Et maintenant, parlons d’autre chose !

25/01/2011
Et maintenant, parlons d’autre chose !

Si Jean-Pierre Fabre clame depuis près d’un an qu’il est le grand gagnant de l’élection présidentielle, la réalité vient d’être rappelée par le chef de l’Etat lors de la cérémonie de vœux du corps diplomatique. Faure Gnassigbé a salué dans son intervention l’ « heureux aboutissement » du processus électoral » qui a été unanimement salué » par la communauté internationale. Reste à l’ANC à trouver un autre cheval de bataille pour mobiliser ses troupes.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Suite et fin des revendications électorales
Plus besoin de rappeler que depuis près d’un an, Jean-Pierre Fabre, candidat de l’Union des forces de changement (Ufc) au scrutin présidentiel de mars 2010, revendique sa prétendue victoire. Alors que la communauté internationale, dans presque sa totalité, a "certifié" et reconnu la transparence et la crédibilité de cette élection tant attendue. Elle devrait être déterminante dans les relations internationales du Togo avec le monde. Les principaux partenaires au développement du pays avaient posé des conditions limpides pour leurs relations futures avec le régime en place. C’est pourquoi, les autorités ont tout mis en œuvre pour qu’elle se déroule dans de bonnes conditions, c'est-à-dire qu’elle soit transparente, équitable, acceptable et surtout sans violence.
Sans tenir compte des observations de la Commission européenne, des Etats-Unis, de l’Union africaine, de la Cedeao et surtout du facilitateur, la bande à Fabre s’était engagée dans une logique de contestation en appelant ses affidés à marcher tous les samedis jusqu’au départ du pouvoir du vainqueur reconnu par tous, Faure Gnassingbé. Esseulée, évidemment, la coalition formée n’aura jamais atteint son objectif. Voilà pourquoi les voix s’élèvent désormais pour un changement de stratégie. Trèves de commentaires.
Dans son dernier discours à l’endroit du corps diplomatique accrédité au Togo, le président de la République a remercié tous les acteurs internationaux et nationaux ayant contribué à la réussite du scrutin : " Je saisis l’occasion qui m’est offerte ce jour, pour remercier l’Union européenne et l’Union africaine, la France, l’Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, les Nations Unies, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, l’Organisation internationale de la Francophonie et tous les autres partenaires, dont le précieux concours a permis à notre pays de relever avec succès ce grand défi électoral. Qu’il me soit aussi permis d’exprimer, au nom du Peuple togolais, ma profonde gratitude au Président Blaise Compaoré qui nous a accompagné, avec patience et persévérance tout au long de ce processus dont l’heureux aboutissement a été unanimement salué", a dit le Chef de l’Etat.
Et pour cause, justement pour sceller définitivement l’épisode élection présidentielle 2010, il a appliqué : " Après de longues années de tensions politiques, de heurts et de soubresauts, nos populations tout comme l’ensemble de la Communauté internationale avaient ouvertement exprimé le vif désir, de voir l’élection présidentielle de mars 2010 marquer un nouveau départ pour le Togo. Grâce à Dieu et à votre concours à tous, nous avons réussi ce pari." En termes clairs, il s’agit pour l’Autorité d’un évènement rentré dans les archives, sur lequel l’on ne pourra plus revenir. Quelle que soit la méthode utilisée. D’autant plus que le pari a été déjà gagné. Parlons alors d’autres choses…le développement du pays, certainement !

Régime actuel de prise en charge en cas de maladie
Les hôpitaux publics repoussent l’accès "gratuit" des agents de l’Etat
A priori, il ne devrait pas y avoir de barrières financières à l’accès aux soins dans les hôpitaux publics puisque l’accès est "gratuit" pour les agents de l’administration publique. La part de la facture à la charge de l’agent public devant être prélevée plus tard sur son salaire. Au Togo, les agents de l’Etat bénéficient d’un régime de prise en charge de leurs dépenses de santé. Le décret du 14 janvier 1961 portant règlement intérieur du Centre hospitalier de Lomé fait cas de la prise en charge des frais des soins et de séjours pour les fonctionnaires et personnels des Forces armées : « Le Centre Hospitalier de Lomé reçoit les fonctionnaires ou personnels des Forces Armées et leurs familles dont le règlement de la totalité des soins et frais de séjours incombera à l’Etat, à charge pour ce dernier de récupérer sur ces personnels la part qui leur est imputable aux termes de la réglementation en vigueur » (article 72), « Les fonctionnaires et leurs familles à charge auront à charge 50% de la consultation ou des soins, lesquels 50% seront récupérés par l’Etat qui paiera au Centre national hospitalier la totalité des soins » (article 93).
