La tontine, moteur du développement

03/05/2010
La tontine, moteur du développement

Les difficultés d’accès au système bancaire, pour une frange de la population, dans les pays en développement, ont favorisé la création de circuits financiers informels. Les tontines, l’un des éléments essentiels de l’épargne, jouent un rôle très important et progressif dans l’entreprenariat au Togo. C’est ce qu’indique L’Union dans son dernier numéro qui explique que cette pratique a permis à des milliers de Togolais de bénéficier de micro crédit pour monter leurs entreprises.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Suivre Faure et vaincre la haine
Le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé un épatant discours le 26 avril dernier à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de notre Indépendance. Il a essentiellement mis l’accent sur la réconciliation entre les fils et filles de la Nation togolaise.
«L’heure du pardon a sonné… Cette vertu est fondamentale, même si nous devons l’assortir, aux yeux des hommes, à la justice et à la réparation.» a-t-il dit en suspens. Un appel qui n’est que la recette appropriée à la situation du pays dont l’histoire « depuis 1946 balbutie, bégaye…et s’apparente à un éternel recommencement». Car, selon le Chef de l’Etat, «depuis l’élection du premier togolais député à part entière à l’Assemblée nationale française jusqu’à ce jour, un clivage qui n’a jamais été résorbé, sépare les soi-disant bons des soi-disant mauvais. Les habitants d’un même pays ont pris l’habitude de s’opposer, de s’invectiver, sinon de se haïr…», a-t-il remarqué avec beaucoup de regrets.
Plus palpable est le constat connu et su de tous : « tout ce que propose un camp est a priori et catégoriquement rejeté par l’autre… Les nombreux et laborieux dialogues qui se sont succédés ces dernières années n’ont pas abouti entièrement aux résultats attendus…Les efforts déployés ici et là, pour ramener compréhension et solidarité entre les fils d’une même nation et pour bâtir une paix durable, condition indispensable d’une authentique politique de développement sont toujours fragilisés par l’extrémisme des uns et le radicalisme des autres».
Faure Gnassingbé trouve néanmoins qu’il existe des voies salutaires d’«entrer dans une nouvelle espérance » pour le Togo. «Nous devons faire fi des manœuvres politiciennes qui ne visent qu’à assouvir des ambitions secrètes, jamais clairement avouées, fondées sur des arrières pensées» ; «Nous devons retrouver le chemin de la modération et de la pondération si nous voulons garantir un avenir radieux à la Nation togolaise» ; «Chaque citoyen a l’impérieux devoir de créer par son initiative et son action la richesse pour accroître le patrimoine personnel et ce faisant celui de la communauté. » ; «A l’orée du cinquantenaire de notre indépendance, prenons la résolution de penser d’abord à ce que nous faisons pour le pays. Rassemblons-nous autour des idéaux essentiels, ceux qui assurent la pérennité de l’Etat et la survie de la Nation», peut-on extraire de son émouvant discours.
Malgré le ton apaisant, patient et rassembleur du discours du cinquantenaire, une partie de l’opposition rassemblée au sein du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), très contesté par Gilchrist Olympio, a décidé d’organiser des manifs officieuses en dehors de tout cadre légal. Dans l’entendement des FRACasseurs, ils protestent ainsi contre le Président Faure oubliant que le jubilé d’or n’est pas une affaire de personne, mais celle d’une Nation, que l’Indépendance d’un pays rassemble tous les fils et filles dans toutes leurs diversités. Par contre, d’autres opposants ont participé de façon citoyenne aux festivités pour montrer leur attachement au peuple souverain. Interrogé sur la question de sa présence à la commémoration, Nicolas Lawson a répondu : « Cela a été une occasion pour moi de discuter avec mes frères au pouvoir des questions essentielles sur la vie de la Nation…En ce moment précis, la Nation doit primer sur nos divergences politiques…Ce qui compte aujourd’hui, c’est de quelle façon nous pourrons vaincre la haine contenue dans nos cœurs depuis les années 50…». L’unique façon est de suivre les directives de Faure.

