Faure n'a pas été hué à Berlin !

24/06/2009
Faure n'a pas été hué à Berlin !

Non, Faure n'a pas été hué pendant son séjour en Allemagne ; c'est même tout le contraire qui s'est passé, écrit l'hebdomadaire L'Union dans sa dernière livraison. « A chaque étape de sa tournée, il était applaudi et accueilli avec le plus grand respect. Ceux qui appelaient à manifester ne s'étaient même pas présentés aux alentours des lieux visités par les officiels », écrit le journal qui consacre beaucoup de place à la visite officielle de Faure Gnassingbé à Berlin. L'Union relate que le chef de l'Etat s'est même entretenu avec des opposants venus lui remettre des doléances comme l'implication de la diaspora au processus de développement politique, économique et social.

Dans un autre registre, le bi-hebdomadaire indique que les travaux de réhabilitation du Boulevard pavé de l'Oti à Bè-Kpota (Lomé) – qui doit passer à deux voies dans les deux sens – ont démarré lundi dernier. 6 à 8 mois sont prévus pour achever l'agrandissement du boulevard. Voici une sélection d'articles publiés par L'Union

Verbatim

Faure n'a pas été hué en Allemagne, au contraire…

La démocratie togolaise avance à grands pas. Personne ne peut le contester aujourd'hui. Il suffit de parcourir la presse pour s'en rendre compte. La liberté de la presse est un fait indéniable. Le code de la presse au Togo est l'un des plus dépénalisés au monde. Les journalistes togolais vivent un environnement très saint au sens large du mot. Gnassingbé Eyadéma l'a fait quelques temps avant de s'en aller, Faure Gnassingbé le perpétue et grave encore.

Ce qui donne la plus grande liberté aux gens de la presse de se prononcer, de façon indolente parfois, sur la gestion des affaires de la cité. On remarque aujourd'hui une dérive sans précédent dans le traitement des informations. Les journalistes n'ont plus besoin de preuves avant toute publication. Ce qui est évident, personne ne les touchera. Tenez ! Lorsqu'il s'est agi de demander des documents justificatifs sur des informations publiées, les gens de la presse répondent que les infos viennent de l'administration, de la Primature ou de la Présidence. Des propos d'évangiles en somme ! On se permet même d'atteindre à la vie privée des citoyens sans aucun ménagement. Nous y allons tous, mes confrères et moi.

L'autre aspect des avancées démocratiques chez nous est la liberté d'expression. Les leaders politiques et d'opinion ne sont plus inquiétés pour leurs points de vue. Certains s'attaquent aux autorités dans des termes orduriers voire provocateurs. L'essentiel est qu'ils ne seront pas touchés. Dans l'un ou l'autre cas, cela apaise le pays. Mais, l'esprit patriotique s'envole. Malheureusement.

Pendant que le président du Togo s'apprêtait à se rendre en Allemagne pour une visite officielle et de travail, certains compatriotes ont fait des déclarations tapageuses invitant la diaspora à manifester contre cette arrivée. L'objectif étant de perturber la visite comme cela avait été le cas sous Gnassingbé Eyadéma.

Curieusement, du 16 au 19 juin, Faure a effectué son déplacement dans la plus grande sérénité. A chaque étape de sa tournée, il était applaudi et accueilli avec le plus grand respect. Ceux qui appelaient à manifester ne s'étaient même pas présentés aux alentours des lieux visités par les officiels. Au contraire, c'est une délégation de l'opposition togolaise présente en Allemagne conduite par l'ancien ministre Kokouvi Massémé qui a été reçue en audience par le Chef de l'Etat.

Ce groupe a eu l'occasion d'exprimer ses préoccupations à ce dernier et a surtout fait des propositions, franchement, constructives pour le règlement définitif de la crise, si crise il y a encore,  socio-politique et économique du Togo. Ce que les observateurs ont apprécié et qualifié de salutaire pour un pays mis à genoux pendant plus de quinze années par la rupture d'aides extérieures. On peut appeler ça une opposition responsable.

