L’expertise de la diaspora s’impose

08/06/2010
L’expertise de la diaspora s’impose

L’Union paru mardi revient très largement sur le discours de politique générale du Premier ministre. Il souligne l’appel lancé par Gilbert Houngbo à la Diaspora. « Il est, tout compte fait, indéniable que l’apport de la diaspora pourrait promouvoir l’emploi et absorber le chômage dans plusieurs secteurs », écrit le journal à condition toutefois que les autorités procèdent à un assainissement du climat des affaires.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Houngbo II fait des vagues
Ça bouillonne dans les milieux politiques togolais depuis les élections présidentielles du 4 mars dernier. Déjà, au lendemain des résultats, des fronts politiques contre la réélection du Président Faure se sont ébranlés, en occurrence celui de Jean-Pierre Fabre composé du reliquat de l’Union des Forces de Changement avec des partis alliés au Frac et l’Obuts de Agbéyomé Kodjo. Les quatre autres candidats malheureux, Me Yawovi Agboyibo du Car, Brigitte Adjamagbo-Johnson de la Cdpa, Bassabi Kagbara du Pdp et Nicolas Lawson du Prr ont eux aussi contesté les résultats. Mais, seule la coalition Ufc de Fabre-Frac manifeste énergiquement par des séances de prière tous les mercredis et des marches suivies de meeting tous les samedis.
La démarche de contestation ne plaît pas au Président national de l’Ufc Gilchrist Olympio. Il a déclaré ne pas reconnaître le Frac du moment où, en sa qualité de premier responsable de l’Ufc, il n’a pas été consulté avant toute alliance avec les autres formations politiques alliées au machin de Me François Boko. Le camp Fabre, naturellement, n’a pas apprécié la position de son leader. Il s’entête à poursuivre ses manifestations de rue et sa prétention de mobiliser davantage de militants de son parti pour sa cause…perdue (selon ses détracteurs). La guéguerre ouverte entre les deux factions de l’Ufc aura directement pour conséquence la non participation des membres, figures de prou et connues de l’Ufc, au gouvernement Hounbgo II. Ainsi, malgré le caractère historique et providentiel de la collaboration de l’Ufc à l’exécutif, le camp Fabre s’indigne de la décision et provoque le clash en excluant « provisoirement » le Président du parti. Aberration ! répondent les « légaux ».
Dans la suite de la formation du gouvernement Houngbo II, la division a secoué la formation de Kodjo Agbéyomé. Sept membres du bureau exécutif ont démissionné estimant que le patron n’a pas respecté les directives du bureau du parti pour rentrer au gouvernement. Ils saisissent le tribunal et le parti a été dissout. Diantre ! Agbéyomé crie au scandale et compte interjeter appel en commettant des avocats internationaux. "C’est une grave erreur judiciaire. On ne peut pas nous dire que la démission de quelques aventuriers de l’OBUTS suffit pour dissoudre le parti", a estimé M. Kodjo. Et il accuse : "C’est un règlement de compte politique en raison de la pugnacité de ma campagne électorale. Est-ce que le RPT qui a perdu sur 40 ans la moitié de ses membres fondateurs est pour autant illégal." Ce qui est, son parti est dans la tourmente.
Certains militants d’autres partis politiques se prononcent en privé contre le refus de leurs leaders de participer au gouvernement. Cependant, ils n’osent pas le clamer haut pour des raisons de discipline pour certains et de peur de se voir radier pour d’autres.
Le Président du parti l’Alliance dont des militants s’étaient désolidarisés de lui en pleine campagne pour sa participation au Frac, revient en de meilleur sentiment : « L’Alliance, non seulement est disposée à saisir la main tendue, mais encore à œuvrer ouvertement pour que cette main tendue soit également saisie par d’autres, notamment les partis politiques composant le FRAC », a déclaré M. Péré. Voilà qui peut augurer un lendemain meilleur. Mais quelle sera la réponse des va-t-en guerre de L’Ufc Fabre-Frac ? Attendons de voir !