Triptyque Election, Contestation, Discussions
Le pouvoir n’entrevoit pas de négociations cette fois-ci
Aux dires d’observateurs, c’est la trouvaille de l’Occident pour régler le problème des élections assaisonnées d’irrégularités, évitables en évidence à l’amont. Pour calmer l’ardeur des contestataires, qui n’ont pas aussi souvent raison, il faut ouvrir des discussions en vue d’un accord de partage de pouvoirs ou d’ériger des réformes à entreprendre par le vainqueur du scrutin. Les résultats officiels ne changent pas pour autant. Seulement, on ne dit pas forcément que cela empêche à chaque coup de lancer le développement du pays. Puisqu’il faut, sur un mandat de cinq ans, s’enfermer dans la recherche de l’apaisement et de l’unité pour deux ou trois ans.
Le Togo a fait l’expérience après le scrutin regrettable d’avril 2005 avec la masse de morts, de disparus, d’exilés, de frustrés, de blessés, etc. Conséquence : on a pris cinq ans à essayer la bonne formule de la réconciliation et de l’unité. Après les échecs successifs depuis 1946. Passons.
Aujourd’hui, avec le scrutin pourtant apaisé et sans équivoque de mars 2010, le retour à la case de discussions semble être l’objectif des tenants des marches de protestation des week-ends. Même si l’objet a changé dans la tête de l’UFC-FRAC. Ici, on veut plutôt que les résultats ne soient pas avalisés par la discussion, mais qu’ils soient totalement renversés au profit du perdant. Début avril, le candidat malheureux ou le président élu de l’UFC (c’est selon), Jean-Pierre Fabre, s’enorgueillissait de la mobilisation des marcheurs qui, finalement, devait amener le pouvoir actuel tenu par le Rassemblement du peuple togolais (RPT) à dialoguer avec lui.
Mais le chant du dialogue ne semble pas bien sonner dans le camp adverse. C’est le ministre Gilbert Bawara, et membre du RPT, qui porte la réplique dans une interview à notre confrère en ligne savoirnews.com. «Mais, ce serait vraiment une attitude d’ingratitude et de mépris vis-à-vis de la population togolaise. Vous imaginez qu’au cours des mois écoulés, on a tellement parlé de l’échéance présidentielle de mars 2010 comme d’un tournant historique pour notre pays ; que nous sortons d’un débat démocratique qui s’est passé dans le respect des normes internationales ; que les Togolais viennent de se prononcer et d’accorder massivement leur confiance et leur soutien à Faure et que ce dernier prendrait délibérément l’initiative de fouler au pied le verdict des urnes en décidant de mépriser la sanction populaire, pour s’engager dans des conciliabules et des combines politiciens. Vous savez, ce serait un peu abject. Le Président de la République n’est pas dans cette optique là. Autant il va persévérer et persister avec la politique d’ouverture du dialogue qu’il a toujours prônée et pratiquée, continuer par avoir une main tendue envers toutes les bonnes volontés, afin que nous puissions ensemble assurer un redressement rapide de notre pays, assurer l’amélioration des conditions de vie de nos populations, autant je ne le vois pas se perdre dans ce genre de combines. Le Président Faure est déterminé à exercer la plénitude de ses prérogatives et responsabilités et à être jugé aux résultats», répond-il à la question de la table de négociations.
Visiblement, au pouvoir, l’ouverture ne s’entend pas négociation ou dialogue. On peut conjuguer avec des gens qui ne regardent pas au départ dans la même direction, à titre individuel ou collectif. Une idée qui hante déjà certains ténors de l’opposition. Autrement, «il faut accepter de prendre la place légitime qui nous revient pour participer de façon vigilante à la reconstruction économique du pays», selon les mots de Gilchrist Olympio. Après tout.

