Gilchrist, reviens vite !

12/03/2010
Gilchrist, reviens vite !

« Avec le candidat de substitution de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, tout n’a été que cafouillage et embrouilles. Il est devenu l’otage du Frac et de Kofi Yamgnane ; il se dérobe de la ligne de son parti ». C’est ce qu’écrit vendredi L’Union qui ne souhaite qu’une chose, le retour de « Fo Gil ».
« Il est temps que le Président national de l’Ufc, Gilchrist Olympio, reprenne vite les choses en main pour arrêter l’hémorragie Kofi. Sinon… », poursuit le journal.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union

Verbatim
Gilchrist doit arrêter l’hémorragie Kofi
On disait de lui le pire des opposants africains à cause de ses prises de position drastiques vis-à-vis du pouvoir en place au Togo. En 1986, répondant à une question sur son appui aux organisateurs de la tentative de coup d’Etat du 23 septembre de la même année, il disait combattre un régime et qu’il n’hésiterait pas à apporter son soutien à tous ceux qui sont dans la même logique que lui.
Ce qui lui valu le titre de terroriste et sa tête était mise à prix. Gilchrist Olympio, puisqu’il s’agit de lui, n’aura la tranquillité de participer à la vie politique nationale que grâce à l’avènement du vent de l’Est ayant aussi frappé le Togo. Il se révèlera beaucoup plus à ses concitoyens pendant la conférence nationale souveraine. Il a réussi à fédérer plusieurs partis politiques, rapidement créés dans l’euphorie multipartiste. L’Union des Forces du Changement (Ufc) est ainsi née.
Désormais, le Rassemblement du Peuple Togolais (Rpt), parti au pouvoir, a un adversaire sérieux. Quelqu’un dira : « grâce à la volonté du vieux (Feu Gnassingbé Eyadéma, ndlr).»
Gilchrist Olympio sera au devant de toutes les contestations politiques.
Ses entrées et sorties du Togo seront toujours des évènements. Ses éternuements, propos, mouvements auront des incidences politiques sur la gestion des affaires. Sa fermeté conduit parfois le pouvoir en place à aller en discussion, en dialogue, en pourparler.
Pour y arriver, il use de la méthode, fait intervenir ses relations internationales et même nationales au sein du régime. Même s’il est souvent incompris par ses compatriotes, il cherche à les convaincre par des astuces et non par le grand mensonge. Malheureusement, il n’arrive pas à prendre le pouvoir, du moins pas jusqu’au scrutin présidentiel du 4 mars dernier, pour lequel il s’est tant battu. Cette fois-ci, c’est la maladie qui l’écarta de la course.
Et vint un candidat de substitution en la personne de Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’Ufc. Tout a été cafouillage autour de ce candidat.
Depuis le dépôt de la candidature, jusqu’à la fin du scrutin. Ce front (le Frac) dont il se réclame aujourd’hui est le comble de l’embrouille où il se fourvoie. Candidat de l’Ufc, il devient « prisonnier » du Frac ; il se dérobe de la ligne de son parti ; il se plaît à suivre les directives des petits partis politiques à la quête d’une popularité ; il se comporte en Président de l’Ufc et ne reçoit que des ordres de Kofi Yamgname, porte-parole du Frac. Quel dommage pour ce jeune opposant qui peut jouir d’un avenir politique radieux !
Fabre suit Kofi Yamgname, issu de la vieille école socialiste de Mitterrand.
Ce monsieur est actuellement, après Agbéyomé, la référence mensongère de la classe politique togolaise. En parcourant la presse française qu’il utilise pour propager ses mensonges, l’on ne lit que des énormités sur le Togo made by Kofi Yamgname.
Fabre cautionne aujourd’hui les égarements du retraité français et défie la communauté internationale. Sinon comment comprendre que, contrairement aux habitudes de l’UfC, le candidat n’ait pas déposé de recours auprès de la Cour Constitutionnelle pour revendiquer sa prétendue victoire du scrutin du 4 mars.
Gilchrist, en son temps, tout en doutant de la sincérité de la haute juridiction, la met toujours devant le fait accompli en déposant des recours en bonne et due forme. En tout respect des lois républicaines et des directives communautaires (Cedeao, UA, etc.) Cette erreur monumentale, de se mettre dans la rue pour des recours, ne ressemble pas à un parti politique normalement constitué et qui prône le respect de la Constitution dans un pays démocratique. Comment la communauté internationale peut-elle alors le suivre dans la réclamation d’une prétendue victoire? Il est temps que le Président national de l’Ufc reprenne vite les choses en main pour arrêter l’hémorragie Kofi. Sinon…

