Fonctionnaires : tous tire-au-flanc ?

04/02/2011
Fonctionnaires : tous tire-au-flanc ?

Le président Faure Gnassingbé rêve du retour des valeurs de discipline, de travail, de rigueur dans une administration où l’absentéisme devient presque la règle, rappelle vendredi L’Union qui consacre justement un dossier aux fonctionnaires et pose la question qui fâche : « Sont-ils tous des feignants ? ». S’il est vrai que certains sont payés à ne rien faire et ont même un second job, d’autres travaillent beaucoup. Et ce sont souvent ces derniers qui éprouvent des difficultés à être titularisés ou a évoluer dans la hiérachie.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
L’opposition proteste toujours
Réuni en conseil des ministres le 26 janvier dernier, le gouvernement a pris la décision de mettre en place une mission d’appui technique aux processus électoraux au Togo. Cette décision fait suite à la communication du ministre en charge de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales. Selon Pascal Bodjona, cette mesure permettra de faire une évaluation des processus électoraux passés, en vue de prendre en compte d’éventuelles améliorations qui pourraient être introduites à l’occasion des scrutins à venir surtout que le pays est en année préélectorale. L’objectif étant d’apprécier la qualité des élections en termes de conformité aux meilleures pratiques électorales telles qu’établies par les institutions internationales et les ONG actives dans le secteur, et dresser le bilan du fonctionnement de la CENI, de ses relations avec le ministère en charge de l’administration territoriale, du rôle de celui-ci dans le processus électoral ainsi que des voies et moyens de tirer profit de cette expérience. Pour ce faire, la mission fera des recommandations assorties d’un calendrier de leur mise en œuvre dans le but d’améliorer le processus électoral dans son ensemble.
Cette disposition, qui vise à améliorer le système électoral au Togo, n’a pas reçu l’assentiment de tous les partis politiques. Evidemment, l’Anc de Jean-Pierre Fabre l’a catégoriquement réfuté. Ainsi son chargé de la communication, Eric Dupuy, a estimé qu’il s’agit là d’une poudre aux yeux. Pour la Cdpa du Professeur Gnininvi, c’est le oui et non. L’ancien ministre, le professeur Aduayom l’a trouvée opportune, mais se pose des questions sur sa composition et ne comprend pas pourquoi l’on parle d’une mission technique à mettre en place en dehors du dialogue inclusif annoncé.
Pour le Car de Me Apévon Dodji, c’est par un communiqué que sa protestation a été vivement élevée. Le signataire du communiqué, le Secrétaire national Jean Kissi, écrit : "Le Car tient à élever une vive protestation contre la nouvelle manœuvre par laquelle le Gouvernement Rpt-Ufc tente de réaménager à sa guise le cadre électoral en vigueur… La manœuvre est d’autant plus provocatrice que la cellule administrative déguisée en mission d’appui technique est habileté non simplement à formuler des recommandations mais à les assortir d’un calendrier de mise en œuvre."
L’opposition est dans son rôle de contestation des actions gouvernementales. Sauf que, ce qui lui a toujours été reproché, elle n’évoque pas la contre proposition. Nous avons suivi, avec beaucoup d’attention, les idées sur la Refondation de la République prônée par le Car. Et, dans le même ordre d’idées, l’approche de la Cdpa pour l’amélioration de la vie sociopolitique et économique du pays. Dans l’un comme dans l’autre, tous reconnaissent que le cadre électoral doit être amélioré pour renforcer notre système démocratique. De ce point de vue, l’opposition ne doit pas dormir sur ses lauriers sans faire de propositions concrètes au gouvernement afin que cette mission prenne en compte ses aspirations. Au lieu de végéter dans son embrouillement légendaire par de vives et énergiques protestations.

