Blatter en médiateur

25/03/2010
Blatter en médiateur

Joseph Blatter (photo), le président de la FIFA va-t-il jouer un rôle de médiation entre le Togo et la Confédération africaine de football (CAF) ? Pour Forum de la Semaine paru jeudi, cette hypothèse semble de plus en plus probable. A condition toutefois que les autorités togolaises acceptent le principe. Le quotidien n’y est pas opposé mais demande « qu’avant toute discussion, le Togo exige d’abord le retrait pur et simple de la décision portant suspension de la sélection togolaise et l’indemnisation des victimes et leurs familles de façon conséquente ».
Au sommaire également un article sur la veillée de l’UFC organisée mercredi soir à Lomé et qui s’est terminée en débandade après l’agression dont a été victime un gendarme.
Voici une sélection d’articles publiés par Forum
Grabuge devant le siège de l’UFC :
La « veillée à la bougie » du FRAC tourne à la débandade sous les lacrymogènes
A la chute le samedi 20 mars de la deuxième marche de contestation des résultats du scrutin du 04 mars à la plage de Lomé, les leaders du FRAC avaient lancé une idée assez originale, celle d’organiser une « veillée à la bougie » devant le siège de l’UFC pour disent-ils conjurer le « mauvais sort » qui plane sur le Togo. Depuis lors, l’idée a fait son chemin et les militants et sympathisants du Front se sont apprêtés pour, disent-ils, procéder à la « cérémonie d’enterrement du régime RPT ».
«La manifestation était annoncée sans une tension particulière. Mais un incident est venu tout chamboulé. Un témoin raconte :
L’ambiance était bon enfant. Prévu pour 17h, la manifestation battait déjà son plein à 16h avec la présence massive de nombreux militants. La cérémonie a véritablement commencé aux alentours de 18h avec en point de mire les bougies toutes allumées accompagnées des vivats à Fabre et des prières pour « le repos de l’âme du RPT »; dans leurs prières, les manifestants clamaient haut et fort que toutes les iniquités du régime soient expiées afin que le peuple togolais puisse être libéré pour de bon. Cette cérémonie pour une première a reçu l’assentiment des militants et sympathisants. Chose édifiante j’ai vu des grand-mères et des grand-pères tenant, tous debout, les bougies allumées.
La cérémonie se passait bon enfant avec Agbéyomé Kodjo de OBUTS haranguant la foule : « Faure dehors Faure dehors Faure dehors », « Faure agban ; Faure agbodji ». La foule répondait avec hystérie. C’est alors que de l’endroit où les militants assurant les foules des participants on entendit des frappes et des coups sur un individu. Le temps de la confusion passé, on entendit dire que l’individu qui était malmené avait sur lui un pistolet et tentait d’échapper à la vigilance de la sécurité. L’arme lui fit retirer et il fut rouer de coups et n’eut été la présence des organisateurs qui sont venus à sa rescousse et qui le protégèrent jusque dans l’enceinte du siège de l’UFC, c’en aurait été fini de lui. La foule surexcité scandait de plus belle la chanson « fofo si nusin lé ». Vers 19h30 on entendit au loin des coups de gaz lacrymogènes et ce fut une débandade générale».
Un autre témoignage que nous avons reçu auprès d’un représentant d’une organisation de défense des Droits de l’Homme relate les faits dans les mêmes conditions sauf qu’ici, il affirme, selon ses recoupements, que c’est un agent des forces de sécurité en civil qui rentrait de son service qui s’était malencontreusement retrouvé devant un cordon sécuritaire érigé par les manifestant. Les choses ont dégénéré lorsque les préposés ont constaté qu’il avait son arme de service sur lui. Ici, encore, il est fait cas de l’intervention des organisateurs qui ont pu soustraire l’infortuné de la furie de la foule.
La FOSEP quant à elle, parle d’ « actes de provocation » qu’elle a due gérer avec « tact ». Le Chef d’Escadron Anité, joint au téléphone par notre rédaction dit qu’en réalité, tout se déroulait normalement lorsque certains jeunes ont pris à partie un agent en civil qui était de passage au niveau du boulevard. Il était molesté et roué de coups et enfermé dans les locaux qui abritent le siège du parti. « Nous avions dû braver la foule très hostile qui nous agressait avec tout objet mais aussi avec les flammes des bougies pour aller récupérer l’agent séquestré, tout ensanglanté pour l’amener suivre les premier soins » a déclaré l’officier de la FOSEP qui a mené l’opération « de sauvetage » avant d’ajouter qu’au moment où lui et ses agents se repliaient, les militants ont essayé de les en empêcher en se dressant devant eux. « C’est là où nous avions dû faire usage des gaz lacrymogènes pour se frayer le chemin » a-t-il ajouté.
Pour Patrick Lawson, vice-président de l’UFC, s’adressant à l’officier de la Fosep venu récupérer l’infortuné agent blessé, «Nous étions là quand ils nous ont amené un individu ensanglanté avec une arme automatique et des munitions à qui nous avons donné les premiers soins. Notre mouvement est pacifique. Nous avions interdit rigoureusement à nos militants de ne pas répondre à des provocations, ni d’ériger des barricades encore moins de jeter des pierres à qui que ce soit. Nous étions en train de prier pour que ce pays retrouve la paix et tout se déroulait normalement».
Selon les témoignages certains manifestants par la suite, ont érigé des barricades dans les environs tandis que d’autres tenteraient de piller les magasins environnants. Mais ces derniers ont été très vite découragés à coups de gaz lacrymogènes et les barricades enlevés. Les tirs des gaz ont paniqué les manifestants et ont provoqué une scène de débandade et d’escapade.
Bilan de cette soirée, des témoignages parlent de nombreux blessés aussi bien dans les rangs des militants et sympathisants que des leaders du FRAC ainsi que des forces de sécurité. Mais en l’absence de sources hospitalières, on n’est pas plus avancé.
Du coté de la presse, on signale le cas de notre confrère Tommy Emmanuel, Directeur du journal « Plume Libre » et un de ses collaborateur parmi les blessés.
F.S.

