L’économie donne des signes de reprise

23/02/2010
L’économie donne des signes de reprise

La conjoncture économique dans les Etats membres de l'UEMOA s'est améliorée en novembre 2009 par rapport à la même période de l'année passée, relate une récente étude de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) que publie mardi L’Union. Certes, rien de spectaculaire, mais mieux que prévu ; ce qui laisse présager des jours meilleurs. Le journal propose également une couverture complète de la campagne électorale ; il a suivi les meetings des principaux candidats : Faure, Jean-Pierre Fabre et Agbéyomé et propose un portrait de Nicolas Lawson.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Transparence des décomptes du scrutin
Le débat de l'authentification du bulletin de vote s’ouvre
La question de l’authentification du bulletin unique de vote n’est pas encore tranchée. Le débat s’ouvre maintenant. L’acquis du moment étant que les bulletins de vote seront imprimés d'après toutes les normes de sécurité, c’est-à-dire sans pouvoir être aisément falsifiées. « Mais il reste son authentification. Nous, on aurait préféré le paraphe », nous confiait hier un représentant de l’opposition traditionnelle à la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Voilà qui risque de réveiller les vieux démons de la suspicion. En 2007, la même question avait divisé la CENI d’alors avant que, finalement, tout ne soit abandonné. Même les vignettes, commandées et livrées à l’époque, n’auront pas servi à grand-chose. Il est toujours question du niveau de responsabilité de ceux qui seront appelés à apposer leur signature. De plus, la trouvaille risque de faire traîner inutilement l’exercice du vote, selon une autre thèse.
L’expérience du paraphe est vécue au Burkina Faso. Et, selon une confidence proche de la CENI , un expert de ce pays a ressorti dans une séance toutes les difficultés vécues dans son pays. De surcroît stable, où tout n’est pas politisé. Et là, c’est la Commission électorale qui est appelée à régler certains différents. Qu’en sera-t-il si on prend les différents comportements des membres de la CENI togolaise ? Quid si une même personne livre deux signatures distinctes. Surtout que les partis politiques ont pris soin d’envoyer dans les bureaux de vote des gens qui ne sont pas habitués à signer plusieurs documents en même temps. Et qui étaient dans l’anonymat total dans leur bourgade.
En rappel, dans un rapport sur les difficultés du fonctionnement de la CENI, l’opposition parlementaire considère la traçabilité du bulletin de vote comme « une innovation » qui propose des bulletins sécurisés, à souche avec un numéro d’identification individuel sur la souche et sur le bulletin. Au moment de voter, deux membres du bureau de vote authentifient par leurs signatures le bulletin avant de le remettre à l’électeur. Au moment du dépouillement, les membres du bureau de vote s’assurent que le bulletin sorti de l’urne est bien celui qui a été remis à l’électeur à travers le numéro séquentiel et les signatures. En cas de non concordance, le bulletin est nul.
L’examen de cette proposition pêche sur plusieurs points par rapport au Code électoral : elle ne garantit pas l’anonymat du bulletin de vote, n’assure pas le secret du vote, expose le bulletin à une manipulation préalable avant que l’électeur ne le prenne lui-même comme le stipule la loi et est source de fraudes massives dans les zones de majorité dites fiefs des partis politiques.
Face à cette proposition, l’assemblée plénière de la CENI , après plusieurs jours de débats, est arrivée à trois positions : des bulletins sécurisés non reliés, des bulletins sécurisés à souche sans numéro séquentiel ou des bulletins sécurisés à souche avec un numéro séquentiel sur la souche. Il est entendu que même si c’est un bulletin à souche, il doit être confectionné de sorte que l’électeur puisse le détacher lui-même conformément aux dispositions de l’article 113 du Code électoral.
S’agissant de l’authentification du bulletin de vote par la signature de deux membres du bureau de vote tirés au sort, dans chaque sensibilité, elle pose problème, car si au-delà des spéculations et des mesures de sécurisation du bulletin prises par la CENI pour lutter contre les fraudes, les membres des bureaux de vote doivent apposer leurs signatures, l’anonymat et l’intégrité du bulletin ne sont plus préservés. De plus, elle crée des situations embarrassantes : l’exclusion des extraparlementaires et des candidats n’ayant pas de représentants au sein des membres du bureau de vote (le principe de l’égal traitement des candidats n’est pas respecté) ; l’atteinte à l’intégrité physique du bulletin, avec tous les risques de fraudes qu’elle comporte dans les zones de majorité dites fiefs des partis politiques à cause des intimidations et des interférences de part et d’autre.
Et, pour rester neutre, il a été proposé la fabrication et l’apposition de vignettes dont les codes secrets seront définis par un membre de chaque sensibilité et remis séparément à l’imprimeur. Le jour du scrutin, un tirage au sort permet de déterminer l’endroit où la vignette sera apposée (en haut, à gauche, au centre ou à droite, en bas à gauche, au centre ou à droit ou au centre à gauche, au centre ou à droite). Attendons la fin du débat.

