La belle ardoise

09/05/2008
La belle ardoise

Quelle est l'ardoise totale du Togo se demande vendredi l'hebdomadaire L'Union. Il est allé chercher la réponse à la Direction de la dette publique. 236,598 milliards de francs CFA. Une jolie somme. De nombreuses entreprises attendent d'être payées depuis plusieurs années, d'autres ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. L'hebdo a interrogé Djia Negbane, Monsieur dette au ministère de l'Economie et des Finances.

##S_B##Voici une sélection des articles parus cette semaine dans L'Union

Pour soulager ses créanciers

Le Togo veut apurer sa dette intérieure courant 2009

* La somme validée au 31 décembre 2005 s'élève à 236,598 milliards de francs CFA.

Par l'effet d'annonce de la reprise de la coopération du Togo avec ses principaux bailleurs de fonds, l'association des créanciers de l'Etat est montée au créneau pour réclamer ses dus pour services exécutés. Chose normale. Par moment, il a été doigté la mauvaise foi des pouvoirs publics à soulager des entreprises qui ont dû déposer les clés à cause des difficultés de trésorerie. Mais combien sont-ils à en avoir droit ? Quelle est l'ardoise totale que l'Etat doit à ses fils en question ? L'UNION s'est approché de la Direction de la dette publique patronnée par M. Djia Negbane et coiffée par le ministre de l'Economie et des Finances, Adji Ayassor. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les choses se sont éclaircies à moitié et une stratégie d'apurement devait intervenir courant 2008…pour 2009.

Selon les prévisions faites par le Commissaire du gouvernement lors de l'adoption de la loi de finances 2008.

L'interview du directeur de la Dette publique, Djia Negbane.

Un cabinet d'audit a été commis pour faire l'état de la dette intérieure du Togo. A quel niveau se trouvent les travaux ?

En effet, un avis d'appel d'offres international ouvert à tous les cabinets d'audit ayant des compétences reconnues en matière d'audit a été lancé par le gouvernement togolais le 10 novembre 2005. L'avis d'appel d'offres a clairement défini les conditions de participation et a fait l'objet d'une large diffusion par voie de presse dans la sous région.

Un comité ad hoc chargé du suivi de l'audit de la dette intérieure du Togo au 31 décembre 2005 a été mis sur pied à cet effet par arrêté ministériel n° 001/MEFP/CAB en date du 06 janvier 2006. Le comité a procédé à l'évaluation des offres en deux (2) étapes : les offres techniques d'abord, les offres financières ensuite.

A l'évaluation des offres financières, le cabinet KPMG s'est avéré le MIEUX DISANT (c'est-à-dire techniquement apte et financièrement mois cher) et, sur proposition du comité ad hoc, la Commission Nationale des Marchés l'a déclaré adjudicataire du marché d'audit de la dette intérieure du Togo au 31 décembre 2005 (c'est-à-dire que la Commission Nationale des Marchés lui a attribué le marché).

Cette attribution s'est matérialisée par la signature du marché n°004/MEFP/CAB en date du 23 mai 2006 entre le gouvernement de la République Togolaise et le directeur associé du cabinet KPMG et Auditeurs Associés en Afrique. Le Cabinet KPMG a déposé ses rapports provisoire et définitif de l'évaluation de la dette intérieure couvrant les années passées jusqu'à l'an 2005 respectivement en février et en juin 2007.

Qu'est – ce qu'on peut retenir des grandes lignes de cette étude, notamment le moment total de la dette ?

L'auditeur a révélé deux (02) principales insuffisances dans le circuit de la dépense publique, puis il a fait des recommandations à l'attention du Ministère de l'Economie et des Finances.

Au titre de ces insuffisances, le Cabinet a noté quelques dérapages dans le respect des procédures budgétaires (engagement, liquidation, ordonnancement et paiement) et recommande entre autres la définition et la mise en Œuvre d'une stratégie d'apurement de la dette intérieure.

Pour ce qui est du montant de cette dette, il faut noter que les résultats définitifs des travaux du Cabinet ont fait ressortir quatre catégories de dettes : la dette validée : 236.598 Millions de francs CFA, la dette non vérifiable : 14.269 Millions de francs CFA, la dette en suspens : 91.281 Millions de francs CFA, la dette rejetée : 78.256 Millions de francs CFA.

