La renaissance de Geotech

22/05/2009
La renaissance de Geotech

L'Union, paru vendredi, propose un portrait de Jean-Pierre Abalo P'Kla, le patron de la société Geotech. Il est parvenu à faire de son entreprise l'une des meilleures et certainement la plus moderne dans le domaine des BTP. La tâche n'a pas été aisée pour cet ingénieur de 35 ans, diplômé de la prestigieuse Ecole nationale de Travaux publics de Lyon en France.

Les sanctions européennes contre le Togo ont asséché les commandes et la crise économique a fait le reste. Heureusement, le climat s'améliore et le carnet de commandes de Geotech se remplit : contrat avec le port de Lomé pour le nouveau quai et avec l'opérateur mobile Moov pour la construction de pylones. Voici une sélection d'articles parus dans L'Union.

Verbatim

Relancer la jeunesse

Devant quinze années de léthargie politico-économique, mes compatriotes, du moins les jeunes actifs ou non et moi avons perdu tout espoir de relance économique, donc d'évolution. A comprendre que notre seul souci était de subvenir à nos besoins quotidiens. Face à cette situation de détresse généralisée, la conjoncture internationale nous a de plus en plus affaiblis enlevant à notre ultime mot de passe "élavagnon ! (ça va aller)" l'espérance qu'il suscitait. Dans nos têtes régnait un sentiment de laissés-pour-compte surtout que le régime en place lui-même était un laissé-pour-soi. Rien ne bougeait dans la République.

Les gouvernements se suivaient et se ressemblaient dans le statu quo. Tout ce qui profilait à l'horizon était une explosion sociale.

L'arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé en avril 2005 a permis de décrisper la situation. Voyant le danger imminent, il a vite fait d'instaurer des dialogues politique et social qui sont des cadres de discussions impliquant l'opposition et la majorité présidentielle, les syndicats, la société civile, les confessions religieuses et le gouvernement pour sortir le pays de son marasme. Les résultats tangibles de ces tractations politico-sociales, pour nous jeunes de ce pays, sont les concours spécialisés et général de recrutement dans la fonction publique. Certes, ils n'ont pas été à la taille de la demande, mais ils ont permis de soulager des milliers, pour ne pas dire des millions d'âmes car la famille togolaise est très généreuse; c'est toujours "un pour tous, tous pour un". Déjà, l'on annonce d'autres types de concours pour très prochainement.

Evidemment, la situation de la trésorerie togolaise empêche l'administration d'absorber  totalement le flux de demandeurs d'emplois. La trouvaille du gouvernement est sans nul doute l'adoption le 31 mai 2007 du document de politique nationale de la jeunesse par le Gouvernement dont la phase active est mise en route le 12 mai 2009 au cours d'une cérémonie de lancement officielle par le Premier Ministre Gilbert Houngbo.

C'est un Programme pour l'emploi des jeunes (PPEJ) qui veut placer 5000 jeunes en apprentissage, appuyer 23000 jeunes diplômés en stage de perfectionnement et de qualification professionnelle, former 12000 jeunes en entreprenariat avec chacun un plan d'affaires élaboré, financer 4800 projets de jeunes organisés en groupements, créer 22000 emplois ruraux durables, mettre à la disposition des jeunes une liste de créneaux porteurs. La finalité de ce programme permettra un tant soit peu à la majorité des jeunes Togolais de se prendre en charge. En attendant des lendemains meilleurs…

 

Pavage de la route Avenou-Djidjolé à Lomé

Un appel d'offres national ouvert court jusqu'au 10 juin

En exécution de son programme intérimaire des actions prioritaires en matière d'infrastructures routières, le Togo se propose d'utiliser une partie des ressources du budget d'investissement et d'équipement (BIE), gestion 2009, pour financer les travaux de pavage du tronçon Avénou-Djidjolé à la sortie nord-ouest de Lomé. C'est le sens de l'appel d'offres national ouvert lancé depuis le 6 mai, et ce jusqu'au 10 juin prochain, consistant en des travaux de mise à jour de la couche de base, de pose des pavés et d'assainissement de la voie. Le délai d'exécution desdits travaux ne pourra excéder quatre mois.

Selon les nouvelles recommandations liées à l'attribution des marchés publics, les plis seront ouverts en présence des soumissionnaires ou leurs représentants le jour de la clôture des dépôts, c'est-à-dire le 10 juin.

