Jean-Marie Noagbodji : « Les Togolais doivent apprendre à surfer intelligemment »

22/05/2008
Jean-Marie Noagbodji : « Les Togolais doivent apprendre à surfer intelligemment »

Au Togo, les opérateurs telecom publics et privés ne ménagent pas leurs efforts pour promouvoir le secteur des nouvelles technologies. Togo Telecom a lancé l'ADSL il y a quelques mois et l'accès à internet via son service Illico. De son côté, Cafe Informatique – le pionnier du Net dans le pays – multiplie les offres et propose de nouvelles solutions techniques.

Jean-Marie Noagbodji est le patron de Cafe Informatique. Il nous explique comment internet peut accompagner le développement au Togo. Republicoftogo.com : L'usage du Net se développe rapidement au Togo, mais en même temps on a le sentiment que les surfeurs ne tirent pas assez profit de ce formidable outil.

Jean-Marie Noagbodji :

C'est exact. Il y a beaucoup de gens qui se connectent uniquement Internet juste pour consulter leurs courriers électroniques ou pour télécharger des jeux (80 à 85%). C'est vraiment dommage. Nous avons à maintes reprises, dénoncé cette utilisation restrictive d'Internet en démontrant qu'il y a des possibilités énormes sur le Net. Beaucoup d'information disponible susceptible de participer au développement du Togo.

Republicoftogo.com : Les Togolais se plaignent de la lenteur des connexions qui est un handicap sérieux pour la navigation.

Jean-Marie Noagbodji :

Première chose, tous les serveurs que les togolais utilisent ne se trouvent pas au Togo. Il suffit de prendre la carte de visite de la plupart des gens, même les plus respectables et vous constaterez que leur adresse E-mail, c'est toujours sur « Yahoo.fr », alors que le point « fr » se trouve à l'étranger.

Conclusion, chaque fois qu'ils mettent les clics d'ordinateur, c'est un aller-retour qui passe par la liaison internationale, donc il y a déjà une utilisation pas toujours justifiée de cette liaison internationale.

Deuxième chose, le fait que ce point se trouve à l'étranger et que c'est la liaison satellitaire que l'on emprunte, on est obligé d'avoir un temps de réponse d'un minimum de 700 à 800 milliseconde contrairement au câble sous-marin dont le temps de réponse serait de l'ordre de moins de 200 millisecondes. C'est cela qui peut expliquer en partie la lenteur des connexions. Si quelqu'un a son serveur mail sur place, il n'a pas ce problème de temps de réponse.

Republicoftogo.com : Qu'attendez-vous de l'Etat ?

Jean-Marie Noagbodji :

Tous les spécialistes, tous les chefs d'Etats au niveau international s'accordent aujourd'hui à reconnaître que les NTIC constitueront le soubassement de notre développement.

Cela dit, il est un devoir pour nous spécialistes de contribuer à réaliser ce rêve. Notre pays, c'est vrai, a été préoccupé par d'autres réalités pendant longtemps, mais il est temps que nous regardions dans ce sens. Si nous voulons aujourd'hui garantir le développement de notre pays par les NTIC, il nous faut  aller plus loin.

Et cela nécessite la mise en place d'une stratégie. L'Etat doit dire avec précision ses objectifs pour que les opérateurs puissent les suivre. Je pense concrètement que pour sortir de l'ornière, il faut d'abord mettre les NTIC à la disposition de la population. Je veux dire par exemple que l'on puisse arriver à faire un couplage entre le téléphone portable et l'Internet.

Et pour se faire il serait bien que l'Etat donne un coup de pousse en prenant des décisions qui permettent par exemple à la population de savoir qu'en dehors de parler, le cellulaire peut servir à faire d'autres choses.

Les autorités doivent aussi commencer à renforcer la formation à partir des écoles de BTS, par exemple.

Republicoftogo.com : Où en sont vos relations avec Togo Telecom ?

Jean-Marie Noagbodji :

En ce qui nous concerne directement, nous avons d'énormes problèmes en relation directe avec l'opérateur historique Togo Telecom. Tous les deux nous avons un accès international, mais jusqu'à présent nous n'avons pas encore réussi à nous entendre pour avoir un point d'échange national.

On est bien obligé de passer par le circuit international, ce qui est une perte d'argent mais aussi de temps. C'est incompréhensible.

Propos recueilli par Luc ABAKI

 

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