Ce qu’a proposé l’UFC

14/05/2010
Ce qu’a proposé l’UFC

Les discussions sont ardues entre le Premier ministre et l’opposition pour la formation du gouvernement de « large union ». L’Union révèle vendredi que l’UFC a exigé d’avoir 50% des postes avec une répartition identique pour les sociétés d’Etat, les préfectures et les mairies. Difficilement acceptable pour le pouvoir. « L’on croise très fort les doigts pour que le seul parti politique de l’opposition togolaise, toujours égal à lui-même, ne rejette en bloc les propositions du pouvoir », écrit le journal.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Liberté d’expression d’accord,libertinage d’expression non !
La démocratie togolaise est irréversible et s’impose désormais à tous les Togolais. Le régime de Faure Gnassingbé en est conscient et s’évertue quotidiennement à l’enraciner. Les multiples réformes engagées dans tous les domaines répondent de cette politique d’instauration d’un Etat de droit où tous les fils et filles du pays jouiront pleinement de leurs droits de vivre et de prospérer. Voilà pourquoi, tous les rapports sur les Droits de l’Homme sont au vert sur le Togo. Quant à la liberté d’expression et de presse au Togo, elle reçoit une mention honorable. C'est-à-dire qu’elle est vivifiante. Partout les Togolais parlent de tout et de rien, sur tout sans retenu et sans crainte de se faire interpeler.
Malheureusement, cette liberté d’expression court un grand danger aujourd’hui. Car elle est mal pratiquée par certains individus qui se permettent tout en s’attaquant à la dignité de leurs concitoyens. Le mode ici est de se rendre populaire par le mensonge et la calomnie. La semaine dernière, au cours d’une émission interactive sur une radio locale, un soi-disant opposant a raconté avoir échappé à un gazage en face du Commissariat central à Lomé pendant qu’il se rendait à la veillée de prière organisée par le Frac à l’Eglise Méthodiste Salem. Il en a profité pour vilipender les forces de l’ordre et vouer aux gémonies le Chef de l’Etat. Les recoupements ont démontré qu’il n’y a jamais de gaz lacrymogène lancé à ce niveau en ce mercredi chaud.
Une information tragique a traversé le pays en ce début de semaine avec une prétendue bavure policière qui aurait coûté la vie à deux individus. Il a été divulgué que des agents de sécurité ont poussé du pied un conducteur de taxi moto en pleine circulation. Sur le champ, le zémidjan a succombé, de même que la dame qu’il remorquait. Des propos recueillis auprès des habitants ont révélé que la langue de la dame en question a été coupée en deux et le temps de l’amener à l’hôpital, elle a trépassé. Aussi a-t-on décrit l’utilisation du gaz lacrymogène par la police qui s’est transportée sur le lieu de l’incident pour disperser la foule qui s’y est amassée. Du coup, on s’est attaqué aux gouvernants qui poussent les forces de l’ordre à commettre des actes barbares.
Le lendemain, à la surprise générale, la dame, vivante, a parlé pour mettre en cause son conducteur qui roulait à vive allure avant leur chute.
Ces quelques exemples m’ont rappelé les mensonges de Kofi Yamgnane sur les sites Internet de sa Bretagne chérie. Pour une manif d’une cinquantaine de personnes, il gonfle le chiffre à 5000 et fait croire à une guerre au Togo avec l’armée qui tirait sur des manifestants alors qu’il y a eu trois gaz lancés pour faire replier les gens. En son temps, j’avais dénoncé cette manière de faire qui met à contribution la presse locale et internationale pour arriver à des fins politiques. Malheureusement, les gens de la presse comptant sur la personnalité, l’intégrité, la probité de ces individus tombent dans le coup. Alors, la liberté d’expression et de presse devient du libertinage.