Aussi les soumissionnaires doivent-ils répondre aux critères minima fixés, entre autres avoir réalisé un chiffre d'affaires annuel au cours des 5 dernières années pour des travaux de construction dans le domaine des infrastructures routières, tel qu'un au moins de ces chiffres d'affaires annuels TTC soit égal ou supérieur à une fois le montant de son offre TTC, avoir réalisé avec succès au cours des 5 dernières années, en tant qu'entreprise principale, un projet de nature, de taille et de complexité similaires aux travaux ici visés.

Vivement que la Commission nationale des marchés, dépositaire des offres, et les autres services techniques dépiècent sérieusement les soumissions pour éviter, après, des scandales à l'instar de ce qui a fait bloquer les travaux sur le boulevard de l'Oti.

 

Gestion saine des fonds publics

Les commissaires aux comptes répartis par entreprise

Après la sélection des 18 cabinets pour lancer les audits publics, le Comité pour le suivi des politiques de reformes et des programmes financiers vient de procéder à la répartition par société de ces commissaires aux comptes. Avec la précision qu'à côté des titulaires, on y retrouve des suppléants. C'est la réaffirmation de la gestion saine des entreprises publiques, des fonds de l'Etat, des organismes autonomes et projets financés par des organismes internationaux dont la gestion incombe à l'Etat. Courant mars 2009, la Commission d'audit des auditeurs des entreprises publiques avait arrêté la répartition de 30 entreprises par soumissionnaire après une évaluation : un (1) soumissionnaire a obtenu trois (3) entreprises, dix (10) soumissionnaires ont obtenu chacun deux (2) entreprises, sept (7) soumissionnaires ont obtenu chacun une (1) entreprise. La condition est qu'un auditeur sélectionné ne devait pas déjà opérer au cours des dix dernières années dans la même entreprise.

La commission d'audit des auditeurs a pour mission de procéder à la sélection des auditeurs ou commissaires aux comptes suite à une consultation à partir de la liste des experts comptables et des cabinets d'expertise comptable agréés par la commission d'agrément conformément à la procédure d'appel d'offres en vigueur en matière de passation de marchés publics, tenir à jour la liste des experts comptables agréés et leur plan de charges, examiner les rapports des auditeurs ou commissaires aux comptes des organismes d'Etat ou entreprises publiques et présenter un rapport de suivi des entreprises ou organismes concernés au ministre des Finances.

 

 

Les routes à Lomé

De la nécessité de prévoir des canaux d'évacuation d'eau

Les autorités togolaises ont depuis quelques temps décidé de résoudre les problèmes liés à la dégradation de l'état de nos routes. Malheureusement, les grandes pluies qui s'abattent sur Lomé risquent d'anéantir les efforts du gouvernement. Les ennuis ne font que commencer, puisque le pays n'entame que les premières semaines de l'hivernage.

Dans le cas d'espèce, les ingénieurs qui se sont occupés de la construction de la plupart de ces voies n'ont jamais prévu des passages pour les eaux de ruissellement. Tous ceux qui empruntent les tronçons Akodésséwa-Zoro Bar, Amoutiévé-Bè, Baguida-Assigamé… ou encore Agoè-Totsi font cette amère expérience de se retrouver en plein marécage. Ces populations riveraines qui pensaient qu'après les travaux de réaménagement effectués il y a quelques mois, elles seront soulagées dans leur déplacement ne savent plus où mettre les pieds.

Ce sont les conducteurs des véhicules poids-lourds, les semi-remorques, les fameux Titans, qui viennent s'approvisionner au Port Autonome de Lomé qui en souffrent le plus. «Nous sommes vraiment embêtés par les routes à Lomé. Pourtant nous payons des taxes mais nous ne comprenons toujours pas pourquoi la construction des routes n'est pas financée à  leur  juste valeur. On a comme l'impression que les autorités font de l'à-peu près», déclare très amère Issifou Ouangré, camionneur burkinabé. «Au lieu de passer 10 minutes pour parcourir une distance, tu es obligé de faire 1 heure. C'est une perte de carburant et de temps», poursuit-il très consterné.

Les problèmes des routes urbaines, c'est la non prévision des voies d'évacuation des eaux, l'absence de rigoles ou de canalisations, l'absence d'une politique générale des routes et de projets de construction d'une ville et d'une capitale digne de ce nom.

Les problèmes sont de divers ordres, mais le financement adéquat des routes en est une cause principale. Ayant vécu en marge de la coopération internationale pendant près de 15 ans, le Togo est en train de payer les conséquences de cette marginalisation. Mais d'autres analystes mettent en cause la direction des TP et la qualité des ressources humaines. De toutes les façons, les BTP sont un problème qui préoccupe beaucoup les autorités. La présidence, qui gérait le ministère de l'Equipement et des travaux publics, avait dû pour plus de diligence et d'efficacité nommer un ministre des TP en mars.