Cinq plaintes enregistrées par la Cour constitutionnelle
Faure demande d’annuler les résultats de certains bureaux de vote
Il n’est pas superfétatoire de dire que l’essentiel reste la preuve qui sous-tend une saisine. Et, par constat, beaucoup de politiques ne savent pas donner la vraie valeur à leurs plaintes. Il faut aussi maîtriser, au départ, ce que la loi réprime.
Le juge constitutionnel ne fait pas la magie. Suivant le code électoral, l’annulation d’une élection est la conséquence «de graves irrégularités de nature à entacher la sincérité et à affecter la validité du résultat d’ensemble du scrutin» (article 167). Les mots ont leur place. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la plainte du candidat Agbéyomé Kodjo n’a rien d’original que la copie de paragraphes du rapport préliminaire de la Mission de l’UE.
Le candidat Yawovi Agboyibo n’a pas oublié le même rapport pour brandir ses preuves d’invalidation : les associations qui ont soutenu Faure, la distribution de dons et libéralités, l’implication de certains préfets et l’absence d’authentification des bulletins de vote. Bassabi Kagbara, lui, ne se gêne pas : il veut un nouveau décompte des bulletins dans 20 CELI sur 35. Un point, c’est tout. Contre la plupart des griefs, la loi a prévu des peines d’amende ou d’emprisonnement s’ils sont prouvés.
Enfin, Faure Gnassingbé veut que l’on tienne compte du rectificatif de la CELI Tchaoudjo, que l’on vérifie des bulletins déclarés nuls et que tous les résultats soient simplement annulés dans les cas douteux. Sur la base des PV lus le 6 mars.
Pour une fois, la seule candidate au scrutin n’a pas été élégante : Adjamagbo-Johnson Kafui déposait hier jeudi son recours tout en sachant, en tant que juriste, que la forclusion était consommée depuis 72 heures. Soit, au lendemain du dépôt par la CENI du rapport détaillé sur le déroulement des opérations électorales, l’état des résultats acquis et les cas de contestation non réglés.
La plainte d’Agbéyomé Kodjo
Plus tapageur autour des voix des candidats, juste a la fermeture des bureaux de vote, le candidat de OBUTS n’a produit aucun chiffre issu des bureaux de vote pour demander «l’annulation pure et simple du scrutin». On peut comprendre par rapport à l’anecdote qui dit que, quelque part au nord du pays, c’est le matin du 4 mars que ses lieutenants couraient de localité en localité pour remettre les mandats à leurs délégués dans les bureaux de vote. Dieu seul sait le travail fait !
Pour le dossier de recours, voici la conclusion : «la Mission d’observation de l’UE a relevé pas moins de 27 points de litige, survenus tant dans la phase préparatoire du scrutin que dans le déroulement de celui-ci ; les contestations portées sur la base de constats d’irrégularités par certains membres de la CENI, lors des opérations de compilation des résultats». En détails, on peut lire : «la Mission a constaté que, conduit dans des conditions acceptables par rapport aux standards internationaux en matière de démocratie, ce processus a néanmoins fait l’objet de nombreuses recommandations, qui dans la plupart des cas n’ont pas été suivies. Elle a en outre précisé que la MOE UE souhaite que son rapport contribue à faciliter le dialogue entre les forces politiques qui est un préalable pour le développement global du Togo. La Mission demeurera active au Togo pour plusieurs semaines encore. Ce qui signifie de manière non équivoque que n’importe quelle autorité institutionnelle du Togo peut avoir recours à son témoignage pour l’éclairer valablement en tant que de besoin.
Sur les supports de campagne utilisés par les candidats : la campagne déguisée, puis la campagne officielle débutée le 16 février, ont été massivement dominées par la machine électorale de Faure Gnassingbé ; dès la pré campagne, les observateurs de l’UE ont été témoins de distribution de riz à des prix trois à quatre fois inférieurs au prix du marché par des militants du RPT, riz connu sous le nom de «Riz Faure», dans les préfectures de Kloto, Kpélé Agou, Danyi, Wawa, Akebou, Amou, Kozah et Binah... Ses points sont en contradiction flagrante avec les dispositions du code électoral notamment en ses articles 89 et 91 et les règles déontologiques applicables aux fonctionnaires concernés.
La TVT et Radio Lomé ont consacré à la mouvance présidentielle jusqu'à 96% de temps de parole. L’absence de données démographiques fiables a rendu difficile la vérification de l’âge et de la nationalité des personnes inscrites au fichier électoral, ainsi que les données sur les personnes décédées. Les délais trop courts n’ont pas permis une vérification entière du fichier électoral. La révision du fichier électoral a suscité de profonds désaccords tant dans son organisation que dans les résultats produits. Les données brutes de la révision ont révélé une progression d’environ 320 000 nouveaux inscrits soit environ 10% du fichier électoral final. Ces nouveaux inscrits sont localisés pour 42,5% dans le nord, fief électoral du RPT, tandis que les nouveaux inscrits dans le sud représentent presque 30% et 27% dans le centre. Ce constat a alimenté le déficit de confiance des partis politiques d’opposition…
En réponse aux doutes, la CENI a procédé à une opération de révision le 31 janvier dans 115 centres de révision sur 3571. Les membres de 11 CELI sur 35 se sont plaints d’un manque de collaboration et d’accès à l’information. A quelques jours des élections, les membres de la CENI n’ont pu s’entendre sur un mode d’authentification consensuel des bulletins au moment du vote».
La plainte a simplement oublié que l’auteur des mêmes constats n’a pas mis en doute, dans le fond, la crédibilité du scrutin. Elle devrait être le fruit d’un travail fouillé pour, peut-être, décider l’avis définitif des uns et des autres. Le coup est raté. Les prochains scrutins ne peuvent rien en tirer. Malheureusement !
Paradoxalement, M. Agbéyomé repart sur les médias pour parler de nombre de bulletins supérieur au nombre de votants, …
Le coup d’avocat d’Agboyibo
Me Madji a bien rappelé l’article 167 du code. Les griefs se fondent sur la déclaration de la Mission de l’UE, la correspondance de la CENI du 15 février, les procès-verbaux des bureaux de vote J et K du CEG Ablogamé à Lomé. Primo : de nombreuses associations se sont largement substituées au RPT qui a investi le candidat président pour mener la campagne (confère page 8 de la déclaration). L’impact de cette campagne est indéniable et a gravement affecté le résultat d’ensemble du scrutin, selon Yawovi Agboyibo. Secundo : toujours page 8. Les dons et libéralités ont eu sur le résultat d’ensemble du scrutin un effet tout aussi déterminant que celui des associations de soutien au candidat président. Tertio : eu égard à leur ascendance sur les administrés, les préfets ont lourdement pesé sur le résultat final. Quarto : maintenant, page 7.
La CENI a promis authentifier les bulletins le 15 février. Pour s’être dérobé par la suite, elle a favorisé les nombreuses anomalies qui ont émaillé le scrutin notamment le surnombre de bulletins de vote trouvés dans les urnes par rapport aux votants, ainsi qu’en font foi à titre d’illustration les procès-verbaux du dépouillement des bureaux de vote J et K du CEG Ablogamé.
Au finish, les associations ont-elles conduit les électeurs jusque dans les isoloirs ? Pourquoi Madji se plaint à la place du RPT ? Que faire lorsque la forme de l’authentification n’a pas trouvé d’accord entre les politiques et n’est pas fixée par la loi ? La plainte méconnaît l’ouverture d’esprit dont font preuve les Togolais. Les préfets étaient aussi là quand Madji a crié avoir sillonné dans tout le Togo et mobilisé des foules. Même là où les préfets sont toujours appelés «commandants», comme les Commandants de Cercle.
Heureusement, il comprend vite : «il est vrai que l’accueil dont jouissent les candidats auprès des électeurs pendant la campagne électorale ne se reflète pas toujours dans le vote».
La saisine version Kagbara
Le patron du PDP a deux reproches. Sur les resultats proclamés par la CENI, il faut recompter les bulletins de Wawa, Amou, Ogou, Haho, Moyen-Mono, Est-Mono, Blitta, Sotouboua, Tchaoudjo, Tchamba, Dankpen, Bassar, Kozah, Binah, Doufelgou, Keran, Tandjouare, Oti, Kpendjal et Tone. «En raison de notre doute et présomption d’erreurs sur les resultats déclarés, nous voudrions aussi associer à cette requête les prétentions avant les votes de certains candidats sur l’issue du scrutin qui, à notre avis, ont corroboré la falsification des resultats, qui ont ainsi été biaisés. Aussi appuyons-nous notre requête sur les conditions de transferts des resultats des bureaux de vote vers les CELI qui sont caution à toutes manipulations des resultats du vote», écrit le chief d’université. Le plaignant revient sur le recensement et parle du «flou qui a prévalu pour disposer des données statistiques fiables sur le nombre des personnes en âge d’accomplir le vote ; les insuffisances du recensement liées dans plusieurs localités aux pannes des kits, à la disponibilité des fiches, et autres, n’ont pu être corrigées par le délai de prolongation décidée, et qui a été jugé en son temps trop court et irréaliste pour rattraper ces manquements manifestes». Ce sont les faits pour Bassabi Kagbara.
Lui ne parle pas d’annulation, il veut uniquement qu’on juge des voies et moyens qui peuvent rendre le scrutin crédible et acceptable par tous, dans un souci d’apaisement et l’assainissement de l’environnement politique au Togo.
Seulement, les employés du candidat ne lui ont dit qu’une plainte ne se fonde pas seulement sur du doute et de la présomption ; il faut des faits avérés, vérifiables par tous.
Les réclamations du vainqueur Faure
Au fond, le candidat du RPT évoque une erreur matérielle «involontaire» dans le calcul des voix des candidats lors de la centralisation des résultats par la CELI Tchaoudjo ; une erreur reconnue par l’ensemble des membres de la CELI et les délégués des candidats, et portée en observation au procès-verbal. Un procès-verbal rectificatif établi mentionne déjà, en sa faveur, 49.188 voix en lieu et place de 45.561 voix. Soit 3.627 suffrages à ajouter au recensement général des votes avant les resultats définitifs.
Dans les Lacs, la plainte brandit une observation sur le procès-verbal de centralisation des resultats : «les membres des BV n’ont pas très bien perçu le message concernant la possibilité pour l’électeur de faire son choix en apposant son empreinte sur le logo ou l’image du candidat. Ce qui justifie un important lot de bulletins annulé». Le communiqué du soir du 3 mars est tardif, après que la formation des membres des BV n’ait retenu que l’empreinte apposée dans sa case prévue. Pour Faure, il y a lieu de s’en inquiéter au regard de l’importance des bulletins nuls (4.237) et d’ordonner une vérification de ces bulletins nuls afin d’en extraire ceux qui, répondant aux instructions sur la manière de voter de la CENI, ont pu être rejetés comme nuls et pénaliser ainsi les candidats. En conséquence, il est visé la répartition des suffrages exprimés entre les candidats et les résultats du recensement général des votes.
Le même exercice doit concerner le Vo où le rapport de la CELI et un membre ont fait une réserve émettant des doutes sur les motifs ayant entraîné l’annulation des bulletins. Surtout qu’aucune mention ne renvoie à cette vérification avant la centralisation dans la CELI. Ici, il y a 5.665 bulletins nuls (10% des suffrages exprimés).
En termes d’annulation de voix, le plaignant recourt au procès-verbal de centralisation des votes par la CELI Avé qui révèle un nombre de votants émargés inférieur à celui dans l’urne à l’EPP Ana 2, EPP Bedikpe, Noepe et Assahoun A n 25. «Il convient de les annuler purement et simplement comme douteux et de les soustraire des résultats des bureaux de vote qui ont fait l’objet de la centralisation». En outre, le même procès-verbal dit que, à l’EPP Atsave-Avedome, EPC Akepe C et Koudassi-Gare, le suffrage exprimé ne correspond pas à la somme des voix obtenues par chaque candidat ; la sincérité du vote dans ces bureaux n’est pas totale. Il faut, du coup, «annuler les resultats obtenus dans les bureaux de vote de EPP Ana 2, EPP Bedikpe, Noepe, Assahoun A n 25, EPP Atsave-Avedome, EPC Akepe C et Koudassi-Gare comme fortement empreint de suspicion et de doute sur leur sincérité et de rectifier en conséquence les résultats centralisés de la CELI Avé et leur consolidation dans le recensement général des votes par la CENI avant la proclamation des resultats définitifs par la Cour constitutionnelle», écrit Faure Gnassingbé.
Il suffit d’en juger par rapport aux PV reversés par la CENI. Mais tout reviendra à l’impact sur les résultats d’ensemble du scrutin.