Car, ils avaient la possibilité de manifester. Seulement, ils ont compris qu'il y a une volonté de changement qu'il faut appuyer même si l'on ne peut s'entendre sur tout.    

 

Actu nationales

Visite officielle du Chef de l'Etat en Allemagne  

Les verrous sont tombés

Voici, c'est fait ! Tel peut être exprimé le soulagement des autorités togolaises après la semaine passée en Allemagne par le Chef de l'Etat Faure Gnassingbé. Il s'agit d'une visite d'Etat et de travail au cours de laquelle des rencontres au sommet ont permis des contacts très poussés entre les autorités allemandes et leurs homologues togolaises. Faure Gnassingbé s'est entretenu avec le président allemand, le Professeur Docteur Horst Köhler et la Chancelière Docteur Angela Merkel, avec plusieurs ministres du gouvernement allemand, des responsables des grandes Fondations intervenant dans notre pays, des représentants du monde des affaires et des parlementaires.

A l'arrivée comme au départ, le président togolais a été reçu avec les honneurs dus à son rang. Partout il est passé dans les trois Etats fédéraux qui l'ont accueilli – Berlin, Munich et la Bavière –, que ce soit au Château Bellevue siège de la Présidence, à la chancellerie Willy-Brandt, au siège des Fondations Konrad –Adenauer et Hanns – Seidel,  au stade olympique de Berlin, aux sièges du Parlement Bundestag, de la Fédération du Commerce en gros Africa-Verein, au Club International Theodor-Heuss-Platz, au centre Johannesstift… il a touché du doigt les réalités (représentatives) de la puissance politique et économique de l'Allemagne. Cela dénote l'état des relations qu'entretiennent aujourd'hui les deux Etats après plusieurs années de brouille. Ce revirement de situation est le résultat des efforts consentis par le régime togolais en s'adonnant à l'ouverture politique, aux respects des Droits de l'Homme, aux réformes constitutionnelles et institutionnelles.

2010, un test majeur

Ainsi, l'Allemagne, l'aile dure des sanctions européennes contre le Togo, vient de casser définitivement le bâton pour reprendre la carotte. Les autorités allemandes ont promis leurs aides multiformes au Togo dans sa quête pour l'instauration d'un Etat de droit et de développement. «C'est pour cela que nous devons initier des projets communs d'infrastructures dans le cadre de la coopération pour le développement cette année, nous espérons. Et je pense que c'est un apport qui peut accroître le développement du Togo», a dit Angela Merkel au cours de la conférence de presse tenue avec Faure Gnassingbé le mardi 16 juin après leur entretien. Toutefois, a-t-elle avertit: «Nous reconnaissons que ces élections présidentielles de 2010 seront un test majeur». Une manière d'inciter les autorités togolaises à organiser des élections crédibles, transparentes dont les résultats soient acceptés par tous pour éviter des violences.

La réponse de Faure a été catégorique : «…le choix démocratique fait au Togo est irréversible». Rassurant ainsi ses interlocuteurs de la bonne foi de son gouvernement de rompre définitivement avec notre passé. Il en a donné une preuve en recevant son opposition en place en Allemagne au cours d'un entretien riche en enseignements.

Conscient de la faiblesse de notre économie, des difficultés économiques que nous traversons, le Chef de l'Etat a fait une opération de charme auprès des opérateurs économiques allemands pour qu'ils viennent investir au Togo. Aussi a-t-il plaidé pour une coopération intense, source de plusieurs avantages économiques pour nos deux pays : «…C'est aujourd'hui le tour de l'Allemagne de nous accueillir. Et les discussions que nous avons eues nous permettent d'espérer qu'au cours de la prochaine revue des listes des pays qui entretiennent une relation privilégié avec l'Allemagne, nous aurons la possibilité et l'opportunité d'en faire partie. Parce que les liens qui nous unissent méritent que nous ayons une coopération plus vigoureuse que ce que nous connaissons en ce moment».

En somme, cette visite officielle du Chef de l'Etat en Allemagne a permis de racoler les morceaux. Le temps des mésententes est loin ; place à l'intensification des relations bilatérales et à la coopération économique !

