« L’UFC continue de pourrir la vie politique au Togo »

22/06/2010
« L’UFC continue de pourrir la vie politique au Togo »

« L’Union des Forces de Changement (Ufc) continue de . Plusieurs observateurs croyaient fermement à l’apaisement du pays et à la relance du développement avec l’arrivée de ce parti à l’Assemblée nationale en octobre 2007. Le scrutin présidentiel du 4 mars dernier, non plus, n’a rien apporté pour calmer les ardeurs au sein de cette formation politique ». L’éditorial publié mardi par L’Union est sévère à l’égard du parti d’opposition. Le journal évoque la guerre ouverte entre partisans de Gilchrist Olympio et ceux de Jean-Pierre Fabre et se demande si le congrès extraordinaire prévu dans quelques mois permettra de mettre fin à la discorde.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union

Verbatim
Un congrès libérateur pour l’Ufc ?
L’Union des Forces de Changement (Ufc) continue de pourrir la vie politique au Togo. Plusieurs observateurs croyaient fermement à l’apaisement du pays et à la relance du développement avec l’arrivée de ce parti à l’Assemblée nationale en octobre 2007. Le scrutin présidentiel du 4 mars dernier, non plus, n’a rien apporté pour calmer les ardeurs au sein de cette formation politique. Au contraire, il a accentué l’aigreur des membres influents du parti de Gilchrist Olympio. Plus est, la réélection de Faure Gnassingbé a mis au grand jour les querelles intestines au sein de cette formation politique ; une guerre de leadership en somme.
La candidature du Secrétaire général Jean-Pierre Fabre en substitution au candidat désigné par le congrès de l’Ufc, Gilchrist Olympio, a ouvert des antagonismes entre deux courants qui s’opposent ouvertement désormais. Le premier entretenu par le Secrétaire général est essentiellement composé de « jusqu‘auboutistes » dans une logique de revendication d’une "présumée victoire" aux élections présidentielles.
Il est accompagné dans ses démarches de protestation par le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement, une alliance créée par l’ancien ministre de l’intérieur exilé en France François Boko. Cette fraction, pour ne pas dire faction, a, aux yeux des « jaloux de leurs acquis » poussé la grosse tête prenant des décisions spectaculaires au nom du parti, renvoyant des membres du parti, faisant des déclarations tapageuses, s’en prenant à tous ceux qui les critiquent surtout les journalistes, provoquant tout le monde et livrant leurs concitoyens à la vindicte populaire.
Les tenants du deuxième courant se veulent plus réalistes. Ils suivent le président national du parti excité par la réconciliation nationale et la gestion consensuelle des affaires du pays. Certains sont aujourd’hui ministres dans le Gouvernement Houngbo II et d’autres participeront bientôt aux cabinets ministériels, aux mairies, aux directoires des sociétés d’Etat, etc.
Depuis quelques jours, la rivalité entre les deux camps a atteint son paroxysme. Chaque partie cherchant à prendre le dessus sur l’autre par des actes qui, en définitive, n’arrangent personne.
Le 30 mai dernier, Fabre et ses acolytes, se basant sur les prérogatives du Bureau national, ont exclu "temporairement" le président national suite à sa décision "unilatérale" d'entrée au gouvernement Hongbo II. " Gilchrist Olympio et tous ceux qui le suivent dans cette aventure ne sont plus habilités à parler et à agir au nom de l'Union des forces de changement." a indiqué le communiqué d’exclusion. Ils n’excluent pas, cependant, le règlement définitif par un congrès : "En attendant que leur cas soit définitivement réglé par les instances disciplinaires, le bureau national décide d'exclure temporairement de l'UFC, avec effet immédiat, M. Gilchrist Olympio et tous ceux qui prennent part à l'aventure du RPT contre les intérêts du parti et les aspirations des populations togolaises."
Le 17 juin, le Président national, à son tour, a dissout le Bureau national de l'UFC et en a créé un autre. Dans le nouveau bureau, le 1er Vice-président Patrick Lawson et le Secrétaire général Jean-Pierre Fabre ont gardé leurs postes. Tandis que Me Isabelle Améganvi, Eric Dupuy et Codjo Déléva, proches de Fabre ont été remplacés. Selon les termes du communiqué du cabinet du patron de l’Ufc, cette décision se justifie par les besoins de : "recadrer le fonctionnement des organes directeurs en les mettant en conformité avec les statuts et le règlement intérieur en vigueur". "Ce nouveau cadrage était nécessaire pour un fonctionnement régulier de nos organes, en attendant le congrès extraordinaire de l'UFC que nous appelons tous de nos vœux et qui nous permettra, je l'espère, d'adopter de nouveaux statuts, de renouveler les organes directeurs, de déterminer à nouveau notre ligne politique et de ramener la sérénité au sein de notre grand parti, UFC" a ajouté le communiqué.
Finalement, chacun vise un congrès pour faire valoir ses positions. Qu’en sera-t-il exactement ? Les deux entités permettront-elles à leurs sympathisants de s’asseoir, discuter et plancher réellement sur les vrais problèmes qui minent leur formation ? Pourra-t-il y avoir consensus sur la date, le thème et le calendrier ?
Cette guerre ouverte divise un peu trop beaucoup de Togolais qui attendent impatiemment ce fameux congrès qui doit clarifier les choses.

