Enfin, des délestages qui servent à quelque chose

06/01/2010
 Enfin, des délestages qui servent à quelque chose

Pour une fois, les délestages ont du bon. Depuis quelques semaines, plusieurs quartiers de Lomé sont plongés dans le noir à intervalles réguliers. Certes, pas confortable, mais ces problèmes s’expliquent par l’amélioration des installations pour accueillir la quantité d’énergie (100 mégawatts) promise par le projet Contour Global dont «la mise en service industrielle est prévue pour avril 2010». Encore un peu de patience et les coupures de courant que le Togo a connu pendant des années ne seront plus qu’un mauvais souvenir. L’Union, publié mardi, propose un dossier complet sur cette question.
Voici une sélection d’articles publiés par L’Union

Verbatim
Qui veut mieux ?
"Le Président Faure Gnassingbé est résolument tourné vers l’avenir." Ainsi s’exprimait un confrère de la presse internationale en poste à Lomé après avoir entendu le discours de vœux du Chef de l’Etat à la Nation pour l’année 2010. Qu’est-ce qui a pu impressionner ce talentueux journaliste à la plume libérale mais animée d’un professionnalisme à imiter dans les propos de Faure à son peuple ?
Faure Gnassingbé a regretté les instabilités économiques mondiales provoquées par la conjoncture internationale "no limit". Le Togo n’a pas échappé aux différentes crises financières "Madoff", pardon mondiales, dont les conséquences sur les populations ont été nettes et sans précédent. Mais le Chef de l’Etat d’apprécier la main de Dieu qui a permis au petit poussin de mener petitement ses réformes de démocratisation et de développement. Le tout sur un air de tolérance, de réconciliation, de patriotisme, de paix et de travail, valeurs indispensables pour construire un Etat prospère et fort.
Au cours de cette nouvelle année que le Président de la République veut rayonnante dans le bonheur, la joie et la paix pour tous ses concitoyens, des épreuves évidentes attendent le Togo.
Abordant le scrutin présidentiel du 28 février 2010, Faure le veut sans violence. «Nous devons faire mieux en terme de liberté dans les élections, de sincérité dans le vote et le renforcement de notre démocratie sans violence aucune. » a-t-il recommandé. Car, cela y va de la stabilité du pays. Dès lors, il faudra que tout Togolais, quelles que soient ses convictions, s’anime d’un esprit d’apaisement, d’une volonté de vivre ensemble avec ses compatriotes pour «qu’au soir de l’élection présidentielle, nous continuions de vivre dans une atmosphère de paix et que les démons de la violence soient définitivement bannis et relégués au rang de mauvais souvenirs auxquels nous devons définitivement tourner le dos. » dixit le Chef de l’Etat.
« Faisons donc de ce qui nous unit, le ferment de nos aspirations légitimes.» a lancé Faure Gnassingbé. L’Indépendance Nationale est la pièce maîtresse de notre unité nationale. Pour ce faire, le Président a voulu remettre les pendules à l’heure en décidant d’une part, de rapatrier, en relation avec la famille Olympio, les restes du président Sylvanus Olympio, premier Président du Togo afin que la nation lui rende des honneurs dus à son rang et d’autre part, de donner un éclat particulier à la commémoration du cinquantenaire de la proclamation de notre indépendance sur l’ensemble du territoire national durant toute l’année. Aussi a-t-il concédé que le 13 janvier 2010 soit essentiellement une journée de recueillement et de prière pour la paix, pour la réconciliation et pour la réussite de l’élection présidentielle. Qui veut mieux ?