Descente dans le monde du travail des fonctionnaires de l’Etat
L’Administration publique togolaise malade de ses salariés oisifs
Le Gouvernement ne cesse de réciter sa nouvelle vision de changer le visage de l’administration publique à travers le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) et le Cadre Stratégique de Réforme et de Modernisation de l’Administration Publique. Il veut créer un meilleur cadre incitatif pour l’éclosion du secteur public, optimiser absolument les ressources humaines. Il veut initier des contrôles réguliers sur la ponctualité, la conscience professionnelle, la compétence, le rendement…et la disponibilité. Le président Faure Gnassingbé rêve du retour des valeurs de discipline, de travail, de rigueur dans une administration où l’absentéisme devient presque la règle. « Je vous demande de remettre vos différentes administrations au travail, de veiller à ce que les agents soient à leur poste à l’heure et qu’ils donnent le rendement que l’on attend d’eux », disait-il aux ministres en début d’année. Et, pour 2011, il est prévu entre autres la poursuite des audits stratégiques et organisationnels de cinq ministères, l’opérationnalisation de la gestion automatisée des ressources humaines. Surtout le dénombrement des agents de l’Etat et l’actualisation de leurs dossiers administratifs. Mais aujourd’hui, il faut plutôt se demander s’ils sont tous employés comme de véritables fonctionnaires de l’Etat ?
Une descente dans l’administration publique aux heures de travail fait voir qu’ils sont nombreux ces agents aux frais de l’Etat qui continuent par se chercher du travail. On ne peut retirer la prérogative de l’Autorité à continuer par engager quotidiennement des candidats à l’emploi, au-delà du concours officiel. Mais l’on doit s’étonner de ce que des salariés se disent inutiles dans leur service. Bien de contractuels et de temporaires dans l’effectif d’un peu moins de 50.000 personnes. Des gens qui sont là à ne rien faire, mais payés à chaque fin du mois parce qu’ils sont engagés.
Par contre, d’autres travaillent énormément et attendent toujours que leur statut juridique soit changé. Nombreux sont actuellement les agents en quête de bureau, de tâches concrètes, d’un chef de service ou d’un profil de poste... Exemple de ce directeur d’une Direction générale lassé de rester contractuel. Des consultants recrutés qui se contentent d’un coin de la salle d’attente. D’un ministère à l’autre, des structures prévues qui n’existent pas ou ne fonctionnent pas réellement, ou non dotées d’un budget spécifique. « La plupart n’ont à ce jour de tâches réellement déclinées en fiche de poste », confie un consultant qui a conduit en 2010 une mission d’audit dans l’un des ministères. Et d’ajouter que, concernant le personnel, et tout particulièrement les nouveaux entrants reçus aux concours, il est opportun de prendre en considération (et notamment pour les prochains concours) le fait que ce nouveau personnel n’a pas été recruté sur la base d’une identification réelle et objective des besoins et des profils de postes.
Il est souvent d’un niveau de qualification limitée ou très diplômé mais techniquement non opérationnel. C’est la question de la gestion efficiente du personnel. Pendant que, dans des ministères, on n’en a quoi faire et qu’on continue d’en débarquer, les secteurs de la Santé et de l’Enseignement en manquent pour soigner les malades et encadrer des élèves des collèges et lycées et ces milliers d’enfants débarqués au nom de la gratuité des frais de scolarité.
Besoin d’intégrer les audits et leurs résultats
Depuis le lancement de la réforme administrative, des départements sont passés à audit : l’ex-Coopération, développement et aménagement du territoire, Cabinet civil et Secrétariat Général de la Présidence de la République, Cabinet du Premier Ministre, Secrétariat Général du Gouvernement, l’ex-ministère délégué chargé du Développement à la Base, l’ex-Secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Fonction Publique et la Réforme Administrative, Affaires Etrangères et Intégration Régionale, Santé. Avec l’appui du PNUD et de l’AFD. Des mois après, il faut toujours mesurer les écarts entre une organisation actuelle a priori inefficace et ne remplissant pas (ou pour partie seulement) les missions qui lui sont dévolues. Il s’avère que l’administration publique togolaise est caractérisée par des structures inadaptées. Les missions des services sont souvent mal définies, entraînant des conflits de compétences entre les ministères et, parfois, à l’intérieur d’un même département ministériel. Les ministères ne disposent pas des mêmes normes organisationnelles et les attributions ne sont pas toujours bien spécifiées. En effet, des structures ad hoc se sont multipliées ces dernières années au sein des ministères, rendant moins lisibles les attributions dévolues aux différentes entités et services.
Autres maux : absence d’évaluation du personnel, compétences mal exploitées (certains agents sont pénalisés du fait de leur savoir-faire, devant à la fois réaliser ce pour quoi ils sont prévus et combler les lacunes de leurs collègues), fonctions a priori en surnombre, doublons des fonctions/tâches et donc des personnels "inutiles" et "désœuvrés", charges de travail auprès des services/agents déséquilibrées (certains surchargés par les dossiers, d’autres en manquent), chevauchement, empiètement des tâches et responsabilités, rétention (pas toujours volontaire) ou faible circulation de l’information, manque de moyens informatiques généralisé, manque de locaux pour les nouveaux arrivants reçus aux concours de la Fonction publique, etc. La plupart des autres entités et services étatiques sont caractérisés par la sous-qualification d’une bonne partie de son personnel, la rareté des compétences et le vieillissement des agents qui y travaillent, une instabilité des structures et leur inadéquation aux missions, un faible niveau de déconcentration administrative, l’absence de procédures d’évaluation, des lourdeurs et un formalisme excessif dans les procédures administratives, etc.
Cette lacune est consécutive au fait que l’administration togolaise, ces dernières années, a subi une réelle autarcie de la part des partenaires techniques et financiers et n’a pas bénéficié de possibilité d’acquérir des compétences nouvelles adaptées pour renouveler son personnel. En outre, la quasi-totalité des diplômés recrutés ces dernières années sont issus des établissements scolaires et universitaires de formation générale.
D’où, à la fin des audits, l’obligation d’adapter les structures requises au sein des ministères, déterminer les postes et fonctions clés utiles, proposer un plan d’ajustement et des aménagements nécessaires pour conformer les emplois, les services, les postes et profils aux missions et structures au sein des ministères, proposer un nouvel organigramme des structures en concertation avec les services, recenser les personnels, nomenclaturer et profiler les postes, déterminer les besoins en personnels des services et profils des agents à conserver, à recruter et à redéployer ou reconvertir, élaborer et proposer une politique globale des ressources humaines intégrant une proposition de plan de formation...avec l’élaboration d’un chronogramme raisonnable.