Pour les résultats définitifs de l’élection
L’UFC n’a pas les preuves de ses accusations
Suivant la loi électorale en vigueur, les contestations concernant la conformité des résultats proclamés par la CENI relèvent de la compétence de la Cour constitutionnelle. La plainte est adressée dans un délai de quarante huit heures pour l’élection présidentielle, à compter de la publication des résultats. Elle doit contenir les griefs du plaignant.
Et selon l’interprétation qui peut en être faite, le délai expirait lundi ou mardi dernier. Qu’à cela ne tienne, seuls quatre partis ont saisi la Cour pour annulation partielle ou totale du vote du 4 mars. Il s’agit du Comite d’action pour le renouveau (CAR), du Parti démocratique panafricain (PDP), de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) et du Rassemblement du peuple togolais (RPT). Contre toute attente, l’Union des forces de changement (UFC) qui a, à elle seule, crié plus que tous les autres candidats réunis, n’a pas daigné déposer une plainte devant la Cour. L’hypothèse était déjà née quand le parti disait étudier l’éventualité de la saisine. On peut aisément y voir que l’UFC n’a pas les preuves de ses cris de détresse. Elle qui a trouvé la facilité depuis 2007 à écrire au juge constitutionnel à la moindre secousse ; la dernière en date visant à faire accepter le délégué du candidat à la CENI. La CENI avait été condamnée.
Les abandonnés de Fo Gil crient au vol de leurs suffrages. Sans brandir, depuis une semaine, le moindre début de preuve pour convaincre ceux qui les écoutent. A chaque fois, nous avons les vrais procès-verbaux… Le récidiviste Codjo Jean-Claude, en claquant la porte de la CENI en pleine compilation des résultats des CELI, n’a pas voulu affirmer que les signatures étaient trafiquées. Il fallait juste les comparer avec des spécimens qui n’existaient pas jusque-là. Le parti lui-même n’en a pas plus. En son sein, des délégués dans les CELI et les bureaux de vote ne démentent guère la validité des procès-verbaux publiés qui portaient toutes les signatures requises.
« Nous ne comprenons pas ce qui s’est passé, mais dès lors que les documents étaient apportés dans les CELI par le président et le rapporteur (de sensibilité politique différente) du bureau de vote, il est difficile de contester les chiffres. S’il y a à contester, il faut chercher ce qui a poussé des présidents de bureau de vote à ne pas voter pour leur propre parti. Et là, la preuve est impossible puisque le militant qui a pris de l’argent, peut-être, pour voter contre son parti ne peut pas aider à avancer une preuve », nous expliquait samedi dernier un président de CELI. L’autre révélation nous était racontée en pleine campagne électorale par un candidat du CAR lors des législatives : il perdait son directeur de campagne car le parti ne pouvait pas dégager la somme de 100.000 francs Cfa pour réparer la voiture louée pour le show électoral. Plus est, il ne pouvait être aidé à soigner son fils hospitalisé. Le magnanime était venu du camp adverse… C’est la question des preuves authentifiées.
En 2007, l’UFC n’avait pas mordu par ses allégations de pré votation, de pression exercée sur ses délégués dans les bureaux de vote, de vote parallèle par les hommes du RPT…dans les circonscriptions de Tône, Agou, Vo, Bassar, Assoli, Ogou, Oti et Lomé Commune. Le requérant contestait le nombre d’inscrits publiés par les résultats provisoires et la non indication par la CENI du nombre de bureaux de vote d’où il ressort les chiffres publiés, ainsi que l’absence d’investigation de la CENI sur les graves confusions qui ont donné lieu aux annulations, la régularité des procès verbaux et le refus de la CELI et de la CENI de procéder au recomptage des voix. Pour 2010, Fabre & Cie aura compris que le seul fait de faire déplacer les bureaux des CELI à Lomé pour la transmission des résultats n’est pas un argument à brandir devant le droit.
Quant aux plaignants du moment, la règle d’or devait être que les arguments avancés tiennent sur des faits vérifiables et soient prohibés par le cadre législatif ayant guidé le processus électoral. Par exemple, le vote a-t-il été librement exercé ? Le décompte et l’attribution des voix violent-ils la loi ? Y a-t-il eu plus de votants que d’inscrits ? La procédure des votes par anticipation, dérogation et des omis est-elle violée ? Les procès-verbaux répondent-ils à la forme requise ? Le bulletin de vote unique est imprimé suivant l’article 96 du code électoral ; ses spécifications ou voies d’authentification relèvent d’un accord qui n’est plus conclu. Il en est de même des canaux de transmission des résultats ; par élimination, la CENI en a choisi un. L’absence de délégués, elle, ne peut être imputée à l’adversaire.