Présidentielle de 2010
Encore 10 jours pour officialiser les candidatures
Plus rien n’arrête la date du 28 février. Le corps électoral étant déjà convoqué par le gouvernement conformément à la loi fondamentale : «Le scrutin est ouvert sur convocation du corps électoral par décret pris en conseil des ministres soixante (60) jours au moins et soixante quinze (75) jours au plus avant l'expiration du mandat du Président en exercice» (Article 61). Ainsi, par calcul, la date de clôture des candidatures est fixée au 15 janvier 2010, selon un récent communiqué de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Soit encore dix jours. «Le formulaire de déclaration de candidature et la liste des pièces à joindre sont à retirer auprès de la CENI à partir du 5 janvier. Les dossiers de candidature et le formulaire de déclaration de candidature dûment rempli doivent être déposés au siège de la CENI au plus tard le 15 janvier 2010 à minuit contre récépissé», précise le texte. Et d’ajouter que les dossiers de candidatures seront reçus dans l'enceinte de la CENI du lundi au vendredi de 8h à 18h et le samedi de 8h à 13h. L’horaire étant fixé de 8h à minuit le dernier jour.
En application du code électoral tel que modifié par la loi n°2009-018 du 24 août 2009, la déclaration de candidature comporte les nom et prénoms, date, lieu de naissance et filiation du candidat, la mention que le candidat est de nationalité togolaise et qu’il jouit de ses droits civiques et politiques, la mention que le candidat a reçu l’investiture d’un parti politique légalement constitué ou d’une coalition de partis politiques légalement constitués, ou se présente en qualité de candidat indépendant, l’indication de l’emblème pour l’impression du bulletin de vote, la signature légalisée du candidat par le président de la Cour constitutionnelle. Le tout accompagné d’un extrait d’acte de naissance ou jugement supplétif en tenant lieu, une copie légalisée du certificat de nationalité togolaise, un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de trois mois, le récépissé du versement au Trésor public du cautionnement fixé à 20 millions de francs Cfa, un acte de domiciliation délivré par l’autorité compétente, une attestation par laquelle un parti politique légalement constitué ou une coalition des partis légalement constitués déclare que ledit parti ou ladite coalition a investi l‘intéressé en qualité de candidat à l’élection présidentielle, ou une liste d’électeurs appuyant la candidature indépendante et comportant les noms, prénoms et lieu de naissance, l’indicatif de la liste électorale d’inscription et la signature des intéressés. Cette liste doit comprendre des électeurs représentant au moins 2.000 inscrits, domiciliés dans 10 préfectures à raison de 200 au moins par préfecture. Et une attestation sur l’honneur que le candidat remplit les conditions d’éligibilité requises et un certificat médical constatant l’aptitude physique et mentale du candidat.
Déjà, des noms se clament : Nicolas Lawson, Kodjo Agbéyomé, Kofi Yamgnane, Maurice Dahuku Péré, Tchassona Traoré, Augustin Adéola Coco. Gilchrist Olympio et Yaowi Agboyibo (opposition parlementaire) jouent les dernières heures du cache-cache. Faure Gnassingbé écoute d’abord le cri des nombreux soutiens.