Période post-électorale au Togo

Appel à cesser la provocation des uns et l’usage excessif de la force des autres
Il se conçoit de plus en plus qu’un objectif du groupe UFC-FRAC se réalise avec les accrochages entre manifestants et forces de l’ordre. Passé l’échec du 4 mars 2010, il faut pousser à bout le pouvoir et faire revoir à la communauté internationale sa copie d’acceptation de la réélection de Faure Gnassingbé. De quoi rendre plus pesante la période post-électorale par rapport au calme et à la convivialité de la période électorale elle-même. Dans une précédente parution, nous alertions que la police faisait une publicité gratuite à la contestation par les descentes aux lieux des manifestations, les interpellations et les arrestations.
En voulant se démarquer d’une période amère que celle de 2005, il faut avoir le tact. Pourquoi avoir, à un moment donné, décrété l’interdiction de «toute manifestation» et non d’une manifestation ? En violation de la loi fondamentale. Le doigté de la séance de travail après les premiers incidents de la veillée de prière au siège de l’UFC a été salué. L’évidence, c’est que les uns vont toujours provoqué jusqu’à épuisement. Délibérément, ils vont violer la réglementation sur les manifestations publiques.
Déjà, on fait les premiers bilans. Par un communiqué de presse daté du 23 avril, le bureau du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) au Togo est préoccupé par la multiplication des actes de violence ayant eu lieu à Lomé et dans d’autres villes togolaises, notamment Atakpamé, Tsévié et Danyi. «Le bureau du HCDH a recueilli des allégations sérieuses selon lesquelles les forces de gendarmerie auraient eu recours à un usage excessif de la force vis-à-vis des membres du FRAC. De plus, elles auraient arrêté et soumis aux mauvais traitements des opposants. En conséquence, plusieurs personnes, y compris des personnes âgées et des mineurs, auraient été maltraitées et blessées».
L’institution, installée à Lomé sur demande des autorités togolaises, rappelle que le droit à manifester pacifiquement est un droit consacré par la Constitution togolaise et plusieurs instruments internationaux des droits de l’homme ratifiés par le Togo. Il faut donc préserver la dignité humaine et les procédures légales d’interpellation et de perquisition de domiciles. «Le bureau du HCDH encourage à faire la lumière sur les actes de violence auxquels les forces de gendarmerie nationale se seraient livrées le 14 avril 2010 et à suivre les procédures légales applicables en matière de détention et d’enquête policière», précise le communiqué. Et d’exhorter les acteurs politiques à un maximum de retenue pour assurer que les manifestations ne débouchent pas sur des actes de violence et des violations des droits de l'homme.
Visiblement, le rappel doit être fait aux agitateurs de l’UFC-FRAC. On en voit de ces jeunes garçons surexcités et dressés qui se pointent devant des policières et gendarmes, sortent leur sexe et le remuent. Comme une invite. Les filles, elles, font le jeu inverse devant des garçons de la sécurité. Indécence. Ailleurs, d’autres arrosent à l’eau les policiers. Pour mesurer leur degré de patience.

Accès aux informations sur le Togo et autres pays
La Banque mondiale s’ouvre désormais au grand public
Suivant une annonce de sa délégation de Lomé, le Groupe de la Banque mondiale a décidé de donner un accès libre à ses données. Désormais, plus de 2000 statistiques sur les finances, le commerce, la santé et le développement humain et économique qui, pour la plupart, n’étaient disponibles que par abonnements payants, sont à présent disponibles gratuitement au public. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une série de mesures que la Banque est en train d’entreprendre pour accroître l’accès à l’information. L’objectif est de permettre aux chercheurs, aux journalistes, aux organisations non gouvernementales, aux entrepreneurs et au grand public de pouvoir puiser dans ses bases de données à partir d’un nouveau site web, donnees.banquemondiale.org. Il s’agit aussi de contribuer à favoriser des prises de décisions plus éclairées en matière de politiques de développement.
Le nouveau site web offre un libre accès aux données de 209 pays. Certaines de ces données couvrent une période de 50 ans. Les utilisateurs pourront télécharger des séries de données spécifiques pour un pays ou un indicateur donné, et avoir rapidement accès à des données brutes. Les données en questions proviennent de diverses sources, notamment des pays membres du Groupe de la Banque mondiale, et de plus de 30 organisations internationales, organismes privés et ONG partenaires.
En exemples de publications, «Les Indicateurs de développement dans le monde» (World Development Indicators), les «Indicateurs de développement en Afrique» (Africa Development Indicators), «Le financement du développement mondial» (Global Development Finance), Global Economic Monitor, et Doing Business. Et, pour la première fois, ces données sont disponibles dans d’autres langues que l’anglais, à savoir en français, en espagnol et en arabe. Pour un accès direct au site en français : http://donnees.banquemondiale.org/frontpage. En anglais : http://data.worldbank.org.

