CAR-UFC : marché de dupes ?

30/01/2009
CAR-UFC : marché de dupes ?

« Faut-il déjà croire au dépassement des ego des deux principaux leaders ? » s'interroge cette semaine l'hebdomadaire L'Union à propos des discussions entre les responsables de l'UFC et du CAR sur une candidature unique à l'élection présidentielle de 2010. Il faut se rendre à l'évidence, ajoute l'hebdo, « les membres du bureau exécutif (de l'UFC, ndlr) n'excluent pas de prendre la relève si d'aventure Fo Gil devait être exclu de la course présidentielle ».

##S_B##Voici une sélections d'articles publiés par L'Union

Bilan des 100 jours du gouvernement

Ce que Gilbert Houngbo avait promis en octobre 2008

Le Premier ministre du Togo, Gilbert Houngbo, a su éviter l'enthousiasme qui marque souvent la période de bilan. Car, par habitude, le gouvernant pense faire beaucoup même s'il est conscient de traîner les pas. Le locataire de la primature n'a pas finalement voulu se donner une note. Même si des efforts sont faits, il reste beaucoup à faire au vu des attentes des populations. Le 23 janvier dernier, l'homme s'était mis à l'ouvrage des comptes. En réalité, Gilbert Houngbo après sa nomination n'embrassait pas tout le programme des 20 Plus de Faure Gnassingbé. En 2010, l'on devra aussi juger le chef de l'Etat sur ses promesses. L'ancien patron Afrique du PNUD, lui, s'inscrivait dans le cours terme, avec des actions ponctuelles à réaliser entre octobre et décembre 2008 conformément au programme d'urgence adopté par le gouvernement lors de son premier conseil des ministres du 1er octobre 2008. Secteur par secteur, les 100 jours de Gilbert Houngbo sont aussi marqués par la lenteur dans l'exécution de certains travaux. D'où la nécessité de revisiter ce que l'homme avait promis faire pour changer le quotidien des Togolais, pour mieux juger.

Réformes politiques et institutionnelles…

Au plan des réformes politiques et institutionnelles, le gouvernement prévoyait réaliser avant décembre 2008 le démarrage de la commission Vérité-Justice-Réconciliation au cours du dernier trimestre 2008, l'installation du cadre permanent de concertation et du dialogue, l'opérationnalisation du financement des partis politiques avec un budget de 100 millions dès octobre 2008. En plus d'adopter la loi sur le statut de l'opposition qui est actuellement introduite à l'Assemblée, et les modifications du code électoral sur la base des recommandations des missions d'observation. Il est aisé de constater que la prochaine session extraordinaire du parlement permettra de transformer en loi le projet de loi portant modification du code électoral et celui portant statut de l'opposition. Il en est de même du projet de loi portant création du Cadre permanent de dialogue et de concertation adopté par le gouvernement. Le bémol reste la Commission Vérité-Justice-Réconciliation dont on annonce toujours le démarrage «dans les prochains jours».

…économiques et sociales

Les reformes économiques et sociales étaient le grand défi au regard de la corruption qui gangrène les entrées financières de l'Etat. Gilbert Houngbo avait érigé des secteurs vitaux. S'agissant de l'Economie et des finances, de la Cour des comptes et de la Coopération, le gouvernement a adopté une pile de mesures relatives aux  marchés publics et délégations de service public. Une stratégie d'apurement de la dette intérieure est adoptée et sera mise en Œuvre par une commission nationale qui aura un rôle essentiellement décisionnel et technique. Les résultats de l'audit portant cette dette en tout à 320 milliards de FCFA. Plus est, on note l'adoption d'un décret précisant les critères d'octroi et de retrait de l'agrément habilitant les entreprises de bâtiments et de travaux publics à participer à la réalisation des marchés publics. Enfin, tout se dit que la Cour des comptes sera mise en place «incessamment».

Avant décembre 2008, il était prévu la mise à disposition des producteurs de 25.000 tonnes d'engrais vivriers pour la prochaine campagne agricole, l'achat de 12.000 tonnes de produits céréaliers pour constituer le stock de sécurité alimentaire, le recrutement, la formation et l'équipement de 304 agronomes, vétérinaires et techniciens agricoles. Les partenaires du secteur Agriculture-élevage-pêche peuvent avoir le sourire, car en plus le pouvoir annonce l'achat de semences de base et commerciales et des produits de conservation et le recrutement  de plus de 300 agents d'agriculture.