Par l’achat programmé des pèse-essieux fixes et mobiles avant fin 2011
Le poids des véhicules lourds serait désormais contrôlé sur nos routes
C’est l’une des actions que nécessite la nouvelle Politique sectorielle routière récemment adoptée par le pouvoir de Lomé. L’Autorité veut acheter des pèse-essieux fixes et mobiles et les installer sur les principaux axes du pays avant la fin de l’année 2011 et démarrer ainsi le contrôle et le respect du Poids Total Autorisé en Charge (PTAC) au niveau des établissements et plateformes générant un trafic de marchandises d’au moins 200.000 tonnes par an qui doivent s’équiper de matériels spécialisés pour la vérification des gabarits, poids et charges à l’essieu des véhicules lourds de transport routier de marchandises.
L’image est devenue banale de ces semi-remorques surchargés à faire oublier qu’il s’agit des moteurs qui ne peuvent supporter qu’un certain seuil pour durer dans le temps. Surtout pour ceux qui viennent des pays de l’hinterland (Burkina Faso, Mali et Niger). Pour eux, plus on met de charges, moins on fait des allers-retours sur le Port de Lomé pour une commande de marchandises à rapatrier au pays. L’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a observé la scène et a recommandé aux principaux ports à trafic élevé de la zone, dont celui de Lomé, de se doter concomitamment d’une station de pesage, chacun à la sortie. Pour Lomé, la construction et l’équipement de ladite station est prévue à Togblékopé.
Pour la préservation du patrimoine routier, le Conseil des Ministres de l’Union a pris le 16 décembre 2005 un Règlement relatif à l’harmonisation du contrôle de la charge à l’essieu. Car la surcharge des camions continue d’être un des facteurs le plus important de la dégradation précoce des routes.
Malheureusement, le contrôle de la charge à l’essieu ne se fait pas systématiquement dans les Etats. A l’issue d’une mission de suivi et de sensibilisation de la Commission de l’UEMOA sur la mise en application du Règlement de la charge à l’essieu, courant 2008, dans les quatre Etats disposant d’un port maritime à trafic élevé, il avait été constaté qu’aucun des établissements visités n’était équipé en pèse-essieux. En outre, les ponts bascules dont dispose chacun des établissements se limitent seulement à la pesée des poids des marchandises transportés, et n’effectuent aucun contrôle du Poids Total Autorisé en Charge (PTAC). Le Togo veut donc s’exécuter.
Au demeurant, l’option du péage-pesage est nécessaire car les trafics sont élevés en particulier sur les corridors Nord-Sud desservant les pays enclavés et Est-Ouest vers les pays côtiers voisins. La taxe à l’essieu n’existant pas, le péage exigé en fonction du poids des véhicules est justifié pour tous les véhicules nationaux et étrangers. Deux catégories de redevances seront perçues pour les camions normalement chargés et qui devront contribuer dorénavant à l’usage et à l’usure intense de la route causée par les chargements lourds. Et les camions qui sont en surcharge, soit en poids total et/ou dépassant la limite de la charge à l’essieu de 11,5 tonnes et qui devront être pénalisés en payant, en plus du péage pour la catégorie du poids lourd concerné, une surcharge car ils causent des dégâts importants et inacceptables. Les stations de pesage à côté des péages sont à développer et les redevances fixées en fonction des gabarits des véhicules. En exemple, au Burkina Faso, une étude en 2008 a évalué le surcoût engendré par la surcharge des véhicules poids lourds à plus de 30 milliards de francs Cfa en 2007 pour les 1450 km de routes bitumées étudiées.