Dossier sur la Déclaration de politique générale
Le Gouvernement recadre les chantiers déjà annoncés
Par la validation par les députés le 4 juin 2010, la déclaration de politique générale du Gouvernement Houngbo II se ressent comme la reprise des chantiers déjà ouverts entre 2009 et le dernier scrutin présidentiel. Avec des échéances fixées ici et là. De quoi ressortir les annonces et recadrer les sujets pour bien mesurer les résultats à la fin des délais. Intéressement de la diaspora, prise en charge de la césarienne, taux de croissance, arbitrage dans les affaires, recensement général de la population… Le texte est passé à 49 voix du RPT et 8 voix des frondeurs de l’UFC. Le CAR, lui, s’est abstenu comme en septembre 2008. Alors que la justification du vote devait logiquement aboutir à un vote contraire.

Recensement général de la population dès novembre
Ce sera l’achèvement d’un processus lancé le 17 mai 2009 par un recensement général pilote qui s’était étalé sur deux semaines dans sept localités : Nano (préfecture de Tandjouaré), Landa (préfecture de la Kozah), Akparè (préfecture de l’Ogou), Wlui (préfecture de Zio), Kati-Koussoubio (ville de Sokodé, préfecture de Tchaoudjo), les quartiers Aflao-Gakli et Bè-Apéyémé (ville de Lomé). 29 ans après. Depuis lors, on en voit dans le pays de ces véhicules et motos frappés de l’inscription « 4è RGPH : recensement général de la population ». L’idée est de permettre au Togo de connaître exactement le nombre de ses habitants, leur caractéristique, leur répartition, leur évolution, de disposer d’un nouveau fichier débarrassé des morts et des disparus. Ce qui, par ricochet, devra déboucher sur un toilettage du fichier électoral et dégager le vrai pourcentage du corps électoral togolais.
En attendant, la population togolaise est estimée en 2008 à 5.598.000 habitants, pour un taux de chômage de 6,8% et un taux de vulnérabilité à la pauvreté de 81,8%. En 2000, l’estimation était de 4,629 millions d’âmes. Le Togo compte un peu plus de femmes (51%) que d’hommes (49%), avec 42,2% de personnes âgées de moins de 15 ans, 31,5% entre 15 et 34 ans, et 6,5% pour les 80 ans et plus. La densité moyenne pour l’ensemble du pays est de 99 habitants au kilomètre carré. Dans un tout premier recensement au cours de la période coloniale, la population était de 728 000 en 1922. Elle est passée à 3,492 millions en 1990. Au dernier recensement, en 1981, elle était de 2,719 millions.
Le 30 décembre 2008, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) publiait un rapport sur l’état de la population togolaise après compilation des données d’enquêtes démographiques et de santé et des données de la direction générale de la statistique. En 86 ans, de 1922 à 2008, la population s’est multipliée par 7,7. A ce rythme d’accroissement, elle n’atteindra que 6,446 millions en 2015, 8,171 millions en 2025, 10,358 millions en 2035… et 16,644 millions en 2055. Soit un doublement de la population tous les 29 ans.
En 2008, sur 10,8% de la superficie du pays, la région Maritime, avec 2 551 500 habitants, regroupe 44,9% de la population du pays dont plus de la moitié soit 1 517 100 individus résident dans la commune et l’agglomération de Lomé. La région Maritime est plus peuplée avec une densité de 412 habitants au kilomètre carré en 2008, contre une densité moyenne de 99 habitant/km². La région des Plateaux demeure la plus vaste –presque le tiers du pays– mais peuplée à 22,5%; les régions Centrale et de la Kara –deuxième et troisième de part l’étendue– ont respectivement 9,1% et 12,3% de la population. La Savane, quatrième par l’étendue, boucle avec 11,4% de la population en 2008. D’où un glissement des résidents des régions septentrionales vers les régions méridionales.
Plus est, 79,9% des individus sont pauvres dans la zone rurale. Le chômage est plus élevé chez les jeunes de 15 à 24 ans (10,6%). Le taux d’alphabétisation (un des plus élevés de la sous région) se chiffre à 76,4% pour les jeunes de 15 à 24 ans et à 56,9% pour les adultes. Dans les milieux urbains, 94% des enfants sont scolarisés contre 77% en zone rurale. Tout ceci a certainement évolué.

