, ils  perdent trois places (19e) mondial  mais gardent toujours le fauteuil de leader au niveau africain, suivis par le Nigeria (30e), le Ghana (31e), la Côte d'Ivoire (36e), l'Egypte (37e), le Gabon (48e), le Mali (49e) et le Maroc (50e).

Sur le plan mondial, l'Espagne, qui enchaîne les succès et ne compte pas la moindre défaite en 31 rencontres, a établi ce mois-ci un record en affichant la plus confortable avance qu'a jamais comptée un leader depuis l'introduction du Classement mondial FIFA/Coca-Cola en 1993.

Pour établir ce classement, 109 rencontres internationales "A" ont été prises en compte, dont 77 disputées dans le cadre de la compétition préliminaire de la Coupe du Monde de la FIFA 2010.

Le prochain Classement mondial FIFA/Coca-Cola sera publié le 6 mai 2009.

© L'Union du 10 avril 2009

 

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