Plus que 15 repères pour la CENI avant le scrutin
C’est le décompte fait du chronogramme définitif de la CENI, au lendemain de la convocation du corps électoral. Ainsi, l‘équipe présidée par Taffa Tabiou devra s’atteler dans les 54 jours restants à assurer le traitement et apurement des listes électorales (affichage des nouvelles listes et traitement des contentieux sur la base de l’article 68 et suivants du Code électoral) après les opérations de révision des listes dans la zone 3 incluant les préfectures d’Assoli, Bassar, Dankpen, Binah, Kozah, Doufelgou, Kéran, Oti, Tandjouaré, Tone et Kpendjal entre le 6 et le 10 janvier. Et l’enregistrement des candidatures jusqu’au 15 janvier conformément à l’article 172 du code électoral : «la déclaration de candidature est déposée à la CENI 45 jours au moins avant le scrutin par le mandataire du parti politique ou de la coalition de partis politiques qui a donné son investiture ou par le candidat indépendant ou son représentant. Il en est délivré un récépissé provisoire». S’en suivront les tâches d’accréditation des observateurs nationaux et internationaux pour la campagne électorale et le scrutin, la réception du matériel et le test de l’encre indélébile pour le scrutin, la supervision de la formation des Forces de l’ordre et de sécurité pour la campagne électorale et le scrutin et la supervision de leur déploiement, la proposition du décret portant ouverture et clôture de la campagne électorale, la confection et la réception du bulletin de vote définitif après le test du spécimen, la formation des membres des CELI pour la campagne électorale, la nomination des membres des bureaux de vote, le déploiement du matériel électoral vers les CELI, la formation des membres des CELI et des bureaux de vote au scrutin, le déploiement du matériel électoral des CELI vers les bureaux de vote et l’affichage des listes électorales dans les bureaux de vote.
La formation civique et la sensibilisation de la population au processus électoral, jusque-là muette à l’exception de ce qui est fait depuis le 18 décembre 2009 par quatre associations (COPED, CAO, SOS CIVISME et GF2D) sur financement de l’ambassade d’Allemagne, devra s’intensifier pour conforter le processus. Aux dernières nouvelles, un appel à proposition pour la cause est lancé par le PNUD, dépositaire des fonds avancés par les partenaires pour la bonne tenue du scrutin.
Entre-temps, la Cour constitutionnelle aura publié la liste des candidats retenus au plus tard le 3 février 2010 (article 175 du code électoral). La campagne électorale, elle, occupera les candidats et les populations pendant 15 jours, entre le 13 et le 26 février 2010.
Déjà, c‘est l’effervescence dans les différents états-majors où calculs, discours provocateurs, prévision de défaite à l’adversaire font la loi. Par moments, en dehors de tout réalisme dont la clé est détenue par les populations emballées à tort et à travers. Vivement que tout reste un jeu. «Mon vœu le plus ardent est qu’au soir de l’élection présidentielle, nous continuions de vivre dans une atmosphère de paix et que les démons de la violence soient définitivement bannis et relégués au rang de mauvais souvenirs auxquels nous devons définitivement tourner le dos. En vérité mes chers compatriotes, si importante que soit la prochaine élection présidentielle, elle ne saurait être qu’une étape importante certes, mais une étape dans la vie et la marche de notre pays. Elle ne peut être que le mont du choc nécessaire, résultant d’ambitions plurielles et parfois contradictoires mais qui doivent toutes converger vers un seul objectif, le bonheur des Togolais et le progrès de notre nation. Faisons donc de ce qui nous unit, le ferment de nos aspirations légitimes», rappelait une fois de plus Faure Gnassingbé dans son discours de Nouvel An.
Pour la première fois, la CENI est chargée d'organiser et de superviser une élection présidentielle au Togo. Au détriment de l’administration territoriale.