Le CAR et l’UFC en retard dans les bureaux de vote
Apres plusieurs courriers de rappel à l’ordre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le Comité d’action pour le renouveau (CAR) et l’Union des forces de changement (UFC) – les partis dits les mieux structurés – ont finalement trouvé leurs représentants dans les bureaux de vote. Les listes n’ont parvenu à la CENI que le vendredi dernier. Alors même que les autres représentants des autres composantes sont en formation. A la CENI, le secrétariat s’acharne à refaire la saisie des nouvelles listes pour diffusion, puisqu’une première publication a été déjà faite dans le quotidien national. Les colonnes de l’UFC et du CAR étaient restées vides.
Le grand souci reste à trouver la formule de la formation des nouveaux venus. Le temps court et il faut en assurer le déploiement avant la veille du scrutin. Toute la semaine passée était consacrée à la formation des membres des bureaux de vote ; après le départ des deux partis de la CENI, le travail a été réorganisé et les membres restants ont dû couvrir les localités abandonnées par la suspension. En principe, les partis envoient leurs délégués des bureaux de vote dans les localités choisies pour vivre la campagne et le scrutin proprement dit ; c’est sur place que la CENI leur assure la formation. A défaut, ils feront office sans la mise à niveau. Le CAR et l’UFC ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. Osons croire qu’on retrouvera au moins tous ces noms dans les bureaux de vote le 4 mars.
En rappel, chaque bureau de vote comprend six membres : deux de la majorité parlementaire, deux de l’opposition parlementaire, un des partis extraparlementaires représentés à la CENI et un de l’administration sans voix délibérative. Il est dirigé par un président et un rapporteur qui sont de sensibilité politique différente.

Echos de la campagne

Les sept candidats en grande chasse
"Votez pour moi ! Je suis le meilleur de tous les candidats ; j’ai un programme adapté aux réalités de notre pays." ainsi s’égosillent les sept candidats au scrutin présidentiel du 04 mars. En réalité, ils sont tous en opération de charme devant les électeurs de toutes les contrées du pays. Ils y sont eux-mêmes directement ou ils envoient des émissaires avec des messages précis pour séduire l’électorat. Ainsi, après une semaine de campagne sans heurt ni violence, chacun pense avoir conquit le cœur de la majorité des électeurs avec des mots. C’est la grande chasse d’"Hommes". Pourvu qu’elle se termine dans la quiétude. Afin de vous rendre compte fidèlement du déroulement de la campagne sur toute l’étendue du territoire national, voici une sélection de reportages de nos envoyés spéciaux dans les différentes régions du pays.


BINAH

5 questions au Coordonnateur préfectoral, Pré Simféitchéou
« Faure, ce n’est pas un pourcentage, mais un plébiscite »
Tout est allé vite dans la Binah , très vite. En cinq jours, l’équipe de campagne du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) a avalé les neuf cantons et la commune de Pagouda. Pas de répit pour le Coordonnateur qui doit se rendre disponible entre activités de terrain et réunions avec les chefs de commission. Pour s’occuper après le premier report de l’arrivée de son candidat, Pré Simféitchéou était le vendredi dernier à Pessarè pour convaincre environ 400 fils du canton rassemblés sur la cour du Centre culturel. Il fait un arrêt et se livre à L’Union.

L’Union : Au-delà de l’appel au vote, quel est le résumé des messages que vous semez dans les différents cantons de votre préfecture ?

Pré Simféitchéou : Le message que nous passons dans tous les villages de la préfecture de la Binah , dans le cadre de cette campagne présidentielle de 2010, est un message fraternel, de paix, de non violence que le Président candidat Faure Gnassingbé nous a chargés de porter. Parce que lui-même est un homme de paix, imbu des idéaux de la réconciliation et de l’union. Et, pour lui, aucun sacrifice n’est trop grand lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité, la sûreté et le bien-être des populations. Voilà le message au-delà d’un bilan largement positif que nous défendons, que ce soit sur le plan de la cohésion sociale, des infrastructures, de l’emploi des jeunes, de l’environnement, de l’agriculture. Le Président Faure n’a pas cessé de réclamer que cette élection se passe dans le calme, la sérénité, la convivialité et la sécurité.

Il s’agit là d’un bilan global. Concrètement, dans la Binah , quels sont les exemples de réalisations qui peuvent militer en faveur de votre candidat ?
Peut-être, quand je vais le dire, les gens vont dire que j’use de la démagogie. Non, sur le plan général, prenons secteur par secteur. Quand le Président est arrivé au pouvoir en 2005, sa priorité pour la Binah a été de réhabiliter un instrument qui a fait la fierté de cette préfecture : l’hôpital préfectoral de Pagouda, qui a eu une renommée au-delà des frontières togolaises. Depuis 1971, il n’y avait plus la chirurgie. Aujourd’hui, elle a été réhabilitée. On a fait la radiologie et la clôture ; ce qui n’existait pas avant.

Vous avez circulé sur quelques pistes rurales qui n’avaient pas connu de réhabilitation depuis des années. Vous prenez le marché de Kétao, c’est le centre névralgique économique de notre préfecture ; il y a la réhabilitation et la construction du nouveau marché de Kétao. Vous allez dans tous les coins : ici, c’est un dispensaire en construction, de l’autre côté un lycée en construction (à Solla), des collèges d’enseignement général pour cette année (à Kadjaga, Assere, Pagouda). Bref, un bilan satisfaisant à part les recrutements qui se font.