Cependant, les agents de l’Etat déclarent ne pas être satisfaits de leur prise en charge sanitaire à travers le régime actuellement appliqué. Et pour cause, face aux difficultés rencontrées par les hôpitaux pour recouvrer les sommes dues, ils exigent désormais que l’agent de l’Etat paie directement sa part (50% du coût des soins) à la caisse de l’hôpital. Or, à la base, c’est la difficulté à disposer des frais de prise en charge qui a fait imaginer l’actuel régime. Jusqu’aujourd’hui, il est acquis que lorsque les dépenses de santé se situent à un montant de 5.000 francs Cfa, 34,6% éprouvent des difficultés pour les supporter. Un pourcentage qui atteint 68,6% pour un montant de 10.000 francs Cfa et 89,9% quand les dépenses sont supérieures à 20.000 francs Cfa (voir autres détails dans L’UNION n°353).
Du coup, 6,30% des agents se résignent à confier les soins de leurs ménages à un guérisseur ou à la pharmacopée traditionnelle, 7,60% s’adonnent plutôt à l’achat des médicaments sur le trottoir, pendant que 1,60% ne font aucun recours aux soins. 7% sont condamnés aux soins à crédit. On comprend donc combien attendent en urgence l’effectivité de l’assurance maladie pour les agents publics du Togo que veut instituer l’Autorité dès cette année 2011. Le texte est inscrit en urgence pour les sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale ouvertes jeudi dernier.
Autres griefs formulés par les agents publics au régime actuel de prise en charge, la non prise en charge des dépenses en produits pharmaceutiques et autres actes qui représentent la part la plus importante des coûts des soins en cas de maladie ; le mauvais accueil réservé aux agents de l’Etat détenteur d’une attestation de prise en charge dans les hôpitaux publics dont certains refusent catégoriquement les prises en charge ou n’offrent pas la totalité des prestations dont les agents ont besoin (sûrement à cause de l’étiquette d’insolvables qu’on leur colle) ; le montant élevé du coût des soins à leur charge qui pèse parfois énormément sur leurs salaires, ce qui pousse certains agents à négocier avec la Direction des finances pour retarder le prélèvement du coût des soins à leur charge sur leur salaire. En plus, beaucoup d’agents de l’Etat ignorent l’existence de cette prise en charge. Quant aux agents retraités, de peur de voir leur pension de retraite diminuer suite aux prélèvements pour couvrir les soins, beaucoup ne fréquentent pas les hôpitaux en cas de maladie. En fait, aucun acte officiel ne régit la prise en charge sanitaire des agents retraités. Face au besoin sans cesse exprimé par ceux-ci, la Caisse de Retraites du Togo a décidé de leur appliquer le régime des agents en activité. Ainsi, la Caisse prend en charge les dépenses de consultations, actes et hospitalisation à l’hôpital des retraités à hauteur de 50%.
La prise en charge elle-même n’est fonctionnelle que dans certains hôpitaux à Lomé, pas dans les formations sanitaires de l’intérieur du pays. En réalité, par défaut de structure spécialisée, plusieurs acteurs interviennent dans le circuit, ce qui est source de bien de dysfonctionnements. Et des insuffisances au plan technique que devra prendre en compte le futur régime obligatoire d’assurance maladie : absence d’un cadre de contractualisation avec les formations sanitaires qui définirait clairement les prestations à prendre en charge, les tarifs appliqués, les modalités de prise en charge des bénéficiaires ainsi que les engagements des différents parties ; absence d’outils efficaces de gestion notamment d’une carte de bénéficiaire pour chaque agent qui comporterait les informations sur l’agent et ses personnes à charge et qui permettrait au prestataire de soins de faire une vérification d’identité en plus de l’attestation de prise en charge ; absence de mécanismes de gestion des risques liés à l’assurance santé notamment les abus de consommation, les fraudes et les surprescriptions ; absence d’un mécanisme de vérification et de suivi des coûts des soins.
Rappelons qu’au Togo, moins de 4% de la population dispose d’une couverture sociale. Principalement, les travailleurs du secteur public bénéficient de la pension de vieillesse gérée par la Caisse de Retraites du Togo, les allocations familiales étant directement versées sur le salaire, et les travailleurs du secteur privé et parapublic jouissent de la pension de vieillesse et d’invalidité, des allocations familiales et de la prise en charge des risques professionnels dont la gestion est faite par la Caisse nationale de sécurité sociale.
En encadré
Fonctionnement du régime
Il n’existe aucune structure spécialisée pour la gestion du régime de prise en charge sanitaire des agents de l’Etat. Le système fonctionne à travers le circuit administratif et se résume ainsi : en cas de maladie, l’agent de l’Etat retire l’attestation de prise en charge auprès de son supérieur hiérarchique. Il remplit le bulletin de prise en charge qu’il soumet à la vérification et à la certification de son supérieur hiérarchique, qui la certifie. Il se rend dans une formation sanitaire publique muni de son attestation de prise en charge. Après vérification de la prise en charge, la formation sanitaire offre les soins à l’agent ou son ayant-droit malade, qui ne paie rien à la formation sanitaire pour les prestations couvertes. La formation sanitaire établit mensuellement la facture des prestations offertes aux agents publics et l’adresse au ministère de l’Economie et des finances. La Direction des finances traite les factures ; 50% des coûts des soins sont supportés par l’Etat tandis que les 50% restants sont prélevés sur le salaire de l’agent qui a reçu les soins. Ce prélèvement sur salaire se fait de façon échelonnée en fonction de sa capacité financière. Enfin, le Trésor public crédite le compte des formations sanitaires.
