La dernière séance

28/01/2011
La dernière séance

C’est l’une des pages de l’histoire du cinéma au Togo qui va bientôt se tourner. Le cinéma « Le Togo », très populaire dans les années 1960-1980, va être démoli. Il n’était plus en activité depuis une dizaine d’années, explique vendredi L’Union.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union

Verbatim
Le dialogue des opposants
A quelle sauce ces opposants vont-ils encore nous manger avec cette histoire de dialogue inclusif? s’interroge-t-on déjà dans les rues de Lomé. A peine annoncé par le Président de la république au cours de son traditionnel discours de voeux, le dialogue politique national inclusif prend l’allure d’une bataille rangée au sein de l’opposition alors que rien n’a encore commencé. Il a suffit que certains cadres de certains partis politiques se prononcent sur cette invite du Chef de l’Etat pour voir d’autres membres de l’opposition s’acharner contre leurs collègues.
L’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts) par la voix de son patron, Messan Agbéyomé Kodjo, est l’une des formations politiques intéressées par la proposition du Chef de l’Etat. Il l’a clairement exprimé au cours de son congrès du 15 janvier dernier. " A ce tournant particulier de notre histoire, la classe politique toute entière ne pourra faire l’économie d’un véritable dialogue inclusif que nous appelons de tous nos vœux depuis la rentrée politique d’OBUTS le 15 Novembre 2010. Ce dialogue doit permettre que tous les sujets de la Nation et les légitimes préoccupations de nos compatriotes soient débattus sans tabou et sans passion." a déclaré M. Kodjo. Quand au président de l’Alliance pour la démocratie et le développement intégral (Addi), le professeur Aimé Gogué, il a annoncé au cours d’une émission radiophonique le week-end dernier : "Même après une guerre, on discute." C’est sa manière d’accepter l’idée d’un dialogue politique. Pourtant son parti est un maillon du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), a fortiori un allié inconditionné de l’Alliance nationale pour le changement (Anc) de Jean-Pierre Fabre.
Au cours de leur meeting hebdomadaire du samedi dernier, Jean- Claude Codjo Délava, secrétaire général de l’Anc a déclaré qu’il était "regrettable que les partis politiques ayant obtenu un score insignifiant lors du scrutin de 4 mars 2010 se bousculent pour ce dialogue (inclusif, ndlr), alors qu’ils devraient s’aligner derrière l’ANC …" Cette phrase a créé une indignation au sein de la classe politique d’opposition. Ainsi, Jean Kissi, secrétaire national du CAR a exprimé son désarroi. "Quant on fait la politique, il faut à un moment donné faire le bilan et, le cas échéant, changer de méthode. Quant vous lancez des manifestations qui rassemblent 30.000 personnes et que vous vous retrouvez, quelques mois plus tard, avec moins de mille participants, il faut se demander ce qui ne va pas. Le fait d’injurier les autres, les calomnier, c’est encore semer la division au sein de l’opposition." a-t-il répliqué. Plus indigné, son parti ne " comprend pas pourquoi, lors du meeting du 22 janvier 2011, les dirigeants de l’ANC ont cru devoir mettre en avant le score que le Pouvoir leur a attribué à la présidentielle de 2010 pour s’attaquer en des termes injurieux au CAR et à d’autres partis d’opposition qui ont pris des initiatives similaires."
C'est-à-dire des partis d’opposition qui en prenant acte de l’annonce par le Chef de l’Etat dans son message du 31 décembre 2010 de l’ouverture imminente d’un dialogue inclusif, ont estimé utile de s’y préparer. C’est pourquoi "le CAR rappelle que c’est ce genre de propos arrogants et de comportements hégémonistes qui ont divisé et affaibli l’opposition par le passé au profit de l’ancien parti unique au pouvoir" peut-on lire dans un communiqué. Tout est dit. Ce dialogue a mal démarré pour l’opposition

