Au Togo, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles

28/04/2009
 Au Togo, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles

Au moment ou RFI réalise une série d'émissions depuis Lomé, le journal L'Union paru mardi s'en prend à l'une des journalistes de cette radio. Il accuse Karine Frenck « de balancer des informations incendiaires pour ternir l'image du pays et dresser les Togolais contre leurs gouvernants ». Et le journal de poursuivre : « Je sais qu'il existe à Rfi un réseau mafieux officieux anti-gouvernements africains qui n'épluchent que les mauvaises informations du continent. Karine Frenck serait la chargée du Togo pour la salle besogne ».

Heureusement, souligne L'Union, tous les collaborateurs de la station ne sont pas membres de ce réseau. Ceux dépêchés à Lomé actuellement sont de vrais professionnels, amoureux de l'Afrique et objectifs.   Voici une sélection d'articles publiés par L'Union

Verbatim

A toi Karine Frenck :

Le pays le plus beau, c'est mon Togo

Je ne suis pas encore à une comparaison du niveau de développement des pays du monde. Je n'en ai pas les moyens car mon échelle n'a pas assez de marches pour me permettre un tour du monde. D'ailleurs, ceux qui en ont les moyens sont tellement fantaisistes que leur méthode de classement mérite d'être repensée. Surtout que c'est la loi du Talion qui est la règle mondiale du jeu. Ce qui m'intéresse n'est autre que la considération que l'on donne à mon cher pays le Togo.

Aujourd'hui, après quarante-neuf années d'accession à la souveraineté internationale, d'aucuns pensent toujours détenir les clés de l'échec et du succès de ce pauvre pays. Ces esprits diaboliques au visage ridé tel les sillons du champ d'ignames du paysan Bassar ont toujours adopté un langage de haine, de destruction et de division dont j'ignore complètement les fondements. Est-ce parce que le Togo est un pays "en voie de sous-développement" qui continue par tendre la main vers les puissances mondiales avant de boucler son budget annuel qu'il peut subir tous les coups sans lever le pays doigt ?  

Le vendredi dernier, ma consoeur Karine Frenck de la très respectée Radio France Internationale (Rfi) a publié nommément la liste des prévenus dans la tentative de coup d'Etat manqué du 12 avril dernier alors que la justice elle-même n'a pas encore arrêté la sienne.

La bourde a été relevée partout du fait qu'à l'heure actuelle, l'on ne parle que de gens interpellés pour les causes de l'enquête. En mentionnant ainsi des noms, cela peut amener à envoyer leurs proches à l'exil alors qu'ils ne sont en rien concernés ; cela peut aussi exposer des gens à des dangers de tous ordres lorsqu'ils seront innocentés. La présomption d'innocence n'est-elle pas applicable pour les nègres ?      

De plus, ce 27 avril, dans un papier sur les manifestations commémoratives de notre fête de l'Indépendance, elle a annoncé fortuitement que l'interrogation au Togo est la participation ou non de Rock Gnassingbé au défilé civil et militaire. C'est une manière de montrer à l'opinion que le Colonel Rock est contre l'arrestation de son frère Kpatcha et donc s'oppose au Président Faure, son autre frère. Heureusement Rock a été ovationné au défilé.

Je sais qu'il existe à Rfi un réseau mafieux officieux anti-gouvernements africains qui n'épluchent que les mauvaises informations du continent. Karine Frenck serait la chargée du Togo pour la salle besogne.

Avec ses acolytes (aucun rapport avec des confrères) sur place à Lomé, elle balance des informations incendiaires pour ternir l'image du pays et dresser les Togolais contre leurs gouvernants. Que ne nous a-t-on pas appris en matière de démocratie : «ayez toujours des critiques constructives !» et encore «la démocratie, c'est aussi l'acceptation de l'autre, de la diversité». C'est d'ailleurs pour cette raison que moi j'accepte les sujets qui interpellent le régime sur la gestion des ressources financières, sur les infrastructures sanitaires, routières, éducatives, etc. que propose la radio universelle Rfi. Cependant, je n'accepterai jamais, en ma qualité de citoyen affamé à la recherche du bien-être collectif, de ces balourdises.