Par une question orale avec débat sur son statut
La Police nationale s’explique jeudi devant les députés
En application du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de la Constitution togolaise, un débat est annoncé ce jeudi entre le gouvernement et les députés autour du statut de la Police nationale.
Tout est parti de la question orale avec débat introduite par le député Sogadji Pascal. Visiblement, il est question pour les élus d’apprendre à connaître ce corps de métier regroupant des fonctionnaires publics avec un statut spécial, de relayer l’appréhension du bas peuple sur la Police nationale, de fouiller ses règles de fonctionnement, de soulever les questions qui fâchent (peut-être !), d’interpeller sur quelques irrégularités qui existeraient dans ce corps de métier.
D’entrée, on posera la question de l’autorité directe de la Police nationale. Suivant la loi n°91-14 du 9 juillet 1991 portant statut spécial des personnels de la Police, « celle-ci est placée sous l’autorité du ministre de l’Intérieur (article 1er) ». C’est l’ancienne appellation de ce qui est devenu dans l’organigramme de l’Exécutif le ministère de l’Administration territoriale. Or, dans la conscience collective et sur la base de ce qui se pratique, la Police est aujourd’hui sous la coupole du ministère de la Sécurité.
Mais, dans la Police elle-même, ce n’est pas un problème. On explique : la Police relevait effectivement de l’ancien ministère de l’Intérieur jusqu’à son éclatement et la création du département de la Sécurité (qui gère la Police) pour mettre plus l’accent sur le maintien de l’ordre public. Avec les contestations autour des compétitions électorales et l’accroissement du banditisme, des vols et braquages, etc. Seulement, il y a le volet de l’administration territoriale (précédemment contenu dans l’Intérieur) qui est toujours détaché de la Sécurité et confié à un autre ministère. Autrement, un nouvel Exécutif peut demain décider de ressusciter le ministère de l’Intérieur. Ce qui serait une preuve d’instabilité dans la tutelle. Dans tous les cas, il y a alors nécessité de réadapter la loi du 9 juillet 1991 à la nouvelle configuration de l’Exécutif si l’envie de maintenir le ministère de la Sécurité est pérenne.
Pour l’heure, les personnels de la Police se répartissent dans les corps des commissaires de Police, des officiers de Police, des officiers de Police adjoints, et des gradés et gardiens de la paix. Le statut en vigueur n’est pas applicable aux personnels civils éventuellement employés par la Police nationale, non plus aux fonctionnaires des administrations, services et établissements publics de l’Etat, éventuellement mis à sa disposition. Le ministère de l’Intérieur procède, sur proposition du directeur de la Sûreté nationale, aux nominations, promotions, changements de position et radiations des cadres.
Des conseils de santé sont institués pour les repos sanitaires et les congés maladie de longue durée pour infirmité temporaire.
Plus est, les personnels de la Police doivent obéissance aux ordres de leurs supérieurs. Chacun d’entre eux est personnellement responsable des missions qui lui sont confiées. La responsabilité propre des subordonnés ne dégage les supérieurs d’aucune de leurs responsabilités. Les policiers doivent porter aide et assistance à toute personne en danger.
Même s’ils interviennent de leur propre initiative, en dehors des heures de service, ils sont considérés comme en service. Ils sont considérés comme étant constamment en service et peuvent être appelés à exercer leurs fonctions de jour comme de nuit et au-delà des limites fixées pour la durée normale de travail, sans autre compensation que des repos, si les besoins de service le permettent.
Tout faute commise dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions les expose à une sanction disciplinaire ainsi que, le cas échéant, à des peines prévues par la loi pénale. Cependant, en cas de poursuites exercées par un tiers contre des policiers pour des fautes de service, l’Etat doit, dans la mesure où aucune faute personnelle détachable de l’exercice des fonctions n’a été commise, les couvrir des condamnations civiles prononcées contre eux.
Les policiers ne peuvent contracter mariage que s’ils ont obtenu l’autorisation préalable écrite de leurs chefs. La décision de refus doit être motivée et notifiée à l’intéressé dans un délai de 3 mois à compter de la date du dépôt de la demande. Il leur est interdit d’exercer personnellement à titre professionnel une activité lucrative, de quelque nature que ce soit. Les épouses de policiers ne peuvent exercer une activité de nature à jeter le discrédit sur leur fonction ou à créer une situation préjudiciable à celle-ci. L’autorisation du chef de service est dans tous les cas indispensable. En plus, il leur est interdit de publier des écrits ou de prendre la parole en public sans avoir obtenu au préalable l’autorisation de leurs chefs, de créer des organisations ou associations sauf celles à but mutualiste ou sportif avec l’autorisation nécessaire du ministre de l’Intérieur, de faire partie de syndicats ou groupements constitués pour soutenir des revendications autres que celles relevant de leur corps. Ils sont électeurs mais ne sont pas éligibles. L’exercice du droit de grève ne leur est pas reconnu.
Qu’à cela ne tienne, la Police a pour missions principales l’application des lois et règlements en vue du maintien et du rétablissement de l’ordre public, la défense de l’intégrité territoriale, notamment la recherche et l’exploitation de renseignement dans le cadre de la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat, l’exercice de la police judiciaire et administrative.