Face à la responsabilité du banquier teneur de comptes
L’OHADA parcourt les incidents de compte courant juin à Lomé
A chaque métier, son risque. Dans le cadre de l’exercice de leur fonction de «teneur de comptes», les institutions bancaires et financières se trouvent assez fréquemment confrontées à des évènements ou à des incidents susceptibles de perturber le fonctionnement normal du compte de leurs clients. Et ceux-ci s’en plaignent.
De sa position de simple «tiers», le teneur de comptes peut pourtant voir sa responsabilité civile et/ou pénale engagée dans certaines circonstances. Comment le banquier peut-il alors concilier le pari ô combien difficile d’assurer à la fois la préservation des intérêts de son fonds de commerce originel qu’est son client, et sa propre sécurité juridique ? Question lancinante des relations entre le banquier et son client qui semble avoir retenu quelque attention de la part du législateur OHADA, s’agissant des dispositions régissant les rapports créanciers-débiteurs-tiers-saisi, sans pour autant remettre fondamentalement en cause la pratique et les usages bancaires. La question est rendue plus difficile par l'obligation légale de diligence, voire de rapidité faite aux banques et établissements financiers dans le traitement des incidents.
Et pour en débattre et proposer des solutions concrètes aux établissements bancaires, la société de droit togolais Sire Ohada veut rassembler juristes de banque, juristes d’entreprise, chargés de clientèle, chefs d’agence, caissiers, contrôleurs internes, magistrats, avocats et huissiers et autres personnes intéressées autour du thème : «Les incidents de compte et la responsabilité du banquier teneur de comptes».
Du 21 au 25 juin 2010. Après Cotonou, en octobre 2006.
Ce séminaire interbancaire vise à comprendre et gérer de façon efficiente les différents incidents de compte indissociables de l’activité bancaire, par rapport aux lois et réglementations en vigueur, et rechercher ensemble les moyens de mettre au mieux l’établissement teneur de comptes à l’abri du risque juridique inhérent à la gestion des incidents de compte.
En gros, la responsabilité du banquier. Dans un contexte où la notion de responsabilité du banquier, en s'inscrivant dans une dynamique d'aggravation, est devenue extensible, il n'est pas exclu que le banquier se retrouve purement et simplement «débiteur» de son client.