Le Togo a sa dignité, les Togolais ont leur dignité. C'est de fierté nationale qu'ils pensent, malgré leurs divergences de vue, leurs peines et leurs joies, que leur pays est le plus bel endroit que Dieu leur a légué pour le développer. Confraternellement, je te demande Karine de nous respecter.

49 de l'Indépendance

Dans la sobriété et sous le signe de la réconciliation

27 avril 1960, 27 avril 2009. Il y a 49 ans que le petit Togo, sous mandat de l'Organisation des Nations-Unies (ONU), est devenu indépendant, et libéré de conduire sa propre destinée. Comme à l'accoutumée, l'événement a été marqué par un défilé civil et militaire de près de trois heures d'horloge, lundi matin, devant le nouveau palais de la présidence. Un spectacle haut en couleurs fait par les principales composantes de la nation togolaise. La veille déjà, c'est un Faure Gnassingbé ovationné par le public qui a allumé la flamme de l'Indépendance.

Chose nouvelle, on a vu les images de tous les anciens présidents du Togo, Sylvanus Olympio (1961-63), Nicolas Grunitzky (1963-Jan. 67), Klébert Dadjo (Jan.-Avril 67) et Gnassingb Eyadéma (1967-05) affichées sur les lieux de la manifestation. La manifestation du souci permanent de réconcilier les Togolais avec eux, et avec leur passé qui anime le chef de l'Etat. Une politique de réconciliation que viendra sans doute achever la mise en place de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation.

L'Europe ne s'est pas construite en un seul jour, aime-t-on à dire pour justifier le retard de développement du continent noir. Mais, 49 ans dans la vie d'un homme, c'est le moment où l'on pense avoir réalisé les choses essentielles, et préparé le chemin pour sa relève. Par contre, le chemin semble encore long, très long pour le petit Togo. Et pour cause.

En dehors de quelques axes, Lomé la capitale revendique plutôt le statut d'un gros faubourg. Une image que les 15 ans de suspension de la coopération financière ont contribué à démolir. Du travail reste à abattre – sur les plans économique et social – pour ramener le pays (jadis une référence pour le Bénin et le Burkina Faso) au rang qui lui est dû dans la sous région. La scène politique, elle, est des plus tendues et complexes, avec des acteurs qui aiment se faire de mauvais coups.  C'est au nom de cette politique que l'opposition, menée par l'Union des forces de changement de Gilchrist Olympio, choisit de bouder le 27 Avril, la seule fête officielle en laquelle tous les Togolais se reconnaissent. C'est à se demander ce à quoi va servir le statut de l'opposition que réclament tant ses acteurs.

A peine Faure Gnassingbé se sacrifice à ces casse-têtes pour relancer tant soit peu le pays qu'il découvre que, dans sa propre famille politique, il y a des «nostalgiques du retour en arrière qui imaginent revenir sur les acquis démocratiques» (dixit Faure). «La tentative de coup d'Etat est non seulement un crime contre la constitution et les lois de la République, mais aussi un outrage fait au peuple togolais», s'est énervé le chef de l'Etat, le 16 avril dernier, dans un message radio-télévisé à ces concitoyens. Soit. Le danger, lui, reste entier, et il faut l'extirper du Togo. Le pays n'a pas le titre foncier des coups d'Etat en Afrique. Il a besoin de se développer comme ses voisins.