Lorsqu’un retraité est malade, il peut se rendre dans un hôpital et recevoir les soins couverts sans rien verser immédiatement à la caisse de l’hôpital. A la fin de chaque mois, l’hôpital adresse une facture de la totalité des soins à la Caisse de Retraites du Togo qui, après vérification, effectue le remboursement. Par après, la Caisse prélève les 50% à la charge du retraité sur sa pension à la source.

Promotion de l’équité et de l’égalité de genre (2ème partie)
La position de la femme togolaise dans la pauvreté et l’économie
Dans cette seconde partie du dossier sur la femme dans la foulée de l’adoption du décret relatif à la Politique nationale pour l’équité et l’égalité de genre au Togo, le 19 janvier dernier, nous lions le genre, l’économie et la pauvreté : agriculture, artisanat, industrie, énergie, transport, communication, etc.
Au Togo, l’incidence de la pauvreté est estimée à 61,7%. Le pays n’échappe pas à la féminisation de la pauvreté puisque les femmes contrôlent moins de ressources, possèdent une part considérablement plus réduite des avoirs et perçoivent des revenus plus faibles. La chute du pouvoir d’achat du ménage affecte leur niveau de production et par conséquent leur niveau de consommation. Le statut inférieur et inégalitaire dont elles sont victimes influe sur leur état de pauvreté : c’est dans les ménages les plus nécessiteux que les femmes ont des taux de fécondité les plus élevés, ont moins accès aux services de santé comme la santé de la reproduction…
Dans l’agriculture qui occupe 72% de la population active, on dénombre 53,46% de femmes contre 46,54% d’hommes dans tous les processus de production (désherbage, semis, récolte, stockage, transformation et commercialisation des produits). Mais elles ne gagnent que 10% du revenu monétaire tiré du fruit de leur labeur, motif pris de l’inégalité dans l’accès à la terre, aux intrants, équipements, encadrement et crédit, etc.
Parallèlement, les femmes se limitent beaucoup plus à l’informel dans le commerce. L’absence de capitaux importants, la difficulté d’accès au crédit et le manque d’esprit de créativité font que la majorité dépasse difficilement le stade de petites revendeuses : mauvaise présentation des dossiers, exigences excessives d’apports personnels, taux d’intérêts prohibitifs.
Quant au secteur de l’artisanat de production, les femmes se spécialisent dans la poterie à usage domestique (jarres d’eau, assiettes), la vannerie, la couture et la coiffure. Et, faute d’un cadre réglementaire, les apprenties sont laissées à la merci des patrons et sont surexploitées. A cela s’ajoute le manque d’appui aux jeunes filles en fin d’apprentissage. Les hommes, eux, ont pris la bijouterie, cordonnerie, tissage, menuiserie, en plus de la céramique, sculpture, pyrogravure, batik et nattes de décoration à partir des ramures de palme. Bien que l’artisanat d’art soit peu développé à cause de l’absence de marché touristique.
En termes de services, on retrouve les femmes dans la restauration, la gestion de télé centres et, timidement, dans les services de transport comme propriétaires de motocycles et taxis.
Le secteur industriel national est caractérisé par de petites et moyennes industries, notamment dans le manufacturier. Un rapport de la Chambre de commerce sur les entreprises enregistrées courant 1999-2000 montre que les femmes étaient absentes en menuiserie ébénisterie, cabinet de gestion comptable et d’audit financier, électricité, froid, plomberie et chaudronnerie, vente de métaux et pierre précieuse, hôtellerie, bar-restaurant, produits pétroliers, cinématographie. Depuis lors, certaines ont sorti la tête dans des rares domaines. Elles sont présentes dans d’autres secteurs comme l’import/export pour plus de 25,7% du total, dans la pharmacie, les soins médicaux et optiques et le prêt-à-porter. Plus est, elles font une timide percée dans des domaines jusque-là réservés aux hommes : garages mécaniques, transport, boulangerie-pâtisserie. Face à des difficultés liées au manque de formation, d’assistance conseil, à l’accès au financement et l’environnement peu favorable pour les affaires, des mesures incitatives ont été prises.
Pour sa part, la gestion de l’environnement relève des dysfonctionnements : faible niveau d’implication des femmes dans la définition et la mise en œuvre des politiques de gestion des ressources naturelles et la protection de l’environnement dû au faible niveau d’information ; absence d’un programme d’éducation environnementale prenant en compte le genre et le niveau d’instruction des populations. La gestion de l’environnement est examinée en termes de conservation et de protection des ressources et comme secteur de production.
En milieu rural, la principale source d’énergie reste le bois de chauffe (95% des ménages) que les femmes sont contraintes de chercher au nom de la division sociale du travail. La difficulté d’accès à cette source d’énergie se traduit par une surcharge de travail, un impact négatif sur leur santé et l’insuffisance de temps consacré aux activités productives et rémunérées. Au Togo, l’accès des populations à l’énergie sous ses multiples formes (électricité, pétrole et gaz) est très faible : 52% des ménages à Lomé disposent de l’électricité contre 15,1% au niveau national.