Promotion de l’équité et de l’égalité de genre au Togo (3ème partie)
La féminisation en berne dans la gouvernance
Dans cette dernière partie du dossier qui justifie la nouvelle Politique nationale pour l’équité et l’égalité de genre, il est question de replacer la femme togolaise dans la gouvernance et les mécanismes institutionnels d’intervention. La gouvernance politique étant appréhendée à trois niveaux : participation à la prise de décision et au contrôle, respect des droits et violences basées sur le genre.
C’est un acquis que les femmes sont sous représentées aux postes de décision, que ce soit au gouvernement, à l’Assemblée nationale ou au niveau des autres institutions de la République. Et ce n’est qu’en 1977, après la conférence de Mexico en 1975, que la femme togolaise a fait son entrée au gouvernement. Au Togo, les femmes et les hommes ont obtenu le droit de vote et celui d’être éligible dès 1956. Cependant, depuis 1958 jusqu’en 2007, sur un ensemble de 855 députés élus au cours des différents scrutins législatifs, il y a eu seulement 44 femmes contre 811 hommes, soit 5,14% de l’ensemble. Au niveau des maires et des chefs de canton, on relève respectivement 11,11% et 0,38% de femmes. Plus est, elles sont faiblement représentées dans la haute administration. Ainsi, sur 13 postes diplomatiques opérationnels, c’est une seule fois qu’une femme a occupé les fonctions d’ambassadeur (1980-1982). La Cour constitutionnelle, elle, n’a connu la nomination d’une femme qu’en 2007. Au niveau du commandement territorial, seulement deux femmes ont été nommées préfets en 1992. Concernant les centrales syndicales, les associations et les organisations à base communautaire, la tendance reste la même.
En termes de respect des droits, c’est aussi la discrimination. Au départ, le pays a toujours ramassé tous les instruments juridiques qu’il rencontre. En conformité à ceux-ci, la loi fondamentale inscrit l’égalité entre les sexes en son article 11. Cependant, la coexistence du droit moderne avec le droit coutumier et des systèmes de droit applicable à certaines communautés religieuses est source de blocage et facteur de maintien des pratiques discriminatoires à l’égard de la femme. Pour ce qui concerne la nationalité, la Constitution dispose que : « est Togolais, l’enfant né de père ou de mère togolais » (article 32). Mais, dans la pratique, il est fait un traitement différencié des requêtes d’acquisition de la nationalité selon le sexe de l’attributaire, constate le document rédigé par le Ministère de la promotion de la femme en décembre 2010.
Sur la base des mêmes instruments juridiques, le pays s’est engagé à éliminer toutes les formes de violences basées sur le genre, mais force est de constater que le phénomène persiste et constitue un véritable problème social de par son ampleur et sa nature. La violence basée sur le genre est présente à tous les niveaux de la société (foyers, rue, lieux de travail et d’apprentissage, etc.). La pratique de certains types de violences est en relation avec la tradition des auteurs et des victimes : cas des mutilations génitales féminines dont les taux les plus élevés se retrouvent dans les régions septentrionales (Centrale 55%, Savanes 32,4%, Kara 25,8% selon des chiffres de 2008).
Aujourd’hui, plusieurs structures concourent à la promotion de l’équité et de l’égalité de genre, notamment le ministère de tutelle, les ministères techniques, les partenaires au développement, les organisations de la société civile, les organisations non gouvernementales et les associations féminines. Mais le mécanisme d’effectivité des actions peine à trouver son identité car, suivant les années, il bascule en Ministère de plein exercice (comme dans l’actuel gouvernement) ou en Secrétariat d’Etat rattaché à un autre Ministère. En outre, la structure responsable de la promotion de la femme qui était une Direction générale de 1977 à 1991 est devenue depuis lors une simple Direction intégrée à la Direction générale du bien-être social. Pendant plusieurs mois, on a noté une perte de l’autonomie financière et administrative de la Direction. Cette autonomie sera rétablie par le décret du 14 septembre 1994 qui érigea de nouveau le mécanisme de mise en œuvre du genre en Direction générale de la promotion féminine. L’instabilité institutionnelle a donc constitué un handicap au développement de l’expertise technique pour une gestion efficace de la promotion des femmes au Togo. Ce qui a agi sur la capacité réelle à impulser et à coordonner l’action gouvernementale en relation avec les priorités dégagées. En plus du déficit d’expertise nationale dans le domaine du genre, même si cela ne concerne pas toutes les associations. Certaines organisations étant confrontées à des problèmes de capacités institutionnelles, techniques et financières.
Rappelons qu’il ne s’agit pas pour l’Exécutif d’instaurer une égalité exacte entre les hommes et les femmes, plutôt leur donner « la même valeur dans la société ». C’est un engagement à « faire du Togo un pays émergent, sans discrimination, où les femmes et les hommes auront les mêmes chances de participer à son développement et de jouir des bénéfices de sa croissance ». Pour un plaidoyer en faveur de la femme, c’en est un.

