Burkina : quand les médias togolais racontent n'importe quoi

30/10/2015
Burkina : quand les médias togolais racontent n'importe quoi

La une de Jeune Afrique N°2859

Dans son numéro 2859, l’hebdomadaire Jeune Afrique a publié un dossier consacré à la récente crise politique au Burkina Faso. Des médias togolais n’ont pas hésité à affirmer, s’appuyant sur cet article, que le président Faure Gnassingbé aurait joué un rôle actif dans le putsch manqué.

Problème, à aucun moment Jeune Afrique n’a fait état de cette ‘implication’ ; au contraire, le journal a souligné comment le chef de l’Etat togolais avait tout mis en œuvre pour aider les Burkinabès à surmonter cette crise. JA commet cependant une erreur : le Togo n'a jamais proposé d'exfiltration au chef des putchistes.

Voici le récit des évènements publiés par Jeune Afrique dans sa édition du 18 au 24 octobre 2015

Burkina : Le putsch en quatre coups de fil

C'est une histoire en quatre actes - ou plutôt quatre coups de téléphone - qui résume l'épilogue du coup d'État manqué au Burkina et la chute du couple Diendéré. 

Acte 1. Le 27 septembre, quarante-huit heures avant l’assaut des forces armées contre Naaba Koom, dernier bastion des putschistes. Dans une ultime tentative pour empêcher un combat fratricide, Faure Gnassingbé, le président togolais, appelle Gilbert Diendéré et lui propose de l’exfiltrer vers le Togo en compagnie de son bras droit, le colonel-major Boureima Kéré. Refus catégorique.

NDLR : le président togolais n'a jamais proposé à Gilbert Diendéré de l'exfiltrer vers le Togo.

Acte 2. Le 30 septembre, au lendemain de l’assaut victorieux et alors que Diendéré s’est réfugié chez le nonce apostolique, c’est cette fois Michel Kafando, le président de la transition, qui appelle Faure Gnassingbé : « Seriez-vous prêt à accueillir l’épouse et le fils de Diendéré ? » Les médiateurs chargés de maintenir le lien entre Diendéré et les autorités et de négocier sa reddition lui ont soufflé cette idée afin de « rassurer » le général. Au même moment, Fatou Diendéré se terre quelque part dans un quartier de Ouagadougou…

Le Premier ministre s’oppose à l’exfiltration de Fatou, qu’il croit mouillée jusqu’au cou dans le putsch

Acte 3. Le lendemain, le 1er octobre. Faure fait savoir qu’un avion est prêt à décoller pour Ouaga. Kafando lui répond que ce n’est plus nécessaire. Entre-temps, le président burkinabè a discuté avec Isaac Zida, et il apparaît que le Premier ministre s’oppose à l’exfiltration de Fatou, qu’il croit mouillée jusqu’au cou dans le putsch.

Acte 4. Même jour, en début d’après-midi. Diendéré, qui a obtenu des assurances pour sa sécurité, se rend aux autorités sous l’œil des médiateurs, parmi lesquels Tulinabo Mushingi, l’ambassadeur des États-Unis. Ce dernier reçoit un appel de Fatou : « Où emmène-t-on mon époux ? » Fatou fond en larmes. Rideau.

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