La FOSEP offre une diversion à Fabre & Cie
Visiblement, il s’agit d’un plat d’alibi servi au clan Fabre par la Force de sécurité élection présidentielle (FOSEP). Le mardi, elle a saisi le matériel informatique appartenant à l’UFC et au Frac devant servir «à compiler les résultats du scrutin pour démontrer les fraudes». La veille, le délai stricto sensu du dépôt des recours devant la Cour constitutionnelle expirait.
Jusque-la, le candidat n’affirmait pas la nécessite du recours ; il a fait le choix de la rue. Et vient le paradoxe, voire la contradiction chez le bouillant secrétaire général. Le mardi matin, il affirme pour se justifier qu’«il ne faut pas aller s'enfermer dans les démarches judiciaires, parce que lorsque nous aurons saisi la Cour constitutionnelle et qu'elle va prendre une décision, cette décision s'impose à nous (…) Nous connaissons ce que fait la Cour constitutionnelle au Togo depuis longtemps et nous ne voulons pas aller nous retrouver face à cette impasse». Quelques heures plus tard, il met sur le site Internet du parti que «des éléments des forces de sécurité ont emporté les procès-verbaux des bureaux de vote des élections du 4 mars 2010 ainsi que tout le matériel informatique…pour empêcher les Forces démocratiques du Togo d’effectuer auprès de la cour constitutionnelle les recours relatifs aux fraudes massives perpétrées dans tout le pays». Autrement, le parti avait envie d’exercer les recours.
Et c’est ici qu’une certaine opinion veut plus voir une publicité gratuite par la FOSEP. Se basant sur la première justification de l’officier gendarme qui a opéré la saisie. On ne peut affirmer l’illégalité de la compilation qui se faisait dans le centre informatique, même si on peut évoluer vers le faux et usage de faux si des signatures sont scannées.
L’UFC ayant toujours décompté ses propres résultats aux scrutins précédents. A quoi servent de «vrais résultats» comme élément de preuve s’ils ne sont pas brandis devant l’instance qualifiée ? Fabre s’est déjà dédit : entre 75 et 80% (1er résultat), entre 55 et 60% (2ème résultat). Déjà, le Procureur Robert Bakaï fait planer l’article 159 du code électoral.
En rappel, la Mission de l’UE qualifiée de crédible (puisque son rapport est brandi par tous) a été claire : «l’attribution des voix s’est faite de manière raisonnable et cohérente et tous les responsables des bureaux de vote observés étaient d’accord sur les chiffres à inscrire sur le procès verbal». Et pour Michael Gahler du Parlement européen, la volonté du peuple dans les différents bureaux de vote a été respectée.