Dans l’information et la communication, il faut encore s’adonner à l’enquête QUIBB de 2006. Les chiffres montrent que 23,7% des ménages agricoles dirigés par des femmes possèdent un poste radio contre 54,3% des ménages de chefs masculins. La majorité des femmes ne dispose ni de radio, ni de télévision et dispose de peu de temps pour suivre les émissions éducatives ou informatives, le peu de programmes réellement consacrés à la promotion et à l’autonomisation des femmes. En dehors de leur journée internationale et en plus du fait que les acteurs des médias sont aussi peu sensibilisés sur la question d’équité et d’égalité de genre.
L’insuffisance de moyens de transport en commun en milieu rural affecte plus les femmes qui parcourent de longues distances à pied pour joindre les structures de santé, écouler leur production et assumer les tâches domestiques. Le vélo, moyen de déplacement le plus répandu en milieu rural, est détenu par 54,2% des chefs d’exploitation masculins contre 14,9% des chefs d’exploitation féminins.

Adoption d’un nouveau projet de Code des investissements
De l’incitation aux investissements et l’adaptation aux réalités togolaises
En attendant que le code communautaire ne voie enfin le jour, le Togo veut se doter d’un nouveau Code des investissements, après 15 ans dans le vide. Introduit en 1965 dans le système économique du pays, le Code des investissements a subi trois réaménagements. Le dernier, par la loi n°98-22 du 31 octobre 1989, a été suspendu par un décret du 26 décembre 1996 portant interdiction de prorogation de conventions, accords, protocoles, contrats et marchés comportant des clauses d’exonération douanière ou fiscale, dans la perspective de la mise en place du Code communautaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Depuis, le Togo ne dispose plus de Code des investissements pour les entreprises sur le territoire douanier.
Sur l’initiative du Premier ministre, en 2009, un comité de rédaction de 2004 a été réchauffé pour une relecture de l’ancien avant-projet de loi portant Code des investissements en République togolaise. Le 19 janvier 2011, le conseil des ministres a finalement adopté ce texte qui vise à promouvoir l’investissement privé et la création d’emplois. Entre autres objectifs, ce projet de texte veut également encourager l’utilisation des matières premières locales et des technologies adaptées aux réalités togolaises. Il intègre dans son champ d’application de nouveaux secteurs d’activités tels que la santé, l’éducation et la formation, le montage et la maintenance industrielle et la communication.
Accès et avantages du Code
Le texte attend d’être rapidement soumis à l’examen et à l’approbation des députés. Deux régimes d’accès à ce prochain code se distinguent. Le premier, dit de «Déclaration d’investissement», est réservé aux entreprises dont le montant du programme d’investissement est inférieur ou égal à 600 millions de francs Cfa. Dans ce cas, une attestation est délivrée à l’investisseur dans un délai de 3 jours ouvrables après la remise d’un questionnaire dûment rempli et signé. Le second régime, dit «d’Agrément», s’applique aux entreprises dont le montant du programme d’investissement est supérieur à 600 millions de francs. Auquel cas, un arrêté d’agrément signé du ministre en charge de l’Industrie est adressé à l’investisseur dans un délai de 20 jours ouvrables.
Quant aux avantages liés au nouveau Code des investissements, ils ont le mérite de promouvoir l’installation de nouvelles entreprises et de permettre à celles existantes de procéder aux extensions, diversification et modernisation et, par ricochet, de générer de nouveaux emplois. Le programme d’investissement de l’entreprise existante doit alors engendrer un accroissement d’au moins 25% de la capacité de production ou de la valeur d’acquisition des actifs immobilisées ou un investissement en matériels et équipements d’au moins 100 millions de francs. Les avantages sont également de deux niveaux : pendant la période d’investissement, et durant la période d’exploitation. Au premier niveau, les avantages du code sont essentiellement douaniers. Durant l’exploitation, l’entreprise bénéficie de la réduction d’impôt pour investissement, et de la taxe sur salaire de 2%. Ou encore de la déduction partielle de la masse salariale versée aux nouveaux employés.
La période d’installation s’entend celle au cours de laquelle le programme d’investissements devra être réalisé. Elle court à partir de la date d’effet de l’attestation ou l’agrément et s’étend sur une période qui ne peut excéder 24 mois pour le régime de déclaration de l’investissement et 36 mois pour le régime d’agrément (Art. 29). La fin de la réalisation du programme est constatée par arrêté du ministre en charge de l’Industrie après avis de l’organisme chargé de l’administration du code. Le délai peut être exceptionnellement prorogé pour une durée de 6 mois renouvelable une fois par ledit organisme. La période d’exploitation prend effet à partir de la date de signature de l’arrêté du ministre en charge de l’Industrie constatant la fin de la réalisation du programme d’investissement et le début effectif de l’exploitation.