Code de transparence dans la gestion des finances publiques dans l’UEMOA
Nouvel engagement de gestion ouverte des finances d’ici 11 mois
L’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) dispose d’un cadre harmonisé des finances publiques destiné à faciliter l’exercice de la surveillance multilatérale des politiques budgétaires de ses pays membres. Courant 2000, elle édicte une directive portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques des Etats membres, en termes d’harmonisation. Et en 2009, après la réécriture des textes, il est fait obligation à chaque pays membre de transposer chacune des normes adoptées dans son ordonnancement juridique national au plus tard le 31 décembre 2011, c’est-à-dire dans encore 11 mois. Le Togo devra vite s’exécuter dans ce temps imparti, surtout que son chef d’Etat assure la présidence tournante de l’institution économique sous régionale pour un an.
Selon le lexique consacré, la transparence renvoie à la franchise, à la loyauté et à la clarté dans l’exercice des responsabilités. C’est aussi la voie à une gestion ouverte des affaires publiques, autrement dit le droit aux citoyens du pays membre d’avoir accès aux documents et aux informations publiques, de poser des questions et d’engager des actions administratives et légales contre des fautes professionnelles des agents publics. D’aucuns peuvent déjà se demander si c’est l’opacité qui entoure certains dossiers financiers qui va se lever.

En tout cas, malgré le début d’ouverture et de collaboration de certains commis de l’Etat à satisfaire le demandeur de l’information, il faut reconnaître que, globalement, il n’est facile de rentrer dans les détails sur la gestion des finances publiques au Togo. Souvent, ce sont des données qu’un agent « indélicat » vous livre en confidentiel, c’est-à-dire ni vu, ni connu. De façon officielle, que des chiffres globaux qui transparaissent dans les tableaux de bord mensuellement publiés par la Direction de l’Economie. La population illuminée, elle, se contente toujours des discours macro-économiques de l’Autorité, ce qui renforce la méfiance dans les chiffres. Chez les députés qui ont pourtant toutes les armes pour obtenir les informations, peu se gênent après l’adoption du budget à se mettre à la trousse du dépensier.
L’intégration desdites directives de l’Union dans le droit togolais devra à coup sûr consolider les efforts des dernières années et donner à la bonne gouvernance la forme souhaitée.
En rappel, toujours en matière de finances publiques, le Togo vient d’introduire le nouveau principe de la sincérité budgétaire édicté par l’UEMOA, c’est-à-dire l’obligation de présenter des comptes ou un budget reflétant une image sincère et fidèle de la situation et des perspectives économiques et patrimoniales nationales au regard des informations dont dispose le gouvernement au moment de leur élaboration. « Les prévisions de ressources et de charges de l’Etat doivent être sincères. Elles doivent être effectuées avec réalisme et prudence, compte tenu des informations disponibles au moment où le projet de loi de finances est établi », précise l’article 43 du projet de loi adopté pour transposer la norme communautaire dans la loi nationale.