Vers un statut particulier de son personnel
Le Parlement ne veut plus louer son administration
Le constat est fait en juillet 2008 par une mission conjointe PNUD/UIP. Il n’existe pas de statut du personnel propre à l’Assemblée nationale du Togo. Même les membres du Cabinet, qui est à vocation politique, sont des fonctionnaires détachés de différents ministères ou des contractuels, voire des temporaires.
Une situation qui fait obstacle à la construction d’une fonction publique parlementaire stable et cohérente qui bénéficierait de la considération des politiques. Les personnels sous statut de fonctionnaire sont soumis à un statut qui ne reflète en rien leur travail auprès de l’institution parlementaire (horaires longs et difficiles, travail fastidieux devant être effectué de manière rapide…). Contractuels et temporaires, sans même de statut un tant soit peu protecteur, subissent les mêmes contraintes. En clair, c’est la Fonction publique qui met les agents qu’elle veut à la disposition de l’Assemblée ; lesquels agents sont toujours maintenus dans les liens de la Fonction publique sans toutefois bénéficier de privilège ni d’avancement puisqu’ils sont censés « travailler ailleurs ».
Ils y retournent à tout moment. D’où le contrôle indirect du pouvoir législatif par l’Exécutif. Et le manque de pérennité et d’efficacité du personnel. Tout ce qui est salaire est toujours traité au ministère des Finances. Pendant ce temps, leurs promotionnels restés dans l’administration publique évoluent normalement. Exemple : après 10 ans de service, celui qui est resté chez son maître originel devient au moins un Chef service, alors que celui qui est détaché au Parlement reste assistant parlementaire avec le même salaire de base. Au finish, tous sont démotivés. Et les gens ne se privent pas de partir à la moindre occasion. En 10 ans, l’institution a perdu 50% de ses cadres. Le travail en pâtit. En Afrique de l’ouest, ce tableau caricatural n’est vécu qu’au Togo et en Guinée.
Aujourd’hui, le Togo veut quitter cette classe. C’est le sens de cette proposition de loi portant Statut de la fonction publique parlementaire qui est en gestation avec l’assistance du PNUD. A terme, le personnel de l’Assemblée peut être composé de fonctionnaires servant dans tous les organes de l’Etat et qui lui sont temporairement affectés, et aussi des fonctionnaires spécialement recrutés par l’Assemblée et effectuant l’ensemble de leur carrière dans le Législatif.
Dorénavant, le Parlement recrutera directement un personnel exclusivement attaché à son service, par des concours qu’il organisera lui-même. Dans ce personnel, il y aura des administrateurs et des administrateurs adjoints parlementaires, des secrétaires d’administration parlementaire, des agents de bureau d’administration parlementaire. Leurs indemnités diverses et primes (de logement, eau et électricité, téléphone, vestimentaire, de session, etc.) devront être décidées par l’Assemblée en fonction des ressources disponibles. Techniquement, l’autonomie administrative sera ainsi renforcée. Quant à l’autonomie financière, elle restera dans la gestion du budget alloué suivant l’échéance convenue. Le budget du Parlement étant discuté et arrêté avec le ministère des Finances.
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Suivant l’approche du PNUD, la prochaine loi renvoiera au statut général de la Fonction publique toutes les fois qu’un traitement différencié du personnel parlementaire ne se justifie pas. De quoi assurer l’unité dans la multiplicité des régimes pour éviter des discriminations entre fonctionnaires de l’Etat, source potentielle de contestations. S’en suivront la formation et la clarification des portefeuilles de l’Assemblée nationale.
En vrac, on apprend que le régime de la limite d’âge du fonctionnaire parlementaire varie entre 60 ans, 57 ans et 50 ans. Celui qui compte au moins 20 ans de services effectifs peut demander son admission à la retraite, avant d’avoir atteint la limite d’âge du corps auquel il appartient. Cette admission est subordonnée à une appréciation souveraine du bureau de l’Assemblée.
Le fonctionnaire parlementaire retraité ne peut plus se retrouver dans une entreprise en rapport direct ou indirect avec ses anciennes fonctions. Il a droit, une fois par an, à une visite médicale aux frais de l’Assemblée. Un système de notation est institué. En attendant les amendements des principaux concernés que reste le personnel actuellement en fonction.