L’UE préfère des voies de recours légales
La vice-présidente de la Commission européenne et Haute Représentante aux affaires extérieures et à la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, et le Commissaire en charge du développement, Andris Piebalgs, ont appelé lundi les Togolais à résoudre tout contentieux électoral éventuel par les voies de recours légales, suite à l’élection présidentielle du 4 mars.
«Nous avons suivi avec beaucoup d'attention le déroulement des élections au Togo. Nous rendons hommage au sens civique des Togolais qui ont voté dans le calme, et nous les appelons à continuer à faire preuve de leur sens des responsabilités et à résoudre tout contentieux électoral éventuel selon les voies de recours légales», ont-ils souligné. Avant d’inviter à «tout mettre en oeuvre pour que les résultats définitifs des élections puissent être connus dans les meilleurs délais et dans le plein respect des procédures». L’institution européenne attend le rapport définitif (deux mois après la fin du processus) pour un avis final sur un processus électoral financé à hauteur de 12,5 millions d’euros à travers le Projet d'Appui aux Processus Electoraux (PAPE) et l’appui à la sécurisation des élections. Avec 130 observateurs déployés sur toute l’étendue du territoire.


Jean-Pierre Fabre reconnaît sa naïveté
Apres avoir condamne ceux qui critiquait l’opposition d’avoir offert les ingrédients de victoire à la mouvance présidentielle, en privilégiant la candidature de Fo Gil au détriment de la composition équilibrée de la CENI, le malheureux candidat de l’UFC/FRAC accepte une naïveté. Peut-être qu’il retrouve l’humilité. «Vous savez bien que nous avons été naïfs d’accepter une telle configuration de la CENI. Le RPT est majoritaire. Pour la majorité RPT de la CENI, le chien aboie la caravane passe et quel que soit les propositions que font nos représentants, ils passent outre. Ils ne sont pas écoutés. Je me demandais s’il valait la peine d’être en minorité à la CENI», dixit Jean-Pierre Fabre en début de semaine.
Seulement, il n’a pas tout retrouvé. Il faut passer sur Fo Gil pour faire régner son clan. Autant renoncer à cette blague autour du frondeur Jean-Claude Homawoo : «Il est vice-président de la CENI et non vice-président de l’UFC. Dans le parti, il est un conseiller et je ne sais pas quel rang il occupe. S’il est encore à l’UFC, je m’interroge. De toute façon, quant tout ceci va passer, il y a des choses qui vont se faire et chacun aura les récompenses et les sanctions de ses actions».