En réalisant le PNIASA de 2010 à 2015
10 pôles d’entreprises agricoles modèles à créer
Le Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) est dans tous les plats des autorités, des acteurs et des partenaires au développement. Il est prévu pour être décortiqué au troisième Forum des paysans, au cours de ce mois à Dapaong, où la présence physique du chef de l’Etat est fortement attendue par les acteurs du monde rural. Bien avant, le PNIASA – validé en 2009 – justifie la présence actuelle dans nos murs d’une mission de la Banque mondiale en vue de coordonner, avec d’autres partenaires tels la Banque ouest africaine de développement (Boad) et la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao, la mise en place d’un appui coordonné en prélude à la signature des accords de financement.
Cadre unique d’intervention dans le secteur agricole au Togo entre 2010 et 2015, le Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire a pour objectif de contribuer à la réalisation d’une croissance agricole annuelle d’au moins 6% nécessaire pour renforcer la sécurité alimentaire, améliorer le Produit intérieur brut agricole (PIBA), la balance commerciale et les revenus des producteurs. C’est un ensemble de sept projets pour lesquels l’Etat est à la recherche de 117 378,89 milliards de francs Cfa. Le plus important des projets reste, sans contexte, le Projet de développement des pôles d’entreprises agricoles (PDPEA), pour 80 037,89 milliards de francs.
Le PDPEA vise à accroître le revenu des exploitants agricoles par la création des pôles modèles d’entreprises agricoles modernisées, dans une perspective de développement durable qui offre aux femmes et aux jeunes agriculteurs et néo agriculteurs, l’accès sécurisé à des cadres adéquats d’apprentissage aux métiers agricoles et de promotion de la production agricole intensive. Il s’agira plus spécifiquement de réhabiliter et d’étendre les aménagements et les équipements hydro-agricoles existants, à savoir les retenues collinaires, les périmètres hydro-agricoles et les bas-fonds. Il s’agit d’appuyer la relance de la production maraîchère, et de faciliter aux exploitants l’accès aux intrants agricoles en général et aux services de la mécanisation et promouvoir leur utilisation rationnelle. Le PDPEA vise aussi à promouvoir la production halieutique et à appuyer la conservation, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, animales et halieutiques.
Résultats attendus
La mise en œuvre du Projet de développement des pôles d’entreprises agricoles est attendue pour créer dix pôles d’entreprises agricoles modèles à travers tout le Togo pour une superficies totale d’au moins 2 500 hectares, 100 sites maraîchers fonctionnels – 50 réhabilités et 50 aménagés –, avec 50 puits forés dans les 5 régions et 200 bacs construits. Elle devra produire 5 000 maraîchers formés et appuyés dans l’accès aux intrants et aux équipements, 100 noyaux de fermes laitières péri urbains et autant d’agro-éleveurs formés et installés.
Par ailleurs, 2 500 nouvelles unités d’élevage seront installées et équipées, ainsi que 2 000 caisses de pharmacie villageoise (CPV) réhabilitées, avec pour objectif de réduire de moitié le taux de mortalité chez les volailles et de 80% chez les ovins, caprins et porcins. Enfin, 100 fermes piscicoles génératrices de revenus et 20 barrages/retenues d’eau seront installés, les capacités de 4 500 pisciculteurs en maîtrise technique élevée sont renforcées, et l’interprofession autour de 6 filières – céréales, maraîchères, fruitiers, volailles, laitière, poissons – est développée.
Tous ces résultats, d’après le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, vont contribuer à l’atteinte des taux de croissance moyenne attendus pour les principaux sous secteurs concernés en vue de la réalisation d’une croissance de 9,63%, nécessaire pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015, soit 10,24% pour les cultures vivriers, 6,24% pour l’élevage et 6,75% pour la pêche.
Actions stratégiques