En augmentant les prix des produits pétroliers
L’Etat veut se défaire du poids des subventions

Après une légère hausse en décembre 2008, une baisse en mars et une nouvelle hausse en juin 2009, l’Etat togolais ne put s’empêcher de réajuster à nouveau en hausse les prix des produits pétroliers. Les nouveaux prix à la pompe, qui courent depuis samedi à 00 heure, ont connu une augmentation entre 14 et 21,79%. Plus évocateur, le pétrole lampant, qui connaît rarement de réajustement pour des raisons sociales, affiche la plus forte augmentation – 21,79% – passant de 390 à 475 francs le litre. C’est dire à quel point les subventions de ces produits pèsent sur le budget de l’Etat.
Expliquant la décision, vendredi soir à la télévision togolaise, le ministre du Commerce, Kokou Gozan, est allé droit au but, évoquant le manque de moyens de continuer à subventionner les prix. Qui plus est, la décision est liée au fait que les cours du pétrole sur le marché international n’ont cessé de grimper depuis le début de l’année, atteignant les 70 dollars US le baril, indique le ministre. «Il est apparu aujourd'hui, sans détour, que l'Etat n'a pas les moyens de sa politique de subvention et qu'il faille changer de doctrine en la matière en s'orientant vers une politique de vérité des prix», a déclaré le ministre Gozan. Choquant comme réalité, commentent les chauffeurs et les conducteurs de taxi-moto.
La réalité
La vérité, c’est surtout ce que coûtent les subventions des produits pétroliers au budget de l’Etat : entre 7 milliards et 10 milliards de francs Cfa par trimestre, selon des sources bien indiquées. A la mi-mai 2008, 7,9 milliards de francs avaient dû être déboursés par le gouvernement pour «juguler», affirmait-on officiellement, les prix à la pompe des produits pétroliers seulement pour la période de mai à juillet. Ce qui avait permis de maintenir les prix à leur niveau de décembre 2006, soit 505 francs pour le super sans plomb, 370 francs pour le pétrole, ou 500 francs pour le gazole, d’après un communiqué du conseil des ministres. Le baril du pétrole se vendait en ce moment à 124 dollars, et devait, dans la réalité, pousser à vendre le super sans plomb à 657,72 francs, le pétrole lampant à 577,06 francs ou le gazole à 712 francs. Auparavant, 10 milliards de francs décaissés avaient déjà permis de soutenir les prix des carburants à la pompe pour la période de janvier à avril 2008.
«Malgré l'existence depuis l'année 2002 d'un mécanisme d'ajustement des prix à la pompe, l'Etat a toujours administré les prix sans répercuter l'évolution réelle des cours mondiaux du pétrole et du dollar, monnaie de transaction dans les prix à la pompe. Cette politique a engendré d'énormes dettes de l'Etat vis-à-vis des sociétés pétrolières, menaçant l'approvisionnement du pays et la continuité des activités économiques», a fait remarquer le ministre Kokou Gozan. Ainsi, depuis samedi, le super sans plomb est passé à 580 francs Cfa contre 505 francs le litre précédemment (+14,85%). Le gazole a augmenté de 15% et se vend à la pompe à 575 francs contre 500. Le mélange 2 temps est à 650 francs le litre, contre 475 francs précédemment (+13,04%). Seul le gaz butane est resté inchangé à 3500 francs les 12,5 Kg.
Les dispositions seront prises, promet le ministre du gouvernement, pour que cette mesure n'ait pas de répercussion sur le quotidien du consommateur en matière de produits pétroliers. Un mécanisme de lissage des prix qui évite la répercussion à la pompe des fortes fluctuations des cours mondiaux, est en cours d'affinement et permettra des modifications périodiques des prix en fonction de l'affrètement des cargaisons, précise-t-il.
Reste que les produits de première nécessité, ainsi que le transport, devront logiquement subir les répercussions de cette décision. Par le passé, des négociations avaient été conduites avec les opérateurs économiques afin d’en limiter les effets sur le quotidiens du Togolais.