Paradoxalement, Fabre a confiance à la CENI
«Je n’ai pas confiance en cette CENI», criait à tue-tête le candidat malheureux Jean-Pierre Fabre. Il retrouve une confiance en l’institution, après l’euphorie. Selon un communiqué du parti, Jean-Claude Homawoo est finalement exclu pour «fautes disciplinaires lourdes». Et on ajoute que des dispositions sont prises pour procéder à son remplacement à la CENI. Chose bizarre ! La décision vient lorsque la CENI conduit finalement les affaires courantes après avoir déposé le rapport détaillé du déroulement du processus à la Cour constitutionnelle. En remplaçant Homawoo, c’est pour quelle utilité ? Décidément, les délaissés de Fo Gil sont en totale déroute.
Mais, Fabre & Cie ignorent l’autre combat qui veut que le remplaçant doit passer par le parlement et la Cour constitutionnelle pour prêter serment. Encore que le Maréchal Gilchrist n’oppose pas son veto pour soutenir un allié qui lui est resté fidèle dans les moments difficiles.

En attendant la confirmation par la Cour constitutionnelle
Faure déjà validé par ses pairs

Le reste ne sera que formalité, mais indispensable pour coller une valeur juridique aux résultats et à la réélection de Faure Gnassingbé pour présider à la destiner du pays les cinq prochaines années. Mais en attendant les résultats officiels de la cour constitutionnelle, la réélection du président togolais est comme approuvée et validée par un cachet personnel par les uns, ou par le biais de l’organisation panafricaine par les autres.
A l’opposée de 2005, Faure avait grand besoin de légitimité pour poursuivre ses actions beaucoup plus sereinement. Plutôt que d’écouter aux portes si les voisins tiennent des commentaires embarrassants sur sa réélection, et de passer le plus clair de son mandat à racoler les déchirures. Cette fois, c’est acquis, malgré que certains se gardent encore d’afficher les sentiments. Subtilement, pour la France –qui se borne à rendre «hommage au peuple togolais»–, la question n’est pas de reconnaître le résultat de l’élection présidentielle. Car, "les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante sont des résultats provisoires", soutenait mardi le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. Il a vraisemblablement raison. On attendra le lendemain de l’officialisation des résultats par la cour constitutionnelle.
Mais plus important a été la réaction du facilitateur du dialogue togolais, le président burkinabè Blaise Compaoré. «Le peuple togolais vient de vous renouveler sa confiance le 4 mars 2010 à l’issue d’une élection présidentielle transparente, ouverte et apaisée», affirme-t-il dans un courrier adressé à Faure. Lui qui a suivi de bout en bout les ébats politiques togolais. «(…) Je vous adresse mes chaleureuses félicitations pour cette brillante et démocratique accession à la magistrature suprême de votre pays, qui témoigne de vos immenses qualités d’homme d’Etat», persiste le président burkinabè, parrain du dialogue togolais. Même message du voisin de l’Est, le Béninois Yayi Boni
L’Union africaine, en laquelle se reconnaît la majorité des pairs africains est allée plus loin. Elle a confirmé mardi la réélection de Faure Gnassingbé. "M. Faure Essozima Gnassingbé est réélu président de la République du Togo", affirme l’organisation dans un communiqué, précisant qu'il "présidera à nouveau aux destinées du Togo pour les cinq prochaines années. Il a recueilli 1,24 million de voix sur les 2,1 millions de suffrages exprimés". L'UA avait déployé sur place, dès le 23 février, une mission d'observation des élections. En rappel, l’Union africaine a proscris les coups de force depuis quelques années dans les Etats membres. Si en arrive à affirmer la réélection de Faure…
Voilà qui balise qui la voie au président togolais qui a tant d’ambitions pour son pays.