Après l’exposé du ministre de tutelle
La CEET explique les nouvelles coupures de courant
«Le Ministre des Mines et de l’Energie a rendu compte des causes des perturbations du réseau électrique constatées ces derniers temps dans plusieurs quartiers de Lomé. Ces perturbations sont essentiellement dues aux travaux d’extension du réseau».
C’est l’apport tout aussi éclair du conseil des ministres du 30 décembre 2009 pour justifier les nouvelles coupures de courant que subissent depuis quelques semaines certains Togolais.
Pour sa part, L’Union s’est approché de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), la société nationale qui achète et revend l’électricité. Et, pour le Directeur des Exploitations, Bako Koli, tout est lié à l’amélioration des installations pour accueillir la quantité d’énergie (100 mégawatts) promise par le projet Contour Global dont «la mise en service industrielle est prévue pour avril 2010».
«On a deux sources d’alimentation : une première appelée Lomé A vers le côté nord de la capitale, précisément à Akossombo, une seconde installée dans la zone portuaire (Lomé Port). Et un poste de répartition (communément appelé Centrale Lomé siège) à partir duquel l’énergie provenant des deux sources est redistribuée au quartier administratif, grand marché et centre-ville», explique-t-il d’entrée de jeu. Et d’ajouter que les problèmes ont commencé avec la réhabilitation enclenchée sur la liaison Lomé A-Lomé Port d’une capacité de 161 kilovolts qui permet d’alimenter Lomé Port et toute la zone industrielle.
Autrement, avec le projet Contour Global (installation de 100 mégawatts), il est apparu nécessaire de renforcer la liaison Lomé A-Lomé Port pour sa fiabilité et permettre l’évacuation des 100 mégawatts.
Du coup, à cause des travaux, on isole chaque matin la ligne Lomé A-Lomé Port pour permettre aux techniciens de travailler là-dessus. Et quand la ligne est isolée, l’obligation est faite de dégager des circuits limités –seulement en 20 kilovolts– qui permettent d’alimenter les installations de la zone portuaire. «On est donc obligé de gérer la capacité des différentes lignes (20 kilovolts) à la minute près, parce qu’il faut veiller à éviter des dépassements. Même il est arrivé que certaines lignes cèdent compte tenu du fait qu’elles étaient tendues. Quand on sent que la charge au niveau de ces lignes commence par monter, on est obligé de recourir à des manœuvres pour refaire les répartitions des charges.
On a beau faire les prévisions, mais chaque jour les comportements des consommateurs. Tantôt c’est cette ligne qui est chargée, tantôt c’est telle autre», poursuit M. Bako.
L’autre gymnastique veut que l’on surveille aussi la capacité limite d’un circuit. Plus on s’y approche, vite il faut basculer sur un autre. Et, au cours de ces basculements, interviennent les noirs, coupures ou perturbations comme l’annonçait déjà, au début, un communiqué global avertissant les clients. «C’est finalement pour la bonne cause, c‘est pour nous permettre à la suite de mieux satisfaire la demande de la clientèle avec les 100 mégawatts qui arrivent», se réjouit le Directeur des Exploitations. Tout en ajoutant qu’il peut arriver que les câbles de liaison et la source Lomé A atteignent leurs limites. «Quand on s’approche de la limite de ce poste-là, on est obligé de couper pendant un certain temps un départ pour éviter de ne pas faire tout exploser. Généralement, ce sont des coupures qui ne durent pas plus de 30 minutes», avance-t-il.
En atténuation, le constat est fait que des coupures ont plus duré dans le temps, particulièrement la semaine passée. Ici aussi, il faut comprendre. «Sur un réseau qui alimente des charges (normalement par ses deux côtés) et compte tenu du fait qu’on fonctionne à la limite de la capacité des câbles, il est arrivé d’enregistrer des pannes des deux côtés. Quand un câble pète des deux côtés, il faut les réparer avant de pouvoir reprendre les clients qui sont piégés entre les deux zones de panne. Et ces réparations peuvent banalement prendre des demi-journées ou des journées car il faut localiser la panne, faire la fouille et réparer. Lesdits clients voient donc leur coupure rallongée», annonce Bako Koli.
L’autre pas franchi reste les baisses de tension qui remplacent dans certains quartiers les vraies coupures. «Les baisses de tension sont aussi un peu accentuées par l’arrêt de fonctionnement de la ligne Lomé A-Lomé Port. Et quand le nombre de circuits disponibles pour transiter une charge diminue, ce sont d’autres circuits qui sont surchargés. Mais, ces baisses de tension qui existaient avant les présents travaux sur la ligne sont dues aux actuels travaux d’extension du réseau électrique nécessaires pour reprendre des clients qui sont dans les zones périphériques et loin des postes de distribution», conclut-t-il.