Situation des OMD au Togo

2 objectifs sur 8 réalisables d'ici 201

«Aux termes des conclusions du second rapport national de suivi des OMD validé en décembre 2008, au rythme d'évolution actuelle des indicateurs, et moyennant des efforts soutenus, seuls les objectifs 2 et 6 des OMD concernant « l'éducation primaire pour tous » et « la lutte contre le sida » peuvent être atteints à l'échéance de 2015. Il est donc improbable que les autres objectifs soient atteints en 2015. Mais à un horizon plus lointain, ils pourraient l'être si certains défis étaient relevés, notamment la consolidation du dialogue politique et du consensus national, la mobilisation des ressources internes et externes, l'efficacité de la dépense publique et le renforcement des capacités institutionnelles et humaines». C'est le constat porté dans la version actuelle du Document Complet de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP-C) récemment validé par le Togo. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont des objectifs de développement quantifiables et assortis de délais qui ont pour but de changer la vie de milliards d'êtres humains en créant par leur réalisation un monde meilleur pour tous à l'horizon 2015. Et le Togo s'était engagé à réaliser les OMD à l'horizon 2015. En témoigne l'initiative d'un certain nombre d'activités qui démontrent son engagement à réaliser ces objectifs.

Seulement, cette volonté est émoussée par les difficultés financières du pays. L'évaluation des besoins révèle que le coût global pour l'atteinte des OMD est de l'ordre de 3.673 Milliards FCFA entre 2006 et 2015, soit 367 milliards FCFA par an.

Déjà en 2003, un Rapport national sur les OMD précisait que sur les 8 objectifs définis, seuls 3 sont potentiellement réalisables à l'horizon 2015. Il s'agit de l'objectif 2 (assurer une éducation primaire pour tous), au titre duquel le taux de scolarisation avait atteint 76,2% en 2000, par rapport à 67,0% en 1990, de l'objectif 5 (améliorer la santé maternelle) dans le cadre duquel il était enregistré un taux de 478 pour cent mille naissances vivantes en 1998 et de l'objectif 6 (combattre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose), le taux de prévalence du VIH/SIDA se situant en 2000 à 6%.

Pour les autres objectifs, les espoirs de réalisation sont plus limités. Ainsi pour l'objectif 1 (éliminer l'extrême pauvreté et de la faim), il aurait fallu réaliser un taux de croissance annuel moyen de 8,4% sur la période 2004-2015 pour une réduction significative de la pauvreté. A contrario, le Togo n'a enregistré qu'un taux de croissance annuel moyen de 1,1% entre 1990 et 2000. La fragilité des secteurs agricoles et notamment vivriers, la faible diversification de la production, la limitation des opportunités d'emplois, les difficultés de satisfaction des besoins essentiels rendent difficile la réalisation de cet objectif à l'horizon 2015. Quant à l'objectif 3 (Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes), malgré les progrès non négligeables accomplis dans la réduction de la disparité fille/garçon dans l'éducation primaire (0,65% en 1990 et 0,80% en 2000), il n'est pas certain que le Togo atteigne cet objectif à terme en raison du faible taux d'alphabétisation des femmes de 15 - 24 ans par rapport aux hommes, du pourcentage limité des femmes salariées dans le secteur non agricole, du nombre réduit de sièges occupés par les femmes au Parlement et au Gouvernement. Concernant l'objectif 4 (Réduire la mortalité infantile (enfants de moins de 5 ans)), les progrès ont été limités au cours de la période 1990-2000. Pour le taux de mortalité infantile, il passe de 81 pour mille en 1988 à 80 pour mille en 1998. La proportion d'enfants vaccinés contre la rougeole et au DTC3 va respectivement de  64,6% et 76,9% en 1990 à 58% et 55% en 2000. Au sujet de l'objectif 7 (Assurer un environnement durable (salubrité, la flore ou la faune, le logement, l'eau potable et l'assainissement)), la tendance serait plutôt à une dégradation continue des indicateurs. Le taux de couverture des forêts qui passe de 6,2% en 1990 à 2,8% en 2000. De même, la superficie des terres protégées pour la préservation de la biodiversité se réduit de 800 000 ha en 1990 à 684 000 ha en 2000. Enfin, la proportion de population ayant accès à une source d'eau potable et à un meilleur système d'assainissement passe respectivement de 55% et 41% en 1990 à 48% et 40% en 2000.