Votre candidat est toujours attendu à Kétao. On aurait plus penché pour Pagouda qui est le chef-lieu. Est-ce pour la seule raison économique ?
Au départ, le candidat a demandé à la Coordination de lui proposer trois localités pour son meeting. Et il a été sélectionné Solla, Pagouda et Kétao. Le choix final n’obéit à aucun mobile politique, économique ou autre. Faure a choisi d’aller dans une préfecture. Pour nous, toutes les villes et tous les villages se valent. Au cours de cette année, Faure est déjà venu par deux fois à Pagouda : une première, pour assister à la fête traditionnelle ; il y a un mois, il est venu donner des équipements dans le cadre du développement à la base. Il faut donc offrir l’occasion à d’autres populations aussi éloignées de toucher et de voir leur Président et c’est un Président qui veut que l’administration aille au plus près vers l’administré.

Déjà une semaine de campagne, combien de localités vous reste-t-il à convaincre ?
Vous savez, le RPT a adopté une campagne de décentralisation. Chaque canton se prend en charge par son propre programme et moi, en tant que Coordonnateur, lorsqu’il y a deux meetings dans un même canton, je m’arrange à aller à l’ouverture de l’un et à la clôture de l’autre. Mais, pour le moment, tous les neuf cantons ont bouclé leur meeting depuis samedi. En termes de stratégies, le parti fait du porte-à-porte, de la campagne de proximité et des meetings.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui peut empêcher Faure d’avoir 100% dans la Binah ?
C’est le contraire qui me surprendrait. Rien ne l’empêcherait. Vous êtes des journalistes, avec des yeux partout, je vous laisse faire l’idée de ce que vous avez vu dimanche. Faure, ce n’est pas un pourcentage, mais c’est un plébiscite dans la Binah.

Boulevard ouvert pour Faure dans la Kozah
« On ne sent rien cette année par rapport à 2007 ». C’est le sentiment unanime dans la préfecture de la Kozah après une semaine de campagne. Pas de vitesse de croisière. Depuis lors, seul le candidat du RPT arrache les pronostics par le nombre de ses affiches, tricots, casquettes, foulards, sacs, les banderoles, les fils de voitures tout en Faure. Et on invite déjà que le candidat à ne pas se faire de souci. La Kozah votera Faure, sans s’interroger.
C’est la routine. Et tous les moyens sont mis pour ça. « Le bureau (le siège du parti, ndlr) est presque fermé tous les jours parce que nous sommes sur le terrain », répond Mme Tchasime Abide pour annuler les rendez-vous. Le parti continue de multiplier ses rencontres de masse et les entretiens de proximité, rassure Koffi Walla, le coordonnateur préfectoral. Ici, la moyenne est au moins de 600 âmes (militants, animateurs de campagne et curieux). Il est toujours question de brandir le bilan hautement parlant du président sortant pour solliciter un nouveau mandat. De quoi lui permettre de parachever des chantiers prometteurs, déjà ouverts. « Même s’il refuse, nous lui donnons notre voix », ironise Assoumanou Mouftaou, un membre du parti.
Pendant ce temps, l’opposition traîne les pieds et veut croire que tout se décide dans les urnes. Le PRR fait du bruit, l’UFC a juste fait une caravane sporadique, le PDP a placardé des murs de ses affiches, le CAR a une seule banderole de sa section locale qui soutient le candidat. La CDPA , aucun bruit. On attend la venue des propriétaires des partis pour faire quelque chose. OBUTS a fait du bruit pendant le séjour de son candidat. Et plus rien !