Message d’unité de Faure Gnassingbé à la Nation
Le Togo retrouve son indépendance
Visiblement, le président Faure Gnassingbé a encore pris tout le monde de court par ses vœux d’entrée en 2010. Même des caciques de son rang qui feignent de voir le renouveau, dit-on. Mais le locataire du palais de la Marina est resté décisif, de par l’expression de sa volonté et de sa détermination à marquer l’histoire du pays. Pour le moins, il sort les mots pendant qu’il n’est pas attendu. Et il clôture fortement sa mandature, même s’il reste encore deux mois.
Le 13 janvier et le 27 avril intercalés par les restes de Sylvanus Olympio. C’est le repère du discours du 31 décembre 2009. «Dans un souci d’apaisement et de réconciliation, le 13 janvier 2010 sera essentiellement une journée de recueillement et de prière pour la paix, pour la réconciliation et pour la réussite de l’élection présidentielle (…) Dans le même esprit et en relation avec la famille, le gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour le retour au Togo des restes du président Sylvanus Olympio, premier président du Togo afin que la nation lui rende des honneurs dus à son rang (…) Le 27 avril, date de la célébration de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, est le moment le plus indiqué pour affirmer notre volonté commune de vivre ensemble et de perpétuer notre unité nationale», dixit Faure Gnassingbé.
Le chef de l’Etat a compris quelques indices qui font opposer les populations contre le régime presque quarantenaire de son défunt père. Il a donc l’obligation de les corriger. En partie et pas à pas. «Il n’y a pas de destin fermé pour une nation qui sait se sacrifier pour relever les défis qui se posent et s’imposent à elle. Nous tissons notre destin si nous tirons le bout comme l’araignée sa toile. Aujourd’hui, nous avons besoin de nouvel élan, d’un souffle nouveau, d’une vision nouvelle pour embrasser, dans leur ensemble, avec lucidité et courage, les problèmes spécifiques qui sont les nôtres. Ce sont les pensées qui se dégagent du poids des résidus historiques et qui ont la hardiesse de se placer franchement en présence des vrais problèmes de l’avenir qui, aujourd’hui, nous sont utiles. Aimer, servir, se dépasser», reconnaît-il à juste titre.
En clair, le 13 janvier 2010 ne devra pas enregistrer de gigantesque défilé civil et militaire resté le chou gras de la seule mouvance présidentielle. De son côté, le Togo devra retrouver son indépendance du 27 avril par l’éclat particulier des manifestations commémoratives ; 2010 étant l’année du cinquantenaire de sa proclamation. Que se passera-t-il le 13 janvier 2011 ? Question légitime. Peut-être une autre surprise décisive de Faure jusqu’à la dernière minute.
Pour autant, à en croire ses mordus, le président de la République a depuis commencé par marquer sa démarcation.
Exemple pris de la célébration du 13 janvier qui a progressivement délaissé son boucan organisationnel et financier en quittant son légendaire boulevard du Mono avec ses appâtâmes de tous les ans ; ceux qui rentraient avec les poteaux et les bâches n’en étaient pas moins furieux. Et le 23 septembre qui se cantonne au camp militaire… C’est la redéfinition du calendrier républicain de l’année.
Comme pour bien dire, la réconciliation nationale est d’abord celle des cœurs et des esprits, mais elle doit aussi se traduire par des actes et des symboles forts à donner en exemple aux générations présentes et futures.

800 millions de francs Cfa pour le 27 Avril 2010
L’événement revêt le caractère qui lui est dû. Le jubilée d’un pays ne se fête pas tous les ans. C’est ce qui distingue la célébration des 50 ans de la fête de l’Indépendance –le 27 Avril 1960– de cette année, avec un budget deux fois plus important. Il était de 350 millions de francs Cfa en 2009. Il passe à 800 millions de francs en 2010 d’après la loi de finances examiné et approuvé par les parlementaires.
Tout le pays étant concerné par cette manifestation historique, la dotation est prévue pour couvrir les manifestations programmées aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays, a-t-on assuré les députés. Avec, bien évidemment, cette inquiétude de l’adjoint direct de Gilchrist Olympio, Patrick Lawson : «Nous espérons que la commémoration avec un éclat particulier comme l'a dit Faure Gnassingbé ne serait pas une occasion pour instaurer un système budgétivore avec des dépenses somptueuses qui, à la fin, n'auront aucun impact sur le souvenir de ces martyrs qui se sont sacrifiés pour le Togo», a-t-il déclaré à l’agence Savoir News. Soit.
Si ce n’est faire fi du quitus délivré par les députés en approuvant le budget de la fête.
Mais il est surtout attendu, dans un souci d’apaisement et de rassemblement des citoyens d’un même pays, que la classe politique et la société civile adhèrent à l’idée du chef de l’Etat d’en faire l’unique fête nationale officielle du pays. Et que la manifestation officielle ne soit pas l’apanage de certains, pendant que d’autres citoyens s’abonnent à des protestions de rue ou à la plage.