Faure fait des promesses à l'opposition togolaise basée en Allemagne

Le Président de la République a accordé une importante audience à un groupe de Togolais exilés depuis plus d'une décennie en Allemagne conduit par Massémé Kokouvi. Un mémorandum lui a été soumis et le Chef de l'Etat s'est déclaré touché par les préoccupations de ses compatriotes. Les inquiétudes seront prises en compte dans la gestion des affaires du pays.  

A l'Hôtel Adlon, en plein centre de Berlin, ce mercredi matin vers 7 heures 30 T.U., l'ancien ministre de l'Intérieur sous le gouvernement Koffigoh, Kokouvi Massémé, en tête d'une délégation de près d'une quinzaine d'hommes est introduit dans une salle de réunion au troisième étage. La cérémonie de salutation meublée de quelques blagues du Chef de l'Etat pour détendre l'atmosphère terminée, l'ambassadeur du Togo en Allemagne, le chairman circonstanciel, a demandé au porte-parole du groupe de présenter les membres de sa troupe. Du coup, une discussion relativement relaxe s'est engagée en attendant l'arrivée du mémorandum concocté pour l'évènement. Son détendeur habite une ville très éloignée de Berlin et il faut l'attendre.

Les préoccupations

Dans leur mémorandum lu et remis au Chef de l'Etat, le groupe de Massémé a fait l'historique des grands évènements qui les ont poussés à quitter leur pays les jambes au coup. La crise socio-politique que connaît notre pays trouve son origine dans les malheureux évènements du 05 octobre 1990, où des manifestations politiques ont été violemment réprimées et sur lesquelles se sont greffées d'autres situations aussi préoccupantes les unes que les autres, soutient-on. Résultats, plusieurs compatriotes se sont retrouvés au-delà des frontières de leur pays dont l'Allemagne. Ce sont donc ces compatriotes vivant dans ce pays qui ont exprimé à Faure leurs préoccupations de l'heure qui sont de trois ordres.

Sur le plan politique, le groupe prétend que la situation est insoutenable à cause d'un manque de volonté politique. Il ne comprend pas comment l'on peut changer trois premiers ministres en trois ans pendant que les populations tirent le diable par la queue et que l'éducation togolaise est en déclin. Le groupe n'accepte pas que l'on pousse certains partis politiques à quitter le CPDC en amenant d'autres membres qui seront à la solde du RPT.

Dans le registre socio-économique, le groupe révoque la pauvreté grandissante des populations dont le corollaire est la prostitution infantile, l'exode et d'autres maux sociaux incontrôlables.

En ce qui concerne la situation sécuritaire et des Droits de l'Homme, le groupe soutient qu'elle a été la cause de leur départ et qu'il est préoccupé par les informations tragiques qu'il reçoit encore aujourd'hui en provenance du pays. Il a pris exemple sur la "mort rocambolesque" de Atsutsè Agbobli et la tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat qui a failli emporter le gouvernement voire balancer la vie personnelle du Chef de l'Etat.

Les suggestions

Globalement, le groupe Massémé accorde une importance particulière à la situation du pays. C'est pour cette raison qu'elle souhaite que ces préoccupations aient une écoute particulière. Ainsi, il suggère:

-  l'instauration d'un climat de confiance

- l'implication de la diaspora au processus de développement politique, économique et social

- l'intervention du Chef de l'Etat auprès du pouvoir législatif afin que les articles 59 et  62 soient revus conformément à la constitution de 1992.

- Etc.

Les réponses du gouvernement

A la suite de l'exposé de la léthargie, Faure Gnassingbé a clairement signifié à ses interlocuteurs sa désapprobation sur certains propos non fondés qui ne tiennent pas réellement compte de la nouvelle donne nationale. Par contre, il a dit que l'expression de la démocratie ne n'interdit pas aux individus d'une même communauté d'avoir des visions différentes sur des sujets qui leurs sont communs. En cela, il a promis tout son soutien sur les préoccupations évoquées afin de concilier les idées constructives pour le bien de tout le peuple togolais. Au vu des sujets soulevés, le Chef de l'Etat a remis la parole aux différents ministres concernés pour éclairer leurs compatriotes.