Entre subvention et gratuité de la césarienne
« Le processus de gratification de la césarienne sera effectif à partir de 2010 », a annoncé Gilbert Houngbo. Déjà en ville, par l’effet d’annonce, beaucoup se disent qu’ils sont préservés de la sueur chaude lorsqu’il faut disposer d’au moins 200.000 francs Cfa pour entamer un accouchement impossible, voire dangereux, par les voies basses naturelles. En réalité, on arrive à débourser plus, vu la pluie des ordonnances dressées par le gynécologue à la sortie du bloc opératoire. L’achat du kit de césarienne n’est que le début des dépenses. Après, il faut supporter la femme à coup de médicaments jusqu’à la sortie de l’hôpital public. La précision est de taille pour que la conscience collective ne se dise pas que, désormais, tout sera supporté par l’Etat, de l’entrée à la sortie. Par expérience, avec la gratuité des frais scolaires, des gens ont cru que même la fourniture et la nourriture seront fournies par l’Autorité.
Plus est, la prévision financière du gouvernement se basait sur une prévision en nombre de cas à supporter. Naturellement, cela peut augmenter et limiter la gratuité. Dans tous les cas, l’Exécutif devra rechercher plus de ressources quand on sait que le budget 2010 n’a retenu que 200 millions de francs Cfa pour subventionner la césarienne.
Rappelons que le gouvernement avait procédé à une évaluation des coûts pour la prise en charge de la gratuité de la césarienne dans les hôpitaux publics. Le coût unitaire d’une césarienne étant estimé à 110.000 francs Cfa, le nombre de cas attendus de 2010 à 2012 est évalué à 73.608 (23.814 en 2010, 24.529 en 2011 et 25.265 en 2012). Et il entend investir respectivement plus de 2,585 milliards de francs Cfa en 2010, plus de 2,662 milliards de francs Cfa en 2011 et plus de 2,742 milliards de francs Cfa pour l’année 2012. Soit un total de 7,989 milliards en trois ans. Ce qui dépasse même la charge des 25 nouvelles mesures contenues dans le projet du budget 2010 (7,523 milliards de francs Cfa), entre autres le renforcement des capacités managériales de l’Administration (500 millions), la participation au capital de la SNPT (500 millions), le Fonds de soutien des prix aux producteurs de coton (500 millions), l’appui à la décentralisation (100 millions), la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (500 millions), la réouverture de l’ENS d’Atakpamé (200 millions), l’appui aux activités de développement à la base (1 milliard), la provision pour recrutement pour l’Enseignement (1,2 milliard), la provision pour recrutement dans le reste de l’Administration (600 millions), l’hôpital de l’enfance de Dapaong (20 millions), les agents de santé communautaire (76 millions).
Il faut prendre appui sur les difficultés des pays, qui ont déjà décrété la gratuité de la césarienne, à disposer des produits et à contenir la foule des grossesses. Or, ces pays bénéficient d’une bonne grâce des bailleurs de fonds.