Sur la trace officielle du budget de l’Etat, gestion 2010
Près de 16 milliards Cfa dépensés en traitement et salaires, en 3 mois
Exactement 15,72 milliards de francs Cfa portés en cumul de paiement. C’est le montant retenu par la Direction de l’Economie à travers le tableau de bord cumulatif de janvier à mars 2010 (situation provisoire). Naturellement, les trois secteurs sociaux suivant le Programme d’actions prioritaires du gouvernement consomment plus de la moitié, avec 6,44 milliards pour l’Education, 1,56 milliard pour la Santé et 0,33 milliard pour l’Agriculture. Les autres composantes de l’administration publique engloutissent les 7,39 milliards de francs Cfa. Le tout en termes de «Traitement et salaires». En rappel, pour le seul mois de mars, 6,33 milliards de francs Cfa ont été payés sur le même volet d’exécution du budget général de l’Etat, gestion 2010, soit un taux d’engagement de 10,2% par rapport à la prévision de départ (61,87 milliards) et 100% de taux de mandatement et de paiement par rapport à l’engagement et à l’ordonnancement des dépenses.
En trois mois, les « Biens et services » ont coûté à l’Etat 3,80 milliards de francs. Soit, effectivement, 0,56 milliard en paiement du Trésor, 1,44 milliard en paiement des dépenses ordonnancées et 1,80 milliard en titre non exécutoire. Ici, les trois secteurs sociaux précités ont été les moins bénéficiaires avec, respectivement dans le même ordre, 0,01 milliard pour les deux premiers et aucun frais pour le troisième.
Dans les « Subventions et transferts », 5,30 milliards de francs ont été déboursés au même intervalle sur les 48,14 milliards autorisés le 1er janvier 2010. Alors même que la loi de finances validée par le parlement inscrivait 67,13 milliards. On peut comprendre qu’il faut d’abord compter sur ses propres capacités de recouvrement.
Au total, le gouvernement a déjà cumulé un paiement de 35,15 milliards de francs Cfa. En dépenses publiques de l’année en cours, le budget général prévoyait 451,43 milliards de francs. 423,47 milliards ont été autorisés par l’Exécutif. De janvier à mars, l’engagement est pris pour 62,81 milliards. L’ordonnancement est fait pour 60,36 milliards. Il reste aujourd’hui à payer 25,20 milliards, soit la différence entre l’ordonnancement et le cumul de paiement. En taux global réalisé, on note 13,9% de l’engagement, 96,1% de l’ordonnancement (mandatement) et 58,2% de paiement.
Toujours, sur les trois mois, l’Etat a déclaré et versé à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) un cumul de recettes de 77,7 milliards de francs Cfa, à raison de 30,3 milliards par les Impôts, 32,5 milliards par les Douanes et 14,9 milliards par le Trésor. Le budget général, lui, oblige à recouvrer en fin décembre 251,5 milliards de francs Cfa en recettes, dont 99,7 milliards en Impôts, 125,1 milliards en Douanes et 26,8 milliards en Trésor.