Pour la formation d’un gouvernement d’ouverture
Houngbo fait des propositions concrètes à l’opposition

La ronde des leaders politiques et des responsables de la société civile étant achevée au cabinet du Premier ministre reconduit pour la formation d’un gouvernement voulu «de large ouverture» par le président Faure Gnassingbé, Gilbert Fossoun Houngbo vient de faire des propositions plutôt réaliste pour sa future équipe gouvernementale.
Dans une correspondance reçue mercredi par le président national de l’Union des forces de changement (Ufc), Gilchrist Olympio, le Premier ministre voudrait une équipe pas assez pléthorique mais très équilibrée entre le pouvoir (pourtant vainqueur de la présidentielle), l’opposition et la société civile.
Des sources bien informées, interrogées par L’Union, évoquent la possibilité de huit postes ministériels pour chaque camp. Une proposition bien à l’opposé de ce qu’exigeait M. Olympio lundi. Mieux, son parti, principale formation de l’opposition et arrivé en seconde position (avec 33,93% des suffrages), s’en sortirait avec plus de la moitié, probablement cinq, des postes réservés à l’ensemble de l’opposition. L’idée est de coller aux vœux et aux promesses du chef de l’Etat au cours de la campagne électorale en mettant gagnant et vainqueur au même régime. Faure avait indiqué que le gagnant du scrutin du 4 mars se fasse le devoir de diriger le pays avec les perdants. Et la mission assignée à Gilbert Houngbo vendredi était de ratisser large. Aussi large que possible.
L’Ufc face au réalisme
La réponse du leader de l’Ufc est très attendue par la Primature pour déterminer, au plus tôt, la coloration de la nouvelle équipe. D’autant que Gilchrist Olympio, à la rencontre avec le Premier ministre lundi, avait tout partagé en deux : le pouvoir d’un côté, et son parti de l’autre. Dans sa logique de partage du pouvoir, la société civile et les autres formations politiques n’étaient guère prises en compte. S’il y avait trente postes, ils se les prennent quinze-quinze. Les sociétés d’Etat, les mairies, et même les préfectures devaient elles aussi être assujetties à ces calculs. Calculs qu’on a vite fait de trouver «trop politiques plutôt que techniques», au où moment le chef de l’Etat est à la recherche de compétences, d’où qu’elles viennent.
L’on croise très fort les doigts pour que le seul parti politique de l’opposition togolaise, toujours égal à lui-même, ne rejette en bloc les propositions du pouvoir. Ce qu’on a connu par le passé, c’est que si ce n’est pas l’Ufc, ce n’est donc personne d’autre dans l’opposition. Le temps étant compté pour ce nouveau mandat, vu l’étendue des tâches à accomplir sur le plan social et du développement, Faure doit faire avec le réalisme, en ayant à l’esprit l’intérêt des Togolais.
A défaut d’être forcément ministre, et de se partager les rôles cinquante-cinquante, il est par ailleurs prévu que des discussions se tiennent sur les modalités d’attribution des postes de responsabilités au niveau des sociétés d’Etat, des mairies et d’autres secteurs. L’accord de principe est donné par la Primature. Mais, sur ce plan, le Premier ministre, bien inspiré par le chef de l’Etat, insiste sur la compétence. Et éventuellement sur la géopolitique. Pour ne pas parachuter n’importe quel quidam à la place qu’il ne faut pas.

Réactions tous azimuts
La Convention démocratique des peuples africains (CDPA) ne dit pas niet au gouvernement de large ouverture. Seulement, il faut qu’il associe toute la classe politique, du moins les partis qui sont venus avant la CDPA dans le classement final du dernier scrutin présidentiel. C’est-à-dire le RPT qui a naturellement remporté l’élection, l’UFC, le CAR, l’OBUTS.
Après, on peut apprécier la position du PRR et du PDP. En clair, le parti de Léopold Gnininvi veut maintenir sa cinquième position sur la liste s’il faut opérer un retour dans un gouvernement dominé par le RPT. Car, justifie-t-on, il ne faut pas faire les mêmes frais. De quoi ne pas avoir à avaler le même plat indigeste faisant croire que l’ancien ministre des Affaires étrangères a sacrifié la lutte démocratique pour avoir fait le pas interdit. Quand la CDPA était allée sans les autres, les populations n’ont pas compris, dit-on.
Au demeurant, le gouvernement de large ouverture politique, tel que préconisé par le pouvoir, n'a de chance de réussir que s'il résout les préoccupations des Togolais : injustice politique, socioéconomique (accès équitable aux fonctions publiques, pas de clientélisation dans la chose publique pour des buts électoraux, etc.). Plus est, il est urgent d’opérer une rupture choisie et assumée ; les réformes et autres efforts entrepris étant insuffisants. Il faut aussi tout mettre en œuvre pour donner une réelle efficacité à la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR).