Pour le développement du pays
L’expertise de la diaspora s’impose

Le vœu émis par le gouvernement en septembre dernier s’impose et veut se concrétiser : la diaspora est une expertise de haute main dont le pays a besoin pour son développement. En conseil des ministres le 16 septembre 2009, le gouvernement avait déjà entériné une nouvelle disposition du décret n°71-173 du 6 septembre 1971 relatif aux agents contractuels et décisionnaires. Ainsi, il était désormais permis à l’administration publique togolaise de recruter, par contrat, des citoyens togolais expatriés disposant de compétences utiles pour des activités ponctuelles nécessités par les besoins de service. Une possibilité qui n’était nullement possible par le passé.
Dans son discours programme, vendredi devant les élus du peuple, Gilbert Houngbo, lui-même pur produit de la diaspora, est revenu à la charge, faisant des milliers de fils du pays vivant en Europe et aux Etats-Unis des ressources indispensables pour le développement du Togo. «Ces expatriés, qui bénéficient de bons niveaux de formation, notamment dans les professions libérales, dans les secteurs scientifiques et technologiques de pointe ou des finances et des investissements, ont, aujourd’hui, trouvé dans ces pays d’accueil des opportunités de travail et d’insertion sociale et ont acquis une expérience impressionnante. Ils constituent une chance pour le pays», affirme le Premier ministre. En vue de renforcer les capacités nationales, notamment en matières scientifique, technologie, financière ou encore académique, le pays pourra en recourir.
Tout se tient à présent à quelques détails près : la nécessité d’assainir l’environnement et de le rendre propice au retour sans ambages des expatriés. L’environnement politique du moment, marqué par l’entrée historique de l’Union des forces de changement (Ufc) dans un gouvernement du pouvoir, est un indice de détente sur le plan national. Le message –non pas celui tronqué des éternels aigris– se doit d’être porté vers ces compétences nationales à l’extérieur du pays. Mais le politique ne saurait seul suffire pour inciter à un retour au pays. L’environnement des affaires est plus qu’indispensable, il a contribué à chasser sous d’autres cieux, et dans le voisinage immédiat, des opérateurs attirés par le pays. Il est annoncé l’adoption au cours de l’année d’un nouveau code des investissements plus souple et une nouvelle loi sur la Zone franche plus attractive. Sur recommandations de la Banque mondiale, les autorités se sont engagées à améliorer la performance du secteur privé : les procédures de création d’entreprises (par la suppression des documents non nécessaires ou redondants, la centralisation du processus, la réduction des documents requis et des frais de création) ont été allégées.
Et des mesures fiscales se prennent pour inciter et favoriser l’éclosion des PME et PMI créatrices d’emplois.
Il est, tout compte fait, indéniable que l’apport de la diaspora pourrait promouvoir l’emploi et absorber le chômage dans plusieurs secteurs. Tous les ans, et de loin, la diaspora togolaise contribue au développement du pays par des soutiens financiers à leurs familles, et permet à des compatriotes surplace de survivre par des investissements dans des activités génératrices de revenus. Officiellement, on évoque le chiffre de 115 milliards de francs Cfa expédiés par transferts au pays en 2008, montant qui a monté à 122,3 milliards de francs l’année suivante. Il pourra augmenter davantage avec les mesures que le gouvernement annonce en vue de faciliter les transferts de fonds.
Il sera donc révolu le temps des discours qui font de la diaspora un regroupement acquis à l’opposition, nuisible au pouvoir… et opposé aux intérêts du peuple.