La dette validée est celle pour laquelle la sincérité et la véracité de la dépense sont clairement établies par le Cabinet (c'est-à-dire que le service fait ou le matériel livré a été vérifié). La dette non vérifiable est celle pour laquelle le Cabinet ne peut se prononcer sur la sincérité et la véracité de la dépense compte tenu du caractère fongible des biens livrés et de l'insuffisance des indices attestant que le service a été fait ou que le matériel ayant été commandé a été livré. La dette en suspens est celle pour laquelle le Cabinet a besoin d'informations complémentaires pour pouvoir se prononcer. Enfin, la dette rejetée est celle dont la sincérité de la dépense n'est pas attestée par le Cabinet, aucune preuve n'ayant été constatée.

Il apparaît donc que la dette intérieure du Togo au 31 décembre 2005 est arrêtée à la somme de 236,598 Milliards de francs CFA, montant auquel pourrait s'ajouter 105,550 Milliards de francs CFA représentant les montants des dettes non vérifiables et en suspens pour lesquelles le gouvernement devra se prononcer au cas par cas. Au montant retenu s'ajoutera celui de la dette de 2006.

Qu'est-ce qui a justifié que le travail du Cabinet ait été partiellement repris ?

Le travail du Cabinet n'a pas été repris, ni partiellement, ni totalement. En réalité, à la demande du Ministère de l'Economie et des Finances, KPMG a soumis une proposition de services professionnels visant le recensement de la dette intérieure au titre de la gestion 2006. C'est un travail qui complète l'audit de la dette intérieure au 31 décembre 2005. Il vise à donner une idée complète de la dette intérieure du Togo au 31 décembre 2006 à l'autorité en vue d'une prise de décision définitive pour l'apurement.

Il était dit que des faux documents avaient été fournis par des prestataires au Cabinet. Si oui, quel a pu être leur impact sur la dette intérieure ?

Nous ne sommes pas au courant de faux documents que les prestataires auraient fournis lors de l'audit. Ce que nous savons, c'est que, à chaque fois que le Cabinet a constaté la non exécution des prestations ou le manque de preuves suffisantes, la dette a fait l'objet de rejet. Dans certains cas, le Cabinet a demandé des informations complémentaires.

Quelle peut être la suite que l'Etat entend donner aux conclusions du Cabinet ? Comment l'Etat compte-t-il procéder pour apurer cette dette ?

Les conclusions du rapport d'audit feront très bientôt l'objet d'analyse par les services techniques du Ministère. Cette analyse va aboutir à une décision par le gouvernement en ce qui concerne la dette vérifiable et celle non vérifiable ou en suspens.

Le gouvernement définira dans le courant de 2008 une stratégie d'apurement tenant compte des différentes catégories de la dette et ce en rapport avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. C'est cette stratégie d'apurement qui indiquera clairement comment se fera le remboursement de la dette.

Pour la campagne agricole 2008-2009

Le gouvernement subventionne fortement les engrais

L'information est rendue publique en mi-semaine par un communiqué de l'exécutif togolais. «…le gouvernement décide de fixer les prix de cession des engrais vivriers aux producteurs pour la campagne agricole 2008-2009 comme suit : 240 FCFA le kilogramme soit 12.000 FCFA le sac de 50 kilos d'engrais type NPK 1515, 240 FCFA le kilo soit 12.000 FCFA le sac de 50 kilos d'engrais type Urée 46% N». Et de préciser que ces prix sont identiques à ceux de la campagne 2007-2008 et sont pratiqués à tous les points de vente des engrais de l'Etat sur toute l'étendue du territoire national. Ainsi, les prix sont fortement subventionnés par le gouvernement afin de soutenir les agriculteurs dans leurs efforts pour une production abondante, poursuit le communiqué. Car, en principe, le prix de revient des engrais achetés est de 335 F le kilogramme soit 16.750F le sac de 50 kilos. Un manque à gagner de 95 FCFA sur le kilogramme, soit 4750 F sur le sac de 50 kilos, que décide de supporter l'Etat jusqu'en fin de campagne agricole.

Plus est, des garde-fous sont mis en place pour lutter contre la spéculation, phénomène qui gangrène depuis quelques mois tous les secteurs d'activités au Togo et ailleurs. «Afin de faire profiter les producteurs des efforts du soutien aux prix fixés par le gouvernement, il est recommandé de privilégier les ventes aux groupements, limiter les quantités à vendre au producteur individuel, s'appuyer sur les informations techniques communiquées par les agents de terrain sur l'existence réelle des superficies pour autoriser la vente à des producteurs qui souhaiteraient acheter des quantités importantes, d'éviter des trafics qui favorisent la fuite des engrais au-delà de nos frontières», conclut le texte.