Nouveau projet de Code des investissements
Une réduction de la taxe foncière pour les entreprises à l’intérieur du pays
Le Code des investissements, dont le nouveau projet – adopté le 19 janvier dernier par le conseil des ministres – va être introduit au Parlement, prévoit de s’appliquer aux entreprises régulièrement établies sur le territoire douanier togolais et y exerçant une activité industrielle, artisanale ou de service conforme aux lois et règlements en vigueur. Pour être éligibles aux dispositions de ce Code dans les conditions qui y sont définies, une dizaine d’activités économiques sont identifiées dans lesquelles les entreprises sont supposées exercer déjà ou désirent le faire. Ces activités intègrent de nouveaux sous-secteurs d’activités tels que la santé, l’éducation et la formation, le montage et la maintenance industrielle et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC, cyber-village, télé services, etc.).
Traditionnellement, les activités liées à l’agriculture, la pêche, l’élevage ou à leurs produits de transformation sont retenues ; ainsi que les manufactures, les activités de production d’énergie et de stockage d’hydrocarbures, de gaz à usage domestique, industriel ou médical. On remarque également que les secteurs touristique (aménagements et industries touristiques et hôtelleries) et culturel (livre, disque, cinéma, centres de documentation, centres de production audiovisuelle, etc.) ont été pris en compte.
En revanche, l’article 6 du projet de Code exclut systématiquement, de son champ d’application, les entreprises admises au régime de la zone franche, au régime d’un code spécifique ; les entreprises bénéficiant de conventions particulières ; et les entreprises exerçant dans les mines, les banques, les assurances et réassurances, la production d’armements et activités militaires connexes, l’achat et revente en l’état. Il en est de même pour les entreprises exerçant dans le commerce international, le courtage et stockage de produits autres que végétal, animal et halieutique, et dans le transport.
L’UNION indiquait dans sa précédente parution (N°363 du 25 janvier 2011) les avantages liés au nouveau Code des investissements, qui sont de nature à promouvoir l’installation de nouvelles entreprises et à permettre à celles existantes de procéder aux extensions, diversification et modernisation et, par ricochet, de générer de nouveaux emplois. Aussi bien pendant la période d’investissement, que durant la période d’exploitation. Mais, plus particulièrement, le texte précise d’autres avantages par rapport à la zone d’exploitation de l’entreprise.
Sont considérées comme implantées dans une zone les entreprises industrielles dont l’usine de production est installée dans cette zone ou les entreprises de service dont au moins 80% du personnel travaille dans ladite zone au titre du programme d’investissement agréé. Ainsi, le territoire douanier est divisé en trois zones : la région Maritime constitue la Zone 1, les Plateaux la Zone 2 et les régions Centrale, de la Kara et des Savanes constituant la Zone 3. Les entreprises admises à l’un des régimes du futur Code – régime de déclaration ou d’agrément – bénéficient d’une réduction de 30% sur la taxe foncière et sur la taxe professionnelle, et ce pendant les trois premières années d’exploitation pour la Zone 2, mais pendant les cinq premières années d’exploitation pour la Zone 3.
Des garanties
Il est indiqué que le nouveau Code offre une garantie à l’entreprise bénéficiaire notamment contre toute mesure de nationalisation, d’expropriation ou de réquisition sur toute l’étendue du territoire national, sauf pour cause d’utilité publique, légalement établie. Le cas échéant, l’entreprise bénéficiera d’une juste et préalable indemnisation à dire d’expert (Art. 39). En cas de différend, au sujet de l’interprétation ou de l’application du texte, qui n’aurait pas trouvé solution à l’amiable, la compétence des juridictions nationales de droit commun peut être saisie. Ainsi que la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) ou la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Ou encore la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), et le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi).
De l’engagement
L’administration du nouveau Code des investissements sera confiée à une société d’économie mixte, placée sous la tutelle technique du ministre chargé de l’Industrie, avec l’appellation «Société d’administration de la zone franche et de la promotion des investissements» (SAZOF-PI). Les entreprises, elles, s’engagent pour le respect d’un certain nombre de règles, telles que tenir une comptabilité régulière et complète dans la forme prévue par les dispositions légales en vigueur. Ou accepter tout contrôle et toute surveillance de l’administration compétente et répondre dans les délais impartis à tous questionnaires et demandes statistiques. Ou de fournir à l’organisme chargé de l’administration du Code un rapport annuel sur l’avancement du programme d’investissement et lui communiquer tous documents et informations demandés. Ou utiliser en priorité à conditions égales de qualité, prix et disponibilité les services d’origine togolaise. Ou respecter les droits des travailleurs conformément au Code du travail.
En cas de non respect des obligations édictées – une dizaine à peu près –, des sanctions peuvent être infligées aux entreprises fautives, telles que le retrait de l’attestation par la SAZOF-PI ou de l’agrément par arrêté du ministre en charge de l’Industrie. Dans ce cas, l’entreprise fautive à l’obligation de rembourser au Trésor public le montant des avantages fiscaux et douaniers obtenus pendant la période écoulée depuis la date de l’agrément jusqu’à la date d’effet de l’arrêté de retrait définitif.
Il est laissé aux entreprises bénéficiaires de mesures particulières de faveur ou des conventions d’investissement avant l’entrée en vigueur du présent Code de continuer de bénéficier des avantages et garanties qui leur ont été accordés, jusqu’à expiration de la durée légale desdits avantages et garanties. Le bénéfice d’un régime accordé à toute entreprise conformément aux dispositions du Code des investissements n’est à transmettre qu’avec l’activité pour laquelle l’agrément a été accordé. Aucune disposition réglementaire prenant effet à une date postérieure à celle de l’agrément ne peut avoir pour effet de supprimer ou de restreindre à l’égard de l’entreprise les dispositions du régime privilégié dont elle bénéficie (Art. 49).