Environnement des affaires au Togo
La Cour d’arbitrage attend toujours de démarrer
Annoncé depuis plus d’un an déjà, le démarrage effectif des activités de la Chambre de règlement des conflits et d’arbitrage de la Chambre du commerce et d’industrie du Togo (CCIT) se fait encore attendre. Instituée auprès de la Chambre de commerce depuis plus de 20 ans par la loi N°89-31 du 28 novembre 1989, la Cour d’arbitrage du Togo (CATO) était annoncée pour débuter ses activités en 2009. Aujourd’hui, en juin 2010, le Premier ministre parle de sa réactivation. Mais il ne fait aucun doute que pour un secteur privé dynamique, il faut une Cour d’arbitrage qui fonctionne. Par ailleurs, de l’avis du président de la Chambre du commerce, l’effectivité d’une Cour d’arbitrage s’impose au pays, d’autant que l’accroissement des échanges s’accompagne nécessairement d’une multiplication de litiges à régler.
L’arbitrage est généralement défini comme une justice où les parties confient à des arbitres, librement désignés par elles, la mission de trancher leurs litiges. «C’est une juridiction appropriée pour les entreprises», explique le président de la Chambre du commerce Jonathan Fiawoo. L’arbitrage offre la discrétion sur les litiges –quitte à protéger la réputation des parties–, et met les parties sur le même pied d’égalité, quelle que soit leur nationalité. Mieux, l’arbitrage fait l’économie des nombreuses procédures judiciaires classiques. «Ce sont les parties qui fixent elles-mêmes le délai dans lequel les arbitres rendront leur sentence», précise M. Fiawoo. En la matière, le Togo a pris du retard sur ses voisins.
En optant pour l’arbitrage, on évite la lourdeur des procédures et la perte de temps, on évite l’ébruitement du litige. Mais des spécialistes du droit ont relevé des difficultés qui pourraient naître de l’application des sentences arbitrales. Ce qui n’est pas le cas de la justice étatique à cause des moyens de coercition dont elle dispose. Des textes nationaux tels que le Code de procédure civile et le Code de commerce, ainsi que la loi instituant la CATO disposent de recours à l’arbitrage. Le recours à l’arbitrage est également prévu par l’OHADA et plusieurs instruments sur le plan international. Il reste à y recourir effectivement au Togo. Une lacune que le Premier ministre Houngbo pourrait corriger dans le cadre des efforts fournis pour l’amélioration de la performance du secteur privé togolais.
La CATO a pour principale attribution de mettre à la disposition des opérateurs économiques des modes de règlement de leurs différends, à savoir la conciliation médiation et l’arbitrage. Outre le Conseil d’administration, la CATO dispose d’un Comité de médiation et d’arbitrage.

Pour faire de 2010-2015 un quinquennat économique
Le PIB, un allier incertain de Houngbo

Passées les violences électorales de 2005 et le premier mandat de Faure Gnassingbé à recoudre le tissu social par le dialogue, le quinquennat 2010-2015 se doit «d’être largement économique plutôt que politique». Telle est la vision que se fait le Premier ministre reconduit pour son pays.
Pour avoir l’onction du parlement, vendredi, le Premier Gilbert Houngbo a inscrit, entre autres, l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens à son agenda. Pour sortir le pays de la paupérisation, le Premier ministre devra compter, à moyen et long terme, sur «une croissance économique forte et soutenue d’au moins 7%» du Produit intérieur brut (PIB), affirme-t-il. Il en est encore loin, malheureusement : la croissance n’a atteint que 3,1% en 2009, chiffre inférieur au niveau potentiel de 4% estimé, selon une récente mission, à la mi-avril, du Fonds monétaire international (FMI). Et, ce, malgré une politique budgétaire contra cyclique menée par les autorités.
Le Fonds monétaire met cette contre-performance sur le dos de la récession mondiale qui a commencé en 2008. Et ce n’est pas fini : «en 2010, les effets persistants de la récession mondiale continueront de freiner la croissance économique, dont le taux devrait se situer à 3,3 %», prévient Marshall Mills, chef de la mission du FMI au Togo. En réalité, le taux de croissance du Togo va et vient. Et a de la peine à monter sensiblement, d’après la Commission des Finances du parlement à l’examen du projet de loi de finances 2010. En 2008, la croissance du PIB s’est dégradée, en passant de 2,1% en 2007 à 1,8%, soit une décélération de 0,3 point. Le taux d’inflation mesuré par le déflateur du PIB serait de 2,3% en 2010.
Il est tout de même noté la contribution de la production alimentaire en particulier à la croissance, grâce à des conditions climatiques favorables et aux subventions sur les engrais. L’inflation a chuté à une moyenne de 2% en 2009, contre 9% en 2008, sous l’effet du repli des prix des produits alimentaires et énergétiques. Il est recommandé aux gouvernants d’engager une solide mobilisation des recettes, un respect rigoureux des plafonds de dépenses, et un complément d’aide financière de la part des partenaires extérieurs. Quant au Fonds, il s’apprête, ce mois de juin, à saisir le Conseil d’administration sur les résultats de la quatrième revue du programme appuyé par la FEC (Facilité élargie de crédit) et d’une demande des autorités pour un accès à niveau supérieur aux ressources du FMI.
Ces dernières années, le PIB reste fortement soutenu particulièrement par le secteur primaire dans son ensemble, indiquent les spécialistes du ministère de l’Economie et des finances. La contribution de ce secteur (industriel) à la formation du PIB en 2009 est de 39,0% contre 37,3% en 2008. Après une hausse de 3,4% en 2008, il progresserait jusqu’à 7,1% en 2009. Sa valeur ajoutée est passée en effet de 393,6 milliards de francs Cfa en 2008 à 42,1 milliards de francs en 2009.
Le secteur secondaire a contribué au PIB à 20,8% contre 19,7% l’année précédente, avec une valeur ajoutée établie en 2009 à 225,3 milliards de francs contre 208,3 milliards de francs en 2008. La contribution du secteur tertiaire marchand se situe en 2009 à hauteur de 24,5% contre 25,0% en 2008, avec une valeur ajoutée passée de 263,7 milliards de francs en 2008 à 264,9 milliards de francs en 2009.
Le taux de croissance est un indicateur économique utilisé pour mesurer la croissance de l'économie d'un pays d'une année sur l'autre.