En plus, les entreprises admises à l’un ou l’autre régime bénéficient d’une réduction de 30% sur la taxe foncière et sur la taxe professionnelle sur une durée de 3 à 5 ans suivant la zone d’exploitation. Sont considérées comme entreprises valorisant des matières premières locales celles dont les matières premières et produits intermédiaires locaux représentent en valeur au moins 80% du total des achats de matières premières et produits intermédiaires entrant dans la fabrication du produit (Art. 32). Toute entreprise admise au présent code, utilisant pendant la période d’exploitation tout ou partie des inventions ou innovations technologiques togolaises protégées, bénéficie d’une réduction de 5% sur la taxe professionnelle pendant 5 années d’utilisation effective de ces inventions et innovations. Seulement, l’ensemble des diverses réductions d’impôt sur les sociétés prévues par le présent code ne peut excéder 55% du bénéfice imposable de chaque exercice (Art. 34).

En application de la nouvelle directive de l’UEMOA
Le Togo intègre à son tour le principe de la sincérité budgétaire
Il y a une semaine, pour une gestion plus efficiente de ses finances publiques, suivant les règles communes aux Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le conseil des ministres adoptait le projet de loi organique relatif aux lois de finances. Ainsi, aux côtés des principes budgétaires classiques (annualité, spécialité, universalité et unité), l’une des six nouvelles directives de l’UEMOA introduit un nouveau principe : la sincérité budgétaire. Il se définit comme l’obligation de présenter des comptes ou un budget reflétant une image sincère et fidèle de la situation et des perspectives économiques et patrimoniales nationales au regard des informations dont dispose le gouvernement au moment de leur élaboration. « Les prévisions de ressources et de charges de l’Etat doivent être sincères. Elles doivent être effectuées avec réalisme et prudence, compte tenu des informations disponibles au moment où le projet de loi de finances est établi », précise l’article 43 du projet de loi adopté pour transposer la norme communautaire dans la loi nationale.
Les lois de finances s’entendent de la loi de finances de l’année (qui prévoit et autorise pour chaque année civile l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat), des lois de finances rectificatives (qui modifient en cours d’année les dispositions de la loi de finances de l’année) et la loi de règlement (qui arrête le montant définitif des recettes et des dépenses du budget de l’Etat de chaque année civile).
La directive portant loi de finances au sein de l’UEMOA du 26 juin 2009 vise à instaurer dans l’Union des règles permettant une gestion transparente et rigoureuse des finances publiques, en vue de conforter la croissance économique et renforcer ainsi les dispositions de la directive du 27 mars 2009 portant code de transparence dans la gestion des finances publiques.
Rappelons qu’à l’issue de la dernière réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA, tenue le 22 janvier dernier à Bamako, le Togolais Faure Gnassingbé prend la présidence tournante de l’organisation économique pour une durée d’un an.

Sur les marchés de Lomé
Le chinchard fumé franchit la barre de 2 000 Cfa
Plus rien ne l’arrête, le chinchard. Le fumé comme le congelé. Le premier entraîne le second sur les principaux marchés de la capitale dans une montée qui ne peut qu’inquiéter. A 1 661 francs Cfa il était vendu au kilogramme en septembre, pendant que le congelé traînait autour de 1 000, plus précisément à 1 076 francs. Trois mois après, en décembre, le chinchard se fume à 2 007 francs à Lomé, d’après les chiffres de la direction générale de la Statistique et de la comptabilité nationale. L’autre se congèle encore à 1 275 francs, une légère différence de 199 francs par rapport à septembre. Le fumé, lui, est passé rapidement à 1 707 puis à 1 884 francs le kilogramme en octobre et en novembre. Humn !! Y a-t-il de produits dont le prix ne baisse jamais, peut-on se demander ?
Pour les préparer à la sauce, voilà le charbon de bois qui fait son spectacle. Il est indiqué à 165 francs le kilogramme en décembre. Alors qu’il était seulement à 105 francs en septembre, pour passer rapidement à 114 puis à 128 francs en octobre et novembre. Et si les bonnes femmes s’accordent à affirmer que ce produit essentiel est de plus en plus rare dans la «brousse», d’après le terme consacré, il y a de quoi… On croise les doigts.
Un petit bémol, le riz importé en vrac, très apprécié par les tout petits, a tendance à se stabiliser. Ce produit a du mal, à Lomé, à sortir de la fourchette de 501 et 503 francs le kilogramme entre septembre et décembre. Encore que, à 502 francs le kilo en décembre, le riz importé en vrac est moins cher en glissement annuel par rapport à décembre 2009 où il s’était vendu à 642 francs. Au moins cela pour éviter des conflits avec les enfants.
On penserait à peu près la même chose de l’huile végétale locale industrielle. De 758 francs le litre en septembre, elle y est retournée, après deux légères descentes à 752 et à 744 francs respectivement en octobre et novembre. Sauf que cette huile s’est vendue plus chère en glissement annuelle, par rapport en décembre 2009 où elle s’était livrée à 654 francs le litre. Attention à la tendance haussière !!