Agbéyomé à Kara : « J’ai eu un Master au RPT, une Licence dans l’opposition »
Un meeting plutôt régional pour Agbéyomé. Jusque-là muette après six jours de campagne de ses adversaires, la section Kozah de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) peut se glorifier d’avoir accueilli les sections des sept préfectures de la région de la Kara sur le terrain du CEG Tomdè de Kara. En moins d’une heure, le candidat Agbéyomé Kodjo y a rencontré ses fans et autres curieux le dimanche dernier. Un seul meeting pour dire à l’électorat : « il est temps que ça change ! ». Il se veut l’alternative, la solution. « Dieu a écouté les cris des Togolais et s’est servi de Agbéyomé pour les libérer », croit savoir le présentateur principal. Le candidat, lui, veut offrir du travail aux jeunes en se basant sur les ressources gracieuses de la nature : port en eau profonde, coton, phosphate, clinker. « Il suffit d’être sérieux dans la gestion et dans le travail pour offrir aux Togolais ce que les autorités ivoiriennes font à leur peuple », compare-t-il. Aujourd’hui, l’université de Kara est confrontée à un problème de restau U et d’amphithéâtre : il y a le clinker pour tout construire.
En repartant, Agbéyomé pense avoir convaincu son auditoire, en bas de la moyenne en comparaison aux sept préfectures regroupées (environ 250 personnes). N’en déplaise, il veut vite « faire de Kara une ville universitaire et de recherche ». Le système LMD doit être revu et les montants alloués pour les recherches renforcés. L’informatique doit être à la portée des diplômés et les formateurs eux-mêmes sont à améliorer.
De quoi emporter l’Association des étudiants fous de progrès (ASEFOP) de Kara. Et faire de Bassar « une ville minière par la mise en exploitation du fer de Bangéli ». Pourvu que cela accroche le 4 mars. Agbéyomé promet de rendre gratuite la césarienne. S’il est élu, il veut payer 12 mois de salaire brut à tous les fonctionnaires qui seront admis à la retraite au cours de l’année 2010, au titre de bonification. Face à une population rurale et commerçante, Agbéyomé veut renforcer les micros finances par des fonds pour aider les femmes les plus démunies à améliorer leurs activités génératrices de revenus, sans intérêts. Déjà, dans le viseur, 400.000 femmes dans tout le Togo. Y compris la Kara. Pour soutenir le monde scolaire, il va octroyer à la veille de la rentrée scolaire à tout fonctionnaire ayant des enfants scolarisables un prêt équivalent à un mois de salaire, remboursable sans intérêts sur une année ; il veut relever le salaire des enseignants. Et il se veut pratique : « j’ai permis aux dockers d’avoir un terrain et une maison, j’ai offert une assurance portuaire aux agents en cas de maladie ». Allusion à son époque de patron du port de Lomé. « Mettons-nous ensemble pour relever le défi, il n’est pas normal de continuer par manger la tomate du Burkina. Nous allons permettre aux ingénieurs des universités de Lomé et Kara d’être sur le terrain. L’agriculture est notre priorité ».
Pour le reste, ce sont des promesses chiffrées : doter chaque préfecture de 500 tracteurs avec des techniciens agricoles formés, créer 100.000 emplois dans le secteur agricole, etc. Mais il institue dès les vacances scolaires 2010 un service civique obligatoire pour toute personne âgée de 15 à 55 ans afin de promouvoir le civisme. Constat partagé : le Togo est en manque. C’est finalement l’histoire des 21 mesures d’urgence du candidat Agbéyomé Kodjo.
Politiquement, dans son programme de société, le candidat veut sa part. Il veut dissoudre l’actuelle Assemblée nationale et organiser sans délai de nouvelles législatives pour une Assemblée « qui reflète les aspirations réelles du peuple », pour les réformes institutionnelles et constitutionnelles prescrites par l’APG. Avec un nouveau redécoupage électoral, évidemment.
Il faut lancer des audits sur la gestion publique. Les résultats seront publiés, promet l’ancien dinosaure du RPT qui voit des candidats sans aucune expérience parmi ses concurrents. Et il se définit : « j’ai eu un Master au RPT, une Licence dans l’opposition. Je peux comprendre la situation des Togolais ».
C’est déjà gagné, par ses attributs : déterminé, habile, avisé, courageux, visionnaire, expérimenté, altruiste et patriote. Mais, avant d’atteindre son objectif, il est l’heure du bilan du régime actuel. Misère galopante partout, corruption généralisée dans toute l’administration, infrastructures en ruine, injustice, impunité et laxisme, retard sur nos voisins.

Les paysans du Nord-Ouest Plateaux pour un vote utile
Le 4 mars, les électeurs togolais voteront pour désigner leur Président de la République. Les paysans qui ont appris à se méfier des campagnes électorales démagogiques entendent garder cette fois ci les pieds sur terre.
Il est six heures à Tsiko, un canton de la nouvelle préfecture d’Adéta (45km de Kpalimé). Dans la brume du petit matin, les femmes vont à la fontaine. Les hommes construisent un hangar. Il servira à abriter les nombreuses délégations des partis politiques qui sillonnent la campagne en cette période préélectorale. Les discussions autour des élections vont bon train, mettant en avant les divergences d'opinions qui existent à l'intérieur du canton. Me prenant pour un délégué de ces politiciens en campagne, quelqu'un me lance vertement : "Non aux discours prometteurs, oui aux programmes qui prennent en compte les préoccupations du milieu rural !". Un attroupement se forme aussitôt. Regards suspicieux. Je décline ma véritable identité et l'atmosphère se détend aussitôt. En guise d'excuses pour cet accueil plutôt hostile, on m'explique les raisons de la méfiance des villageois vis-à-vis des hommes politiques. Les élections présidentielles de 2005 et les législatives de 2007, ont laissé ici de mauvais souvenirs. Que de belles promesses non tenues, d'engagements oubliés sitôt les élections passées !
Les hommes politiques y ont perdu beaucoup de leur crédibilité mais aussi les chefs de village, qui se sont souvent transformés en messagers, espérant un geste de reconnaissance de leur candidat, lorsqu'il serait élu. Jadis, il suffisait que le chef, détenteur de la sagesse et de l'autorité, désigne un candidat pour que tout le village vote comme un seul homme en faveur du dit-candidat, sans se poser plus de questions. Le choix du chef était le choix de tous. Désormais, il faut faire le choix du vote utile. "Nous exigerons désormais des propositions concrètes que nous étudierons minutieusement. L'heure de la confiance aveugle est révolue", proclame l'un d'eux.
Plus loin à Elé, une vingtaine de kilomètres d’Adéta, les paysans adoptent une attitude encore plus ferme. Bastion traditionnel de l'opposition, Elé, fait ses comptes. "C'est bien que les candidats aient des idées nobles. Mais si l'argent ne suit pas pour les mettre en pratique, elles ne serviront pas à grand-chose", déclare un paysan qui se souvient des écoles et des centres de santé promis par leur élu à l’assemblée nationale en octobre 2007, mais dont on attend toujours la première pierre.