Pour le CAR, c’est la théorie de la Refondation
Le parti de Dodji Apévon n’entend pas participer au gouvernement, selon un communiqué de ce deuxième parti d’opposition en termes de représentation nationale. « Le CAR a rappelé à Monsieur Houngbo qu’il ne reconnaît pas les résultats proclamés le 18 mars 2010 par la Cour constitutionnelle à cause des multiples irrégularités qui ont entaché le scrutin », précise-t-on après la rencontre avec le Premier ministre, Gilbert Houngbo. Entrer dans un gouvernement n’est pas la priorité.
Jusqu’à preuve du contraire.
Mais le plus important pour les lieutenants de Madji Agboyibo, c’est l’application de la théorie de la Refondation. Après l’axiome du retour de l’ascenseur et de la cogestion, le CAR ne jure que par la Refondation du pays qui passe par le pouvoir et l’opposition. Celle dernière devra revoir ses méthodes et ses ego pour réussir. Elle a trop fauté. « Tant que nous ne serons pas assis, au niveau de l’opposition, pour réfléchir autrement, pour diagnostiquer le mal qui mine l’opposition et pour dire franchement que ce que nous avons fait dans le passé a été nuisible pour la lutte et pour réfléchir autrement, nous allons continuer par tourner en rond », avance Me Apévon.

OBUTS préfère prolonger le rêve
Agbéyomé Kodjo, le patron de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts), rejette toute participation au prochain gouvernement. « Il nous faut de nouvelles élections présidentielles dont l’organisation passera par la mise en place d’un gouvernement de transition », explique cet ancien dinosaure du RPT (au pouvoir) qui ne veut pas « se faire rouler dans la farine » par le pouvoir qu’il avait contribué à façonner.
A l’étape actuelle, seuls les admirateurs de ce parti peuvent encore rêver qu’on devra retourner aux urnes pour le choix du Président de la République. Avant 2015. Alors même que la communauté nationale et internationale ont déjà fait le deuil dudit scrutin et tourné le langage vers les voies de développement.

Election et manifestations de rue
L’UE étonnée de l’illégalisme de Fabre
Nous écrivions dans une précédente parution que l’opposition de rue de Jean-Pierre Fabre & Cie ne trouvait pas d’écho favorable dans les propos non ambigus de la France, membre influent au sein de l’Union européenne, à travers le député Christophe Guilloteau : « je ne suis pas là pour commenter le passé, je suis là pour l’avenir (…) C’est l’aboutissement d’un processus électoral souverain. Votre président a devant lui un mandat de cinq ans pour le bien de son peuple ». C’était le 3 mai à Lomé.
Célébrant la journée de l’Europe le 9 mai, Patrick Spirlet, le chef de la Délégation de la Commission européenne au Togo, se dit étonné (enfin, partiellement !) de la démarche du candidat de l’Union des forces de changement (UFC) quant à la non reconnaissance des résultats.
Jusqu’ici. « Disons que ce qui m’étonne plus, c’est la façon dont l’opposition s’est exprimée. Comme vous le savez, M. Fabre s’est déclaré vainqueur le jour après du scrutin. Nous avons toujours été de la position que s’il y avait contestation, il fallait suivre les voies légales. La position en ce moment-là de ce parti de l’opposition, c’était de refuser de déposer un recours en contentieux au niveau de la Cour constitutionnelle pour des raisons qui leur sont propres. Du côté de la communauté internationale, on aurait privilégié une solution légale à cette prise de position. L’UFC a le droit d’avoir ses propres positions, a le droit de manifester », confie-t-il à notre confrère en ligne Savoir news. Avant de chercher aussi à savoir, dans le long terme, où cela va nous mener. En tout cas, c’est du passé pour le CAR. « Même ceux qui sont dans la rue doivent avoir compris que cette étape est passée », dixit Dodji Apévon.
Auparavant, le diplomate européen explique comment son employeur apprécie la situation : « Alors il y a deux choses, d‘abord pour la question du calme de la façon dont se sont déroulées les élections. Je me rappelle qu’à mon arrivée ici au mois d’octobre 2009, la principale préoccupation des Togolais et des partis politiques, c’étaient les violences de 2005, qu’elles ne se reproduisent plus dans un pays comme le Togo. Comme vous le savez, l’UE a investi dans la formation, dans l’équipement des forces de sécurité des élections. Et je crois que le résultat, c’est que le jour du scrutin, tout s’est passé dans le calme, qu’il n’y a eu aucun dérapage.
On ne peut pas dire qu’il y ait eu de violences et je crois là que c’est un acquis énorme pour ce processus électoral présidentiel, si on le compare aux craintes qu’il y avait avant le démarrage du processus ». Et de poursuivre : « L’autre aspect, c’est celui concernant le résultat. L’élection du président Faure a été saluée par la communauté internationale. Les messages de félicitations sont venus de tout le monde, y compris de l’UE. Donc il y a une reconnaissance de la victoire du Président Faure aux élections. Ceci dit, il y a l’autre aspect. C’est que néanmoins, il y a la prise de conscience que le processus électoral n’a pas été parfait, qu’il y a eu des irrégularités, des dysfonctionnements qui vont devoir être redressés pour les prochaines échéances électorales et qu’il faut faire ensemble le bilan de ce qui s’est passé durant ce processus électoral ».
Qu’à cela ne tienne, la délégation locale de l’Union européenne n’entrevoit pas de cause de déstabilisation « si tout se passe dans la légalité et le calme ». Comme c’est le cas dans la capitale depuis quelques semaines. Après l’indignation créée par les interventions policières dans les marches de protestation et les veillées de prière. Le premier parti de l’opposition (en termes de représentation) en fait tous les mercredis et samedis.