Un nombre d’actions doit concourir à l’atteinte de ces résultats. Au sujet de la maîtrise de l’eau et la mécanisation agricole, le ministère de l’Agriculture dénombre 200 sites de bas-fonds aménageables presque tous exploités mais pour la plupart non aménagés. L’objectif, en 2011, serait alors de voir au moins la moitié de ces sites aménagés et exploités pour augmenter la production, tout en préservant ces agrosystèmes. Des appuis ciblés sont également portés à la production, la transformation et la commercialisation des produits maraîchers. L’accent sera mis sur les régions Maritime et des Savanes qui hébergent 80% des 500 sites maraîchers recensés dans le pays. Le nombre de bénéficiaires indirects de ce projet est estimé à environ 30 000 personnes.
Au Togo, l’agriculture constitue le secteur le plus important de l’économie nationale. Elle occupe 70% de la population et représente 40% du Produit intérieur brut (PIB). Et pourtant, la production végétale, en grande partie pluviale, est l’œuvre de petits exploitants qui cultivent la terre (0,25 ha à 5 ha) sur des régimes fonciers coutumiers. C’est donc une agriculture essentiellement traditionnelle de subsistance, très peu intensive avec de faibles rendements, soumise aux aléas climatiques et aux fluctuations des prix.

Après les inondations de 2010
La FAO relance les paysans sinistrés
L'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a apporté à près de 4.100 ménages, affectés par les inondations au cours de la dernière saison des pluies, une aide financière de 490 mille dollars, soit environ 244,599 millions de francs Cfa, destinée au financement de leur réinstallation et à la reprise de leurs activités agricoles, a-t-on appris de sources officielles. L’enveloppe sera consacrée aux populations touchées par les inondations en 2010 dans la Région maritime, au sud du pays. Elle servira à la réhabilitation des champs de cultures, à fournir aux ménages des semences notamment du riz, du maïs, des cultures maraîchères et des engrais.
«Il s’agira plus spécifiquement de réhabiliter les exploitations céréalières dans les zones affectées, à savoir 1 750 hectares de maïs, 25 hectares de riz au bénéfice respectivement de 3 500 et 100 producteurs, puis de contribuer à la réhabilitation de culture maraîchère à hauteur de 125 hectares pour 500 ménages», a déclaré le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Kossi Messan Ewovor, à la signature de la convention mardi à son cabinet à Lomé. Le ministre togolais de l'Agriculture a relevé une "efficacité certaine de l'aide" pour le secteur agricole qui avait subi d’importants dégâts dans la région maritime.
Le 27 octobre 2010, le conseil des ministres avait établi un second et dernier bilan qui indiquait environ 7.744,24 hectares de champs et de cultures dévastées par les inondations provoquées par des pluies diluviennes. Il ressortait donc de cette évaluation un besoin d’assistance aux victimes à court terme en vivres et en non vivres et en intrants agricoles, avait affirmé le gouvernement. En terme de dégâts humains, le nombre de personnes touchées était de 82767 dont 21 décès et 85 blessés. Pour les autres dégâts matériels, on enregistrait 3947 maisons inondées, 7320 maisons écroulées, 194 maisons décoiffées et 921 maisons abandonnées.