Courant août 2008, onze ponts, dont ceux de la Nationale N°1, ont sauté pendant l'hivernage, rendant la circulation nationale et transnationale à destination des pays de l'hinterland, le Burkina, le Mali et le Niger, difficiles, privant ainsi le Port autonome de Lomé de recettes incalculables. Ces évènements avaient amené, à l'époque, les autorités du pays à rattacher le ministère des Travaux publics à la présidence.

 

 

Portrait

Jean-Pierre Abalo P'Kla, le nouveau visage des BTP togolais

Arrivé depuis deux ans à la tête de Geotech SA, le nouveau directeur a réussi à hisser son entreprise, alors en difficulté, comme l'une des meilleures et certainement la plus moderne dans le domaine des BTP.

Aujourd'hui, du haut de son mètre 80 et dans une veste mise élégamment sur un T-Shirt, la barbe négligée et passablement cendrée, Jean-Pierre Abalo P'Kla accueille le visiteur avec le sourire en coin. Cependant, il y a deux ans, ce docteur ingénieur de 35 prunes, diplômé de la prestigieuse Ecole nationale de Travaux publics de l'Etat de Lyon, passé par la direction des routes et le Labo national des TP, se débattait dans des difficultés énormes. Caisses presque exsangues, marché morose en raison de la faiblesse des commandes de l'Etat, laquelle morosité est due elle-même à la rupture de la coopération européenne, créances impayées par l'Etat, omniprésence de l'entreprise publique concurrente, le Laboratoire national des travaux publics.

Portée sur les fonts baptismaux en 1999, Geotech SA constitue une initiative audacieuse de privés togolais d'installer un cabinet d'expertise, d'études, de contrôles  géotechniques et de contrôles de qualité sur les matériaux de construction, une première dans l'espace UEMOA. C'était un immense défi, une gageure sur le plan national que de vouloir damer le pion au LNBTP, seule entreprise qualifiée pour acter dans le contrôle de la qualité des travaux et ouvrages publics. Un pari réussi par les fondateurs de Geotech SA et ses tous premiers dirigeants dont son prédécesseur Edo Eklu Nattey. Mais après  huit ans de gestion, au regard de la conjoncture nationale très défavorable, ce dernier avait dû baisser les bras.

Appelé à la rescousse, Jean-Pierre Abalo P'Kla va redonner une autre image à la boîte. Son passage au LNBTP lui a fait découvrir de manière effarante le retard des cabinets sur les pratiques au plan international. «Il s'agit de redonner une autre philosophie et asseoir un nouveau mode de gestion après l'excellent boulot fait par mes prédécesseurs, pour rendre l'entreprise fortement concurrentielle et très compétitive», déclare-t-il. Pour le marché, il s'agit de diversifier la clientèle.  Tout en travaillant avec le client traditionnel qu'est l'Etat togolais, Geotech lorgne vers les privés notamment les particuliers. « Nous accordons une grande importance aux particuliers en leur offrant un régime tarifaire de faveur, juste pour leur montrer  l'importance de l'étude du sol dans leurs constructions.»

Une vision double qui passe par le rééquipement de  Geotech et la gestion des ressources humaines. Jean-Pierre P'Kla entreprend l'achat d'un fond de documentation de près de 2 millions en deux ans, l'informatisation du bureau et l'achat d'ordinateurs portables haut de gamme à tous les ingénieurs, ainsi que l'achat de nouveaux matériels de travail sur le terrain. «Nous sommes passés du manuel à l'informatique», dit-il.  «Aujourd'hui nous développons des progiciels pour des traitements de données, avons réadapté le deflectomètre dynamique développé par notre prédécesseur et qui n'avaient malheureusement pas bonne réputation, et sommes en train de démontrer à nos partenaires la fiabilité de ces instruments. Il s'agit par exemple des matériels de contrôle de chantier pour le compactage des sols, outils dont l'entreprise compte en faire une large diffusion.»

Et pour tout couronner, il met en place une organisation du personnel pour plus d'efficacité : recrutement d'un personnel qualifié, formation et recyclage du personnel existant, instruction sur les normes et procédures internationales.