Dépenses publiques de janvier à mai 2010
L’Etat fait 97,8% par rapport à l’ordonnancement
Suivant les chiffres cumulés de la Direction de l’Economie, l’Etat a fait en cinq mois d’exercice budgétaire un paiement global de 106,48 milliards de francs Cfa, sur les 108,83 milliards de francs Cfa ordonnancés. Soit un taux de paiement de 97,8%, par rapport à l’ordonnancement. Il reste à payer 2,35 milliards. Et, de l’engagement au paiement, les dépenses en « Traitement et salaires » sont passées de 27,12 milliards de francs Cfa à 37,88 milliards de francs Cfa. Ce qui donne un taux de paiement de 139,7%. Avec la précision qu’il reste à payer -10,76 milliards. Respectivement, l’Education, la Santé et l’Agriculture ont bénéficié dans cette ligne budgétaire de 11,16 milliards, 2,67 milliards et 0,06 milliard.
Quant aux « Biens et services », ils ont englouti dans la même période 11,74 milliards de francs Cfa, pour un taux d’engagement de 36,7%, un taux de mandatement de 91,0% et un taux de paiement de 83,2%.
Les « Subventions et transferts » font 19,47 milliards de francs Cfa. Et il reste à payer 11,10 milliards.
Par comparaison, dans les quatre premiers mois de l’année, le cumul des paiements s’élevait en total à 56,35 milliards de francs Cfa, dont 20,69 milliards en «Traitement et salaires», 7,11 milliards en «Biens et services», 11,97 milliards en «Subventions et transferts».
Rappelons que, dans l’exécution administrative du budget, l’engagement est l’acte par lequel un organisme public crée ou constate à son encontre une obligation de laquelle résultera une charge. Il est le fait générateur de la dépense, l’acte qui va rendre l’Etat débiteur. Par la liquidation, on vérifie la réalité de la dette et arrête le montant de la dépense, c’est-à-dire on évalue avec exactitude les droits des créanciers après examen de toutes les pièces justificatives. Elle est faite au vu des titres établissant des droits acquis aux créanciers.
L’ordonnancement, lui, est l’acte administratif qui donne, conformément au résultat de la liquidation, l’ordre de payer la dette de l’organisme public. L’ordonnateur autorise le comptable à payer.
Le reste à payer correspond à des mandats en instance de paiement et non à des arriérés. Et le reste à payer négatif et les taux de paiements supérieurs à 100% s’expliquent par la prise en compte des dépenses prévues au budget, payées et en cours de régularisation.
Pour leur part, les recettes s’élèvent à 125,2 milliards de francs pour un plafond annuel réévalué à 261,5 milliards, détaillés en 47,6 milliards pour les Impôts, 54,2 milliards pour les Douanes et 23,4 milliards pour le Trésor. En fin avril, l’Etat avait recouvré un total de 103,7 milliards de francs Cfa. La Direction des Impôts avait apporté 37,8 milliards de francs sur la prévision annuelle de 105,7 milliards. Les Douanes, elles, avaient versé 43,1 milliards de francs Cfa pour une prévision annuelle réajustée de 129,0 milliards. Alors que, sur les trois premiers mois de l’année, le pays avait déclaré et versé à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) un cumul de recettes de 77,7 milliards de francs Cfa, à raison de 30,3 milliards par les Impôts, 32,5 milliards par les Douanes et 14,9 milliards par le Trésor.