En cas de vote positif à l’Assemblée nationale
Le Togo dispose de son Code de l’eau dès ce mardi
Après son adoption favorable par la Commission du développement économique et de l’aménagement du territoire, le projet de loi portant Code de l’eau passe ce mardi devant l’Assemblée nationale, en plénière. Le texte a été finalisé courant mai 2009 par le gouvernement qui revisitait ainsi le cadre juridique institutionnel de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Un processus qui a commencé en 2005. Jusqu’ici, il n’existe pratiquement pas de texte juridique spécifique aux ressources en eau. La première tentative d’élaboration d’un Code de l’eau date de 1998, mais elle n’a pas abouti. Du coup, le Togo utilise le Code minier pour délivrer les autorisations aux sociétés locales d’embouteillage d’eau, en plus du décret du 22 décembre 1999 portant cahier des charges du service public de l’eau potable et d’assainissement en milieu urbain et la loi du 10 novembre 2003 portant création du Fonds de développement du secteur de l’eau potable et de l’assainissement en milieu urbain. Pis est, pas de données fiables qui évaluent les ressources en eau du pays. Dans les années 70 et 80, il y a eu des tentatives d’évaluation à partir des données qui ne couvraient pas toutes les ressources disponibles.
En 2002, le Togo a engagé le processus de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) pour asseoir une meilleure gouvernance de l’eau, par l’aide des consultants recrutés par le PNUD et la FAO en 2003. Afin d’établir l’état des lieux du secteur de l’eau et de proposer une politique et une stratégie de GIRE et son plan d’action. Ainsi que de proposer un projet de loi portant Code de l’eau, un instrument dont le Togo est actuellement le seul dans la sous région à ne pas en être doté.
Sept ans après, des efforts sont faits. A la différence que le taux d’accès à l’eau potable et les taux d’accès global aux infrastructures d’assainissement restent encore faibles. Une enquête, en 2006, situe à 34% le taux moyen national d’accès à l’eau potable, repartis comme suit : 21% en milieu rural, 24% en milieu semi urbain, 39% en milieu urbain et 44% à Lomé, en 2007. Le taux de desserte moyen en eau potable est de 30% en milieux rural et semi urbain. Fin 2005, l’on a recensé 6.500 points d’eau modernes en milieu rural dont 5.500 forages équipés de pompes à motricité humaine et environ 100 mini systèmes d’adduction d’eau potable en milieu semi urbain. (TdE), dont le cadre d’intervention est fixé depuis 2004. Actuellement, 22 centres urbains, sur les 30 existants, sont desservis par la Société togolaise des eaux (TdE). Fin 2009, l’on y a ajouté la réalisation de 56 mini adductions d’eau potable en milieux urbains et semi urbains, la construction de 774 forages et la réhabilitation de 123 autres. 61% de Togolais n’ont pas accès à l’eau potable ; il est visé un taux de 44% dans les zones rurales à l’horizon 2012.
Pour l’heure, les 185 articles du futur Code de l’eau traitent du régime juridique de l’eau, des aménagements et des ouvrages hydrauliques, de leur protection, des diverses utilisations de l’eau, des effets nuisibles de l’eau, du système de financement. Et naturellement des pénalités, avec la création d’une Police de l’eau chargée de la constatation des infractions. Le Code consacre le principe de la domanialité publique de l’eau en définissant et en précisant le domaine public de l’eau. Il détermine les modalités d’indemnisation des propriétaires et autres titulaires de droits fonciers ayant subi un préjudice direct, matériel et certain du fait du classement de leurs terrains parmi les dépendances du domaine public de l’eau.
D’ores et déjà, l’Autorité promet une large diffusion du contenu de la loi à partir des extraits spécifiques à chaque groupe cible des collectivités territoriales. Attendons de voir. Ce qui est sûr, après la publicité, chaque exploitant de forage doit déclarer l’existence de son forage pour qu’on puisse procéder au test de potabilité ou tout autre test préalable à l’autorisation. Car il est toujours difficile à l’Etat de répondre des eaux de puits et forages réalisés par les privés ici et là.

