‘La presse ne doit pas tomber dans le libertinage’

18/10/2013
‘La presse ne doit pas tomber dans le libertinage’

Parmi les personnalités qui ont fait leur entrée au gouvernement, certaines sont peu connues du grand public. C’est le cas de Kouméalo Anate (photo), nommé à un poste particulièrement exposé, celui de la Communication.

Mme. Anate est une spécialiste de cette discipline. Maître de conférences en Sciences de l’information, enseignant-chercheur dans les universités du Togo, elle est également directrice du Centre d’études et de recherches sur les organisations, la communication et l’Education (CEROCE).

La ministre a également en charge le secteur de la culture. Et ça tombe bien puisqu’elle est l’auteur de 4 ouvrage et qu’elle dirige l’Association des écrivains du Togo (AET).

Dans l’entretien qui suit, Kouméalo Anate, expose sa vision d’une presse moderne et libre en appellant les journalistes à davantage de professionalisme.

Republicoftogo.com :  Vous héritez d’un ministère délicat en ce sens que les relations entre la presse privée et les autorités sont régulièrement conflictuelles. Comment appréhendez-vous cette relation ?

Kouméalo Anate : Je n’ai pas d’appréhension particulière concernant la relation entre la presse privée et les autorités publiques car il s’agit simplement, pour chaque partie, de jouer pleinement son rôle avec un sens aigu des responsabilités et en respectant les textes qui régissent le travail de chacun. 

Toutefois, il est normal que dans un contexte de pluralisme qui va de paire avec la liberté d’expression et la liberté d’opinion, on relève souvent des divergences de points de vue sur certaines questions. Il est aussi vrai que, parfois, on peut observer des attitudes réfractaires chez certains journalistes lorsque l’autorité, prenant ses responsabilités, fait en sorte que les responsables de médias respectent la déontologie et l’éthique dans l’exercice de leur métier. Dans l’intérêt de la profession et dans l’intérêt même des citoyens, les autorités ne peuvent pas fermer tout le temps les yeux sur des dérives qu’on relève souvent dans la presse togolaise.

Republicoftogo.com :  Le Togo a évolué sur tous les plans depuis 2005. On a toutefois le sentiment que seuls les médias – ou du moins une partie d’entre-eux – sont en retard d’un changement. Est-ce votre point de vue et comment faire évoluer les choses ?

Kouméalo Anate : Vous avez bien dit que le Togo a évolué sur tous les plans. Et tous les secteurs sont concernés, y compris celui des médias. Il a connu une profonde mutation depuis trois décennies environ. Cependant, il faut noter que le changement qualitatif reste un processus permanent. Je veux dire qu’il y a encore du chemin à parcourir ; nous devons continuer à améliorer l’état de la presse au Togo, la presse publique comme privée, d’ailleurs. Nous devons encourager les journalistes à plus de professionnalisme, à plus de rigueur. Nous ferons en sorte d’aider à cette amélioration en insistant sur la formation des journalistes, en dialoguant avec eux et en les sensibilisant sur leur rôle et sur le respect des règles qui régissent leur métier.

Republicoftogo.com :  Considérez-vous que les médias jouissent d’une pleine liberté ou faut-il encore avancer dans cette voie ?

Kouméalo Anate : Les médias togolais jouissent d’une grande liberté. Mais j’aimerais préciser qu’ils ne doivent pas tomber dans le libertinage qui serait synonyme d’anarchie. Il y a une frontière à respecter absolument. Par ailleurs, lorsqu’il s’agit de liberté d’expression et de liberté de presse, rien n’est définitivement acquis. Même dans des pays qui ont une expérience démocratique très ancienne, cette liberté n’est pas atteinte à 100%. On peut toujours améliorer les choses et il faut rester constamment vigilant. 

Republicoftogo.com :  La communication consiste aussi à informer le public, à l’éduquer. Dans de nombreux domaines, la population ne sait pas, ne comprend pas ce dont il est question. Les réformes, les initiatives engagées par le gouvernement sont souvent mal relayées dans l’opinion publique. Avez-vous des idées dans ce domaine qui constitue le volet ‘Formation civique’ du Département que vous dirigez ?

Kouméalo Anate : Votre question comporte deux volets : d’une part, la communication autour de l’action gouvernementale et d’autre part, la formation civique. Le gouvernement est conscient qu’il doit mieux communiquer pour rendre plus visibles et plus compréhensibles ses actions. Des mesures sont en train d’être prises pour renforcer cette action. Les médias, privés et publics, seront évidemment sollicités comme relais de l’information. Mais il y aura également une approche pragmatique qui s’appuiera sur une communication de proximité permettant aux membres du gouvernement d’être régulièrement en contact avec les citoyens pour mieux informer, mieux expliquer les réformes et pour écouter les préoccupations de chacun.

Tout en valorisant les actions gouvernementales il s’agira aussi, entre autres, de défendre des valeurs et de promouvoir des comportements responsables, d’assurer le dialogue entre les dirigeants et les citoyens, de contribuer au renforcement du lien social. Ainsi, la formation civique sera au cœur des actions prioritaires et de toutes nos initiatives. Nous communiquerons autour des droits et des devoirs des citoyens togolais, autour des valeurs comportementales indispensables à un meilleur vivre ensemble et au développement du pays. Cela passera par une stratégie transversale axée sur l’information, l’éducation et la communication, usant de canaux multiples.

Republicoftogo.com : Le Togo est en plein bouillonnement culturel. Il existe de nombreux artistes de talents (chanteurs, musiciens, plasticiens,designers, …) qui ont du mal à s’épanouir, faute de moyens. Comment l’Etat peut-il les aider ?

Kouméalo Anate : La richesse culturelle du Togo est immense. Les différents acteurs culturels contribuent à façonner l’image du Togo et à véhiculer la culture togolaise à l’intérieur comme à l’extérieur. Le gouvernement, par différentes actions, a montré sa volonté d’accompagner les artistes, dans tous les secteurs culturels. C’est ce qui explique notamment la mise en place d’un Fond d’aide à la culture (FAC) doté d’un budget de 350 millions. Après un appel à projets, le FAC a reçu 315 dossiers. 

Par ailleurs, plusieurs actions gouvernementales sont en cours pour valoriser notre patrimoine culturel. Il s’agit entre autres de l’inventaire général des biens culturels dont la première phase relative aux biens culturels immatériels, réalisée en 2011. La deuxième phase qui concerne les biens culturels tangibles est en cours de réalisation.

Enfin, nous élaborons le premier annuaire des statistiques culturelles du Togo qui va contenir les sites touristiques, les centres de loisirs, les bibliothèques, les musées, les objets d’arts ; bref, tous les biens culturels permettant ainsi de mesurer l’impact de ce secteur sur l’économie nationale.

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