Pour l’année 2009 au Togo
Plus de 62 milliards Fcfa investis dans les marchés publics
Fidèle à la pratique de la transparence dans la gestion des fonds publics, le Comité d’étude et de contrôle des projets de marchés (CECPM) vient de publier la situation récapitulative des contrats approuvés en 2009. Au total, 182 contrats au bénéfice d’une centaine d’attributaires dont Ayewa Sarl, Bebetech Sarl, Ceco BTP, Samed, Adaisso & Fils, Madas, Midnigth Sun, Egc Sarl, Ger Sarl, Groupement d'entreprises Somagec/Ewa, Cfao Motors Togo, Cameg-Togo, Cabi-Kara, ITC Dacia, Wabco Cotia, …
Entre autres marchés, on y recense le Projet de marché relatif à la fourniture, aux lots N°1, 2 et 3, de matériels et matières d’œuvre pour l’organisation des examens du CAP et du BAC I (Session 2009), les travaux d’entretien ou de réhabilitation de 50 km de pistes rurales par préfecture (reprofilage lourd et léger avec rechargement systématique + construction d'ouvrages d'art, dans les préfectures de Haho, Ogou, Est-Mono, Wawa, Kloto, Moyen-Mono, Agou, Danyi, Amou, Tchaoudjo, Tchamba, Sotouboua, Blitta, Assoli, Bassar, Dankpen, Kéran, Doufelgou, Binah, Kozah, Kpendjal, Tandjouare, Oti, Golfe, Zio, Yoto, Vo, Lacs). Plus les travaux d’entretien routier par point à temps et réparations localisées sur les routes nationales (Lomé-Cinkasse, Lomé-Aného, Lomé-Kpalimé (en 14 lots), les travaux d’entretien routier par grosses réparations sur la route nationale revêtue n°1 Lomé-Cinkasse dans la traversée d’Aledjo (4,5 km), les travaux de construction et de réhabilitation de bâtiments administratifs, de magasins agricoles et d'aires de séchage, les travaux de réhabilitation et d'aménagement de périmètres irrigués et bassins piscicoles, la construction de pistes de désenclavement, l’installation de mini adduction d'eau potable pour le compte de la Direction de l'Aménagement et de l'Equipement Rural. Et la mission de contrôle et de suivi des travaux de construction et d'équipement des blocs pédagogiques, sanitaires et de forages pour les écoles primaires (EPP) des régions Centrale, des Plateaux et Maritime, la fourniture de mobiliers scolaires aux écoles primaires publiques (EPP) des régions Maritime, Centrale, des Plateaux et des Savanes (projet BID Education II). Le même service technique a soutenu la Construction de blocs pédagogiques pour les écoles primaires publiques (EPP) dans les cinq régions économiques du Togo.
La Commission des marchés signale également des travaux urgents d'entretien et d'assainissement de la voirie urbaine (travaux de pompage du bassin de Tokoin Tamé), la fourniture de médicaments anti-rétroviraux (ARV) et de médicaments contre les infections opportunistes au PNLS, les travaux d'infrastructures sanitaires au CHU de Tokoin (aménagement des réfectoires, construction de caniveaux pour l'assainissement et le drainage des eaux de pluies), la fourniture d'équipement de maternité pour le centre hospitalier régional de Dapaong, d'équipements médico-techniques et chirurgicaux pour les maternités de Landa et Djarkpenga, l’effectivité d'un automate de biochimie au profit de l'Institut national d'hygiène à Lomé, la construction de salles d'hospitalisation à l'hôpital psychiatrique de Zébé. Sans oublier les travaux de réhabilitation du marché de Kara (sécurité incendie, construction de 4 hangars, construction d'une infirmerie, réhabilitation du bâtiment couvert et construction des caniveaux), la construction de ligne moyenne tension (MT) 34,5 KV, de poste 34,5/0,4 KV et de réseau aérien basse tension (BT) à Agbandi, la modernisation des marchés de Kétao, Anie, Tchamba, Atakpame, la réhabilitation de la route nationale n°6 Notsè-Tohoun-Fre Bénin, y compris l’aménagement bitumage du tronçon de 5 km à partir de Tohoun. Et l'aménagement de la bibliothèque universitaire à l'université de Lomé (fourniture d'équipements spéciaux pour les handicapés à l'Université de Lomé).
Le tout pour un montant total de plus de 62,2 milliards de francs Cfa investis et supportés à plus de 90% par le budget de l’Etat, gestion 2009 et 2010. Ensuite, viennent en appui le prêt BIDC, le Fonds saoudien de développement, le prêt BID II, le don IDA et TF de la Banque mondiale et le budget autonome de l’université, gestion 2009.
Quatre modes d’attribution ont été utilisés : demande de propositions, consultation restreinte, appel d’offre ouvert, appel d’offre restreint et appel d’offre international.