Résultats : Geotech gagne de nouveaux marchés privés, notamment avec l'Allemand Lackner pour la prospection de la côte marine togolaise en vue de la construction d'un terminal à conteneurs  au Port autonome de Lomé (PAL); avec l'opérateur de téléphonie mobile Moov pour le contrôle de stabilité des pylônes, avec la mise en Œuvre des massifs des fondations ; l'étude du sol et mise en Œuvre de la fabrication du béton de a tribune qui a servi au défilé de l'indépendance le 27 avril dernier ; des entreprises étrangères confient des prestations pour l'étude du sol, sans parler des bureaux nationaux. »

La personnalité du nouveau directeur est pour beaucoup dans cette réussite. Fervent catholique et profondément religieux, cet ingénieur modeste et discret en dépit de son background insolent, veut mettre au service de Geotech ses expériences acquises au Laboratoire Géo-Matériaux, du département de génie civil et bâtiment de l'ENTPE de Lyon. Spécialiste des sols, matériaux, structures et physique du bâtiment, enseignant de l'Université de Lomé et expert près les Cours et Tribunaux du Togo, il veut donner une vision toute occidentale et moderne aux BTP : professionnalisme, efficacité et honnêteté.  Ce technicien peut discourir pendant des heures sur les meilleures stratégies et les techniques les plus pointues pour faire de bonnes routes au Togo.

Perspectives

A l'écouter : c'est carrément la révolution qu'il prône. En témoigne les perspectives et les ambitions qu'il envisage pour son entreprise. Tout d'abord il compte une internationalisation à très court terme dans la sous-région par la mise en Œuvre de partenariats. L'entreprise mise également sur la recherche : « Geotech se veut un centre d'expérimentation en vue du développement technique du secteur », dit-il. Avant d'ajouter : « Les gens oublient trop souvent que les normes proviennent des résultats de laboratoires. Nous entendons à la rédaction d'une norme qui sera spécifique au Togo ».

C'est à la fois l'enseignant, le chercheur et l'entrepreneur qui parle. «Geotech va développer un centre de formation en matières géotechniques, rédiger  des projets d'envergure nationale à soumettre à l'Etat. Cela aura pour mérite d'occuper les étudiants pour leurs thèmes de recherches et de constituer un premier emploi à beaucoup. » Abalo PKla constitue à lui seul une bourse d'idées et de projets. Infatigable, travaillant plus de 10 heures par jour sans sortir de son bureau, cet ingénieur met sur le marché scientifique et universitaire au dernier trimestre 2009, une revue spécialisée sur les BTP.

Oiseau rare ? Peut-être. Mais c'est pain béni pour Géotech qui l'a déniché quand cet ingénieur était mis presque dans une voie de garage au LNTP.  Guère attiré par les attraits de l'argent, ce religieux croit profondément en son destin. Il y a quatre ans, il aurait pu rester en France qu'il quittait précipitamment pour le Togo.

Par dépit, dit-il. Raison : en dépit de son CV impressionnant et de son titre de qualification au poste de maître de conférences, aucune entreprise ne voulait de lui dans l'Hexagone. «Je rongeais mes freins jusqu'à ce que le type de l'agence me dit-un jour que c'est mon profil épidermique qui est en cause et non mon CV. Depuis lors, je n'avais plus rien à faire là-bas. »

 

 

 Sport

Le stage des Eperviers annulé

Contrairement à ce qui était annoncé,  les Eperviers du Togo rallieront directement Lomé le 30 Mai pour leur regroupement. Initialement, les 25 joueurs retenus par Jean Thissen devaient se rendre à Bruxelles à partir du 24 mai pour un stage  au centre sportif la Fraîneuse de Spa.

Selon les informations recueillies auprès des Internationaux togolais, l'entraîneur belge des Eperviers aurait revu son programme, en raison du faible nombre de joueurs disponibles pour ce stage (les championnats européens finissent le 29 mai).

Ces derniers jours une polémique est née à la Fédération togolaise de football à propos de ce stage. Selon certaines sources, le sélectionneur belge est en froid avec le secrétaire général, Hyppolite Reinhardt et d'autres membres du Bureau Exécutif qui lui reprochent de ne consulter personne avant de prendre ses décisions. Ce qui pourtant ne transparaît pas lors de la conférence  de presse organisée  le 12 mai dernier par Jean Thissen avant son départ pour l'Europe. Puisque lors de cette conférence de presse, il avait indiqué avoir réussi à obtenir le financement de l'Etat pour ce stage grâce à l'implication du ministre des Sports et du président de la Fédération togolaise de football.

© L'Union du 22 mai 2009

 

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