Rappelons que, pour une meilleure productivité de la production agricole en ce début de saison agricole, le gouvernement togolais avait, début avril, mis à la disposition des producteurs déjà en chantier un premier stock de 2000 tonnes d'engrais et des tracteurs «très performants» étaient convoyés vers les lieux de production avant le démarrage des pluies. En son temps, une formation des techniciens, des mécaniciens et des tractoristes était prévue pour un usage efficient et une maintenance assurée des machines.

Flambée des prix

Une commission Vie chère mise en place

Les pouvoirs publics togolais ne veulent imposer aucune mesure qui se révèle inefficace face à la problématique de la flambée des prix. C'est ce qui transparaît de l'attitude du gouvernement qui a tenu cette semaine une réunion de concertation avec les partenaires sociaux, les opérateurs économiques et la société civile pour trouver dans les brefs délais des solutions convaincantes à la cherté de la vie au Togo. Dans la pratique, il s'agit de recueillir les propositions de solutions de tous les acteurs pour en faire une synthèse.

Fini donc le temps des contestations sans proposition et l'inaction ! Chacun est donc mis devant ses responsabilités pour faire avancer les débats. Déjà, les convives à la table du premier ministre Komlan Mally, le mercredi dernier, ont apprécié la démarche et promettent transmettre «très prochainement» au gouvernement leurs potions magiques. Car, «ça doit aller rapidement», selon les termes de Komlan Mally rapportés par l'Association togolaise des consommateurs.

Reste que les politiques en fassent autant pour apporter publiquement leurs contributions aux efforts du gouvernement. Le drame a été d'entendre sur les médias un éminent leader politique clamer avoir les remèdes adéquats contre la vie chère. Avec la précision qu'il n'est pas encore question de les dévoiler aux actuels tenants du pouvoir…en attendant d'être aux affaires ou d'y revenir. C'est selon.

Le Communiqué du gouvernement

Le phénomène de la vie chère qui secoue le monde aujourd'hui n'épargne aucun pays. Le Togo, notre pays, n'en fait pas exception. Le gouvernement, dès le début de la crise, a pris des mesures urgentes pour juguler la flambée des prix afin d'atténuer cette cherté de la vie. Ces mesures sont entres autres la subvention des prix des produits pétroliers pour un montant de dix milliards de francs CFA, la mise en vente de près de sept mille tonnes de céréales sur le marché local par l'OSAT, la subvention des prix du gaz domestique, la non augmentation des prix de certains produits fabriqués localement et puis la non augmentation des tarifs de l'eau et de l'électricité. Ainsi en vue de trouver des solutions durables à cette crise persistante, le gouvernement à l'issue d'une réunion de concertation avec les partenaires sociaux, les opérateurs économiques et la société civile a mis en place un comité ad hoc chargé de faire des propositions pour combattre les effets pervers de la crise sur les populations.

Fait à Lomé, le 7 mai 2008.

Pour stabiliser le prix du maïs

L'OSAT déverse 6145,27 tonnes de maïs sur le marché

C'est une course contre le prix que se lance le directeur général de l'Observatoire de la sécurité alimentaire au Togo (OSAT), Col. Ouro-Koura Agadazi, depuis que le prix du maïs a atteint la barre fatidique de 700 FCFA voire 800 FCFA. D'autant plus que, dans un entretien publié par le quotidien gouvernemental courant février, l'OSAT rassurait que le prix du maïs ne franchira pas le seuil de 500 FCFA.

Selon lui, 6145,27 tonnes de maïs –constituant la réserve de l'institution– devront être éjectés sur le marché local au cours de la présente campagne afin de stabiliser le prix. Mieux pour combattre la spéculation organisée par des commerçants véreux ; ceux-là mêmes qui font varier au moins deux fois par jour les prix de cette denrée, sans la moindre justification. La distribution, elle, se fait dans les cinq régions du Togo : Maritime (2128,71 tonnes), Plateaux (1143,4 tonnes), Centrale (783 tonnes), Kara (631,153 tonnes) et Savanes (1459 tonnes). Depuis le 1er février 2008, l'Observatoire a donc mis son stock de sécurité à la disposition des consommateurs sur toute l'étendue du territoire national. Le prix du sac de 100 kilos se vend à 16.000 F, et celui de 50 kilos à 8.000F, soit le bol à 400 F. Pas de vente en détails. Il revient aux consommateurs de se regrouper pour acquérir le minimum vendu. Dix-sept points de vente sont ouverts à Lomé.