Seule consolation, peut-être : le haricot blanc. Il était à 371 francs le kilo en décembre sur les marchés de Lomé. Il avait quitté 489 francs en septembre, pour un pic à 496 en octobre puis une descente en 383 francs le kilo en novembre.

Séminaire de formation les 26 et 27 janvier 2011 à Lomé
Des administrateurs de société formés sur leurs responsabilités pénale et managériale
Le cabinet Spepland tient à former les administrateurs de société, les 26 et 27 janvier 2011 à Lomé, lors d’un séminaire payant autour du thème « Les responsabilités pénale et managériale des administrateurs de société conformément aux prescriptions de l'OHADA ». Avec des études de cas pratiques. En objectifs et avantages, il s’agit de renforcer les capacités de ceux-ci en matière de gouvernance d'entreprise en leur permettant de connaître les sanctions encourues dans l'exercice de leurs fonctions et de les éviter, maîtriser le rôle de l'administrateur dans la gestion d'une organisation, savoir se protéger efficacement (protections statutaires et contractuelles), savoir identifier et prévenir le risque pénal, éviter des abus dans l'exercice des fonctions d'administrateurs de société, maîtriser les concepts clés en matière de contrôle interne, appréhender la notion d'indépendance de l'auditeur interne (position au sein de la structure organisationnelle, …). En plus de mieux s'impliquer dans le processus de découverte et de gestion des fraudes (indices d'existence de fraudes, enquêtes sur les fraudes, etc.) et concevoir les statuts d'un département (ou d'un service) d'audit interne.
Leur tâche devient de plus en plus stratégique pour l’entreprise. De nos jours, les scandales financiers mettant en cause les administrateurs et/ou dirigeants ont exacerbé la méfiance de certains actionnaires. D’où le renforcement du devoir de vigilance des administrateurs. Ces derniers ne doivent pas oublier qu’ils ont pour principale mission de contrôler la gestion des dirigeants.
Généralement, un administrateur de société peut être une personne physique ou une personne morale. Dans ce dernier cas, la personne morale administrateur doit nommer au Conseil d’administration de la société administrée un représentant permanent. Dans tous les cas, ce dernier est soumis aux mêmes obligations et aux conditions que s’il était administrateur en son nom propre. Sa responsabilité pénale peut être engagée autant que celle des autres administrateurs.
La responsabilité pénale d’un administrateur peut être engagée dès lors qu’il a commis une infraction : abus de bien social, abus de pouvoirs ou de voix (ce délit consiste en l’utilisation contraire aux intérêts de la société et à des fins personnelles de ces pouvoirs ou de ces voix), distribution de dividendes fictifs, présentations de comptes sociaux infidèles, etc.
Il n’en demeure pas moins qu’un administrateur peut aussi voir sa responsabilité civile (individuelle ou solidaire) engagée en cas d’irrégularités dans la tenue des comptes sociaux, de violation des statuts, de fautes de gestion, d'inaction ou de défaut de surveillance, etc.
Bref, l’administrateur de société doit exercer ses fonctions avec sérieux et loyauté sous peine de voir sa responsabilité engagée. Car, quelle que soit la définition de l’administrateur suivant la loi, les statuts et autres documents juridiques, il doit agir en bon père de famille, agir dans l’intérêt de la société, ne pas outrepasser ses pouvoirs et compétences, ne pas tomber sous le coup des conflits d’intérêts, respecter les formalités prescrites par la loi depuis la constitution jusqu’à la dissolution, en passant par les actes de gestion et fonctionnement, informer les actionnaires, veiller à la mise à la disposition des concernés (commissaires aux comptes et actionnaires) les informations nécessaires et prévues par la loi, ne pas manipuler les informations de la société (maquillage des comptes,…), ne pas commettre de faute de gestion, ne pas porter préjudice aux intérêts de la société ou des tiers ; etc.

Cherté de la vie
Comment les togolais joignent-ils les deux bouts ?
La hausse des prix, qui ne semble pas fléchir de si tôt, est diversement ressentie par les loméens. Entre colère et recueillement, chacun y va de son commentaire sur la crise et les astuces utilisées pour tenir bon
Stella D. est une mère de famille à la cinquantaine révolue. Elle vit à Lomé depuis près de 5 ans, après avoir séjourné au Gabon. A Avédji, il dirige un petit restaurant, genre fast food. Aidé par deux bonhommes de son village natal, Djagblé, elle ne passe pas toute la journée dans son restaurant qui reçoit des clients à tout moment de la journée et même tard dans la nuit.
Mais si la gargote de Stella ne désemplit pas, ce n’est pas que les affaires marchent pour elle. La flambée des prix a joué négativement sur ses revenus. Dans un français à l’accent fort ivoirien, elle commente : «toutes les denrées ont subi une augmentation de prix. Pourtant, à part le plat de viande, mes tarifs n’ont pas beaucoup changé. C’est dire que je gagne moins qu’avant. Je dois accepter cette situation car je n’ai pas tellement le choix ».