Société
L’homosexualité en Afrique
L'homosexualité reste encore très mal acceptée dans la majorité des pays du continent. Le Togo n'échappe pas à cette règle. Dans ce pays à forte religion chrétienne les réactions sont toutes très négatives quoique assez variées. Absence de virilité pour les hommes, sorcellerie et mauvais esprits, passage obligé pour s'enrichir ou avoir le pouvoir, tous les stéréotypes y passent. Pour d'autres, l'homosexualité est un phénomène importé de l'Occident, introduit durant la colonisation. Par la suite, la modernité et le développement des médias avec son corollaire d'images prônant l'homosexualité auraient continué à occuper les esprits. L'homosexualité est classée parmi les actes liés au mysticisme. Ce fait est en partie justifié par certaines pratiques initiatiques ancestrales. Par exemple, on retrouve des cas où des sorciers ont fait avaler des organes sexuels masculins à des hommes pour les rendre plus fort.
Cette association entre homosexualité et pratiques mystiques a conduit certaines personnes à mal interpréter les amours entre deux individus de même sexe et à associer cette forme de relation à la sorcellerie et à l'occultisme. Pour l'église chrétienne, la Bible condamne l'homosexualité, pratique mise en exergue à Sodome et Gomorrhe, et les responsables religieux ne ratent pas une occasion pour condamner l'homosexualité. Ils vont plus loin et le considèrent comme une pratique contre nature, un complot contre la famille et le mariage.
Au Togo, les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres font face à des difficultés. L'activité sexuelle entre hommes et entre femmes est illégale et est punie de trois ans de prison et d'une amende de 100 mille à 500 mille Fcfa.
Au Zimbabwe, un gay encourt une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à dix années de travaux forcés. Le président Robert Mugabe n'hésite pas à afficher son homophobie en public (il a déclaré qu'ils étaient inférieurs aux "cochons et aux chiens" lors d'une campagne électorale en 1995). Il existe pourtant dans cet Etat des associations homosexuelles très militantes dont certaines ont même gagné des procès. L'homophobie officiellement avouée n'a toutefois donné lieu à aucune mesure importante notamment parce que le gouvernement n'avait pas de politique relative à cette question, autre que celle d'approuver machinalement les interventions du président. Le GALZ, l’association des gays du Zimbabwe, est dûment enregistré et parfaitement déclaré et ses locaux n'ont pas été pillés depuis 1996. On estimait ses effectifs, à la fin des années 90, à environ 4000 membres essentiellement des noirs. En 2000, son principal dirigeant, Keith Goddard, fut même innocenté d'accusations de viols (sur une femme…).
Cependant, le combat n'est pas gagné d'avance, car Mugabe surfe sur une opinion publique favorable à ses propos. En effet, comme le rappelle Roméo Tshuma, agent de santé du GALZ, cité dans un article de 2000 : "L'homosexualité est dans la culture de ce pays un tabou total. Les langues principales du Zimbabwe ne connaissent pratiquement pas de termes neutres pour homosexualité et homosexuels. En revanche, les termes péjoratifs ne manquent pas." Il y a quelques années, une affaire de meurtres commise par l'aide de camp du premier président noir (poste à l'époque honorifique) du Zimbabwe, Canaan Sodindo Banana, avait révélé son homosexualité. Il sera finalement jugé pour sodomie sans que le procès ne puisse aller jusqu'au bout, du fait de son décès.
En Ouganda, le président Yoweri Museveni affiche un comportement identique à celui de Mugabe. En 1999, il est allé jusqu'à demander publiquement à la police d'emprisonner les gays. La même année, les militants de l'association homosexuelle Right Companion, ont été arrêtés et déportés vers un lieu appelé Safe house. L'article 140, section C du code pénal ougandais stipule que les personnes condamnées pour homosexualité risquent jusqu'à 7 ans de prison. Les jeunes ne sont pas épargnés. Ceux qui sont soupçonnés d'homosexualité sont purement et simplement renvoyés de l'école et privés du droit à l'éducation.
Au Cameroun, la section 347 du code pénal condamne les rapports homosexuels d'une peine pouvant aller de 6 mois à 5 années de prison ferme et 200 000 F CFA d'amende. Cette peine peut doubler si une des personnes impliquées est âgée de moins de 21 ans. Dans un entretien datant de 2007, le Camerounais Charles Gueboguo indiquait : "En 2005, 35 personnes soupçonnées d'être homosexuelles ont été raflées par la police dans un bar. Neuf d'entre elles sont restées un an en prison." En 2007, l'une d'entre elles, séropositive, est morte faute de soins.
Au Nigeria ainsi que dans quelques autres anciennes colonies britanniques, la loi victorienne héritée de la Grande Bretagne associe la sodomie à l'homosexualité. C'est ainsi que dans ces pays, les homosexuels sont passibles de 14 ans de peine d'emprisonnement. Dans les 12 Etats du Nord du Nigeria, la situation est encore plus difficile du fait de l'application de la loi coranique qui prévoit la peine de mort. De même au Soudan.
Au Sénégal, la répression des homosexuels s'appuie sur l'article 319, paragraphe 3 du Code pénal sénégalais : "Sans préjudice des peines plus graves prévues par les alinéas qui précèdent ou par les articles 320 et 321 du présent Code, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100.000 à 1.500.000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe. Si l'acte a été commis avec un mineur de 21 ans, le maximum de la peine sera toujours prononcé." On a pu constater au début de l'année que cet article de loi n'était pas tombé en désuétude puisque le 6 janvier 2009, neuf jeunes homosexuels furent condamnés à huit années de prison ferme. Ils ont été libérés en avril, après que la Cour d'Appel de Dakar ait ordonné l'annulation de la procédure.
A côté de ces Etats qui condamnent légalement les rapports entre personnes de même sexe, il y a aussi ceux qui les ignorent en n'en faisant pas mention dans la législation, créant ainsi une situation ambiguë. C’est également le cas du Togo.

Image sociale
Dans la société togolaise l'union entre un homme et une femme revêt souvent un sens sacré. Les personnes non mariées ne jouissent donc d'aucune considération. La crise économique que connaît le pays a favorisé une forme de concubinage surnommée "viens vivre avec moi".
Ce phénomène de société, inconnu auparavant, s'explique par l'impossibilité pour l'homme de payer la dot de la femme. Là également, ce sont les habitudes et les contraintes sociales qui donnent un caractère élevé à la dot. Selon le code des personnes et de la famille, la dot est fixée à 10 mille francs Cfa, mais généralement cette disposition légale n’est jamais respectée. Vivre en couple demeure fondamental au Togo où le célibat est très mal accepté voir méprisé. D'ailleurs, les églises évangéliques n'hésitent pas à inciter les jeunes à se marier et à fonder une famille, allant même jusqu'à dire que ceux qui ne se marient pas sont possédés par un esprit appelé "mari de nuit" ou "femme de nuit".
L’homosexualité demeure pour l’heure un crime, elle est déniée et réduite à la clandestinité.

© L’Union du 12 mars 2010

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