Infrastructures, Eau et Energie

S'agissant des infrastructures incluant la voirie urbaine et les pistes rurales, il était annoncé, dans l'immédiat, de grands travaux de réhabilitation des rues et le curage des égouts pour un montant de 4 milliards de FCFA, la réfection et construction de 165 km de pistes rurales dans les zones de production agricoles. Dès octobre 2008, l'on devrait débuter la construction d'un pont temporaire permettant le passage de tous poids à Amakpapé afin de désengorger, sinon libérer la solution provisoire du pont-rail en attendant le démarrage de la construction de trois ponts définitifs à partir de janvier 2009. Aujourd'hui, le gouvernement brandit une étude de tous les ouvrages d'art des grands axes routiers du  pays, la tracée d'une déviation à Amakpapé pouvant supporter tous les types de véhicules et le début de construction du pont d'Amakpapé par des ingénieurs chinois. En plus de ce qui a été visible sur les rues avec le génie militaire et des centaines de jeunes pour l'assainissement.

Sur 300 forages prévus, 150 devaient voir le jour en trois mois pour un montant de 1,2 milliard. Qu'à cela ne tienne, la subvention de 9 milliards de F CFA a été effectivement accordée à la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET) pour affronter le délestage avec la construction d'une centrale de 14 groupes pour 20 MW, la prochaine centrale de 100 MW à construire par Contour Global, les travaux d'électrification rurale de Bombouaka et la descente de la ligne moyenne tension et haute tension à Blitta-village pour l'électrification de la préfecture. Gilbert Houngbo annonce 180 forages contre 150 prévus dans les régions maritimes, des Plateaux, des Savanes et de la Kara. L'eau devra plus jaillir du nouveau château d'eau dans le quartier du lycée de Tokoin à Lomé, etc.

Santé

Réhabilitation et l'équipement des centres régionaux et préfectoraux, réhabilitation des structures sanitaires du Togo, réalisation des actions concrètes à la réadaptation des handicapés, achat des ARV, réhabilitation de la direction régionale de la santé Lomé-Commune, ainsi que les districts 1 et 3 de Lomé-Commune, construction de trois centres médico-sociaux dans les quartiers de Djidjolé, Doumasséssé et de Bè-Klikamé à Lomé, ainsi que la direction régionale de la santé de Kara. Autant de promesses pour la santé. Le domaine recense des travaux de réhabilitation du service ophtalmo et ORL (CHU Kara), la construction de la morgue et la réhabilitation de la polyclinique de la médecine générale, de la pédiatrie et la mise en place d'une alimentation électrique de secours à l'hôpital de Bassar, la construction de deux blocs sanitaires, la réhabilitation des logements des services contagieux de la polyclinique, de la toiture de la médecine, des blocs sanitaires des patients au CHR Atakpamé, la construction et la réhabilitation de la DRS Lomé-Commune et des districts, les travaux d'extension du Labo de microbiologie à l'Institut National d'Hygiène à Lomé, la  Réhabilitation des CHU de Lomé-Tokoin, Campus et Kara.

L'éducation est marquée entre autres par le recrutement d'enseignants et d'élèves instituteurs avec l'ouverture de l'ENI de Notsè, la construction en cours de 02 lycées techniques à Kantè et à Lomé Atiégou, la subvention aux universités et aux EDIL.

Concernant le nouveau domaine de la jeunesse et du développement à la base, le gouvernement promettrait avant décembre de rendre immédiatement opérationnel le fonds de garantie pour l'installation des jeunes agriculteurs, le fonds national pour la promotion économique des jeunes, le fonds d'appui aux initiatives locales de développement économique et social et le fonds pour l'insertion des jeunes. Au terme de l'échéance, il est annoncé la disponibilité des 4 fonds pour plus de 1 milliard, le lancement du projet de soutien aux activités économiques des groupements dans les 5 régions du Togo, la dotation en équipement de 100 groupements agricoles sur toute l'étendue du territoire.