Dans le Dayes, le ministre Kossi Ewovor invite les populations à plébisciter «Faure Gnassingbé»
Le ministre de l’agriculture a invité samedi les populations du village de N’Digbé (préfecture de Dayes) à sortir massivement le jour du scrutin pour voter Faure Gnassingbé.
Un bilan exhaustif des actions pour la promotion du monde agricole pendant les cinq années de pouvoir du candidat du Rassemblement du Peuple Togolais a été dressé par le coordinateur préfectoral de la campagne de Faure Gnassingbé, M. Ewovor Kossi. «Nous avons pour ces populations un message de paix et de confiance en soi et de développement. C’est un message qui fait partie de la problématique du président Faure » a déclaré le coordinateur.
Plusieurs militants étaient au rendez-vous pour apporter leur soutien au Président-candidat. C’était un meeting riche en folklore du milieu et de promesses bilatérales.
«Je ne compte pas choisir quelqu’un d’autre qui viendra anéantir peut être les efforts déjà consentis par Faure. Je préfère lui accorder ma voix pour qu’il achève ce qu’il a commencé » affirme Tsèvi Atsou, professeur des sciences physiques au Complexe Privé Laïque Bel Avenir. «Il n’y a qu’une raison qui m’amène à choisir Faure le 4 mars : il a été l’artisan de la réconciliation de tous les togolais » ajoute son collègue, Mégbayo Amédzi, professeur de Français dans le même établissement.

Le Frac expliqué aux militants…de l’UFC
Après le lancement officiel de leur campagne électorale vendredi dans leur fief de Didaourè, à la suite de la décision, les militants du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) ont multiplié le week-end les réunions dans les différents quartiers de Sokodé pour expliquer aux militants leur vision commune : « l’avènement du changement et de l’alternance» au Togo.
Si le meeting de vendredi a permis aux responsables du bureau Fédéral de l’Union des forces de changement d’apporter la nouvelle du démarrage de la campagne et de présenter aux militants les représentants locaux des autres partis regroupés dans le FRAC, les meetings du week-end ont pour objectif de les mettre dans le bain pour battre campagne pour le changement.

«Nous les avons exhortés à repenser autrement à l’occasion de cette élection présidentielle. Ce qui est primordial pour le peuple togolais aujourd’hui, c’est de vivre une nouvelle ère, c’est-à-dire le changement», déclare M. Honoré Abi, représentant local du PSR.
Durant les meetings, les membres du nouveau front expliquent aux militants les contours de leur coalition «Nous leur avons brossé notre nouvelle vision au niveau du front. Et nous leur demandons de se mobiliser pour obtenir le changement que nous souhaitons», explique M. Honoré Abi.
Mais durant les différents meetings déjà tenus, seule une couleur domine : le jaune de l’Union des forces de changement avec tout ce qui le suit comme moyens de propagande, noyant dans la masse les couleurs des autres partis composant le FRAC notamment l’ADDI, l’Alliance, le PSR et Sursaut Togo.
N’empêche, les responsables du FRAC croient au changement sous la coupole du l’UFC et de son candidat Jean Pierre Fabre devenu leur candidat unique. «Le changement est une préoccupation générale. Les Togolais souhaitent dans leur majorité une alternance au pouvoir. Nous voulons incarner la réalisation de cette préoccupation. Nous sommes sûrs que le peuple nous soutient. Et nous croyons que les électeurs sortiront massivement pour voter pour le changement», ajoute Honoré Abi.

«Nous demandons à nos militants de sortir massivement pour écouter le message des responsables du Front et notamment de notre candidat Jean Pierre Fabre. C’est un message de la non violence. La victoire de notre côté. C’est d’ailleurs pourquoi nous appelons nos militants à aller massivement voter le 4 mars prochain», renchérit l’Honorable député Fofana Bakalawa.
Enfin, les responsables du FRAC n’oublient pas de rappeler que le front reste ouvert ; qu’il y a de la place pour tous, pourvu qu’on soit animé de l’esprit de changement. « Tous les hommes politiques responsables du Togo, tous ceux qui sont soucieux du sort des Togolais, tous ceux là, sont invités à rejoindre le front, y compris le RPT. Notre logique est la bonne et dans ces conditions, nous pensons que tout le monde nous rejoindra », conclut M. Honoré Abi.

Foli-bazi Katari se réjouit de l’ambiance conviviale

Katari Foli-Bazi, membre du bureau politique du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) s’est réjoui dimanche du climat de sérénité qui prévaut dans la préfecture de Tchaoudjo depuis le début de la campagne électorale.