Encore de fortes indélicatesses dans les Travaux publics
8 mises en demeure et 8 avertissements infligés à 13 entreprises défaillantes
Décidément, le cabinet du ministre Andjo Tchamdja aura à en découdre avec ses partenaires des entreprises de travaux publics. Le laisser-aller, le sentimentalisme, le favoritisme sont restés palpables dans le domaine des infrastructures. Nous ne nous trompions pas en écrivant que des entrepreneurs passent par des portes dérobées pour gagner des marchés, encaissent tout ou partie du montant du contrat…et le reste, on va voir. L’essentiel, c’est qu’à la prochaine occasion, on sache sauvegarder ses relations pour encore vaincre. Aujourd’hui, de plus en plus, le voile se lève sur ces entreprises indélicates qui, peut-on dire, ne se soucient nullement du caractère hautement public des ouvrages à réaliser.
Dans un communiqué en date du 25 janvier dernier, le ministère des Travaux publics dresse un tableau de seize sanctions réparties équitablement en huit (8) mises en demeure et huit (8) avertissements. A la barre des défaillants, treize (13) entreprises privées auxquelles il est reproché la lenteur dans l’exécution des projets de construction d’infrastructures. Et ce sans qu’elles aient pu avancer une raison valable pour espérer une circonstance atténuante. Selon les explications reçues hier audit ministère, l’avertissement veut dire « attention, vous venez de faire une erreur et, à la prochaine fois, ce sera la mise en demeure ». La mise en demeure, elle, signifie que l’entreprise sanctionnée a commis une faute grave et très importante qui n’éloigne pas trop de l’étape de la suspension pure et simple.
Tel que ressorti dans le tableau inséré à la page 5 de la parution du jour, on peut être stupéfait de lire qu’une entreprise vient de passer quatre (4) ans à construire un pont de 30 mètres, et là encore elle n’en a fait que 85% alors même que la durée initiale accordée était de six (6) mois. Dieu seul sait si elle vit toujours sur ce chantier de l’affluent de l’Anié à Akonta-Fazao. Pour le reste, des entreprises ont fait au minimum deux (2) ans à rester sur un seul chantier, avec le plus fort taux d’exécution à 59,78%. C’est simplement super ! Et dire que, pendant tout ce temps, tout le monde a cru que l’Etat cessait d’investir dans les petites infrastructures. Du coup, beaucoup s’accordent à dire que l’Autorité doit aller véritablement à la sanction maximale, aussi dure soit-elle, pour décourager la pratique. Au-delà, il faut sanctionner ces bureaucrates qui sont la tête pensante de cette manœuvre. Même un ministre ne doit pas être trop puissant devant la force de la loi.
Les mises en demeure sont allées à VIMA-BTP, ERTGC, ECOAT Sarl, CB GENIE CIVIL, EGEBAT (à deux reprises), EITP et EGC Sarl. Quant à YAMEN Sa, ENTTP, Ets LE PROGRES, GELLOQ TOGO, GER (à deux reprises), CB GENIE CIVIL et AGECET-BTP, ils ont écopé d’un avertissement. Le premier réflexe à avoir, c’est de reconnaître dans la liste GELLOQ TOGO et GER qui ont défrayé la chronique ces derniers temps. La seconde entreprise s’étant même octroyée un bras de fer avec la ministre des Enseignements primaire et secondaire, et un retard sur l’axe Kabou-Bassar.
Rappelons qu’en début du mois, le ministre Andjo Tchamdja avait flanqué à quatre (4) entreprises une sanction d’un (1) an dans la réalisation du projet des 50 kilomètres de pistes rurales par préfecture. Celles-ci ne sont plus autorisées à souscrire aux marchés publics durant cette période. Il s’agit, avec leur pourcentage de travaux réalisés, des sociétés SAMED (46% dans le Haho), GELLOQ TOGO (79% dans le Zio), MADAS (54% dans le Wawa) et ENCO-TP (66% dans le Vo).