Economie
En glissement annuel au Togo
Baisse de 25,66% des exportations de café au 1er trimestre
En comparaison à la même période de la campagne précédente, le café togolais s’est mal exporté au premier trimestre – octobre, novembre et décembre – de la campagne 2010-2011. Les officiels recueillis par L’UNION affichent 673 084 kilogrammes exporté, contre 905 370 kilogrammes en 200-2010, soit une diminution de 25,66%. La baisse a été plus encore importante, à hauteur de 60,84% par rapport au trimestre précédent – juillet, août et septembre –, qui a connu une exportation de 1 718 919 kilogrammes de produit de rente exportés, d’après les chiffres officiels.
Pour la campagne en cours, le mois de décembre a enregistré la plus faible exportation, enregistrée à 129 840 kilogrammes, contre 251 875 kilos en novembre, et 291 369 kilogrammes en octobre. Des chiffres très largement en deçà des 1 099 170, 1 504 200 et 1 519 753 kilogrammes enregistrés respectivement en octobre, novembre et décembre de la campagne 2009-2010. Au trimestre précédent, juillet s’est exporté à 755 833 kilogrammes, août à 616 066 kilogrammes et septembre à 346 920 kilogrammes.
Les exportations de café ont atteint en moyenne, pour les 10 dernières années, 8.695 tonnes. Pour chaque kilogramme, le producteur a perçu 773 francs au cours de la campagne 1997/1998. Le prix a par la suite baissé jusqu’à son plus bas niveau, soit 251 francs le kilo en 2003/2004. A la faveur d’une remontée des cours mondiaux, ce prix a atteint en moyenne 499 francs le kilo en 2004/2005, 593 francs la campagne suivante, 722 francs en 2006/2007 et 559 francs l’année suivante. Afin de protéger les petits producteurs, les exportateurs ont décidé de soutenir la production en versant des redevances qui ont varié de 16 à 8 francs par kilogramme de produit exporté au Comité de coordination pour la filière café et cacao (CCFCC) qui est un organe interministériel chargé de superviser les activités des deux filières.
En rappel, le café contribue pour 1,2 à 2% du Produit intérieur brut (PIB), et occupe le 3è rang des exportations, avec plus 25.000 producteurs.

Fourniture d’énergie électrique
Le Togo et le Bénin interconnectés au nord
Les chefs d’Etat togolais, Faure Gnassingbé et béninois, Yayi Boni, ont finalement interconnecté, mardi, le nord des deux pays en inaugurant à Parakou, nord du Bénin, un poste de transformation. L’événement vient marquer la fin du projet de l’interconnexion nord Togo et nord Bénin de la Communauté électrique du Bénin (CEB, commune au Togo et au Bénin). Le projet vise essentiellement à interconnecter électriquement les régions du nord Togo/Bénin au réseau du sud Bénin/Togo. Il a coûté 21 milliards 498 millions 332 mille francs Cfa, conjointement financés par la Banque mondiale (4 milliards 404 millions 139 mille 558 mille francs), la Banque ouest africaine de développement (Boad, 4 milliards 652 millions 444 mille 364 francs), le Fond nordique de financement (9 milliards 052 millions 206 mille 600 francs) et la Communauté électrique du Bénin, à 3 milliards 389 millions 702 mille 810 francs. Soit respectivement pour chaque institution en pourcentage 20, 22, 42 et 16% du coût total du financement du projet.
Le volet Bénin de cette interconnexion permettra désormais de substituer l’électricité onéreuse produite par les centrales thermiques isolées de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) dans le nord par l’énergie du réseau interconnecté de la CEB et d’assurer la fourniture de l’électricité en qualité et en quantité suffisante pour les besoins des industries et des populations. L’exécution du projet a conduit à la construction, entre autres, des lignes de transports d’énergie, la construction des postes de transformation à Parakou et Djougou, la construction de poste de répartition à Bembèrèkè et Natitingou puis, l’aménagement et le bitumage des voies d’accès aux postes de Parakou et de Bembèrèkè.