Les contrastes d’une victoire
Faure Gnassingbé : silence assourdissant
C’est ce à quoi assistent les Togolais depuis que Faure Gnassingbé a été proclamé vainqueur du scrutin présidentiel du 04 Mars 2010 et pour cause. Depuis lors, en effet le « fils de la nation » s’est emmuré dans un silence indescriptible qui, bien entendu, suscite des supputations de toutes sortes.
Le silence de Faure Gnassingbé aux lendemains de la proclamation de sa victoire par la Cour Constitutionnelle est-il banal, dénué de tout sens politique ? De toute évidence non. Tout homme politique privilégie la communication.
Dans plusieurs pays, les hommes politiques maîtrisent d’ailleurs bien souvent les outils de communication. En Italie par exemple, Silvio Berlusconi le président du conseil italien, surnommé le « maniaque de la communication », mise énormément sur le petit écran pour tenir tête à ses opposants.
En France, Nicolas Sarkozy n’est-il pas passé maître dans l’art de communiquer, ne perdant jamais la moindre occasion de faire « du show médiatique » ? Que dire de Brack Obama, lui qui n’épargne aucune occasion pour justifier ses actions à ses concitoyens ? Au Togo, même si Faure Gnassingbé n’est pas détenteur, en dehors de la télévision en ligne www.fauretv.com, d’un puissant réseau de communication, nul ne saurait ignorer le rôle de levier qu’ont joué les médias d’Etat et une chaîne de télévision privée réputée proche du pouvoir dans sa campagne.
L’homme est assez étranger aux discours certes. Il ne communique pas beaucoup. Toutefois, son silence sépulcral face à son élection et les manifestations de contestations qui s’en suivent inquiètent plus d’un. En effet, depuis l’annonce de sa « victoire sans appel » au dernier scrutin présidentiel, l’homme ne parle pas. Pas de discours, de déclaration, rien. « Son silence est assez mystérieux » déclare un observateur.
Seuls « ses lieutenants » font des sorties médiatiques qui pour charger une opposition que l’on qualifie de « mauvaise perdante » qui pour expliquer une telle « déroute électorale » à elle infligée. Les plus visibles sont le ministre d’Etat Pascal Bodjona et son homologue de la Coopération Gilbert Bawara. En politique, dit-on, aucun acte n’est fortuit. Le silence de Faure participe, à n’en point douter, d’une stratégie politique. Mais que cache alors ce silence ?
Selon les militants de l’opposition, « ce silence est la preuve la plus flagrante que Faure Gnassingbé reconnaît sa défaite électorale ». Cette analyse qui est en train de se répandre surtout sur les principaux sites internet de l’opposition, telle une traînée de poudre au sein de la diaspora, peut sembler semer la confusion dans les esprits ; mais dans le camp d’en face, on se justifie en ces termes : « La loi ne fait obligation à personne, fût-il vainqueur d’une élection de communiquer et jusqu’à preuve du contraire, le silence ne saurait être considéré comme un crime de lèse-république ». Bien plus, souligne un de ses partisans, « ne dit-on pas que qui ne dit mot consent ? Faure Gnassingbé, consent à sa réélection contestée, mieux, savoure cette victoire ».
D’autres tentent d’expliquer ce silence par la volonté de Faure Gnassingbé de rester loin de la polémique postélectorale ; et de faire ainsi preuve d’une certaine maturité politique. Cette explication, aussi séduisante soit-elle ne saurait emporter la conviction des observateurs avertis. En effet la démarche du silence, si elle doit s’expliquer en ces termes, devra s’imposer à tout le sommet de l’Etat. En d’autres termes, les « lieutenants de Faure Gnassingbé » devraient aussi dans ce cas adopter la même démarche ; ce qui ne semble pas du tout le cas puisqu’ils ne ratent la moindre occasion de « défendre le triomphe de leur candidat ».
Une explication certes légère mais aussi très répandue c’est que le « fils de la nation » attendrait d’être solennellement investi comme celui qui devra présider aux destinées du pays pendant les cinq prochaines années pour sortir de son silence et s’adresser à ses compatriotes.
Aux Etats-Unis, Barack Obama n’a-t-il pas, dès le soir de son élection historique, délivré un discours à l’endroit de tout le peuple américain ? De quelle stratégie politique participe alors ce silence de Faure Gnassingbé ? Le président « élu » à sa propre succession voudrait-il privilégier l’action au détriment des « beaux discours » ? Rien n’est moins sûr.
Mais en attendant, les supputations elles, continuent. Et Faure Gnassingbé doit répondre aux grandes questions auxquelles les Togolais veulent obtenir réponses à savoir le sort qu’il réserve aux prisonniers politiques dont l’effectif augmente dans les geôles ; entre autres ceux qui ont été arrêtés lors du processus électoral du 04 Mars dernier ainsi que son frère cadet Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés arrêtés dans une affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat toujours non élucidée à ce jour.
Bref, les Togolais veulent entendre Faure Gnassingbé répondre à cette interrogation : «Et après ?» Ce n’est pas trop tôt, en tout cas !
Séna K. AKODA