Commémoration des journées de l’Arbre et de l’Environnement
Les agents de BOAD invités à s’illustrer comme des éco-citoyens modèles
M. Bassary Touré, Vice président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a invité samedi les agents de son institution à « s’illustrer dans leurs milieux respectifs comme des éco-citoyens modèles, porteurs d’un nouvel ordre environnemental ».
« La dégradation de l’environnement est principalement imputable à l’homme qui, par ses agissements et comportements contribue à l’accélérer. Il convient donc d’agir en toute responsabilité, chacun en ce qui le concerne, pour sauver notre planète », a déclaré M. Bassary Touré lors de la commémoration de la Journée de l’Environnement.
Pour marquer de cette journée et celle de l’Arbre célébrée le 1er juin, les agents de la BOAD ont été conviés à une opération dénommée " Opération un agent, un arbre" qui consiste à planter des jeunes plants le long du boulevard Eyadema.
C’est donc vêtus de tee-shirts portant le logo de leur institution et dos desquels on pouvait lire "Opération un agent un arbre" que ces agents ont planté un millier d’arbres.
A travers la symbolique de cette commémoration, la BOAD voudrait une fois encore sensibiliser sur la dimension humaine des problèmes environnementaux et par la même occasion, en appeler à une prise de conscience à la fois individuelle et collective sur la question de l’environnement.

« De nos jours, la protection de l’environnement est devenue un enjeu majeur et sa préservation constitue l’un des trois piliers du développement durable et l’un des huit objectifs du millénaire pour le développement. C’est à juste titre que notre institution qui finance le développement, place la problématique de l’environnement au cœur de ses préoccupation », s’est justifié M. Bassary Touré.
Déjà l’année dernière, la BOAD avait lancé l’opération : « 1000 arbres pour la ville de Lomé » qui avait pour objectif de contribuer à améliorer l’écosystème et la biodiversité à Lomé qui abrite le siège de la Banque. La double célébration de samedi leur a aussi permis de remplacer les arbres qui n’ont pas pu survivre à cause des aléas.