Pour Paulin, commerçant au Carrefour la Pampa, l’heure est au sauve-qui-peut. «Moi personnellement, je pense que chacun doit se défendre comme il peut. Le changement de cette donne est difficile. Il ne faut plus surtout compter sur les dirigeants», a rapporté le commerçant.
Devant la boutique de Paulin, il y a des réparateurs de motos. Un groupe de 4 personnes, apprentis et patrons confondus, s’attelle au travail autour d’un plat de riz. Mais la cherté de la vie est une question qui agace le patron, Komi R. Il n’a pas été loin à l’école mais il cultive une sorte de colère, qu’il ne cache pas, contre les autorités d’abord, ensuite contre les intellectuels surtout les hommes politiques. Il commence son réquisitoire par des critiques contre la presse qu’il considère comme la complice des autorités, puis il vire à des attaques ciblées.
«Il arrivera un jour où nous allons tous mourir de faim…Je ne suis pas fâché mais je dois dire ce que je pense des problèmes du pays. Je ne dois rien aux politiques, c’est au contraire eux qui me doivent quelque chose : la prise de conscience. Ils sont responsables de tout ce qui nous arrive aujourd’hui », s’est défoulé le réparateur de motos. Comment fait-il pour joindre les deux bouts ? A cette question, il refuse tout commentaire : «Je n’en sais rien !»
Toutefois, tout le monde ne réagit pas de façon aussi épidermique. Francis est vigile la nuit et s’occupe de la gestion d’une cabine téléphonique dans la journée. Avec un revenu bas, il est censé subir de plein fouet les conséquences de la hausse des prix. « Les gens en parlent beaucoup, mais moi je n’en sais pas grand-chose. Ce qui est certain, c’est que ça doit faire mal aux chefs de famille, particulièrement ceux qui ont la charge d’une grande maisonnée », a dit M. Francis. Et c’est avec la même sérénité que Fofo H., menuisier, raconte : «Tant que je peux avoir les moyens d’acheter sur le marché du riz, je ne m’affole pas. Mais si la crise dépasse les bornes, nous allons tous retourner à la terre pour cultiver ».
En somme, la hausse des prix a contraint la majeure partie des togolais à être moins dépensiers. Chérifa A., étudiante, trouve qu’elle lui est difficile de trouver de l’argent auprès de ceux qui lui en donnaient (ses parents) jadis. « Comment vivre dans ces conditions ! Tout est cher, on est obligé de renoncer à la satisfaction de beaucoup de besoins », a-t-elle déploré.

Les jeunes et le VIH
Pouvons-nous éviter le pire ?
Au début de la crise, c’est-à-dire au commencement des années 1980, on faisait du SIDA un problème de comportement individuel. Or, aujourd’hui, au moment où l’épidémie atteint des proportions catastrophiques, on se rend également compte que c’est aussi une énorme crise sociale. Les normes et expectatives sociales, ainsi que les attitudes et les politiques des communautés vis à vis des rôles et du comportement des jeunes hommes et des jeunes femmes contribuent à leur exposition au VIH/SIDA et rendent plus difficile la lutte contre l’épidémie
Désormais, le SIDA est en grande partie une maladie du dénuement. Une analyse de 72 pays effectuée par la Banque mondiale montre que, sur le plan national, un faible revenu par personne et une répartition inégale des revenus sont tous deux associés à des taux élevés d’infection par le VIH. Parmi les adultes vivant dans une ville d’un pays en développement ordinaire, une augmentation de 2.000 dollars du revenu par personne correspond à un abaissement de 4 points de pourcentage du taux d’infection par le VIH.
Dans un climat de dénuement, les jeunes, et notamment les jeunes femmes, se trouvent dans une situation particulièrement dangereuse. Par exemple, les adolescentes issues de familles pauvres et instables sont plus susceptibles d’avoir des expériences sexuelles que les femmes issues d’un meilleur milieu. Et, la prise de risques sexuels par des adolescents était plus fréquente dans les familles n’ayant qu’un seul soutien que dans celles où il y en avait plusieurs.
Dans de nombreux cas, les jeunes femmes qui n’ont pas d’avenir recherchent le soutien d’hommes et échangent des faveurs sexuelles et, partant, le risque d’attraper le VIH contre la sécurité. Les risques sont plus grands quand les hommes sont plus âgés. Dans les milieux, où la pauvreté grandissante a rendu les mariages traditionnels plus difficiles à organiser, les jeunes femmes rivalisent entre elles pour attirer l’attention d’hommes plus âgés, qui sont mieux établis que les jeunes hommes et, par conséquent, font des maris plus attrayants. Souvent, cette pratique s’explique par le fait que les parents s’attendent à recevoir de leurs enfants un soutien financier. De même, les bouleversements économiques ont amené de nombreuses jeunes femmes à préférer des hommes plus mûrs qui peuvent mieux prendre soin d’elles.
Bien que cette situation réponde à des mobiles complexes, les jeunes femmes ont parfois des rapports avec des hommes plus âgés appelés « grottos » au Togo qui paient leurs frais de scolarité, leur font des cadeaux et leur offrent d’autres encouragements. D’autres jeunes femmes nouent des rapports analogues avec des jeunes hommes. Beaucoup de jeunes femmes échangent des rapports sexuels contre des faveurs, de petits cadeaux et de l’argent. Certaines réalités signalent des dispositions analogues entre des jeunes hommes et des femmes plus mûres, comme c’est le cas où certains jeunes gens ont des « mamans grottos ».