Pendant que la filière est relancée
Regain des exportations du cacao togolais
Après une chute drastique à 5 585 tonnes exportées à la campagne 2001-2002, le cacao togolais retrouve de sa fève. Depuis sept campagnes, la moyenne du tonnage exporté se situe autour de 12.197 tonnes, et ce jusqu’à 2008-2009, d’après des chiffres recueillis par L’Union.
Bien que la production ne soit pas exactement la quantité déclarée et exportée, estiment les spécialistes de la chose, le pic de 21.521 tonnes a été atteint en 2003-2004. Depuis, les statistiques rodent autour de 10.000 et 13.000 tonnes annuelles, niveau atteint en 2004-2005 et au cours de la campagne dernière. Quant à la campagne 2009-2010, elle n’a commencé qu’en octobre, et ses chiffres du premier trimestre 2010 devraient être connus sous peu.
Ces dernières années, l’Allemagne, la Chine, la Belgique, les Pays-Bas et la Pologne ont été très demandeurs du cacao togolais. Sur la campagne précédente, ils ont, à quatre, englouti près des quatre cinquièmes des 13.077 tonnes exportées. Mais sur les trois dernières campagnes, les destinations Espagne, France, Malaisie, Nigeria, Lettonie ou encore Inde se sont ajoutées au lot traditionnel. La qualité supérieure et la qualité intermédiaire sont les plus exigées sur ces marchés. Depuis 2007-2008, la fève en vrac et sans qualité est également demandée. Elle représente près du tiers de la quantité exportée.
Le café stagne
L’inverse de la tendance est observé chez le café. Les exportations stagnent : en dix campagnes, jusqu’en 2008-2009, la moyenne enregistrée est de 8.762 tonnes, juste un peu plus que la campagne dernière qui a produit 8.656 tonnes. Exception faite de 1999-2000 et 2000-2001 qui avaient produit respectivement 15.313 et 10.335 tonnes, toutes les productions qui ont suivi excèdent difficilement les 8.000 tonnes. Et pourtant, dans les années 80, l’on pouvait facilement atteindre les 25.000 tonnes pour le café togolais.
Pour les autorités, il faut revoir tous ces chiffres à la hausse. La filière se doit de retrouver sa verve d’antan, et apporter une valeur ajoutée à l’économie togolaise. Les gros moyens, humains s’entend, ont été déployés : planteurs, chefs traditionnels, autorités locales, tout y passe pour reconvertir les acteurs qui ont entre-temps déserté la terre. «Le prix du café est parfois décourageant», soutient un spécialiste du ministère de l’Agriculture pour expliquer le choix des planteurs. Fixé sur le marché de Londres, le prix du kilo de café se situe actuellement autour de 500 francs, et même en deçà, pendant que le cacao dépasse largement les 1 000 francs Cfa.
Ce n’est pas pour autant que le secteur doit être délaissé. Pour encourager les producteurs à retourner à leurs vieilles amours, les autorités y ont mis des leurs en subventionnant l’engrais. C’est l’intrant indispensable pour redonner vie aux terres et aux plantes abandonnées et privées de traitements plusieurs années durant.
Des zones de production désenclavées
La relance de la filière est au centre des préoccupations des gouvernants togolais. Le lancement en octobre 2008 du projet de réhabilitation des pistes rurales en est toute une preuve. Des pistes élargies, reprofilées et munies par endroits d’ouvrages d’assainissement comme les dalots et caniveaux. En tout une longueur de 145 Km avait été réceptionnée il y a un an, en mai, par le chef de l’Etat en personne. Faure Gnassingbé avait dû se déplacer à cet effet dans les zones café-cacao de Zogbégan, de Danyikponda et de Mangoassé pour fouler les pistes réhabilitées, dans la ferveur populaire des populations bénéficiaires.
Les difficultés de transport agissant fortement sur le rendement des paysans, les pistes rurales devront, dorénavant, permettre de desservir rapidement et davantage de zones de productions aux fins d’accéder facilement et en temps les zones de commercialisation. En dépit d’une exportation en augmentation sensible, le cacao est largement en deçà du pic atteint dans les années 80, soit 30.000 tonnes. «Nous sommes dans la joie en réceptionnant ces pistes, car vous n’allez pas savoir les difficultés que nous endurons pour le transport de nos produits café-cacao avec la dégradation des pistes, l’embourbement des véhicules créant des pannes qu’on peut éviter», avait exulté Karabou Essolakéna, président du conseil d’administration de la Fédération des producteurs de café-cacao. En contrepartie, le chef de l’Etat n’avait d’yeux que pour une chose, «(…)sortir de la terre plus de café et cacao, comme au bon temps de l’OPAT».
Le projet s’et poursuivi dans d’autres zones de productions notamment dans le Zio. Cette étape franchie, le vœu des producteurs était aussi de disposer de magasins, et de centraliser les produits. Reste que, comme partout ailleurs, l’on ne peut miser sur une relance de la production sans compter les caprices du climat. Des caprices déterminants dans la réalisation de résultats attendus. Les acteurs du milieu se rendent compte amèrement que toute leur bonne volonté ainsi que celle des gouvernants n’ont pas encore suffi à booster la production de cacao, réalisée à 13 millions de tonnes la campagne précédente. 2010 pourra-t-elle confirmer la tendance haussière ?

Malgré ses dégâts encore redoutés

Les victimes du paludisme réduites de moitié en 2010
Du chemin a été fait en 5 ans. D’une manière générale, il est dit qu’en moyenne une personne sur 20 qui développent la maladie du paludisme au Togo décède. Dans la plupart des cas, ce sont les enfants de moins de 5 ans qui meurent, affirme l’Unicef, l’organe des Nations unies chargé de l’enfance. Seuls 41% des enfants de moins de cinq ans dorment sous une moustiquaire. Moins encore, seulement 38% des enfants de moins de cinq ans dorment sous une moustiquaire imprégnée, ajoute l’Unicef. A une échelle plus grande, 40% des ménages utilisent une moustiquaire imprégnée d’insecticide au Togo. D’autres part, en moyenne 48% des enfants fébriles sont traités avec un antipaludéen approprié et seulement 38% reçoivent des antipaludéens dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes. Pendant leurs grossesses, seulement 18,1% des femmes enceintes reçoivent le traitement préventif intermittent (TPI), le traitement le plus efficace pour prévenir le paludisme.
Le constat étant ainsi égrené, l’Unicef admet néanmoins que la morbidité et la mortalité dues au paludisme sont réduites de 50% entre 2006 et 2010. Annonce faite à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril. L’objectif, en 2010, est de permettre à 80% des enfants de moins de cinq ans de bénéficier de mesures de protection telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide ou la pulvérisation intra-domiciliaire ; ou de prendre en charge, au niveau communautaire et dans les formations sanitaires, 80% des cas de paludisme simple. Dans la même proportion, 80 % des femmes enceintes devront bénéficier du traitement préventif intermittent contre le paludisme, et de mesures de protection telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d'Insecticide ou la pulvérisation intra-domiciliaire.
D’ici 2015, en ayant l’œil sur l’objectif n°6 du Millénaire pour le développement (OMD), l’on devrait avoir maîtrisé le paludisme et commencer à inverser la tendance actuelle, prévoit l’Unicef. Identifié en 2010 comme l’un des quatre priorités du gouvernement, le secteur santé et action sociale est doté de 26,807 milliards de francs Cfa, soit 13,2% du PIP.