Le ministre d'Etat Professeur Gnininvi a recentré le débat en expliquant au groupe qu'il existe plusieurs pistes qui permettraient d'extirper la racine du mal. Il s'agit surtout de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation en qui il faut faire confiance car, elle est dirigée par un prélat respecté et reconnu pour sa probité. Son rôle sera, suivant ses attributions, de ressortir les carences en matière des violations des droits de l'Homme afin que les criminels et les victimes se retrouvent pour assainir l'environnement des relations humaines. Ensuite, l'introduction du système déjà en pratique sous d'autres cieux comme en Allemagne, dont le rôle sera de renforcer l'esprit de citoyenneté en punissant les crimes économiques. C'est le mécanisme d'évaluation par les pairs. Une commission pour les crimes politiques et une autre pour les crimes économiques permettront dans une large mesure de remédier aux lacunes accumulées. Aussi a-t-il insisté sur la plaidoirie du Chef de l'Etat auprès des autorités allemandes pour la cause des réfugiés togolais en Allemagne.

Le ministre Bawara a abordé dans le même sens tout en invoquant la prochaine mise sur pied d'un forum de la diaspora qui permettra aux Togolais de l'étranger de pouvoir s'organiser et d'apporter leur contribution à la construction du pays. Il sera également un cadre intéressant pour leurs éventuels placements.

Son collègue des Droits de l'Homme, Me Yacoubou Hamadou, a saisi l'occasion pour donner des explications sur le mécanisme qui a permis de désigner les membres de la Commission et la limitation de son mandat à 18 mois. Grosso modo, il a salué le travail effectué par la Commission des Nations Unis pour les Droits de l'Homme dont les enquêtes ont tracé les grandes lignes qui ont permis d'installer la Commission et  lui fixer des objectifs précis.      

A la fin de cet échange fructueux, les opposants réfugiés ont, tout en ayant perçu une volonté manifeste de changement, remercié le Chef de l'Etat et son gouvernement pour leur disponibilité.

Les premières impressions à la sortie de l'audience

«Je n'étais pas d'accord sur tout… mais ce qui pourra être fait le sera»

Faure Gnassingbé :

«Vous savez que dès le départ, nous avons fait du dialogue et de la concertation une méthode de gouvernement. Nous l'avons commencé à Lomé, nous l'avons poursuivi à Ouaga et nous avons réussi à signer un accord entre le gouvernement et l'opposition. Donc, ce n'est pas quelque chose de nouveau pour moi de rencontrer des opposants. Ici, il y avait eu beaucoup d'émotions parce que ce sont des gens qui se sont vus obligés à un moment donné de quitter le pays pour des raisons diverses comme ils l'ont si bien dit. Ce que nous voulons est un consensus dans notre pays pour que personne ne soit obligé de quitter le pays. Il doit pouvoir vivre librement sur sa terre. Nous devons dire que, peut être au Togo, il y a d'autres personnes qui ont été victimes de leurs actes.

Ça peut être des violences verbales ou des violences par écrits ; et qu'entre ces gens et ceux qui sont ici existe des incompréhensions. C'est pourquoi nous avons voulu mettre en place avec toute la classe politique, majorité comme opposition, la Commission Vérité-Justice-Réconciliation pour que chacun puisse venir témoigner son expérience ; ceux qui sont partis, ceux qui sont restés, nous ne pouvons ressusciter ceux qui sont décédés ; mais au moins que nous sachions que nous tirons les leçons de ce qui est arrivé aux uns et aux autres. Le dialogue a été très riche avec nos amis de l'opposition, malheureusement beaucoup trop court. Et je crois que nous allons trouver des canaux pour poursuivre la discussion. Ils m'ont soumis un mémorandum, je leur ai dit que je n'étais pas d'accord sur tout, ça aussi c'est la démocratie, mais ce qui pourra être fait le sera. Pour ce qui est du consensus, je leur ai dit que le combat est quotidien et démocratique. C'est le leur et c'est aussi le nôtre.   