En clair, la réalisation des OMD exige un environnement politique favorable aux initiatives de développement, paix, sécurité, bonne gouvernance et climat politique apaisé, existence d'un cadre institutionnel approprié avec des capacités techniques requises et les possibilités de partenariats, leadership engagé et mobilisation de tous les acteurs, notamment les communautés de base.

Taux de mortalité maternelle et néonatale au Togo

Des chiffres effroyables à diminuer

Agir pour sauver les mères et les nouveau-nés. C'est le message du document de plaidoyer présenté le 23 avril 2009 devant l'Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Komlan Mally. Au Togo, la mortalité maternelle et néonatale est un drame quotidien. Car, toutes les 8 heures, on enterre une mère suite à une complication liée à la grossesse, à l'accouchement ou aux suites de couches. Au même moment, 8 nouveau-nés perdent la vie. Des études faites au CHU Tokoin de Lomé ont révélé comme principales causes directes de mortalité maternelle les hémorragies (27,9%), les infections (26,3%) et les dystocies ou accouchements difficiles (11%). On note aussi des causes indirectes qui représentent 24,2% des décès. Parmi elles, le paludisme, l'anémie, le VIH, les cardiopathies, le diabète, l'ictère…

Cette mortalité est en réalité la conséquence de trois retards dans la prise en charge des problèmes de santé de la mère et du nouveau-né : retard dans la prise de décision au niveau de la femme, de la famille et de la communauté, retard dans l'accès à la formation sanitaire et retard dans l'accès aux soins de qualité. Dans le premier cas, on indexe la méconnaissance des signes de danger au cours de la grossesse, pendant ou après l'accouchement et le faible pouvoir de décision de la femme lié à son statut social et à sa dépendance financière. L'accès tardif à la formation sanitaire est dû aux longues distances à parcourir pour atteindre les formations sanitaires, au mauvais état et à l'insuffisance des infrastructures routières et de moyens de transport. Enfin, le 3è retard s'explique par l'insuffisance et/ou l'incompétence du personnel soignant, l'insuffisance d'équipements, de médicaments et de fournitures adéquats et l'état peu attrayant des infrastructures sanitaires. Ici, on y recense l'absence de motivation du personnel, l'absence du système de référence et contre référence fonctionnel 24h sur 24 et aussi la faiblesse sans cesse croissante du pouvoir d'achat de la population. «Si rien n'est fait d'ici 2015, la situation de la mortalité maternelle resterait au même stade. Par contre, si nous respectons nos engagements, le taux baisserait de façon significative», précise le document.

Pendant qu'une femme meut de cause de grossesse, 20 à 30 autres souffrent d'invalidités parfois permanentes, discriminantes et honteuses, comme l'anémie, l'épuisement maternel. Aussi la Division de la santé familiale a-t-elle élaboré le modèle REDUCE, outil qui utilise des données sanitaires et macroéconomiques pour faire des estimations, en cas d'inaction entre 2006 et 2015. Plus de 11.000 femmes vont perdre la vie au cours de la grossesse, de l'accouchement ou dans les 42 jours qui suivent, environ 419.000 mères souffriront d'invalidité suite à une complication de la grossesse ou de l'accouchement (dont 192.600 cas d'infections pelviennes, 146.000 cas d'incontinence urinaire, 64.500 cas d'infertilité, 8.500 cas d'anémie grave et 2.300 cas de fistules). Du côté des nouveau-nés, 64.000 d'entre eux mourront durant leur premier mois de vie. Ce qui équivaut à une perte de productivité de plus de 64 milliards FCFA (6 pour les décès maternels et 58 pour les invalidités). Et le gain financier pour le pays sera de plus de 30 milliards.