Nouveau deuil à l’Assemblée nationale
Mort mystérieuse d’un député RPT poursuivi dans une affaire de trafic de drogue
Le Député RPT de Tandjoaré, l’Honorable Minsoadé Barnabo est mort le mardi 23 mars dernier aux environs de 9 heures au Pavillon militaire du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lomé à la suite d’une maladie que d’aucuns assimilent officiellement au cancer tandis que d’autres parlent d’empoisonnement dans les milieux de la drogue au Togo. Le Député togolais, paix à son âme, n’était pas, du moins à en croire les récents développements de l’actualité, des plus clean !
En effet, une demande émanant du bureau du Procureur de la République, aurait atterri en juin dernier à l’Assemblée, pour la levée de l’immunité parlementaire d’un des députés. Cette demande de levée de l’immunité concernait Minsoadé Barnabo. Il s’agit des suites d’une procédure judiciaire ouverte dans une affaire de trafic de drogue, à laquelle serait mêlé le député. Il était soupçonné d’avoir entre-autres perçu une somme de 500.000 dollars du réseau de trafiquants de drogue, arrêtés en novembre 2008, dont faisaient partie 8 Colombiens, un Costa-Ricain, un mexicain, un Sud-Africain, un Ghanéen et deux complices togolais et dont le cerveau, un certain Jorge Solano Cortes, de nationalité colombienne, a été extradé depuis, vers les Etats-Unis, à la demande des autorités de ce pays.
Selon nos informations, des indices concordants établiraient que monsieur Barnabo faisait partie de ce réseau. Et c’est pour l’entendre et le confronter aux éléments en possession des enquêteurs, que le bureau du procureur a introduit cette demande, conformément à l’article 53 de la Constitution et 77 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Avec la saisine du bureau de l’Assemblée nationale, la procédure veut qu’une commission parlementaire se réunisse et écoute le député soupçonné. C’est sur la base du rapport de cette commission que la plénière de l’assemblée nationale, devrait procéder au vote devant lever éventuellement son immunité.
Pour autant cette procédure n’a jamais abouti, le principal intéressé s’étant refugié en France pendant plusieurs mois pour, officiellement, « des raisons médicales ». Et c’est depuis lors qu’on parlait de cancer de la prostate pendant que ses proches avançait la thèse d’empoisonnement. En tout cas il était resté durant toute cette période injoignable jusqu’à ce que l’on ne le découvre pendant la période électorale où il battait campagne pour Faure Gnassingbé.
La cinquantaine à peine révolu, cet ancien gendarme qui se présentait selon les circonstances comme agent de banque ou commerçant, avait beaucoup surpris par sa soudaine « richesse » avec notamment la propriété d’un luxueux et imposant hôtel à Adidogomé ( quartier ouest de Lomé) dénommé Nimba La Licorne, au taux de remplissage quasi-nul, celle de nombreux camions poids lourds ( titans), ou encore celle de plusieurs terrains dont un de 6a 33 ca situé à Lomé (Aflao Soviépé), un autre de 12 a 96 ca situé également à Lomé Aflao ; la liste étant loin d’être exhaustive.
S’était-il réellement imbibé dans les réseaux de drogue au Togo ? Nul ne peut l’attester réellement quand on sait qu’aucun procès n’a réellement établi sa responsabilité quand bien même l’intéressé lui-même n’a jamais démenti ces informations à son sujet.
Le vendredi 19 mars dernier, l’Assemblée nationale a rendu hommage au jeune député du Moyen Mono, Moïse Sodahnon (UFC, opposition), 35 ans, qui s’est tué dans un accident de voiture il y a quelques jours.
F.S.