Pour l’heure, M. Spirlet croit à un retour du dialogue politique entre les deux camps. Du moins, pour mieux assurer ensemble les prochaines échéances. Encore que, surtout, le camp de l’opposition capte la leçon. Par tradition, il n’a toujours rien fait pour garantir sa victoire. Il donne l’impression d’être surpris par chaque course électorale. Après le vote, il crie au vol et se refuse de faire une introspection de défaite pour bien se relancer à l’étape suivante. Et les mêmes bévues produisent les mêmes réactions. Malheureusement, des adeptes ne veulent pas être exorcisés, même si le constat se fait qu’avec les marches actuelles, l’affluence prend un coup après le serment de Faure Gnassingbé. Parallèlement, le parti au pouvoir se paie sur le terrain une avance sur son adversaire, pendant qu’il parle de campagne déguisée.

Pour faciliter le commerce et le transport
Le pont d’Aného double en largeur

Le très vieux pont d’Aného – seul à relier les deux côtés de la ville – va connaître de nouveaux jours d’ici la fin de l’année. Sa réhabilitation est programmée dans un projet financé par la Banque mondiale. Mieux encore, le pont sera dédoublé, pour faciliter le commerce et le transport sur ce chaînon du corridor Abidjan-Lagos. En mars, le conseil d’administration de la Banque mondiale avait approuvé à cet effet un don de 18,553 milliards de francs Cfa dont une partie devra servir pour réhabiliter 7,76 km de route de la ville d’Aného à la frontière de Hillacondji avec le Bénin.
Outre la réhabilitation et de dédoublement du vieux pont, la chaussée sera réhabilitée, sur 3,8 km en deux voies. Sur le reste du parcours, soit 4 km, elle sera réhabilitée et dédoublée en deux voies dans les deux sens, avec un terre-plein central de 1,34m. Les dégâts collatéraux, qui affecteront les riverains, seront résolus par la construction de 10 logements pour le recasement des personnes affectées. En outre, Aného sera dotée d’une vraie gare routière inscrite au projet et d’une plate-forme commerciale y compris des hangars. Pour les gros porteurs qui emprunteront cette voie, le projet a inscrit la construction d’un parking. Voilà pour les aspects techniques de la chose qui visent à donner à Aného le visage qu’elle peut mériter.
Mais la vraie fortune ne fait que commencer, notamment pour les opérateurs nationaux. Ils s’attendaient tant au rétablissement de la situation politique et à la reprise de la coopération internationale. Mais c’est avec ces conditions. Au délai du 11 août 2010, les soumissionnaires à ce juteux marché se doivent de s’équiper, surtout en liquidités. Depuis lundi 10 mai, ils devront se doter d’une liquidité de minimum 6 milliards de francs Cfa, à laisser dormir sur leurs comptes ou, à défaut, d’avoirs liquides ou de lignes de crédits. C’est l’une des conditions pour prétendre arracher ce marché. Cette étape franchie, les prétendants doivent donner la preuve de 20 milliards de francs Cfa de chiffres d’affaires annuels moyens en construction, correspondant au total des paiements mandatés reçus pour les marchés en cours ou achevés au cours des 5 dernières années.
Le pari est ouvert. Aussi bien pour les entreprises étrangères, que pour les entrepreneurs locaux, ceux-là qui se sont tant plaint de la suspension de la coopération et de l’absence de marchés. Une visite de terrain est prévue le 23 juin prochain pour se rendre compte de l’ampleur de la tâche. Le gagnant du marché dispose de douze mois pour accomplir la tâche.