Les églises éveillées et le business
Le Togo est l’un des pays africains où l’Eglise est devenue pour certaines couches sociales, un véritable tremplin pour le bonheur. La loi consacrant la liberté de culte, est venue amplifier la création des chapelles un peu partout dans les grandes villes du pays. Un pays où le catholicisme était encore jusqu’à un passé récent, la religion de prédilection de nombre de chrétiens.
A Lomé, de nouvelles églises ont pignon sur rue, on les retrouve dans presque tous les quartiers, chacune proposant à ses adeptes le bonheur absolu. A longueur de journée, certains domiciles sont pris d’assaut par des gens pour annoncer la bonne nouvelle. Bible et brochures en mains, ces envoyés du Christ sont à même de réciter des passages bibliques pour convaincre les esprits peu outillés en connaissances bibliques. Cette myriade d’églises d’inspiration chrétienne affiche une richesse insolente. Elles exploitent le désoeuvrement des fidèles et leur promettent, en échange bien sûr de dons réguliers, des jours enfin meilleurs. La théologie de la prospérité importée des Etat-Unis y est un véritable succès.
Ces pasteurs sont passés maîtres dans l’art de la communication et de la bonne chère. Ils roulent carrosse et mènent grand train. Pour eux, la carrière religieuse est le plus court chemin qui mène à la fortune. Dieu ne recevant les offrandes que via la médiation des pasteurs, les plus talentueux de ces docteurs “ès faux miracles“, deviennent rapidement riches.
On n’est pas loin des procédés utilisés par les scientologues en Europe, et particulièrement en France. En effet, plusieurs personnes s’étaient complètement retrouvées ruinées par l’église de scientologie.
Le culte de la personnalité y est érigé en règle absolue. Le pasteur y est l’Alpha et l’Oméga et abuse de ses fidèles dans tous les sens du terme. Plus l’homme se trouve dans les difficultés, plus il est sensible à toutes les promesses lui faisant miroiter un avenir meilleur, même, si pour cela, il doit se ruiner.
Les femmes y sont la cible privilégiée. Plus vulnérable, car plus intimement touchées par les difficultés de l’existence, elles pensent trouver auprès de ces églises des réponses aux questions touchant à la pauvreté, à la maladie, à la stérilité, à l’infidélité de leurs maris ou à l’abandon de leurs enfants par leurs pères.
Dans ces églises, on chante on danse, on dirait une fête. Des tenues bien précises sont parfois imposées aux fidèles, c’est généralement le blanc et le noir et parfois la marche à pieds nus. «J’aime l’ambiance et quand nous chantons ça nous procure la bonne humeur», raconte une fidèle d’une église dite réveillée située au quartier Agoè où le tintamarre de ces églises n’est pas du goût de tout le monde. «Il y a une église dans mon quartier où les gens pleurent quand ils prient ça nous met souvent mal à l’aise», nous confie un témoin.
En effet, dans certaines de ces églises, les pleurs sont le signe de repentance et de confession pour les péchés commis. Dans les quartiers, les dénominations sont multiples, Mission de plein évangile, Eglise du Dieu vivant, Eglise de la foi en jésus christ, Jésus ne change pas, Eglise des rachetés, La vraie église de Dieu, Eglise du combat spirituel, La sainte église de dieu, Jésus revient bientôt, etc.
La plupart de ces religions sont considérées comme des sectes par une certaine opinion.
En quête d’une foi nouvelle, les populations se ruent vers ces églises dans l’espoir d’être en phase avec Dieu. Selon, un père catholique, sociologue de formation les populations qui s’adonnent à ces nouvelles églises sont celles qui veulent verser dans la facilité, croyant qu’en priant simplement ou en se pliant à certaines pratiques, elles iront tout droit au paradis. Il est donc courant d’observer que la plupart des fidèles de ces églises sont pratiquement manipulés par leurs pasteurs, qui sont en fait de véritables gourous pour ces hommes et femmes d’une naïveté légendaire.
Ces fidèles cotisent d’énormes sommes d’argent pour le pasteur qui roule carrosse, tandis que leurs propres familles croupissent dans la pauvreté, la famine et la misère. Les victimes de ces vrais faux pasteurs, sont nombreuses. Selon un parent d’une victime de ces églises réveillées, une dame qui versait déjà les deux tiers de son salaire, à son gourou de pasteur, avait été séquestrée, battue puis violée par ses prétendus « frères en Christ» qui disaient vouloir la désenvoûter. Dans une autre église dite réveillée, il est interdit d’amener les malades dans un centre hospitalier, car les prières du pasteur sont plus puissantes que la chloroquine face au paludisme.