La mise en Œuvre du Plan national de réduction de la maternité maternelle et néonatale lancé le 24 mars 2006 coûtera 5 milliards FCFA. Déjà, la nouvelle politique du pays veut une augmentation du budget du ministère de la Santé à 10% du budget national d'ici 2010 et à 15% d'ici 2015, une subvention des soins obstétricaux et néonataux d'urgence, voire une suppression des frais de césarienne. L'heure est à une prise de conscience collective et à la mobilisation des ressources.

En période de précampagne électorale

Ils ont peur de 2010, selon le RPT

L'inscription vaillamment portée par une banderole a marqué les esprits lors du grand meeting tenu le 25 avril dernier par le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir). Voulue comme un rassemblement de sensibilisation et d'information avec la base, la manifestation s'est muée à la réaffirmation d'un soutien à l'endroit du président Faure Gnassingbé dont le pouvoir a subi le 12 avril une tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Tout a été dit pour convaincre les militants à ne se fier aux commentaires de cet événement malheureux orchestré par les nostalgiques du passé. Et pour la cause, plusieurs membres du bureau politique du parti ont dû faire recours à toutes les méthodes de persuasion. On n'a pas oublié les langues locales.

Mais la finalité de l'opération reste l'élection de 2010. Et pour l'ex-parti unique, il faut tout faire pour maintenir la cohésion, resserrer les rangs et assurer la victoire au candidat légitime qui, selon toute vraisemblance, devra être Faure Gnassingbé. On peut donc comprendre que le mot d'ordre vise directement l'opposition qui croit savoir que 2010 reste le bon moment pour conquérir le pouvoir. Les hostilités sont donc lancées et on ne peut que souhaiter un fair-play dans le jeu. Même s'il faut se convaincre que c'est l'élection présidentielle qui attise plus les appétits politiciens.

Economie

Crise financière internationale

Les banques togolaises face à la tourmente

L'Association des Professionnels de Banques et Etablissement Financiers du Togo (APB-EF) va plancher à partir de ce matin sur un thème d'actualité : « Le système bancaire face à la crise financière et économique mondiale ». Il s'agira d'élaborer des stratégies adaptées à la tourmente financière actuelle, a-t-on appris de sources concordantes.

Les banques togolaises sont relativement épargnées. Elles n'ont pas d'actifs toxiques et leur branche crédit est très limitée. Le secteur se retrouve quelque peu à l'abris de la crise compte tenu du fait qu'il fait actuellement l'objet d'une surveillance rapprochée de la part des institutions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). A la faveur de la reprise de la coopération avec la BM et le FMI, le pays mis sous un programme de redressement économique et de rigueur budgétaire.

Néanmoins, le ralentissement général de l'activité aura, à terme, des effets négatifs. D'autant que de nombreuses banques togolaises, publiques et privées, ont besoin d'une restructuration en profondeur. La Banque mondiale vient d'ailleurs d'accorder une aide au secteur et des experts du groupe français Banques populaires sont à Lomé en ce moment pour un audit de plusieurs établissements, apprend-on.

La réunion de mardi est organisée par la Chambre de commerce et d'industrie du Togo (CCIT). Elle verra, notamment, la participation de Zakari Darou-Salim, président de l'APB-EF, et de Goeh-Akue Kpakpovi, directeur de la Banque Régionale de Solidarité (BRS).

Foire artisanale de Lomé

Succès mitigé pour la 2è édition

La fin de la deuxième édition de la foire artisanale du Togo a été prolongée à ce 29 avril, sur un bilan plus ou moins satisfaisant établi le 26 avril à Lomé. Pendant douze jours, des artisans venus de plusieurs pays africains ont eu à vanter et promouvoir leurs Œuvres exposées. Le public togolais n'avait pas chaleureusement répondu à ce rendez-vous de l'artisanat malgré tous les soins apportés à l'organisation. «Par rapport à Atakpamé l'année dernière, nous avons eu peu de clients. C'est qu'en même décevant, on ne s'entendait pas à cela puisque Lomé est la capitale. On pensait faire de  bons chiffres d'affaires», nous a confié un exposant.