« Nous nous réjouissons que cette campagne ait commencé dans une ambition pratiquement conviviale. Jusqu’alors, on n’a pas noté un quelconque incident. Nous-mêmes, rencontrons nos adversaires sur le terrain, mais nous faisons en sorte que le fair-play prenne le pas sur toutes les autres considérations A partir de ces éléments, nous pouvons dire que nous sommes satisfaits de la façon dont les choses se passent. Et nous prions Dieu pour qu’il en soit ainsi jusqu’à la fin de cette campagne électorale», a déclaré l’ancien ministre de la Fonction Publique à des journalistes avant d’entamer le programme de campagne de la journée qui l’a amené lui et la dépputé Nassara Ouro Bang’na dans plusieurs quartiers de la ville de Sokodé.
M. Foli-Bazi qui avait pris la tête jeudi d’une grande caravane à travers les artères de la ville de Sokodé surfe sur les atouts du candidat président pour ratisser large. « Notre candidat a plusieurs atouts et nous utilisons tous ces atouts pour battre campagne. Nous mettons l’accent fondamentalement sur tous les efforts qui ont été faits et qui ont permis de diminuer le taux de chômage dans notre pays, parce que c’est le travail qui fait l’homme. Nous mettons également l’accent sur les efforts qui sont faits en matière de développement, notamment dans le domaine des équipements et des infrastructures. Enfin, et surtout, nous mettons l’accent sur sa volonté d’ouverture, son sens de dialogue. Notre candidat, le président Faure Gnassingbé est le seul qui aime travailler avec ceux qui ne sont pas de son bord politique », a –t-il expliqué.
Au-delà de ces atouts, les responsables du RPT de la préfecture de Tchaoudjo mettent aussi en avant la politique de réconciliation que prône Faure Gnassingbé qui était à la veille du démarrage de la campagne électorale à Sokodé où il a inauguré le nouveau stade de la ville. Et même s’ils croisent les doigts pour le revoir une seconde fois, ils n’en font pas un élément déterminant pour la suite de la campagne. « On ne peut maîtriser le programme du candidat président. Je vous rappelle que depuis l’ouverture de la campagne, il est sorti par deux fois du territoire. Il était à Abuja le mardi et à Bamako samedi. Vous comprenez qu’en même temps qu’il est en train de battre campagne, il répond aussi à ses obligations de chef d’Etat. C’est pour cette raison que nous ne sommes pas en mesure de dire s’il pourra revenir ici. Mais quoiqu’il en soit ce qu’il a déjà fait pour notre préfecture est largement suffisant. Il nous revient nous qui sommes là de porter haut ce qu’il devrait être fait», a martelé Foli-Bazi
Par ailleurs, M. Foli-Bazi n’a pas manqué de dire sa satisfaction à propos du déploiement massif des observateurs internationaux sur toute l’étendue de territoire national. «On ne peut pas danser et s’apprécier soi-même. En 2007, ils étaient très nombreux à Sokodé pendant les législatives. Et quand certains se sont levés pour dénoncer le manque de transparence lors de ce scrutin, ils ont répondu à notre place. Quand vous vous défendez vous-mêmes c’est souvent très difficile mais quand ce sont d’autres qui le font, c’est appréciable. Leur présence apporte un plus à ce que nous faisons. Ils sont un peu partout sur le territoire, ils vont là où ils veulent sans entraves», a-t-il ajouté.

Convivialité mise à mal ?

Cette ambition décrite semble être mise à mal par une plainte des responsables de l’Union des Forces de changement (UFC) contre les responsables du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), notamment M. Foli Bazi Katari, membre du Bureau politique.
«Foli Bazi a tenu des propos violents à l’Ecole primaire Kpangalan. Il a dit que qu’on le veille ou pas, c’est le RPT qui va gagner. Et si ce n’est pas le cas, ils vont remettre les violences comme ils l’ont fait en 2005», nous a déclaré M. Tchamola président du bureau fédéral de l’UFC à la suite des rumeurs persistantes sur le sujet.
Des propos que l’ancien ministre de la Fonction Publique ne reconnaît pas avoir tenus. «Je suis pris par ses propos calomnieux, comme je vous l’avais dit, nous nous réjouissons du climat qui prévaut durant cette campagne électorale et nous ferons en sorte qu’il puisse en être ainsi jusqu’à la fin».
Ce matin, M. Komi Sena Etsè, le président de la Céli Tchaoudjo invite les deux partis à son siège pour un règlement à l’amiable du différend. «Nous avons été saisi par les responsables de l’UFC et nous convions les deux parties à une rencontre ce matin. Il est important que la campagne se poursuive sans violence dans notre préfecture», a-t-il confié.

Les à-côtés dans la Kozah

C’est l’opposition qui va pleurer
Le génie togolais du regroupement a encore produit un fruit mûr : Forces Associées des Déçus de l’Opposition pour Faure (FADOF). Une banderole l’annonce au carrefour Tomdè à Kara. On savait les victimes de l’opposition. Tellement… Tellement… Mais rien n’annonçait qu’ils trouvaient aisément leur messie. Finalement, les nouveaux opposants n’ont rien gagné. Eux qui pensent s’attaquer à la branche traditionnelle de l’opposition et au parti présidentiel pour gagner le cœur des indécis et des aigris. Nenni ! Faure Gnassingbé a tout pris. FADOF aurait été préparé entre ceux qui se connaissent. Alors qu’on a aussi voulu en faire partie. Tant mieux, si la victoire finale incontestable de Faure se consolidait par-là.
Entre nous, est-ce que le plus médiatisé des déçus, Logo Dossouvi, en est membre ? Et Denis Nayone ? Ce ne sont pas les Gbadamassi et Gogoligo ou le groupe The Seed, en Faure de la tête aux pieds, qui ne vont pas prendre. Dans le jargon journalistique togolais, on y verra un nouveau BITOS. Vivement que les déçus traduisent tout ça dans les urnes le 4 mars ! En tout cas, par les affiches, caravanes, meetings et le show musical de tous les soirs à Shell Tomdè, il n’y a pas match pour Faure, contre les six opposants.