Société
La vente d’illusion
Des bénédictions ruineuses
Savon, poudre ou huile contre les mauvais sorts : au Togo, les marchands d'illusion ne savent plus quoi inventer pour capter l'attention et l'argent de tous ceux qui rêvent d'une vie meilleure. C’est ainsi que ces marchands qui se sont adjugés le titre de «maître» ou «de prophète» font le tour des radios et télévisions pour mieux convaincre et faire de bonnes affaires.
Samedi 29 janvier Le marché d’Adidogomé connaît une animation de grand jour. Un homme, la trentaine fait la cour aux passants. Il réussit à attirer une dame vers son étalage. Il prétend avoir fabriqué une poudre capable «d'enlever la malchance», autrement dit de conjurer le mauvais sort. Il suffit, dit-il, de s'en laver le visage pour que la vie redevienne rose. Il la vend par sachet de 1000 et 2000 FCFA, un prix à débattre bien sûr. Une heure plus tard, il est entouré d’une foule de personnes dont la majorité, des femmes.
Mme Ami, vendeuse de légumes, a été l'une des premiers à solliciter ses services : «Il nous a dit que beaucoup de gens ne réussissent pas dans la vie parce qu'on leur a jeté un mauvais sort et qu'en utilisant la gamme de son produit (poudre, savon et huile), on se débarrasse de la fatalité. Célibataire et sans enfant, je me suis dit que je ne perds rien en y allant pour me laver de la malchance». Macy, la trentaine dépassée, n'a, quant à elle, pas encore eu la chance bien que mariée d'enfanter. Elle boit les discours du vendeur de la poudre miraculeuse. «Il ne faut pas le sous-estimer, dit-elle. Il est très fort. Quand il te parle, tu te sens soulagé, même sans avoir encore utilisé son produit ». Pareil pour Lina : «Mon oncle m'a jeté un mauvais sort depuis l'enfance. C'est pour ça que je n'ai pas réussi à l'école. J’ai passé le CEPD quatre fois sans jamais réussir. C'est ce qui m'a poussé à acheter cette poudre», explique-t-elle. .
« Ce type est encore revenu avec ses faux produits », a lancé une dame de passage. Elle explique qu’elle avait déjà acheté ses mêmes produits en 2009 quand elle avait des problèmes financiers et c'est peu à peu qu’elle a découvert la duperie. En réalité, la fameuse poudre magique n'était qu'une mixture banale, sans aucun effet. «Il a su nous tromper. Il y a des jours où il vendait jusqu'à épuiser son stock. J'ai suivi les témoignages des sois disant clients qui ne sont en réalité que les amis du vendeur et je me suis fait piéger». «Tout ce que j’ai investi dans cette affaire, aurait pu acheter ne serait ce que quelques bols de maïs pour mes enfants», regrette amèrement une dame.

les envoyés du Christ…..
D’autres marchands d'illusions se servent d’une certaine Bible (celle que l’Eglise aurait caché aux fidèles et qui contient des versets très puissants). Généralement, ils travaillent par groupes de trois ou quatre. Dès qu’ils te rencontrent l'un d'eux te dit « Jésus t’aime et il veut te sauver ». Quelque temps après, une autre personne du groupe se met à parler dans un français approximatif. Il prétend être un étranger qui ne connaît pas la le Togo et affirme être là pour prier pour les gens de bonne volonté », témoigne Mme Chérita à qui ils ont soutiré 150 000 F cfa. Dès que tu gobes leurs histoires, ils te demandent de donner tous les biens que possède (argent, bijoux, etc...) afin de s’en servir pour sauver des âmes.
Ce phénomène n'est pas nouveau au Togo mais il a pris une ampleur sans précédent à la faveur de la grave crise économique et sociale actuelle. La recherche du bien-être est devenue l'obsession de tous surtout des plus pauvres. Analphabètes et superstitieux sont une proie facile pour ses charlatans qui ne savent plus quoi inventer pour leur vendre leurs boniments. «Ce sont des individus oisifs qui parviennent à créer un produit extraordinaire ou une histoire étrange collant avec les besoins des populations pour se faire de l'argent. Une fois que sa démagogie est découverte, il reste tapis dans l'ombre, le temps de se faire oublier et change de ville ou de village », explique une dame, victime en 2003. Mais l'expérience aidant, beaucoup de gens commencent à être moins crédules. Ainsi «pépé Mathieu », un sexagénaire retraité, qui a vite compris le stratagème de ces escrocs. Il y a un an, témoigne-t-il, alors que je sortais de chez un ami à qui je venais d'emprunter 200 000 FCFA pour payer les frais d'hospitalisation de mon enfant, j’ai rencontré ces soi-disant envoyés de Christ. Dès qu'ils ont dit qu'ils allaient prier pour moi, en parlant dans un français très bizarre, j'ai refusé.

Journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales
3 millions de filles exposées chaque année
Selon les estimations de l’OMS, entre 130 et 140 millions de femmes ont subi une forme quelconque de mutilation génitale. Les mutilations génitales féminines dont l'excision, recouvrent un ensemble de pratiques aboutissant à l'ablation partielle ou totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales.
L'opération est généralement pratiquée sur les petites filles et parfois sur des femmes sur le point de se marier, enceintes de leur premier enfant ou qui viennent de donner naissance.
Souvent pratiquée par des praticiens traditionnels comme les exciseuses et les accoucheuses, l'opération se fait sans anesthésie avec des ciseaux, des lames de rasoir ou des couteaux. L'intervention est toujours traumatisante et peut entraîner des complications telles que les douleurs, l'état de choc et même parfois la mort.
L'excision est une violation fondamentale des droits humains. En l'absence de toute nécessité médicale, elle expose les filles et les femmes à des risques pour leur santé et à des conséquences qui mettent leur vie et leur bien-être en danger.
Il est, aujourd’hui, difficile de chiffrer le nombre de victimes de mutilations génitales féminines dans le monde : Une femme sur trois est excisée sur le continent Africain, soit 130 millions. Si la plupart des vingt-huit pays d’Afrique concernés par cette pratique ont promulgué des lois interdisant l’excision.
Les associations et les organisations non gouvernementales sont parvenues à éveiller les consciences et à fédérer à leurs côtés de nombreux hommes - une victoire lorsque l’on sait qu’ils sont les pères-fondateurs de ces traditions et que sans eux le combat serait plus difficile – et de nombreuses femmes qui, symboliquement, représentent les gardiennes de ces pratiques et sont les seules victimes de ces mutilations.
Il est important de souligner qu’il existe des solutions pour remédier à cette mutilation, que les victimes peuvent espérer retrouver une vie quasi-normale : une méthode médicale de reconstruction du clitoris a été mise en place par le Docteur Foldès et permet de redonner dignité et intégrité à ces jeunes filles et femmes qui en ont été privées. C’est une avancée considérable mais le chemin reste long…

Culture
Vient de paraître
L’hymne d’un prince sans royaume, de Kodzo Vondoly
Les Editions Awoudy, une maison très jeune, fait un travail éditorial formidable depuis quelques temps avec la publication de plusieurs ouvrages dans deux collections, en attendant. Il y a l’intéressante collection « J’aime », dont l’objectif inavoué est d’intéresser la grande majorité des Togolais à la lecture. C’est dans ce cadre que vient de paraître ‘’L’hymne d’un prince sans royaume’’ de Kodzo Adzewoda Vondoly, un recueil de poèmes de 120 pages paru en janvier 2011.
Préfacé par Robert DUSSEY, Conseiller Diplomatique du Président de la République Togolaise , cet ouvrage est un plaidoyer pour la fin des injustices que subissent au jour le jour les travailleurs de tous ordres malgré leurs sacrifices, en misant sur le travail sans salaire dont les travailleurs sont victimes dans leurs lieux de travail respectifs.
L'auteur n'a pas fermé l'œil sur les problèmes quotidiens que vivent les sociétés, les errements politiques, ainsi que la situation toujours précaire des africains en général, des Togolais en particulier.
La postface est écrite par Hugues Eric JOHNSON, journaliste, Directeur de publication du journal "l’Union".
Composé de 45 poèmes, cet ouvrage sera officiellement présenté au cours d’une cérémonie dont la date, le lieu et l’heure seront communiqués ultérieurement.
Pour plus d’amples informations, contactez la Cellule de Communication des Editions AWOUDY au 959 26 29/9968515/235 23 69.

© L’Union N°366 du 4 février 2011

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