En effet, le climat d'appréhension qui régnait au Togo à la suite des évènements des 12, 13 et 14 avril a négativement joué sur la réalisation des objectifs de cette foire. Un exposant togolais affirme notamment qu'«à cause des rumeurs qui courent à propos de l'affaire Kpatcha, les gens ont préféré se ravitailler en produits alimentaires qu'en objets d'arts».  Ouverte le 15 avril, «la foire était timidement animée la première semaine, pas d'engouement du côté de la population et certains exposants étrangers étaient réticents à venir au Togo. Les choses se sont quand même améliorées les derniers jours», a dit Hervé d'Almeida, Coordonnateur général et chargé de la communication à la foire artisanale.

Aussi, certains visiteurs rencontrés sur le site de la foire ont souhaité que dorénavant cet évènement soit organisé en début du mois et non en milieu. «Il y a eu de bels articles surtout les Œuvres en provenance du monde arabe que nous n'avons pas pu acheter faute de moyens. Ce serait peut être plus intéressant si c'était en début du mois où nous venons à peine de percevoir nos salaires», a déclaré Mlle Koffi Sélom.                                                                                                                                                                A part les affaires et le partenariat, la foire artisanale de Lomé est aussi un évènement qui a rassemblé tous les Togolais sans distinction d'âge et de classe sociale, autour de chaudes soirées nocturnes, des conférences-débats, et des concours de chant, de musique, de beauté et de cuisine sans oublier le dîner de gala qui a permis aux invités, visiteurs et exposants,  d'échanger, de nouer des contacts et d'établir des bases de partenariat.

La foire artisanale du Togo est née dans l'optique de valoriser la culture africaine en général, et celle togolaise en particulier. Elle a vise à promouvoir l'artisanat au Togo, la création de débouchés et de partenariat, le rapprochement entre le monde artisanal et les décideurs économiques.

Culture

Mode

La stylistique nadiakale

La styliste Nadia Karimu a présenté le samedi 25 avril dernier à l'Hôtel Mercure Sarakawa un défilé de mode où elle présentait 104 modèles de sa collection « Les lignes nadiakales » pour enfants, dames et hommes. Les modèles se  déclinent en 5 tableaux : «Nadiaka for Kids», «Hakui Design», «Nuisettes Nadiakales», «Soirée Nadiakales» et «Mariées Nadiakales». C'est un style qui repose sur une combinaison de la mode occidentale et de la traditionnelle africaine, un alliage entre le lin et le tissu-pagne africain, les tissus Vlisco et le kenté ghanéen. Une collection marquée surtout par la modernité et l'ambition d'être le goût et le mode de vivre des gens de son époque, avec un regard tourné intelligemment vers l'Occident. C'est tout un art de vivre qu'impose cette frêle fille âgée seulement de 32 ans. On lui reprochera peut-être d'avoir un goût un peu trop prononcé pour l'Occident, mais c'est un choix de l'élégance et de la mode qu'elle assume totalement. Tout un savoir-vivre. Les modèles sont assez ouverts sur le monde et épouse tous les goûts

Sa collection de nuisettes, un zeste provocateur et très aguichant, donne la mesure de sa perception du monde, sa philosophie et son ambition de libérer plus la femme des carcans de la tradition, de la montrer beaucoup plus attirante, avec un supplément de féminité et de félinité. A l'heure du féminisme militant, Nadia Karimu remet les pendules à l'heure, l'essence de la femme est dans ses charmes, lesquels charmes ne se dévoilent aux yeux du monde que dans les froufrous des vêtements qui lui épousent le corps. C'est en quelque sorte la philosophie des modèles «Hakui».

Il en est également de sa collection des «mariées nadiakales», pour les robes de mariées qui a ébloui cette soirée : le mariage, qui paraît plus ou moins démodé,  se revêt du coup d'une couche poétique.