Une expérience à évaluer

Dans la pratique, le consommateur qui désire le sac se fait enregistrer. La méthode veut éviter qu'une seule personne s'achète plus d'un sac en l'intervalle de quelques heures ou jours. Même s'il faut y apporter une atténuation du fait que l'opération n'est point informatisée pour être centralisée. De sources proches de l'OSAT, il est aujourd'hui demandé aux sociétés et ministères d'établir des listes de demande de maïs pour être livrés à domicile. Avec l'engagement de souvent acheter telle quantité à tel intervalle. A terme, l'Observatoire veut établir un lien entre le producteur et le consommateur. Le premier est ainsi assuré de couler son stock dès la production. L'expérience doit être évaluée sur une durée d'un an. Un marché national de consommation sera donc constitué. Du coup, l'OSAT peut véritablement estimer l'excédent de production susceptible d'être exporté. Encore qu'il faut effectivement arriver à connaître sans grande erreur la densité humaine de consommation et le volume consommé par personne par an au Togo.

Pourquoi la flambée ?

A en croire le Col. Ouro-Koura Agadazi, tout part de la cuvette de régulation c'est-à-dire la quantité restante chez les paysans après que l'Observatoire de la sécurité alimentaire au Togo eût constitué sa réserve à concurrence des fonds dégagés par le gouvernement. Par tradition, les paysans s'occupent de rechercher eux-mêmes les débouchés de la cuvette de régulation. Et c'est ici que les commerçants, devant l'insuffisance de stocks voulus, trouvent la manie d'augmenter les prix, n'étant pas sûrs du lendemain. Une pure pratique commerciale puisqu'il faut après coup faire face à des frais. Le maïs n'est pas la seule denrée dans ce cas. Dans un autre contexte, l'indisponibilité des paysans –déjà retournés dans les champs– encourage les commerçants à aller à la spéculation.

Dans ce schéma, le riz est loin de satisfaire à l'ambition de l'OSAT. La quantité disponible est largement insignifiante ; seule une dizaine de tonnes est déversée sur le marché en ne début de campagne pour trois régions économiques.

Revue de presse

1ER MAI : LES TRAVAILLEURS ET LES FONCTIONNAIRES

Au Togo, les travailleurs et les travailleurs étaient à l'honneur pendant le 1er mai. Du moins, chez les plumitifs de la presse privée. Et à Forum de la Semaine de dénicher «l'exhibitionnisme de Faure Gnassingbé devant les travailleurs» au palais des congrès, lieu des manifestations officielles. Pour le bihebdomadaire, la fête du 1er mai est la seule et unique occasion où les gouvernants de par le monde entier manifestent leur réelle volonté pour faire l'état des lieux de la gestion du pays en vue de permettre aux travailleurs eux-mêmes d'apprécier la situation et de se faire une idée des possibilités de l'Etat en ce qui concerne l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Au Togo, c'est un dialogue social en piège à cons et un patronat très préoccupé. Malgré tout, Faure s'en est allé sans mot dire. On peut constater que le fonctionnaire togolais est le moins loti dans la sous région avec un SMIG de misère et des salaires très bas. Ce que décrit Ephrem Tsikplonou dans une reprise de Liberté tri hebdo : «en ma qualité de haut cadre de la nation, j'ai des impayés de facture d'eau…».

«Enième échec de Komlan Mally, les fonctionnaires ont fêté sans salaires», fait observer pour sa part l'hebdomadaire privé Nouvelle Opinion. Avant de s'interroger : comment comprendre qu'un régime qui a pu, il y a cinq mois, donner un bonus de 100.000F à tous les hommes en treillis ne puissent pas prendre les mesures idoines pour payer le salaire des fonctionnaires avant le 1er mai ? «Il est temps que Komlan Mally sache orienter ses actions sinon son passage à la primature risque de ressembler à un tourisme déguisé. Car, en politique, ou on réussit on reste, ou on échoue et on part», conclut-il.

Tout compte fait, les problèmes politiques sacrifiés sur l'autel de la vie chère, constate Le Regard. C'est sans doute en tenant compte du fait que le principal parti d'opposition peut user de l'argument de la vie chère pour séduire les électeurs le moment venu que les autorités togolaises sont engagées dans une campagne de mobilisation de moyens quitte à reléguer au second plan toute discussion politique en vue des prochaines élections.

© L'Union du 9 mai 2008

 

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