Administration-Fonction publique-Justice-Sécurité

Le volet Administration-Fonction publique-Justice-Sécurité du programme d'urgence connaît une évolution du programme de modernisation de l'administration (loi d'organisation judiciaire, numérisation des lois adoptées…) et un transfert en cours des bureaux de l'ANPE au Centre d'éducation ouvrière pour plus de commodité et d'efficacité. En plus de la vague de recrutement dans la fonction publique et les forces de sécurité, et le lancement d'e-justice (Site des lois publiées dans le journal officiel depuis plusieurs décennies et  site du ministère de la justice). Le PM Houngbo voulait aussi rendre l'Agence Nationale pour l'Emploi opérationnelle et faire adopter les lois sur l'organisation judiciaire, le conseil supérieur de la magistrature, les statuts de la magistrature et des professions judiciaires, ainsi que le code d'éthique de la magistrature et des professions judiciaires.

Autres

En terme de sports et loisirs, ce qui était annoncé est toujours en cours d'étude : projet de loi sur la pratique des activités physiques et sportives et l'enseignement de l'Epreuve physique et sportive (EPS) ; le parlement peut encore attendre.

Dans le commerce, l'arrivée de Gilbert Houngbo a coïncidé avec la bataille pour la révision à la baisse du prix des produits pétroliers et la stabilisation de l'approvisionnement du prix du ciment sur toute l'étendue du territoire.

De son côté, la subvention à accorder à la presse privée dès janvier 2009 est portée à 350 millions pour lui permettre de faire face un tant soit peu aux problèmes structurels et pour mieux se professionnaliser. Seulement, l'Exécutif n'avais pas envisagé la guerre en interne qui est déjà ouverte.

Financement public des partis politiques

La lacune de la loi profite aux interprétations

* L'exemple malien

Depuis que l'Etat s'est décidé à appliquer l'alinéa 2 de l'article 18 de la loi n°91-04 du 12 avril 1991 portant Charte des partis politiques, les partis politiques en ont tous vu un vŒu réalisé. Le satisfecit n'a pas fléchi après le vote par l'assemblée de la loi portant financement public des partis politiques. Mais, contre toute attente, les querelles politiciennes ont refait surface à l'annonce du partage de la cagnotte. A l'analyse, on peut comprendre que c'est le mot « représentativité » qui pose un problème d'interprétation. Mieux, les critiques profitent surtout d'une lacune du texte pour s'y infiltrer. Composée de seize articles, la loi de 2007 pose les trois conditions d'éligibilité à l'aide financière de l'Etat : recueillir au moins 5% des suffrages sur le plan national aux élections législatives, avoir au moins cinq élus à l'Assemblée nationale ou recueillir au moins 10% des suffrages sur le plan national aux élections locales. Et évoque les financements public et privé des partis politiques. Dans le premier cas, c'est le principe de la proportionnalité qui s'applique. En clair, l'enveloppe à attribuer reste tributaire du poids de la représentativité. Pour la Commission de financement qui rejoint ainsi la position du RPT, cela veut dire au prorata du nombre de députés. Alors que pour l'UFC, il doit être question du prorata du nombre de voix obtenues lors de l'élection.

Le législateur avait en son temps minimisé la capacité de nuisance dans les interprétations quand il s'agit d'un débat politique. De quoi ne pas sacrifier la commission nationale de financement des partis politiques qui reste un organe technique des lois et règlements sans la présence des politiques. En rappel, la commission est composée de 5 membres : un magistrat de la cour suprême désigné par le Conseil supérieur de la magistrature, deux inspecteurs d'Etat choisis par l'inspecteur général d'Etat, deux représentants respectifs des ministères des finances et de l'administration territoriale.

Visiblement, une pareille querelle ne peut être alimentée au Mali, compte tenu des dispositions de sa loi portant financement des partis. Nulle part, le nombre de suffrages obtenus ne transparaît. En effet, le financement public des partis politiques a été institué par la loi du 7 juillet 2000 portant Charte des partis politiques, dans le souci de permettre aux partis politiques de jouer le rôle qui doit être le leur dans la construction et la consolidation de la démocratie au pays de Modibo Keita. Aux termes de la loi du 18 août 2005 qui a consacré une nouvelle Charte des partis politiques, le montant annuel de l'aide financière de l'État aux partis politiques doit représenter 0,25 % des recettes fiscales de l'année.