Après la clarification du concept
La société civile bientôt érigée en interlocuteur direct de l’Etat
De sources confirmées, un comité est mis en place pour asseoir la nouvelle initiative du gouvernement : ériger la société civile organisée en interlocuteur direct de l’Etat. L’idée, soutenue par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale, prend ainsi corps après l’atelier de clarification du concept même de la société civile togolaise, tenu en 2009 à Lomé. Il s’agit de poser des critères d’adhésion à la société civile, un concept nouveau qui devra plus se positionner en groupe de lobbying et de pression en face du pouvoir politique.
Autrement, il ne s’agira plus de se cacher dans la société civile et ne s’adonner qu’à des actions purement politiques pour solder un échec dans la lutte politique et viser le pouvoir d’Etat. Mieux, il faut éviter que des organisations de la société civile s’érigent en appendices des partis et des hommes politiques.
Ce qui devient un handicap à la mission même de la société civile. Au finish, il faut savoir porter le manteau selon qu’on veut être active dans la société civile ou dans une organisation politique. Par définition, la société civile englobant toutes les formes d’organisations sociales sauf les partis politiques comme les organisations communautaires à la base, groupements villageois et de femmes, ONG, associations et fédérations, organisations civiques spécialisées.
Dans son programme de politique générale, le chef du gouvernement donnait le ton : « des actions conséquentes seront entreprises pour accroître les capacités de l’Etat à assurer la sécurité des personnes et des biens, à garantir les libertés fondamentales et les droits de l’Homme et protéger ainsi notre démocratie des risques de repli identitaire et de l’instrumentalisation des différences. Pour ce faire, le gouvernement s’emploiera à créer et à institutionnaliser un cadre régulier et pérenne de dialogue et de concertation entre l’Etat et les organisations de la société civile. Dans ce cadre, le gouvernement mettra en place un projet qui permettra d’améliorer le cadre institutionnel régissant les organisations de la société civile, de renforcer et de professionnaliser les acteurs de la société civile ».

Injection de liquidités dans l’espace Uemoa
Le Togo y participe à 1,7 milliard Cfa
La Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (Bceao) a procédé, valeur 21 juin 2010, à une injection de liquidités d'un montant de 110.000 millions de francs Cfa, dans le cadre de ses adjudications régionales hebdomadaires. L'appel d'offres a enregistré des soumissions de 13 établissements de crédit provenant de 7 places de l'Union monétaire ouest africaine (Umoa), dont ceux du Togo qui y ont participé à hauteur de 1,7 milliard de francs. Le taux marginal et le taux moyen pondéré issus de l'adjudication se sont établis respectivement à 3,2990% et 3,3003%. Cette opération arrive à échéance le 27 juin 2010, indique un communiqué de la Banque.
Les établissements de crédit du Bénin ont été les plus gros contributeurs avec 54,077 milliards de francs. Ils sont suivis de ceux du Burkina Faso (37,000 milliards) et du Sénégal avec 14,240 milliards de francs. Le Mali et la Guinée-Bissau n’ont pas participé à l’opération.
Tenant compte de l'évolution prévisible de la liquidité bancaire, la Banque Centrale décide de lancer une nouvelle opération d'injection de liquidités sur le guichet des appels d'offres à une semaine à taux variables, d'un montant maximum inchangé de 110.000 millions de francs, avec comme date de valeur le 28 juin 2010.
Par ailleurs, la Banque centrale rappelle le lancement depuis le 11 juin 2010 d'un appel d'offres d'injection de liquidités à un mois à taux variables, d'un montant maximum de 90.000 millions, avec comme date de valeur le 28 juin 2010. Ces opérations sont assorties d'un taux minimum de soumission de 3,2500%.