« Le temps nous dira si cette volonté affichée est réelle ou politique ou de façade. »

Kokouvi Massémé :

«Oui, nous avons constaté une disponibilité à prendre en compte ce que nous avons dit. Et nous, on maintient ce que nous avons dit comme étant ce qui ressort de notre volonté, de notre façon de voir les choses, la façon de les percevoir à partir du pays. Le Président nous a montré une disponibilité, mais le temps nous le dira. Le temps nous dira si cette volonté affichée est réelle ou politique ou de façade.»

Faure invite les hommes d'affaires allemands à opter pour le Togo

L'un des objectifs principaux de la visite du Chef de l'Etat en Allemagne est l'obtention de l'appui allemand à l'économie togolaise. Il va s'en dire que le secteur privé, le maillon important des investissements au Togo, soit convaincu des efforts du gouvernement pour assainir le secteur des affaires et créer de la richesse dans notre pays. Faure Gnassingbé a été à la tribune pour inviter les hommes d'affaires allemands à investir au Togo.

Les représentants du secteur privé allemand réunis dans la salle de conférence de la très puissante Fédération du commerce en gros, Afrika-Verein, ont échangé avec les autorités togolaises sur les possibilités d'affaires au Togo. Le Chef de l'Etat a été personnellement interpellé par le représentant de cette organisation à Berlin, Christian Nakonz, pour présenter la situation générale de son pays sur le plan politique, social…et surtout économique.

L'histoire

Faure Gnassingbé a fait un bref aperçu de l'historique des relations lointaines qu'entretien le Togo avec l'Allemagne et placé sa visite sous le signe des retrouvailles.   «Pour nous, Togolais, a-t-il dit, c'est un moment particulier, c'est un moment de retrouvailles entre notre pays et un pays qui, malgré les vicissitudes et les malentendus, est toujours resté dans le cŒur du peuple togolais. Puisque nous avons beaucoup en commun, nous partageons une histoire ancienne, nous partageons des liens qui datent de plus de 100 ans» (125è anniversaire cette année de la rencontre entre Natchigal et Mlapa III de Togoville).

«15 ans de rupture de coopération, au cours desquels les peuples togolais et allemand se sont ignorés, je veux surtout dire que même parfois quand il y a des malentendus entre des gouvernements ou des Etats, quand il y a des désaccords, les peuples continuent à renforcer l'amitié qui les unit», a-t-il affirmé.

Le dialogue

Cette visite pour nous est comme un nouveau départ. Et pourquoi aujourd'hui ? Nous avons mis en Œuvre un dialogue entre les acteurs politiques togolais. Et ce dialogue a été sanctionné par ce que nous appelons l'Accord politique global. Cet accord politique nous a permis d'organiser de façon consensuelle des élections législatives pacifiques, démocratiques, et une assemblée a été mise en place.

Parallèlement à cela, des réformes politiques ont été mises en Œuvre dans le domaine de la justice, des forces armées et de sécurité, mais aussi dans les domaines économiques. Tout cela a contribué à apaiser le climat politique dans notre pays. Mais pour défendre aussi le climat, après tant d'années de difficultés économiques, nous avons organisé un dialogue entre le gouvernement et ses partenaires (patronats et syndicats), en 2006. Il nous a permis de prendre des engagements mutuels, et de mettre en place un cadre de discussions et de concertations.

C'est la conjonction de ce consensus politique pour aller vers des institutions plus démocratiques, vers une plus grande libération dans notre pays, avec ce consensus social. C'est la conjonction de ces deux éléments qui nous ont permis d'avoir cet apaisement et, aujourd'hui, de renouer avec la plupart de nos partenaires. Nous avons le FMI qui a effectué des missions régulières dans notre pays ; la Banque mondiale avec laquelle nous avons renoué; l'Union européenne aussi est de retour sur le plan économique, et qui va ouvrir une délégation dans notre pays.