Ce montant est divisé en quatre fractions ainsi qu'il suit : 15% aux partis ayant participé aux dernières élections générales législatives ou communales, 40% aux partis proportionnellement au nombre des députés, 35% aux partis proportionnellement au nombre de conseillers communaux et 10% aux partis proportionnellement au nombre de femmes élues à raison de 5% pour les députés et de 5% pour les conseillères communales. Le nombre de députés et de conseillers communaux à prendre en compte pour chaque parti est celui obtenu lors du dernier renouvellement général, sous réserve des cas de réajustements consécutifs à des élections partielles. Cependant, pour pouvoir bénéficier de l'aide, les partis doivent remplir des conditions au nombre de sept dont la tenue régulière des instances du parti, la justification de la provenance des ressources financières et de leur utilisation, la présentation des comptes annuels à la Section des Comptes de la Cour Suprême qui vérifie leur moralité et leur sincérité. En 2007, sur les centaines de partis politiques qui existent au Mali, il n'y a que trois (3) qui répondaient aux critères et le reste de l'argent devrait être restitué au trésor public, ce qui provoqua la colère de la classe politique obligeant l'Etat à redistribuer ce fonds aux partis même n'ayant pas rempli les critères définis plus haut.  Le parlement malien compte 147 députés.

Présidentielles de 2010

Le CAR et l'UFC veulent briser leurs intérêts

Pendant que les deux partis sont fortement divisés sur l'ordre des prochaines élections locales et présidentielles, un communiqué conjoint signé de Apévon Dodji et Patrick Lawson-Banku indique que les deux camps de l'opposition parlementaire ont décidé d'unir leurs forces pour combattre les initiatives antidémocratiques. Faut-il déjà croire au dépassement des ego des deux principaux leaders ? Comment comprendre la désignation tapageuse des candidats des deux partis pour la présidentielle de 2010 ? Pour le moment, le Comité d'action pour le renouveau peut donner matière à ceux qui n'y croient pas, en revendiquant un retour de l'ascenseur. En clair, il faut que cette fois-ci ce soit l'UFC qui accepte le candidat du CAR comme «candidat commun» (expression consacrée).

«La délégation de l'UFC a rappelé que son parti a désigné à son dernier congrès son candidat à l'élection présidentielle de 2010. De son côté, la délégation du CAR a rappelé qu'à son dernier congrès, il a désigné son candidat à investir lors de son conseil national et demande le retour de l'ascenseur», précise le communiqué. Qu'à cela ne tienne, l'opposition parlementaire veut surmonter ses divergences internes.

Ce qui, selon certaines indiscrétions, sonne comme un affront que Gilchrist Olympio devra laver dès son prochain retour au Togo. En plus du courant d'indiscipline que les dinosaures locaux de l'UFC tentent de coller aux députés partis présenter leurs vŒux au chef de l'Etat dans le Togo profond. Au moment où on en appelle à la forte médiation imposée de Gilchrist Olympio, les mêmes indiscrétions veulent y voir la main obscure du Fils de l'indépendance dans ces manŒuvres. Les nombreuses tentatives de dénier une guerre des clans au sein du parti n'empêchent pas de s'en rendre à l'évidence que des membres du bureau exécutif n'excluent pas de prendre la relève si d'aventure Fo Gil devait être exclu de la course présidentielle. Ce que ne veulent pas admettre les frondeurs d'aujourd'hui qui se targuent déjà d'une certaine onction du leader. Pire, ils mettent en cause une dictature des membres du bureau exécutif.

En attendant, les Jean-Pierre Fabre, Patrick Lawson, Isabelle Améganvi et autres ne veulent se faire dérober la place de dauphins par un jeune arriviste (fut-il député) ou des vieux longtemps restés dans des villages lointains. Voilà qui promet de chaudes empoignades lorsque la bande à l'avocat de Kouvé (quoique président d'honneur) voudra interrompre un désir politique vieux de plusieurs années. Au travers des discours, il est plus question d'écarter tout ce qui compromet la victoire de Ablodé et son Détia.