Faure en haute protection, même absent
Depuis le début de campagne, un panneau lumineux surplombe Tomdè. Avec des images du candidat du RPT et des témoignages de concitoyens qui défilent. Et des messages résumant la vision du Jeune. Vendredi 19 février, à 18h27mn. Un jeune citoyen passait à vélo et est attiré par la nouveauté dans cette capitale du nord. Il s’arrête, se laisse fasciner et veut immortaliser la photo de son bien-aimé Président en prenant une vue par son téléphone portable. Paf ! L’erreur. Un homme, qui surveillait visiblement le panneau, jaillit et exige de retirer au petit son téléphone ou sa carte SIM. Refus du petit. Le grand frère menace…et veut vérifier la carte d’identité du garçon, puis sa carte d’électeur. Le garçon sort ses pièces et celles-ci sont confisquées, avec l’indication : si tu veux les retirer, vient au commissariat …
Le lendemain, un policier de la ville pense que les gens extrapolent les consignes qu’on leur donne. Puisqu’il n’y avait aucun danger. Le panneau est en domaine public. Visiblement, la sécurité était trop Faure-te. Des minutes après, l’initiateur se pointe pour admirer, dans la nuit noire de Kara, son chef-d’œuvre. Qu’à cela ne tienne, tout le monde s’arrête désormais pour admirer son Faure…

OBUTS veut décoller sans colle
Le jeune volontaire ne pensait pas trop dire en lâchant : pauvre parti comme ça ! Finalement, le matériel de campagne de Gabriel Agbéyomé est arrivé à Kara dans la soirée du 19 février. Rendez-vous le lendemain matin au siège de l’ONG qui sert de QG. Des jeunes volontaires rentraient et sortaient de la petite chambre, quelques affiches en main et des banderoles pour les plus indiqués. Des minutes d’attente. Puis, un responsable du parti du ballon sort, appelle cinq volontaires de l’affichage et leur tend la petite boîte de Nescafé contenant la colle du cordonnier. Chaque volontaire a au minimum cinq affiches.
Celui qui a reçu la boîte la confisque. Les autres recherchent des emballages de Pure Water pour être servis. Contre cinq cents francs Cfa, selon ce qu’ils murmuraient. Un d’entre eux avait longtemps rêvé 1.000 francs. Avant de se lancer, c’est la moquerie pour les gouttes de colle reçues. N’empêche, ils se congratulaient avec les « bonne chance, tchalé ».

Provocation dans le fair-play
Beaucoup avaient vite imaginé un premier faux pas de la campagne dans la Kozah. Dimanche 21 février, à peine la caravane du candidat Agbéyomé atterrit dans la cour du CEG Tomdè que l’une des caravanes tout en Faure se pointa à quelques mètres, après avoir sondé le terrain. Avec la supériorité dans la sonorisation. Vite, les forces de la FOSEP présentes se positionnent, les observateurs du HCDH et de l’UE se mettent en situation pour bien lire la scène. L’équipe de Kodjo Agbéyomé ne semble pas perturbée. Seulement, des gens la quittent et accourent vers le camp Faure.
On a pensé à un largage gratuit de tricots et t-shirts blancs. Mais rien n’y fit. Partie remise. La caravane Faure s’installe à quelques mètres plus loin et tous ceux qui étaient absorbés reprennent leur place de départ. Agbéyomé finit d’haranguer. Les musiciens s’exécutent…et une annonce absorbe une partie de la foule : le RPT distribuait du riz, du sel, des pâtes alimentaires, des anti-moustiques en serpentin. C’est le manger d’abord. Finalement, tout s’est bien passé ; chaque camp a pu faire ce qu’il voulait et tout le monde a repris sa route. Dans le fair-play.

Portrait de M. Nicolas Lawson, l’homme à facettes

Après des études primaires et secondaires en Haute-Volta (Actuel Burkina Faso), au Togo et au Dahomey (actuel Bénin), il entame une filière d’agronomie à Lomé avant de partir en Europe pour continuer des cours de gestion hôtelière en Irlande, Nicolas Lawson, puisqu’il s’agit de lui, finit son cursus scolaire par une formation en lettres modernes, en histoire et en administration économique et sociale en France. De retour au pays, en sa qualité d’éditeur de presse, il a créé et dirigé des journaux togolais: La Lettre de la Nation et Le Renouveau.