Le Premier ministre se lance un défi
Porter le coton à 100.000 tonnes en 2015
Le défi est énorme. L’écart entre les productions de coton d’avant et celles des dernières campagnes l’est également. Le gouvernement de Gilbert Fossou Houngbo émet le vœu de porter la production cotonnière à 80.000 tonnes en 2011, et à 100.000 tonnes à partir de 2013. Des mesures sont prises à cet effet, expliquait le Premier ministre vendredi dans son nouveau programme devant les députés. Aucun détail n’a malheureusement été donné sur les mesures envisagées. Mais des sources non officialisées évoquent la recherche sur de nouvelles variétés de semences pour booster la production du Togo jadis annoncée à environ 180.000 tonnes.
Le coton togolais, il est vrai, a atteint le fond. La campagne 2009-2010, annoncée à près de 60.000 tonnes, n’a sorti des champs que la moitié de fibres, 30.000 tonnes. Au lancement de la campagne 2010-2011, la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT), en accord avec les producteurs désormais liés par 40% des parts de la NSCT, n’a tablé que sur 40.000 tonnes, pour être plus prudente, d’autant que les effets attendus de la réorganisation de la filière tardent à se matérialiser.
Outre le désintéressement des producteurs d’un secteur qui ne nourrit plus vraiment son paysan, la pluviométrie reste encore déterminante dans la réussite de la relance. Au gré du changement du climat, elle peut être irrégulière, en avance, abondante à loisir ou en retard. Si elle est prise en compte dans l’annonce faite par le Premier ministre, un pari aura été gagné.
Depuis 2001, le Togo a quitté le club des grands producteurs tels le Bénin, le Burkina Faso, le Mali… La campagne 2007-2008 n’avait produit, elle aussi, que 50 000 tonnes, après une production de 39 000 tonnes en 2006-2007. En 2007, l’Etat a dû éponger jusqu’à 22 milliards de francs Cfa dus par l’ancienne Société togolaise de coton (Sotoco) pour inciter les producteurs. En vain pour le moment. Dans le cadre du redressement de la filière, la Sotoco (publique) a été par ailleurs dissoute en janvier 2009 pour faire place à une Nouvelle société cotonnière du Togo (Nsct, mixte) qui implique à 40% du capital la Fédération des groupements de producteurs.

La Croix Rouge expliquée aux politiques
La Croix Rouge Togolaise (CRT) a rassemblé en atelier le 04 juin les partis politiques au centre Cifex à Lomé. L’objectif de cette formation est de faire connaître aux participants dans les moindres détails la croix rouge. Les communications touchaient essentiellement les sept principes fondamentaux (humanité, impartialité, neutralité, volontariat, indépendance, unité, universalité), la genèse, les domaines d’intervention, les missions ainsi que le bilan de ce mouvement.
Rappelons que c’est à partir des années 90 que la Croix Rouge Togolaise (CRT) s’est réellement affirmée au Togo par les secours d’urgence qu’elle apportait aux blessés pendant les troubles sociopolitiques. D’où la CRT a jugé nécessaire d’informer les hommes politiques sur les aptitudes à adopter en cas de conflit. Elle s’est par la suite impliquée dans la gestion des mouvements des populations entre 1991-1994 et le rapatriement des réfugiés togolais à l’extérieur. Par sa politique de secours et de réponses aux catastrophes, la CRT a assisté les populations touchées par l’épidémie de choléra (en 2004, 2008 et 2009) et les victimes des inondations (1999-2001; 2007-2008).

Musique
Mirlinda en tournée aux USA depuis un mois

Mirlinda, la chanteuse togolaise de musique de variétés est en tournée aux Etats-Unis depuis un mois. Elle y fera une série de concerts dont le premier a été donné à New York à l’occasion des célébrations de l’indépendance du Togo, le 27 avril dernier.
Apparue sur la scène musicale depuis quatre ans, Mirlinda a gagné les cœurs des mélomanes dès la sortie de son premier album « Denyigba ». 30 prunes, né dans la ville gabonaise de N'djolé au Gabon, Mirlanda avoue avoir eu une enfance baignée dans la musique et les chants.
Le succès de son premier album l’a propulsée sur la scène musicale. Elle a depuis produit d’autres albums comme « Ah l'amour » dont le morceau « Pardon » est le plus populaire. Mirlinda chante en Ewé, Français et Anglais.
Il reste à Mirlinda de faire des concerts les 13 juin à Charlotte, Caroline du Nord, et le 19 à Chicago.

© L’Union du 8 juin 2010

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