Les difficultés économiques et les troubles civils ont poussé de plus en plus de jeunes, hommes et femmes, à quitter leur foyer pour venir chercher du travail dans les villes. Beaucoup d’entre eux ont alors de multiples rapports sexuels qui entraînent un risque de VIH et, partant, un risque de transmission du virus d’un endroit à l’autre. Les travailleuses migrantes — dont beaucoup sont célibataires employées comme domestiques ou à des travaux saisonniers — font souvent l’objet d’une exploitation sexuelle. La pauvreté et le manque d’options sont aussi de grandes raisons qui poussent beaucoup d’enfants à devenir des professionnels du sexe. Dans la plupart des cas de jeunes femmes deviennent des professionnelles du sexe avec l’assentiment de leurs parents, afin de pouvoir leur envoyer de l’argent.

Institutions
Goethe célèbre fort son cinquantième anniversaire au Togo
Dans le cadre de la célébration de ses cinquante ans au Togo, le Goethe Institut propose une programmation fort intéressante qui allie les expositions d’arts plastiques aux concerts de musique.
Depuis mercredi dernier, a cours une exposition des plasticiens togolais Agbégnigan Alihonou et Teky Komlan. L’exposition « Rythmes et vibrations », porte sur l’émancipation de la Femme africaine. Après 50 ans d’indépendance, il est tout à fait opportun et pertinent de remettre en débat une question aussi importante que l’émancipation de la femme africaine, après un long fleuve de discours politique sur le sujet. C’est donc une expression plastique sur un sujet de toute plasticité.
Mardi prochain, le Goethe Institut accueille un débat conduit par l’artiste plasticien Cham sur « Les arts visuels et les nouvelles technologies“. Il s’agit d’inviter les artistes et le public à l’appropriation créative et critique des langages et des concepts de l’univers technologiques et numériques. Cham fait évidemment figure d’un des pionniers en ce domaine au Togo.
Cham est artiste plasticien, formé à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris. Egalement diplômé en Sciences de l’Information et de la Communication, il enseigne la communication graphique à l’Université de Lomé, et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), il enseigne la communication visuelle.
En février, le Goethe Institut se penche sur la littérature allemande. Si l’Allemagne domine la pensée politico-sociale de part sa philosophie, sa littérature est aussi forte. Goethe, Thomas Mann et sa Montagne Magique, Günther Grass et le Tambour, Heinrich Bôll, et les nouveaux comme Rolf Hochhut, Rolf Dieter Brinkmann, Hubert Fichte et Peter Härtling, sont les principaux auteurs d’une littérature d’une longue tradition et d’un commerce agréable.
« Ce que Cham apporte à l’art plastique en Afrique, c’est l’inscription dans un nouveau langage artistique, fondé sur les nouveaux jeux et enjeux de la variation, ouvrant de nouvelles perspectives esthétiques au public. Néanmoins la grande difficulté du numérique, surtout en Afrique, reste la question du support : l’écran ou la toile. Une exposition sur grand écran est quasiment impossible dans la plupart des pays africains où de tels outils ne sont réservés qu’aux monarques. Par ailleurs, en ce qui concerne l’impression, le choix de la résolution et du format, les imprimeries sur place, encore rudimentaires, sont loin d’offrir le meilleur service », écrivait l’universitaire togolais Selom Gbanou.

Vient de paraître
Mont Plaisant de Patrice Nganang
En 1931, Sara, neuf ans, est arrachée à sa mère et offerte au sultan Njoya, dont elle doit rejoindre les 681 femmes au Mont Plaisant, à Yaoundé, où Njoya a été exilé par l'occupant français. Mais à la suite de circonstances imprévues, la matrone qui prépare Sara décide de la travestir en garçon : désormais, elle va vivre à la cour sous le nom de Nebu, tandis qu'au dehors, les nations se préparent à la Seconde Guerre mondiale.
Soixante-dix ans plus tard, c’est à Bertha, une jeune Camerounaise étudiant aux États-Unis et revenue au pays, que Sara va raconter son histoire peuplée d’incroyables personnages. Au premier rang desquels le sultan Njoya lui-même, homme curieux des sciences, inventeur d’un alphabet, entouré d’une colonie d’artistes, et qui s’évertue à faire prospérer la culture raffinée de son peuple. On croise aussi Joseph Ngono, ancien professeur à l’université de Berlin, qui a décidé de rentrer au Cameroun, où sa déception est cruelle. Joseph qui est aussi le père de Sara…
Mont Plaisant est un roman ambitieux, magistralement construit, sur l’amour, le pouvoir, les ravages du colonialisme et des guerres, la beauté de la civilisation bamoum, la vitalité de son art et la tragédie de son déclin.

© L’Union N°363 du 25 janvier 2011

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