Echos des échanges Togo - Institutions de Bretton Woods
Offensive gagnante à la Banque mondiale et au FMI

La délégation togolaise a obtenu des points à Washington dans le cadre de la coopération du gouvernement et les institutions de Bretton Woods.
A la Banque Mondiale. Le ministre Adji Ayassor de l’Economie a signé un accord de financement d'un montant de un million cent mille dollars qui serviront à financer une partie des réformes. Il s'agit d'un fonds fiduciaire pour soutenir le renforcement des capacités dans le domaine relatif à l'environnement des affaires, du ministère chargé du Commerce, de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo, dans la promotion de l'entreprenariat et le recrutement d'un cabinet ou d'experts pour assister le gouvernement à améliorer les projets de textes relatifs aux codes des investissements et à la zone franche industrielle.
En outre, des séances de travail ont eu lieu avec l'équipe pays de la Banque mondiale, les services de la Société Financière Internationale (SFI) et le représentant de la Vice-présidente de la Banque.
Au finish, le Togo devra décrocher autour de 16,3 millions de dollars, soit environ 7,336 milliards de francs Cfa en mai. Le 27 mai prochain devra se tenir le prochain Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale à Washington, occasion pour les administrateurs d’approuver, entre autres, le troisième don en appui budgétaire en faveur du Togo. Légèrement en deçà des 20 millions de dollars accordés au pays pour le deuxième appui en avril 2009. Des discussions de quatre jours avaient été closes le 2 avril dernier à Lomé entre une mission de la Banque mondiale et les services compétents du gouvernement togolais.
Sur la question de l'éducation pour tous, la Banque a également permis d'obtenir des partenaires du Togo un don de 45 millions de dollars US (Initiative Fast Track). Un accord a été signé à cet effet.
Rappelons que l’économie nationale, qui sortait à peine d’une longue crise, a été durement touchée par une séries de chocs exogènes, à savoir la résurgence d’une crise alimentaire mondiale, l’explosion des prix du brut, et les inondations qui ont affecté les infrastructures de transport clés (axes routiers et ponts) et les cultures. Alors qu’il était presque autosuffisant, la cherté des produits alimentaires a exposé le pays à une tension dans la première moitié de 2008, qui a érodé les revenus des ménages, particulièrement pour les citadins, remarque la Banque mondiale. La récession générale a impacté sur la croissance du Produit intérieur brut (PIB) qui a atteint 2,5% en 2009, alors qu’elle était prévue d’atteindre 4%.
Au Fonds Monétaire International (FMI). La délégation a eu à travailler avec l'équipe pays conduite par le chef de mission pour le Togo, Marshal Mills, les services du département Afrique du FMI conduits par Madame Antoinette Sayeh, ceux du département des finances publiques au FMI. La série des rencontres s'est achevée ce 10 mai par la réunion avec le Directeur général adjoint du FMI, Murilo Portugal.
Cette mission a permis de conclure toutes les discussions relatives au troisième appui budgétaire de la Banque mondiale, à la quatrième revue du programme au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et à l'accord au titre Fast Trak (plus de 20 milliards Cfa accordés).
Le FMI a salué la façon dont les autorités togolaises conduisent le plan d’assainissement des finances publiques et la mise en œuvre de la feuille de route. Le pays n’attend que le point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), avec un allégement considérable de sa dette et des appuis financiers additionnels pour s’attaquer aux défis sociaux.