Consolidation de la démocratie

L'opposition parlementaire aux cérémonies officielles, sinon…

Loin de résonner comme une menace, le projet de loi portant statut de l'opposition fait braquer déjà l'opposition dans sa composante parlementaire. Celle-ci promet de ne pas y donner sa caution. Habituée qu'elle est à rejeter vertement la conservation des fêtes instituées par feu Gnassingbé Eyadéma : le 5 janvier, le 13 janvier, le 24 janvier, le 2 février, le 23 septembre, etc. Le texte adopté par le gouvernement, réuni en conseil des ministres à Kara le 26 novembre 2008, octroie une place de choix au chef de l'opposition parlementaire, celui-là dont le parti a obtenu le plus grand nombre d'élus au sein de la minorité parlementaire. Plus est, il est invité à toutes les cérémonies officielles de la République. En cas de force majeure, il peut se faire représenter par un responsable de son parti de rang élevé. Autrement, pas un sympathisant. En outre, le chef du parti le plus représentatif qui n'assiste pas aux cérémonies officielles auxquelles il est invité et qui n'y envoie pas de représentant en informe, par lettre motivée, le conseil de conciliation qui y donne la suite qu'il estime utile.

Plus loin, l'article 23 stipule que l'inobservation de ces dispositions entraîne des sanctions conformément aux dispositions des articles 22, 23, 24, 25, 26 et 27 de la loi portant charte des partis politiques. Seulement, les délits d'utilisation de pièces non authentiques pour créer le parti, de trouble à l'ordre public, d'incitation à la violence, au tribalisme, au régionalisme, au racisme, à la xénophobie, …ne riment pas avec le boycott pure et simple d'une manifestation officielle. L'article 13 de la loi du 16 juillet 2007 portant financement public des partis politiques, lui, est applicable de plein droit.

Aux termes du projet de loi, ne peuvent bénéficier du statut de l'opposition politique que les partis politiques qui possèdent un siège et qui mènent leurs activités statutaires sans interruption. C'est dire que les partis qui sont souvent dépoussiérés et remis en scelle à la veille des scrutins ne méritent pas le titre. Pour leur part, les partis (opposition et majorité) ont le devoir d'éviter «des propos ou écrits injurieux, calomnieux ou diffamatoires». De quoi ne plus traiter des adversaires de contrebandiers, de génocidaires, d'assassins… L'autre interdiction faite à l'opposition parlementaire est de ne pas bloquer ou retarder systématiquement la procédure législative. Que veut dire systématiquement dans ce contexte ?

Plus est, il est institué au moins une fois par an une rencontre nationale entre le Président de la République et les partis de la majorité gouvernementale et de l'opposition.

Modification du code électoral

41 articles pour tenir la présidentielle de 2010

Formulées par le gouvernement le 17 décembre 2008, les modifications au code électoral portent sur 41 articles : 3, 11, 12, 15, 17, 18, 21, 22, 24, 28, 31, 32, 36, 49, 50, 61, 62, 63, 67, 70, 81, 82, 88, 95, 97, 100, 115, 117, 124, 128, 141, 159, 167, 169, 170, 172, 173, 174, 175, 182 et 185.

On notera qu'une atténuation est apportée à l'ancien article 3 du code électoral, relatif à la mission de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). «Toutefois, les activités de supervision se font conjointement avec le ministère chargé de l'administration territoriale». Outre les membres de la CENI désignés par l'Assemblée nationale, ceux représentant le gouvernement et la société civile sont désormais nommés par le parlement. Contrairement à ce qui s'est fait jusque-là, le remplacement, en période de vacance de l'Assemblée, devrait se faire au cours d'une session extraordinaire pendant laquelle le nouveau membre prête serment avant de prendre fonction.

La CENI reste toujours permanente. Toutefois, la fonction des membres prend fin soixante jours après la proclamation des résultats définitifs du scrutin pour lequel elle est installée, au lieu de quarante cinq jours. «Dans le cas où une consultation électorale ou référendaire est organisée dans l'année qui suit celle de la révision des listes électorales, les membres restent en fonction jusqu'à la fin de la consultation».

En adoptant en l'état le projet de loi, le parlement consacrera le nouvel aperçu géographique de la commune de Lomé. Au lieu du représentant du maire pour la commune de Lomé, la commission technique de la Commission électorale locale indépendante (CELI) de Lomé aura plutôt le représentant du maire d'arrondissement.

Cette fois-ci, le Comité de listes et cartes (CLC) est assisté de techniciens et d'opérateurs de saisie chargés de l'utilisation du matériel. Il n'est plus fait obligation de voir le président et le rapporteur d'un bureau de vote appartenir à des sensibilités politiques différentes ; ils sont juste nommés par la CENI sur proposition des CELI. En plus, il est maintenu l'exigence d'une copie légalisée de l'acte de renonciation à toute nationalité étrangère. Une disposition que l'Union des forces de changement (UFC) continue de brandir comme une attaque personnelle à Gilchrist Olympio.