Après près de 10 ans dans les affaires, il rentre en politique. En 1991, Nicolas Lawson a été parmi les précurseurs de la création du Front des associations pour le renouveau (FAR), un regroupement d’associations qui a déclenché les mouvements de revendications qui ont conduit à l’ouverture démocratique et au multipartisme. Il a participé à la Conférence nationale souveraine (juillet-août 1991) sous les couleurs de l’Association pour la croissance sociale et la liberté (ACLS) et s’est illustré par ses critiques acerbes du régime Eyadéma. Ancien membre du Haut conseil de la République (HCR), le Parlement de la transition, il sera pendant longtemps Conseiller spécial aux Affaires politiques du Premier ministre de la transition Joseph Kokou Koffigoh.
Dégoûté par la politique de ses collègues, comme il le dit, Nicolas retourne dans les affaires. Il s’installe dès lors au Ghana. Il préside le comité ghanéen du Forum francophone des affaires (FFA) et de la Fédération ouest-africaine des entrepreneurs. Il a été le Vice-Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie France-Ghana.
Lawson est le candidat du Parti pour le renouveau et de la rédemption (PRR) à l’élection présidentielle de 2003. Il obtient 0,2% des voix et présente une réclamation pour fraude et détournement de ses voix, sans succès. En 2005, de nouveau candidat suite au décès du président Gnassingbé Eyadema, il retire sa candidature le 23 avril, la veille du scrutin alors que François Boko, ministre de l’Intérieur, a réclamé un report de l’élection avant de démissionner. Selon les résultats officiels, il a obtenu 1 % des voix.
Malgré cela, l’homme n’a pas désarmé et se remet dans la course présidentielle du 04 mars prochain. Toujours virulent dans ses propos, mélangeant ‘’serviettes et torchons’’, recherche son électorat – que Dieu l’exhausse – avec un utopisme flagrant assaisonné de chapelets d’insultes et de dénonciations, M. Nicholas Lawson s’adjuge toutefois une certaine admiration auprès d’une certaine frange de la population pour son audace face à ses concurrents et surtout au pouvoir en place.

Economie
Conjoncture économique fin 2009 dans l’EUMOA
Situation relativement stable pour le Togo

La conjoncture économique dans les Etats membres de l'UEMOA s'est améliorée en novembre 2009 par rapport à la même période de l'année passée, relate une récente étude de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao).
Cette évolution favorable de la conjoncture est soutenue par le dynamisme des unités industrielles et la bonne tenue de l'activité dans le secteur des services marchands. Toutefois, les Bâtiments et Travaux Publics (BTP), ainsi que le commerce ont connu un ralentissement de leur activité. Par secteur, l’étude note que la production industrielle s'est accrue, en glissement annuel, de 3,8% en novembre 2009, après une hausse de 3,5% en octobre 2009. Cette augmentation de la production est attribuable aux industries extractives (+11,0%), énergétiques (+4,8%) et manufacturières (+4,1%). Quant au secteur des services marchands, la bonne orientation de l'activité en glissement annuel reflète la performance des branches d'activités « transports, entreposage et communication » et « intermédiation financière ». Par pays, l'activité économique est ressortie bien orientée au Burkina, en Côte d'Ivoire, au Niger et au Sénégal. Elle est apparue morose en Guinée-Bissau et au Mali, et est demeurée stable au Bénin et au Togo.
Les conditions de banque ont été marquées par une baisse des taux d'intérêt débiteurs au niveau de l'Union en novembre 2009 par rapport à octobre 2009. En effet, les taux d'intérêt débiteurs hors prêts au personnel des banques se sont établis à 8,65% contre 8,76% un mois plus tôt, soit un repli de 0,11 point de pourcentage. Cette réduction des taux d'intérêt est due à l'assouplissement des conditions débitrices des banques en Côte d'Ivoire (-0,44 point) et au Togo (-0,12 point).d'une moyenne de 5,12% en octobre 2009 à 5,14% en novembre 2009 au niveau de l'Union, soit une légère hausse de 0,02 point de pourcentage d'un mois à l'autre. Cette augmentation des taux créditeurs a été relevée au niveau des Coopératives et groupements villageois (+0,32 point), de la Clientèle financière (+0,32 point), des Particuliers (+0,15 point), des Entreprises privées du secteur productif (+0,14 point) et des Assurances-Caisse de retraite (+0,12 point).
Comparée à novembre 2008, la baisse des taux d'intérêt débiteurs par catégorie de bénéficiaires a concerné les «Assurances-Caisse de retraite » (-3,48 points), les « Entreprises individuelles » (-0,50 point) et les «Particuliers » (-0,13 point). Selon l'objet du crédit, le repli des taux, par rapport à novembre 2008, a été enregistré sur les crédits d'équipement (-0,90 point), d'exportation (-0,73 point) et de consommation (-0,13 point).
En novembre 2009, les nouveaux crédits bancaires (hors prêts à l'Etat et personnel des banques) se sont établis à 380,4 milliards au niveau de l'Union contre 371,1 milliards un an plus tôt, soit une faible progression de 2,5%, après une baisse de 9,3% le mois précédent. Quant aux nouveaux dépôts, ils ont enregistré une augmentation sensible de 26,2% au cours du mois sous-revue, par rapport à la même période de l'année 2008.

© L’Union du 23 février 2010

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