Reportage
Change : Quand les usuriers s’y mettent
Rentable à tout point de vue, et de surcroît très prospère, le marché du change parallèle a fini par prendre le pas sur tous les autres types de transactions légales. A de rares exceptions, constitué des habitués du transfert illicite de la monnaie via les frontières terrestres, maritimes et aériennes, le change parallèle n’intéresse plus uniquement les voyageurs ou les immigrés dans le besoin urgent de liquidité étrangère ou nationale.
Les frontières terrestres, et la périphérie du grand marché de Lomé sont les points de chute par excellence des « échangeurs ». Des lieux que les « gros clients » évitent, privilégiant l’anonymat des contacts téléphoniques et les rendez-vous dans les magasins ou appartements « sûrs ». Quotidiennement, des centaines billets CFA change de mains. Cette masse importante de billets de banque était 2 fois moins importante les années précédentes où pas seulement. Le dollar américain, malgré sa baisse, constituait la monnaie la plus privilégiée. Lieu désormais phare du trafic de la devise à grande et petite échelle, le Grand marché de Lomé compte une centaine de monnayeurs qui suivent régulièrement le cours des changes. En contrepartie, d’une commission calculée en fonction de l’importance de l’opération de change, ils squattent, liasses de billets de banque et portable en main. Les cambistes, qui ne craignent aucun contrôle, harcèlent les passants. A vrai dire, leurs pourvoyeurs n’apparaissent pas et ne se montrent pas en public. Dans ces lieux, se côtoient le plus normalement du monde des gens de tous les horizons. C’est aussi le lieu de rendez-vous des usuriers tout aussi riches et avides que les gros bonnets du marché parallèle de la devise.
En effet, le prêt de l’usurier est accordé au taux d’intérêt compris entre 30 et 50%. Le bénéficiaire doit préalablement se soumettre à des conditions draconiennes inscrites sur contrat et d’hypothéquer un bien dont la valeur est évaluée au prorata du montant du prêt engagé. Selon des témoins, ils ne seraient pas moins d’une centaine de personnes à avoir perdu leurs maisons dans ce système illégal de prêt d’argent. « Ces usuriers prêtent des sommes de plusieurs millions à ceux dans le besoin pour peu qu’ils présentent de solides garanties », affirme un cambiste. Pour notre interlocuteur, le rôle qu’il joue en tant que cambiste le rend quelque part « utile à la société ». Un autre avoue récolter une moyenne de 60.000 à 100.000fcfa par jour, de quoi, dira-t-il, faire vivre toute une famille. Mais aussi alléchant qu’il puisse paraître, le métier de cambiste ambulant n’est pas toujours de tout repos. On peut se faire agresser en rentrant au quartier. «Moi, j’habite le quartier Agoè-Atsanvé. C’est tous les jours la crainte de faire le trajet, même avec de petites sommes d’argent », dira un autre cambiste avouant ne point pouvoir faire autre chose : « vous savez, de nos jours, un emploi ça ne court pas les rues, il faut avoir du piston... », dira-t-il.
Le marché parallèle des devises est un bel exemple de mixité sociale. Il génère toutes sortes de profils sociaux. Les particuliers riches ou moins riches, les voyageurs, les touristes étrangers, les émigrés, les clandestins travailleurs au noir qui envoient leurs économies en Afrique subsaharienne.
Bref, tous recourent aux devises au marché noir. De l’autre côté, des observateurs considèrent, non sans conviction, que la prolifération du trafic de change a, pour cause directe, l’extension des réseaux de l’import-import.