Economie
Sur le marché interbancaire de l’UMOA
Le Togo a prêté 28,3 milliards Cfa à la mi-janvier
Les opérations effectuées sur le marché interbancaire de l’Union monétaire ouest africaine (Umoa), au cours de la période du 12 au 18 janvier 2011, ont atteint l’enveloppe de 40,85 milliards de francs Cfa pour les prêts engagés, et autant pour les emprunts contractés.. Les établissements de crédit du Togo ont enregistré, dans la même période, un total de 28,3 milliards de francs, sans contracter des emprunts. Loin devant leurs collègues sénégalais (9,00 milliards de francs de prêts, 1,00 milliard de francs d’emprunts), béninois (2,00 milliards contre 3,00 milliards) et ivoiriens (1,25 milliard contre 36,25 milliards de francs).
Les établissements de crédits du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau et du Niger n’ont enregistré aucune opération. En revanche, les Ivoiriens ont enregistré le plus d’emprunts – d’un total de 36,250 milliards de francs – devant le Bénin (3,00 milliards de francs), le Sénégal (1,00 milliard de francs) et le Mali (0,60 milliard de francs). Le taux moyen pondéré était fixé à 2,93%. Le taux minimum se situait à 2,00% et le taux maximum à 7,25%.

Besoins de liquidités dans l’Uemoa
La Banque centrale injecte 170 milliards Cfa sur le marché
La Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (Bceao) a procédé, valeur 24 janvier 2011, à une injection de liquidités d'un montant de 170,318 millions de francs Cfa, dans le cadre de ses adjudications régionales hebdomadaires. Cette opération arrive à échéance le 30 janvier 2011, indique la Banque centrale dans un communiqué. L'opération a enregistré des soumissions de 20 établissements de crédit provenant 7 places de l'Union monétaire ouest africaine (Umoa). Le taux marginal issu de l'adjudication est ressorti stable de 3,2500% à 3,5500% et le taux moyen pondéré est passé de 3,4580% à 3,4324%.
Tenant compte de l'évolution prévisible de la liquidité bancaire, la Banque centrale décide de lancer deux nouvelles opérations d'injection de liquidités : une opération sur le guichet des appels d'offres à une semaine à taux variables, d'un montant maximum inchangé de 210.000 millions, avec comme date de valeur le 31 janvier 2011 ; une opération d'une maturité de vingt-huit (28) jours à taux variables, d'un montant maximum porté à 170.000 millions, avec comme date de valeur le 7 février 2011. La date de dépôt des soumissions est fixée au 1er février 2011. Cette opération arrive à échéance le 6 mars 2011.