On remarquera son habileté pour les couleurs dominantes comme l'ocre, l'indigo, le marron, le blanc et le noir. Une adresse tout aussi très remarquée dan son choix des mannequins venus à la fois du Ghana et du Togo.

Styliste-modéliste, Nadiaka est fondatrice de la Griffe «Nadiaka», créée depuis le 20 décembre 2003. Le défilé du 25 avril est le second du genre  après celui du 29 décembre 2006. Elle vient de lancer un site internet www.nadiaka.com avec vente de ces articles en ligne.

Littérature

Kossi Efoui, coup sur coup

A peine annoncé comme gagnant du prix Tropiques que Kossi Efoui s'est-il rendu à Genève pour recevoir le prix Ahmadou Kourouma pour son roman Solo d'un revenant (Seuil). Mais que se passe-t-il avec ce livre qui a visiblement divisé les membres du jury ? Que se passe-t-il avec un auteur qui ne nous donne rendez-vous qu'une fois tous les dix ans pour commettre un ovni littéraire ?

Les présents ont eu droit à une lecture enthousiaste par Efoui d'En attendant le vote des bêtes sauvages d'Ahmadou Kourouma. Si la littérature était une tribune, le tribun Efoui serait président…

Vu son parcours, lus ses écrits, il y a peu de chance. Adepte de l'écrivain russe Gogol et disciple sur le plan philosophique de Lacan, très polémique à souhait, Kossi Efoui continue de diviser le monde littéraire. Alors qu'on pensait qu'il était peu doué pour le roman, contrairement à son théâtre d'une rare qualité, Efoui vient une fois encore d'inscrire son nom comme un incontournable de la littérature togolaise, après avoir été le premier à rompre la trajectoire monotone et ennuyeuse de la littérature togolaise.

Partisan d'une littérature sans frontière, Kossi a dénoncé, devant un parterre d'écrivains réunis naguère à Bamako par Etonnants voyageurs, ces frontières des pays d'Afrique qui emprisonne… l'Africain. D'ailleurs, Solo d'un revenant commence par le passage d'une frontière intérieure, " entre Nord Gloria et Sud Gloria ". Les propos sont hérissés de barbelés. Efoui est un coupeur de routes :

Incipit : On peut les voir maintenant. On peut les voir marcher à travers les trouées fléchées dans le paysage pour guider les derniers dérivants que la forêt recrache. Par petites échapées. On peut les voir arriver jusqu'à la ligne de démarcation, entrer dans la Zone neutre. Entre un panneau marqué CHECKPOINT et un autre panneau marqué CHECKPOINT, on entend le crachin des mégaphones.

Kossi Efoui est né au Togo en 1962. Lauréat du Prix Rfi Théâtre en 1989, et du Grand Prix littéraire d'Afrique noire, Efoui est l'auteur notamment de  plusieurs pièces de théâtre dont Io, (Edition Le bruit des autres, 2007), L'entre-deux rêves de Pitagaba, (Edition Acoria, 2000), La Malaventure, (Lansman, 1998), Le Petit Frère du rameur, (Lansman, 1995), Le carrefour, (L'Harmattan, 1989). Excellent nouvelliste, il a écrit Volatiles (Edition Joca Seria, 2006), et des romans comme La Fabrique de cérémonies (Seuil, 2001), La Polka, (Seuil, 1998)

Le Prix Ahmadou Kourouma a été décerné pour la sixième fois consécutive dans le cadre du Salon africain du livre, de la presse et de la culture. Le Prix est doté d'une somme de CHF 5'000 soit 3 300 euros, il récompense un ouvrage, essai ou fiction consacré à l'Afrique noire et dont l'esprit d'indépendance, de lucidité et de clairvoyance s'inscrit dans le droit-fil de l'héritage légué par le romancier ivoirien.

 

© L'Union du 28 avril 2009

 

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