Affaire CAF / Togo
Blatter médiateur dans le dossier de la suspension des Eperviers ?
Comme nous l’annoncions dans notre parution du lundi 15 mars dernier, la proposition de médiation faite par la FIFA au TAS continue de faire son chemin malgré que certains veulent faire croire qu’il n’en était aucunement question d’un tel sujet entre les responsables de cette structure.
Selon les dernières informations recueillies auprès de certains responsables de cette instance mondiale, cette médiation à laquelle la CAF d’après les derniers propos du membre du comité exécutif et président de l’UFOA, Amos Adamu, semble être favorable, serait menée, en cas d’accord des parties, par le patron de la FIFA, Joseph Blatter.
Mais la question est là : le Togo doit-il céder à une médiation qui suspendrait la procédure judiciaire introduite auprès du TAS qui en principe doit prononcer son verdict au mois d’avril prochain ?
Si pour l’instant les officiels togolais se refusent à tout commentaire sur le sujet, il faut dire que d’autres sources informent que des chefs d’Etat africains seraient mis à contribution pour faire la pression sur le Togo afin qu’il cède à la proposition de médiation. Feront-ils fléchir les autorités politiques de Lomé qui, on le sait tous, ont été humiliées au début de ce dossier comme quoi, pour s’être ingérées dans une affaire sportive en faisant de la situation une récupération politique alors qu’elles ne faisaient que protéger leurs concitoyens en danger permanent dans un pays dit organisateur d’une compétition sportive et « non guerrière », en les retirant de ce lieu hostile? Où étaient ces derniers quand la CAF multipliait les déclarations de « va-en-guerre » dont l’aboutissement final sera une suspension inique, irresponsable et inhumaine, sans explication fondée, de la sélection togolaise pour deux éditions de la CAN ?
Une chose est certaine, comme nous l’écrivions il y a déjà près de deux semaines, au vu de tout ce qui précède, un refus de médiation de la part du Togo serait compréhensible, par la FIFA à qui le Togo se doit préalablement d’adresser ses remerciements pour engagement.
Malgré les alarmes sonnées par « Forum de la Semaine » à propos des inconvénients de l’acceptation de cette médiation, si les autorités togolaises sont tentées de céder, de grâce, le bon sens voudrait qu’avant toute discussion, qu’elles exigent d’abord le retrait pur et simple de la décision portant suspension de la sélection togolaise et l’indemnisation des victimes et leurs familles de façon conséquente.
F.S.

© Forum de la Semaine du 25 mars 2010

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