Enfin, le projet de loi vise à limiter l'intervention des personnes ressources auprès des CLC, à savoir les chefs traditionnels ou les notables aux zones rurales et aux villages, à abroger les dispositions relatives au vote des citoyens omis sur la liste électorale compte tenu du caractère incompatible de ce cas avec le mode de révision et la forme du fichier électoral, à relever le plafond des dépenses de campagne de 3 à 10 millions pour les élections législatives et de 50 à 500 millions pour les élections présidentielles et à porter le délai de dépôt de la déclaration de candidature de 30 à 45 jours avant le scrutin.

Relance du secteur cotonnier

La NSCT remplace la SOTOCO

La Société togolaise de coton (Sotoco), une société publique, a été dissoute par décret du chef de l'Etat, «dans un souci de redressement de la filière cotonnière», a indiqué le conseil des ministres vendredi dernier. La Sotoco est remplacée par la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), une société d'économie mixte dont 40% des parts seront cédés à la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC), précise-t-on de source officielle.

La décision était prévisible. Depuis la campagne 2000-2001, d'après les constats du gouvernement, la Sotoco n'a fait qu'enregistrer des contre-performances. La campagne 2008-2009 en cours s'est officiellement soldée par 40 000 tonnes, contre 80 000 tonnes prévues, créant, en sus, un manque à gagner de 7,715 milliards de francs Cfa à la Sotoco. La campagne précédente n'avait produit, elle aussi, que 50 000 tonnes. Après une baisse record de production de 39 000 tonnes en 2006-2007.

La mauvaise pluviométrie et la sécheresse sont souvent pointées du doigt comme étant la cause de ces performances en baisse. Mais c'en était trop. Cette crise que traverse la société publique de coton a amené le gouvernement à s'engager, avec l'appui de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Banque africaine de développement, dans un processus de redressement de la filière et de restructuration de la Sotoco. L'étude de stratégie de réforme de la filière a, entre autres, la liquidation de la société et son remplacement par une nouvelle entité de statut privé impliquant fortement les producteurs.

Visiblement, les 21 milliards de francs de dette épongés en 2007 par le gouvernement envers les producteurs n'a pas suffi pour remettre leur motivation. D'autant qu'ils ne cessent d'afficher un certain désintéressement pour le secteur. La trouvaille, c'est de faire d'eux également propriétaires d'une structure qu'ils ont intérêt à sauvegarder.

Ce qui suppose aussi pour les nouveaux gérants et le personnel l'obligation de résultats, et la transparence dans la gestion. D'un statut de fonctionnaires de l'Etat, ils seront sûrement balancés sur un régime de rémunération du secteur privé. D'ici là, l'Etat prend en charge le payement des salaires et autres avantages sociaux des permanents retenus dans un plan social pendant trois mois.

Elle est loin la barre des 180.000 tonnes de coton graine franchie par le Togo. Mais l'exploit peut être réédité grâce au travail et la bonne gestion.

 

Café/Cacao

Le gouvernement veut relancer la filière

Les autorités togolaises ont déclenché ces derniers jours une vaste campagne visant à relancer la filière Café/Cacao, les productions ayant considérablement chuté ces dernières années. Une unité technique créée par l'Etat, ainsi que des chefs traditionnels de la région des plateaux ont parcouru plusieurs localités, afin de sensibiliser les producteurs, a constaté l'Agence Savoir News sur place.

«Notre mission est de sensibiliser les producteurs, les inciter à reprendre leurs activités comme ils le faisaient», a expliqué un membre de l'Unité technique. «Nous avons parcouru près de 30 villages. Nous avons pu mobiliser environ 5.000 producteurs. Ils nous ont écoutés, ils ont même formulé des doléances», a-t-il souligné. Ces producteurs réclament notamment des subventions de l'Etat et des fertilisants de sol.

Environ 25.000 tonnes d'engrais ont été reçues ces dernières semaines par l'Etat et une partie sera destinée à ces producteurs, a indiqué le ministère de l'Agriculture, de l'élevage et de la pêche, a rapporté Savoir News lundi.

Comme le phosphate, principal produit d'exportation du Togo, le café et le cacao traversent également une période très difficile, les productions ayant considérablement chuté ces dix dernières années.

© L'Union du 30 janvier 2009

 

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