Société
Comment vivent les retraités ?
Alors que la réforme des retraites avait suscité en France de vives contestations, nous nous sommes intéressés à la situation des retraités au Togo
Du fait du changement récent du système de retraite, la plupart des personnes interrogées ont connu l’ancien régime : une retraite officielle vers l’âge de 50 ans, après des années de cotisation, avec une pension qu’ils jugent très faible.
Quand on parle d’âge de la retraite, il faut préciser quel âge… : celui du premier versement de la pension ou celui de la cessation d’activité, car après la retraite officielle, tous ceux qui le peuvent continuent de travailler pour leur propre compte des fois au-delà de 60 ans , seuil qu’ils jugent généralement être le bon âge pour se retirer, "parce qu’à 50 ans, ils se sentaient trop jeunes, dans la force de l’âge" , comme Rémy, mais aussi parce que financièrement la pension ne leur suffit pas. S’ils sont nombreux à poursuivre leur vie professionnelle, Yousouf, comptable retraité à 50 ans, a même poussé le paroxysme jusqu’à reprendre des études de commerce international en France pour se reconvertir dans l’import-export jusqu’à l’âge de 71 ans ! … Pas question de "rester sans rien faire" pour ce fringuant septuagénaire, qui "aime beaucoup travailler".
Mais pour la majorité des retraités, bien mal lotis en terme de pensions de retraite, travailler, cela permet surtout d’arrondir ses fins de mois, voire simplement de subvenir à ses besoins. Pas facile de joindre les deux bouts pour ses retraités, d’autant plus quand on doit payer un loyer... Etre propriétaire de son logement principal, c‘est en effet loin d’être une évidence pour la plupart des fonctionnaires des classes C et D.
Kokou S., qui doit consacrer la moitié de sa pension de chauffeur à son loyer, est un exemple malheureusement répandu… Seth, ouvrier dans une entreprise de la zone franche encore en activité, qualifie ainsi « la situation des retraités au Togo de désastreuse », Georges O., ex-laborantin, lui aussi regrette que « le gouvernement n’aide pas du tout les retraités ». Quant à Kodjo K. qui travaillait dans la logistique, il se plaint de « ne pas pouvoir voyager, comme toutes les personnes âgées du monde surtout les européens », propos sur lequel surenchérit une pharmacienne de passage, qui dit « qu’en France, les retraités sont très privilégiés… A bon entendeur…
Une faible retraite, un loyer à payer, autant de contraintes financières auxquelles vient souvent s’ajouter le soutien financier aux proches. Au Togo, il n’est en effet pas question de ne pas aider un membre de la famille en difficultés, comme nous le dit Freddy G. qui éponge les dettes de son frère au chômage….
Autre spécificité, en Togo, vous verrez rarement un célibataire vivre seul ! C’est ainsi que la majorité des retraités interrogés héberge un enfant ou un parent. Agbéko D., 62 ans, loge même sa fille de 30 ans et son fils de 25 ans, alors qu’il ne trouve lui-même pas de travail depuis 2 ans qu’il est retraité, ironie du sort, de la Caisse de retraite. Frida B., elle aussi ex-employée de bureau, partage son logement avec sa mère. Cette solidarité présente d’ailleurs des avantages car nos interlocuteurs ne semblent pas souffrir d’isolement, comme Mme Afi D. qui appelle ses enfants au téléphone au moins trois fois par jour et passe beaucoup de temps avec ses petits enfants.
«L’argent ne fait pas le bonheur «, un avis plutôt féminin…
Si les femmes interrogées, moins nombreuses il faut l’avouer (car la plupart de celles que nous avons abordées touchent la retraite de leur mari), se déclarent heureuses retraitées, les hommes semblent généralement plus amers. Rita, célibataire, a décidé de savourer sa retraite entre son village et la capitale. « Cela me permet de changer de l’air. C’est très intéressant d’être à la retraite parce que tu es complètement libre de ton temps », a-t-elle ajouté. Mme Ayoko B., toujours coquette, profite de son temps libre pour lire, pour aller en promenade et pour rendre visite à son amie d’enfance à Accra. « L’argent n’est pas important pour moi, je suis riche d’être en bonne santé et de ce que je vis… ». La gente masculine a les mêmes passe-temps, mais semble les considérer comme un pis-aller, à croire que les femmes ont plus eu le loisir de développer leur univers intérieur, ou peut-être qu’elles ont moins de pression.

Ces enfants débrouillards
Des enfants commerçants j’en croise tous les jours et il y en a de plus en plus malgré la gratuité de l’école primaire de puis septembre 2008. Il y a quelques jours alors que j’étais sur le campus universitaire de Lomé, j’ai eu l’occasion de discuter avec deux de ces jeunes businessmans qui ont bien voulu partager avec moi les contours de leur business.
Ces petits ont vraiment le sens des affaires. Ils étaient d’accord pour répondre à mes questions mais je devais par contre payer 50Fcfa pour chaque réponse.
Encore enfants mais obligés de se débrouiller
Ils ont 13 et 14 ans. Ces deux enfants errent tous les jours sur le campus de Lomé pour essayer d’écouler leur stock essentiellement constitué de stylos, papiers et biscuits. L’école, ça fait longtemps qu’ils n’y ont pas été et l’université, difficile pour eux d’espérer ou même de rêver d’y mettre un jour les pieds comme étudiants.
Dégradation des conditions de vie, maigres salaires pour leurs parents, chômage, ces enfants n’ont pas d’autre choix que de se débrouiller. Ils en ont pour au moins 1500 francs de marchandise dans leurs cartons et ils m’ont confié qu’ils s’en sortaient avec en moyenne 400 à 500 francs de bénéfice par jour. Pas grand-chose par rapport au coût de la vie à Lomé.
Il est permis de rêver
Quand on est enfant, on a des rêves. «Quand j’avais 13 ans, je rêvais d’avoir la console de jeu dernier cri mais aujourd’hui tout est différent », s’apitoyait Luc le plus âgé. «Plus tard je veux aller en Europe, travailler et gagner beaucoup d’argent pour soutenir ma famille », m’a répondu le second lorsque je lui ai posé la question de savoir ce qu’il comptait faire plus tard.