A l'Allemagne

C'est aujourd'hui le tour de l'Allemagne de nous accueillir. Et les discussions que nous avons eues nous permettent d'espérer qu'au cours de la prochaine revue des listes des pays qui entretiennent une relation privilégié avec l'Allemagne, nous aurons la possibilité et l'opportunité d'en faire partie. Parce que les liens qui nous unissent méritent que nous ayons une coopération plus vigoureuse que ce que nous connaissons en ce moment.

Economie

Après l'apaisement politique et social, nous avons également entamé des réformes économiques. Tout a commencé par les finances publiques, de façon à mieux recouvrer les recettes douanières et fiscales. Nous avons cessé d'accumuler les arriérés parce qu'elles pesaient beaucoup sur le secteur privé, avec beaucoup de créances chez l'Etat. Aujourd'hui, la dette intérieure s'élève à peu près 500 millions d'euros que l'Etat doit au secteur privé et aux individus. Donc, cela pèse sur le secteur privé qui, pour l'instant, n'arrive pas à participer à la réforme de l'économie.

Nous avons également entrepris d'améliorer le cadre de nos institutions financières pour qu'elles puissent de nouveau accorder des crédits à l'économie. Et l'Etat a décidé de nettoyer les bilans de ces banques – à peu près 88 milliards de francs Cfa –. Et donc, ces créances qui étaient pour la plupart compromises vont être traitées par l'Etat, et ces banques sont devenues celles qui pourront être privatisées. C'est une opportunité également pour les banques allemandes si elles veulent bien s'installer au Togo, a-t-il conclu.

Il reviendra donc au ministre du Commerce de faire une présentation thématique et technique des atouts économiques du Togo. Après suivra un débat très enrichissant avec des explications claires et convaincantes de Guy Lorenzo, Jonathan Fiawoo Président de la Chambre du commerce, et des autres ministres de la délégation.   

La Fédération Africa-Vervein est constituée d'entreprises multinationales, des petites et moyennes entreprises, des institutions étatiques dont la Banque allemande pour la reconstruction et le développement, et le Service technique de la coopération allemande (GTZ).  

Préparatifs de la présidentielle de 2010

Tout va vite entre le CPDC et le gouvernement

Cette facette de l'actualité a été révélée le 20 juin 2009 par le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) dans un point de presse. Les points retenus par ce Cadre, après quatre séances, sont déjà sur la table du gouvernement pour être adoptés. Et ça va aller vite, passant de projet de loi à une loi, répondait Jean-Lucien Savi de Tové, président du CPDC, à un journaliste pour préciser le niveau actuel de l'évolution des modifications de la loi électorale. Une approche qui est confirmée le même jour par le conseil des ministres : «le premier avant-projet de loi, présenté par le ministre d'Etat, ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des collectivités locales, porte modification du code électoral. Les modifications essentielles sont relatives à la structure et à la composition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et à celles de ses démembrements, à savoir les commissions électorales locales indépendantes, les commissions de listes et cartes et les bureaux de vote».

En clair, l'Exécutif devra passer dans un prochain conseil des ministres à une seconde lecture du texte pour son adoption. Pour laisser la place à l'Assemblée nationale qui devra respecter à son tour sa démarche interne : affectation du texte à la commission spécialisée, étude et adoption en commission, étude et adoption en plénière. Déjà, on veut parler de boycott au sein de l'opposition parlementaire pour dénoncer les «conditions non consensuelles» d'organisation de la présidentielle de 2010. C'est oublier que, réglementairement, un quorum est exigé pour tenir une plénière au parlement. Sans distinction identitaire des députés. Dans les rangs du RPT (majoritaire), on dit juste attendre la manifestation de la «résistance farouche de l'opposition» et des «lendemains sombres pour le pays» (expressions empruntées au CAR de Dodji Apévon et Madji Agboyibo). «Le RPT prend acte de la volonté clairement exprimée par l'UFC d'instaurer la violence pour régler les problèmes politiques. Nous disons que les problèmes politiques ne se règlent pas par la rue. Il y a un cadre prévu à cet effet, c'est l'Assemblée nationale. Le RPT, l'UFC et la CAR y sont représentés. Le débat démocratique doit s'y dérouler. Mais s'ils refusent ce débat et le transfèrent dans la rue, il faut préciser que la rue n'appartient à personne», précisait il y a quelques jours Solitoki Esso, le secrétaire général du parti présidentiel. Visiblement, le ton monte.