La tontine, une banque pour les pauvres
Les difficultés d’accès au système bancaire, pour une frange de la population, dans les pays en développement, ont favorisé la création de circuits financiers informels. Les tontines, l’un des éléments essentiels de l’épargne, jouent un rôle très important et progressif dans l’entreprenariat au Togo
Ce système d'épargne répandu sur l'ensemble du territoire togolais voire dans les contrées reculées, brasse parfois plus d'argent que les banques. Cet argent qui échappe aux institutions du pays rend cependant d'immenses services à la population et est géré de façon exemplaire.
Elle était gérée par des femmes et le principe était simple : chaque semaine la mère de famille donne une somme fixe (généralement entre 500 et 1000CFA) et mensuellement une ou plusieurs familles se voient attribuer à tour de rôle et en toute transparence (souvent en présence d'un conseil de femmes) une somme importante. Le crédit restant peut être attribué à une famille particulièrement ou momentanément dans le besoin. Cette somme attribuée à l'avance permettra à la famille nécessiteuse d'avoir une importante somme avant que son tour n'arrive.
La tontine est récupérée par les structures de micro finance et dépasse aujourd’hui le cadre du village ou du quartier, c’est sans doute la cause de la confiance qu’inspire ce mode d’épargne auprès des populations. Et dans le nouveau cas la règle est la suivante : la personne s’engage a verser une certaine somme supérieure ou égale a 100Fcfa par jour moyennant le paiement de la commission qui équivaut a la cotisation quotidienne. N’étant plus une opération financière basée sur la parole donnée, la tontine a retrouvé une certaine crédibilité. «Le fait de cotiser auprès des structures organisées me rassure plus. Je peux retirer mes économies dés que j’en ai besoin. Avant on faisait la tontine entre femmes du quartier et souvent les premières bénéficiaires ne respectent pas le contrat », affirme Mme Marie, revendeuse à Lomé.
Véritable source de développement du secteur informel au Togo, la tontine a permis à plusieurs personnes de bénéficier de micro crédit pour monter leurs propres entreprises. Anas, par exemple a pu internationaliser son commerce de friperie grâce a la tontine. «J’ai cotisé 1000 fcfa par jour pendant deux ans. Au bout des comptes j’avais a peu prés 800000 fcfa, étant donné que mes chiffres d’affaires ont baissé ici, cette somme me permet de voyager dans les pays de la sous région pour vendre mes articles », a-t-il renchéri.

© L’Union du 30 avril 2010

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