Réactions au discours du Nouvel An
Autant arrêter le mandat présidentiel de tourner
C’est la chaude réaction d’un cadre du Rassemblement du peuple togolais (RPT, parti au pouvoir) au regard des décryptages du discours de Nouvel An du président Faure Gnassingbé. A la manœuvre, des politiques et des journalistes vite mués en analystes et consultants, puisque le mot Expert n’est pas trop bien véhiculé ici. Aussi peut-on écouter ici et là que l’annonce du gouvernement par le chef de l’Etat de prendre «les dispositions nécessaires pour le retour au Togo des restes du président Sylvanus Olympio, premier président du Togo, afin que la Nation lui rende des honneurs dus à son rang» sonne plutôt comme une déclaration électoraliste. Au point de se demander pourquoi maintenant, et non en 2005, 2006 ou 2007.
Sans jamais dire si, au vu de la tension sociopolitique née du scrutin présidentiel d’avril 2005, une telle annonce pourrait simplement être entendue. Faure Gnassingbé aurait prêché dans le désert.
Pis est, certains patrons de partis unipersonnels ne veulent pas y voir une priorité de l’heure. Même si, non sans se dévoiler, ils clament que l’idée n’est point contestable en elle-même. N’empêche, c’est tout ce que veut voir Gilbert Bawara, ministre de la Coopération. «Sylvanus Olympio est le père de l'indépendance du Togo. Il a été président de la République. A partir de ce moment là, on ne s'appartient plus, on n'appartient plus à sa famille. On tombe dans le patrimoine national. Donc, il faut aujourd'hui espérer que tout le monde coopère pour traduire dans les faits cette volonté du président de la République. Naturellement, que la famille Olympio soit consultée, qu'elle collabore et qu'elle participe pleinement à tous les actes, cela va de soi», répond-il à notre confrère en ligne Savoirnews.com. Au finish, heureusement, Faure dit avancer «en relation avec la famille».
«Trêve de spéculations. Hier, on lie tous les gestes du président à une campagne électorale qui n’est même pas entamée. Aujourd’hui aussi, on y voit des propos électoralistes pour un simple engagement à valeur historique. Autant arrêter le premier mandat de Faure. Nous votons le budget, on nous dit que c’est électoraliste. Tout se passe comme si à un certain temps du mandat présidentiel, on doit arrêter d’agir», avance un député du RPT.
Pour le parti qui se réclame héritier du défunt Père de l’indépendance pour avoir imprimé, lors de précédents scrutins présidentiels, des T-shirts portant les photos du candidat Bob Akitani et du défunt Sylvanus Olympio, on s’en remet avec diplomatie aux ayants-droits. «Aucun acte humain ne se pose sans un cadre bien défini. Pour rapatrier les restes du président Sylvanus Olympio, il faut en créer les conditions. On ne rapatrie pas le corps de quelqu'un qui a été violemment assassiné sans les cérémonies que cela nécessite. De plus, le risque de profanation de sa tombe n'est pas exclu au cas où on ramènerait ses restes au Togo, parce que le pays n'est pas stable. C'est un risque politique que l'UFC n'a pas l'intention de prendre. Ce n'est que le point de vue de notre parti politique. Pour le reste, nous nous en remettons à la décision de la famille. La décision appartient à la famille Olympio et principalement aux enfants du défunt», dit Patrick Lawson. Heureusement !

© L’Union du 5 janvier 2010

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