En rappel, le CPDC vient de fixer les règles du jeu. Sur la base du principe de la parité entre la majorité et l'opposition parlementaire et par consensus, il propose la configuration suivante : dans la CENI, 5 représentants pour la majorité parlementaire, 5 pour l'opposition parlementaire, 6 élus équitablement par l'Assemblée nationale pour l'opposition extraparlementaire et la société civile et 1 pour l'administration. Soit 17 membres pour composer l'appareil central de l'organisation de l'élection présidentielle de 2010. Dans les Commissions électorales locales indépendantes (CELI), présidées ès qualité par des magistrats territorialement compétents, il est retenu 2 représentants pour la majorité parlementaire, 2 pour l'opposition parlementaire, 1 pour l'opposition extraparlementaire et 1 pour l'administration. La même configuration est attribuée aux Comités de listes et cartes (CLC), à la différence que le représentant de l'administration n'a pas voix délibérative, et aux bureaux de vote.

Réhabilitation du Boulevard de l'OTI

Les travaux ont démarré

Les travaux de réhabilitation du Boulevard pavé de l'Oti à Bè-Kpota (Lomé) – qui doit passer à deux voies dans les deux sens – ont démarré, a indiqué à L'Union Agetur-Togo (Agence d'exécution des travaux urbains), maître d'ouvrage du projet. Après la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), qui a cédé en novembre sa part d'espace nécessaire à l'élargissement de la voie, ce sont les panneaux publicitaires géants et les boutiques de toutes sortes qui cèdent à leur tour l'espace à exploiter (côté-nord).

Après moult procédures, c'est la société GELLOQ-Togo qui a décroché le marché. Depuis le 15 juin, date officielle de la cession des travaux par l'Agetur-Togo, cette entreprise togolaise s'emploie à installer son matériel. Il lui est accordé 6 à 8 mois pour achever l'agrandissement du boulevard.

Les travaux vont consister à récupérer un espace d'environ 11 mètres de largeur du côté nord du boulevard actuel afin de le transformer, à l'exécution du projet, en deux voies dans les deux sens. Espace à récupérer au détriment des boutiques et autres échoppes installées ainsi que de la clôture de l'aéroport qui longe l'ancienne voie. A terme, la réhabilitation du Boulevard de l'Oti doit faciliter la circulation aux populations vivant dans les quartiers Bè-Kpota, Akodessewa et Adakpamé. Il permet également un accès plus rapide au Port autonome de Lomé à partir des quartiers nord de la capitale.

Lancé le 26 juin 2008, le projet est financé à hauteur de 1 million de dollars US (un peu plus de 400 millions de francs Cfa d'alors) par la Banque mondiale. Ce volet fait partie du Projet de réhabilitation et d'entretien des infrastructures de Lomé (PREIL). Au préalable, il a fallu dédommager, à près de 20 millions de francs Cfa, la SALT, pour la construction d'un nouveau mur, et des commerces divers érigés sur l'espace, après avis des intéressés et du Comite de développement du quartier (CDQ).

Le Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DISRP), adopté par le gouvernement togolais en mars 2008, a relevé l'état défectueux des routes au Togo et la nécessité de les réhabiliter. Le projet PREIL s'inscrit dans ce cadre. Il faut rappeler que la levée de la suspension des décaissements de la Banque mondiale pour le Togo qui est intervenue le 30 mai 2008 a été accompagnée par l'approbation par le Conseil d'administration de l'institution d'une Note de Stratégie Intérimaire (NSI) qui a prévu un certain nombre de projets pour le Togo d'ici à juin 2010.

© L'Union du 23 juin 2009

 

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