Culture
Musées nationaux
Un acteur culturel lance un appel de détresse aux décideurs politiques
Cinquante ans après les indépendances, le Togo peine à présenter des musées dignes de ce nom. Yves Komi N’kégbé F. TUBLU, gestionnaire de patrimoines culturels, ex-Conservateur du Musée National du Togo, aujourd’hui travaillant à l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA, Porto Novo, Bénin, lance un cri d’alarme pour que la situation change. Lire sa lettre ci-dessous.
Au moment où notre pays célèbre avec faste ses 50 ans et que dans chaque secteur de la vie nationale un bilan devrait se faire en vue de nouvelles perspectives, j’ai voulu m’attarder, en tant que professionnel de la culture, sur la politique culturelle du Togo en partant du décryptage de la situation d’une des institutions culturelles qui symbolise le mieux les ambitions que nourrissait le Togo aux lendemains de son indépendance :le Musée National du Togo (MNT). (…)Le musée avait donc, en plus de ses fonctions classiques, une fonction politique pour les nouveaux pouvoirs qui venaient de s’installer. Ici, je vais surtout voir dans quelles mesures le MNT à valoriser ou non l’histoire nationale et les cultures nationales.
Le 26 avril 1975, le Musée National du Togo ouvrait officiellement ses portes au public après que le Président Gnassingbé EYADEMA ait pris le 08 avril 1974 un décret le créant. En ce jour où l’institution muséale fête ses 35 ans de fonctionnement, il est tout à fait judicieux de jeter un regard sur ce parcours et d’envisager l’avenir de cette institution que peu de nos compatriotes connaissent vraiment mais qui est appelé à jouer de plus en plus un rôle important dans nos vies au moment où le monde se globalise avec un risque d’uniformisation des cultures. (…) Au Togo indépendant, la création du premier musée remonte au 08 avril 1974 par le décret n°74-71/PR/MJSCR portant création du Musée National Togolais. Mais il faudra attendre le 26 avril 1975 pour son ouverture effective. Par la suite, quatre musées publics dits régionaux ont vu le jour. Il s’agit par ordre chronologique du Musée Régional de Kara, du Musée Régional d’Aného, du Musée Régional de Sokodé et du Musée Régional de Dapaong. En dehors de ces musées publics, il se développe de plus en plus des initiatives privées dont la plus caractéristique est l’ouverture le 03 février 2007 du Musée International du Golfe de Guinée. Nous citerons aussi le Musée Royal de Togoville et le Musée animalier d’Adidogomé comme des tentatives louables. En février 2009, l’UNESCO a marqué son accord pour la création d’un Musée régional de l’Afrique de l’Ouest à Lomé dans le but de promouvoir le patrimoine culturel africain et de mettre en valeur les richesses de notre continent. (…)
Même si le Musée National n’expose qu’une infime partie de ses collections faute d’espace, il essaie de remplir ses fonctions essentielles que sont la collecte, la recherche, la mise en réserve, la conservation, la présentation et l'éducation. Il a, pour cela, besoin du public. Pour avoir ce public sans lequel son existence ne saurait avoir un sens, il ne doit plus rester une simple vitrine de l’identité et de l’orgueil national au risque d’être vu comme un réceptacle d’objets tombés en rebus. Le Musée national du Togo se doit désormais d’avoir une démarche éducative porteuse de sens du point de vue pédagogique. Et dans cette perspective, le public scolaire doit être sa cible prioritaire.
Après presque 35 ans d’existence, le Musée National du Togo et tous les musées du Togo doivent faire ce saut qualitatif pour devenir un équipement communautaire qui soit un instrument de développement. Car il ne s'agit pas seulement d’appeler les populations à devenir des "consommateurs culturels" mais bien de mettre en œuvre de nouvelles modalités de partage du patrimoine, en vue de rendre chaque citoyen capable de participer à la construction et à la transformation de ce patrimoine, créant par là même des liens entre la population et son territoire.
Mais le Musée National a aussi des défis personnels liés à son cadre, à son statut, à son mode de gestion et de fonctionnement qu’il lui faudra relever pour être à même de remplir toutes ces missions. Au Togo, presque la totalité des musées publics ne dispose pas de bâtiments appropriés conçus et construits pour servir comme tel. Le cas le plus caractéristique est celui du Musée National .En effet, le musée est d’abord un espace public qui doit recevoir des visiteurs. La question de son cadre et de son accessibilité est donc cruciale. Le MNT est, depuis son ouverture, provisoirement logé dans un bâtiment que le togolais ordinaire n’a toujours pas le reflexe de visiter en raison de son prestige et des fonctions très politiques qu’il a joué et continue d’ailleurs par jouer et qui font qu’il est trop souvent gardé par des militaires et qui en contrôle l’accès: le Palais des Congrès de Lomé. Cette situation est la même pour le Musée Régional de la Kara abrité par le Palais des Congrès de Kara.