Chaussures de seconde main : moins chères et résistantes
C’est proverbial : une majeure partie des Togolais s’habillent aux marchés des puces, que ce soit pour les vêtements ou les chaussures. Le marché de la friperie des chaussures est à cet égard florissant, en ce qu’il offre toute une panoplie de qualités et de coûts pour la clientèle.
Au marché de Hédzranawoé, sur des stands installés les uns à côté des autres, des chaussures (baskets, souliers, hauts talons, bottes...) sont exposées. Devant, sont assis des vendeurs en majorité des Nigérians prêts à racoler les clients. Une clientèle assez diversifiée s’intéresse à ce type de chaussures ; des jeunes pour la plupart, mais aussi des fonctionnaires.
« Les chaussures neuves vendues actuellement sur le marché proviennent pour la plupart de Dubaï, elles sont fabriquées à base de latex et se détériorent sous l’effet du soleil», explique Eddy, un vendeur de chaussures. «C’est la raison pour laquelle, les gens préfèrent la friperie qui est plus résistante, de meilleure qualité et qui est fabriquée à base de cuir », poursuit-il. « Car la fripe, c’est toujours une chaussure de marque quelque peu dégarnie, alors que les produits venant de Dubaï sont des kpayo », ajoute-t-il.
Une cliente rencontrée sur les lieux nous confirme que les chaussures neuves sont effectivement plus jolies et coûtent plus cher souvent. Mais soutient-elle, ces chaussures ne sont pas de bonne qualité. Elle nous montre une paire de chaussures qu’elle a achetée à l’état neuf, mais qui en l’espace d’un mois est déjà dans un état défectueux. « Lorsque j’achète par contre une chaussure d’occasion, je peux l’utiliser pendant plus d’une année, avant qu’elle ne s’use », a-t-elle avancé.
Pour certains comme Lawoè, coiffeuse de son état, c’est la crise économique qui les a obligés à se diriger vers le marché de Hédzranawoé. «Il y a cinq ans, je m’offrais des chaussures de bonne qualité à 50000fcfa dans les boutiques. Aujourd’hui, je ne peux même m’offrir la même chose ici à 5000 ou 10000 Fcfa», dit-elle.
On peut également y trouver des chaussures orthopédiques pour enfants et pour adultes. Ces types de chaussures coûtent excessivement cher à l’état neuf mais, peuvent être obtenues à moindre coût chez les vendeurs de chaussures de seconde main. Ceux-ci en proposent de toutes les pointures.
Timothée, vendeur de chaussures pour hommes, tient en main, des chaussures orthopédiques. Les chaussures d’occasion viennent généralement des Etats-Unis ou des pays européens.
Là bas, elles sont achetées par ballot, comme c’est généralement le cas pour les articles de la friperie. Les chaussures sont ensuite lavées et cirées. «Nous utilisons également un instrument spécial pour redonner aux chaussures le clinquant de leur forme initiale, » souligne Timothée.
Après toutes ces étapes, la chaussure redevient comme neuve et peut être proposée aux clients. Nous vendons environ une dizaine de chaussures par jour à l’approche des fêtes et les jours de grande affluence. Il nous arrive cependant de passer parfois trois jours ou plus d’une semaine sans vendre la moindre chaussure. Les prix sont fonction de la qualité et de la marque. Trois catégories de chaussures sont proposées aux clients.
La première qualité pour homme et femme peut être vendue à plus de dix mille (10 000) F CFA, six mille (6000) et trois mille (3000) pour la deuxième et la troisième qualité. La première qualité pour enfants est acheté à 3000 F CFA et revendue à la clientèle à cinq mille (5000) F CFA. Notre clientèle, précise Timothée, a une préférence pour les chaussures de première qualité et moins usagées. Pierrette, étudiante : «Les chaussures de seconde main sont plus résistantes et de meilleure qualité».

© L’Union du 22 juin 2010

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