Culture
Patrimoine
Le glas sonne pour la salle de cinéma « Le Togo »
C’est l’une des pages de l’histoire du cinéma au Togo qui va bientôt tourner. La salle de cinéma « Le Togo », la plus populaire des salles dans les années 1960 -1980 va être démolie. La salle n’est plus en activité depuis plus d’une décennie et l’immeuble abrite le Secrétariat Général de la Confédération africaine de Boxe. Elle attirait les classes les couches sociales les plus modestes du Togo.
La démolition de cette mythique salle de cinéma entre dans le cadre du Projet d’aménagement de la zone lagunaire de Lomé (PAZOL). Si la salle disparaît, le marché qui a fait sa popularité, lui, sera quelque peu déplacé. C’est une grande page de l’histoire du Togo qui s’en va. Créée en 1964, cette salle tombée en décadence, constitue un lieu de mémoire pour les cinéphiles togolais. Toute une génération de Togolais, notamment les jeunes garçons, ont découvert le cinéma en allant au cinéma « Le Togo ». Cinéma public, «Le Togo» offrait à l’époque les plus célèbres films western et de karaté chinois. Le roman «La Déméninge» du Togolais Daniel Lawson-Body, rappelle aux bons souvenirs des nostalgiques de cette époque les plus émouvants moments de leur jeunesse.
Le Togo a entamé son déclin dans les années 1980, par mauvaise gestion, manque de soutien de l’Etat et faute de moyens financiers pour renouveler les infrastructures et acheter les films, les pouvoirs publics ayant délaissé leur politique culturelle au profit de l’animation politique. En même temps, l’Etat avait construit d’autres salles de cinéma plus cossues, d’où la fuite d’une certaine clientèle.
Dans un pays qui ne produit pas son propre cinéma, il n’est pas étonnant qu’une telle salle tombe en total déclin vers la fin des années 1980, avec l’apparition des VHS et plus tard des VCD et des DVD ; ce qui entraîna plus tard la baisse des fréquentations dans les salles, même les plus modernes. Il est d’un ennui incommensurable d’aller cinéma à Lomé aujourd’hui. Depuis le début le milieu des années 1990, les salles de cinéma sont presque vides. Parfois, les week-ends, il n’est pas rare de ne rencontrer qu’une dizaine de personne dans les salles, qui d’ailleurs ne propose que des films un peu vieux tout de même.

Mode
Elima fait sa mode
La seconde édition du festival de mode Elima a débuté hier à Lomé dans la mi-journée. La cérémonie d’ouverture a eu lieu au Palais des Congrès de Lomé. D’importants défilés en guise caravane de mode ont eu lieu sur différents artères de la capitale, notamment dans les quartiers populaires.
Des stylistes comme Fall Touré, de Belgique, Lucy RAO, du Kenya, Amadou DIOP, du Sénégal et le photographe de mode Frédérique de la CHAPELLE, de France, sont également présents au cours de cette seconde édition. Frédérique de la CHAPELLE présente une exposition au CCF de Lomé.
Placée sous le thème de la "Paix et de la Réconciliation", cette édition, selon la promotrice, Limda Awesso vise à créer et à maintenir durablement dans le temps et dans l’espace un évènement annuel, qui loin d’être un artifice, s’inscrit dans la logique du besoin d’impulser une nouvelle dynamique au secteur de la mode au Togo et de donner à la ville de Lomé, les couleurs d’une cité rayonnante.
Prévu du 27 au 31 janvier, le Festival Elima selon les explications, est un évènement qui fera la promotion de la mode, c’est-à-dire la promotion des vêtements africains dans lesquels la promotrice Limda Awesso trouve les valeurs intimes à la culture et à la tradition des peuples du continent et de la diaspora.
"Faire de la capitale togolaise le nouveau carrefour de la mode urbaine et amener les Togolais à se réapproprier la mode togolaise, africaine et de la diaspora sont mon crédo. C’est aussi d’attirer environ cent mille Loméens autour d’un évènement qui va à leur rencontre dans leurs quartiers", a-t-elle souligné.
Le Festival Elima propose aussi à travers son évènement, une redécouverte du charme touristique de Lomé, car selon les explications, la capitale présente des atouts sur le plan économique, infrastructurel et culturel.

© L’Union N°364 du 28 janvier 2011

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