En outre, on accède au MNT par une voie à sens unique qui en fait un espace presque enclavé. En dehors de cet handicap considérable on se demande si le MNT est disposé et préparé à recevoir des visiteurs qui y arrivent malgré tout. La réponse est malheureusement non. Les raisons sont simples, d’abord il dispose de peu d’espace avec ses 280 m2 et ne peut exposer qu’à peine 1% de ses collections alors que les 99% restants sont entassés dans une cave. Ensuite, sa salle d’exposition est tout vitrée, sans fenêtres d’aération et sans climatisation. Les visites sont pénibles dans ces conditions avec en plus une faible luminosité qui donne une impression de gâchis aux visiteurs. Enfin, l’exposition permanente est vieille et depuis des années il s’organise même plus d’expositions temporaires faute de moyens et d’espace. Pour la lancinante question de son statut et de son mode de fonctionnement, le MNT est le seul de la sous-région sinon de l’Afrique qui malgré son statut de MUSEE NATIONAL évolue encore dans cet amateurisme déroutant. En effet, au Togo le ministère en charge de la culture coordonne toutes les activités des musées qui sont sous sa tutelle et qui fonctionnent de ce fait en gestion directe. Leurs crédits de fonctionnement et d’équipement quand ils existent sont gérés par l’administration à travers une direction centrale, la Direction du Patrimoine Culturel. Actuellement, bien que créé par décret présidentiel, le MNT ne reçoit aucune dotation (ni budget ni subvention) de l’Etat. Cette situation incompréhensible lui donne peu de visibilité.
Pour le Musée National, il faudra évoluer vers une autonomie financière comme recommandée par le Conseil International des Musées en en faisant un Etablissement Public Administratif à caractère scientifique et culturel. Tous les musées nationaux de notre sous-région tels que ceux du Burkina, du Niger, du Mali en sont arrivés là et rien ne justifient que le MNT ne fasse pas ce pas qualitatif dont dépend sa survie. L’Etat devra continuer de toutes les manières continuer à jouer un rôle de contrôle et de régulation étant donné d’ailleurs que la Constitution de la IVème République dispose en son article 40 que « L’Etat assure la protection et la promotion du patrimoine culturel national ». Aujourd’hui les Musées Nationaux de toute la sous-région (Mali, Burkina Faso, Niger entre …) ont ce statut.
En ce qui concerne la question du personnel et de sa formation, presque tout le personnel actuel du MNT est constitué par des agents n’ayant aucune formation initiale dans le domaine spécifique du musée. Cette situation est proprement scandaleuse au 21ème siècle. Le secteur de la culture et plus encore du musée s’est beaucoup spécialisé et il est inconcevable que pour le Musée National de notre pays, nous nous contentions encore de l’amateurisme qui le caractérise encore aujourd’hui. Est-ce à dire qu’il n’existe pas de spécialistes bien formés dans notre pays après cinquante ans d’indépendance ? Pendant longtemps (et encore aujourd’hui) on a pensé qu’il faut envoyer au musée des agents fatigués ou malades et qui ne peuvent plus avoir aucun rendement dans les autres secteurs de notre administration. Il est donc souvent arrivé qu’en termes d’effectif, le MNT ait sur papier un effectif acceptable de 5 à 10 agents mais que dans la réalité aucun d’entre eux ne soit productif ou même s’il l’est, il ne sait absolument rien du musée. Une étude réalisée dernièrement par l’Ecole du Patrimoine Africain pour l’Union Africaine analyse la situation du MNT comme l’une des plus mauvaises en Afrique .
En outre, un conservateur de musée, c’est comme un médecin : plus il le temps passe, plus il est performent. Sans pour autant aller vers l’inamovibilité du Conservateur, il faudra éviter d’avoir un nouveau Conservateur pour le MNT tous les 10 mois. La question peut paraitre banale mais elle est symptomatique d’un des maux dont souffre aussi le MNT à savoir la léthargie. En effet, en tant que responsable scientifique des collections de son musée, le Conservateur ne peut rien entreprendre de consistant s’il ne connait pas très bien au préalable ses collections. Et aussi surprenant que cela puisse paraitre au commun des citoyens, cette maitrise totale de ses collections lui prend parfois des années car chaque pièce est une histoire particulière et un bon Conservateur se doit de connaitre sinon l’histoire particulière de toutes les pièces du moins celle des pièces caractéristiques ou celle des fonds qui constituent ses collections. C’est un travail de longue haleine indispensable à tout Conservateur qui veut faire évoluer son Musée dont n’est pas toujours conscient le regard extérieur y compris certains responsables hiérarchiques.
(…) Il y 35 ans le Président EYADEMA en créant le MNT lui nourrissait de grandes ambitions comme peut en témoigner le décret n°74-71/PR/MJSCR du 08 avril 1974. Le décret qui le crée en est la plus grande preuve. Aujourd’hui, ses fonctions vont plus loin et si nous voulons vraiment nous développer, il nous faut inscrire la culture au cœur des priorités, car aucun pays ne s’est développé en dehors de sa culture. Comme l’a si bien écrit Xavier Dupuis « il ne peut y avoir de développement économique sans pris en compte et aussi intégration de la dimension culturelle du développement ».
C’est donc aussi à cette tâche que nous devons convier tous les partenaires en développement en ces moments où le Togo sort d’une crise politique de plus de 15 ans et est en train de se repositionner sur la scène internationale. Le développement de notre pays est aussi à ce prix là. (…).

© L’Union du 14 mai 2010

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