Les athlètes togolais attendent un « coup de pouce » des autorités

21/03/2008
Les athlètes togolais attendent un « coup de pouce » des autorités

L'hebdomadaire L'Union, paru vendredi, consacre une large place au sport. D'abord avec une interview d' Alexis Aquéréburu, l'avocat de Tata Avlessi, le président de la Fédération togolaise de foot réhabilité il y a quelques jours ; ensuite avec celle de Sandrine Thebaut-Kangni, spécialiste du 400 mètres et qui représentera le Togo aux jeux olympiques de Beijing. L'athlète espère avoir un « coup de pouce » des autorités togolaises, pour elle même et pour son compère, le kayakiste Benjamin Boukpéti.

##S_B##Voici une sélectiion d'articles publiés par L'Union

Interview exclusive sur l'affaire Tata Avlessi

Me Alexis AKEREBURU se défend :"Aucune pression n'a été exercée sur qui que ce soit."

Il y a deux semaines encore, on doutait du sort que le Tribunal arbitral de Suisse (TAS) allait lui réserver. Aujourd'hui, Tata Adaglo Avlessi est blanchi contre la suspension à vie à lui infligée par la Confédération africaine de football (CAF). Déjà, des voix se sont élevées pour faire croire que le droit n'a pas été dit à Lausanne. L'Union s'est approchée de son conseil, Me Alexis Coffi Aquéréburu, pour apporter plus d'éclaircissement à ce dossier.

L'Union : Me Alexis Aquéréburu, quelles ont été les preuves d'accusation de la Confédération africaine de football (CAF) contre M. Tata Avlessi ?

Alexis Aquéréburu :

Je vous remercie pour cette occasion que vous m'offrez de m'exprimer sur cette affaire qui a causé beaucoup de torts à notre pays le Togo, et à son football. Pour revenir à la question, je vous dirai que les preuves de l'accusation portée par la Confédération africaine de football (CAF) contre Monsieur Tata AvIessi n'ont jamais existé si ce n'est dans l'imaginaire de ceux qui Œuvraient pour la fin de cet homme.

Peut-on comprendre, au regard du droit, une adéquation entre l'accusation et la peine prononcée (suspension à vie) ?

Cela ne peut se comprendre ! D'abord ce fut une suspension pour une durée de 8 ans devant le jury disciplinaire et puis une sanction à vie. Les textes disciplinaires de la CAF ne prévoient de sanction à vie que lorsque les faits sont graves. Ou lorsqu'il y a récidive de la part de la personne accusée de faits de corruption. L'une et l'autre condition n'étaient nullement remplies dans le cas de Monsieur Avlessi.

Aujourd'hui, votre client est totalement blanchi. Comment êtes-vous arrivés à démonter tous ces arguments de la CAF ? Comment interpréter les attitudes de la partie adverse durant le procès ?

L'analyse du dossier de Monsieur Avlessi révélait qu'en plus de ce que les faits à lui reprochés étaient totalement inexistants, ce dernier n'a pas eu le droit de se défendre face aux accusations qui étaient portées contre lui. Il s'agit là de la violation manifeste d'un droit fondamental de la personne : «le droit de la défense» qui s'applique également au droit du sport. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) ne pouvait en aucune manière approuver sa violation et lorsque vous lisez la sentence, vous vous apercevez que nous avons été entièrement suivis par la juridiction suprême en matière de football.

S'agissant des attitudes de la CAF au cours de la procédure devant le TAS, j'imagine que vous voulez parler de la confirmation de sa présence à l'audience du 18 janvier et sa défection au dernier moment. Je dois dire que la CAF est la seule à même de vous éclairer sur ce point. Nous aurions souhaité sa présence pour un débat contradictoire

En matière de sport, quel est le vrai rôle du Tribunal arbitral du sport de Lausanne (TAS) ? Est-il compétent à connaître de toutes les affaires sportives, car il se dit que sa compétence est limitative ?

Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) est une juridiction qui existe depuis 1994 et dont la création s'imposait par le caractère particulier du sport et des organisations sportives. Son rôle est triple : trancher les litiges qui lui sont soumis par la voie de l'arbitrage ordinaire. C'est le cas lorsque les parties en litige ont prévu des dispositions statutaires par exemple qui privilégient l'arbitrage à toute autre procédure contentieuse. Il donne également des avis non contraignants à la demande du Comité International Olympique (CIO), des Fédérations Internationales des diverses disciplines sportives, des Comités Nationaux Olympiques, des associations reconnues par le CIO et des comités d'organisation des jeux olympiques. Il connaît enfin par voie d'appel (procédure arbitrale d'appel) des litiges concernant des décisions de fédérations, associations ou autres organismes sportifs dans la mesure où les statuts ou règlements desdits organismes sportifs ou une convention particulière le prévoient.

L'affaire Tata Avlessi C/ CAF s'inscrit parfaitement dans les domaines de compétence du TAS notamment la troisième attribution, étant entendu que et les textes de la Fédération togolaise de football (FTF) et ceux de la CAF sur la base desquels Monsieur Avlessi a été sanctionné prévoient le recours au TAS au cas où la décision des juridictions locales ne satisferait pas l'une des parties.

Pour vous, il s'agit d'un devoir accompli, mais on parle de pressions qui auraient pesé durant tout ce bras de fer devant le TAS. Qu'en est-il ?

Aucune pression n'a été exercée sur qui que ce soit. Ce n'était même pas envisageable tant par la stature internationale des arbitres qui y ont siégé que par le mode de leur désignation. D'abord, lorsque vous lisez la sentence vous vous apercevrez que le Président de la formation est Juge près la Cour Internationale de Justice de La Haye (Pays Bas). Le premier Arbitre est vice Président du Tribunal Administratif de Paris. Le second Arbitre est ancien Président du Conseil Constitutionnel et ancien ministre des Sports du Sénégal.

S'agissant de leur désignation, il faut noter que l'un a été désigné par le TAS, l'autre par la CAF et un autre par Monsieur Avlessi. Dans ces conditions, je m'étonne que l'on parle aujourd'hui de pressions. Mais alors pressions de qui ? De la CAF qui est une institution continentale ? Ou de mon client qui n'est qu'une simple personne physique aux moyens très limités ?

Dans ses premières déclarations, votre client n'a pas manqué de remercier particulièrement le Chef de l'Etat. Quel a été le vrai rôle de celui-ci ?

Le Chef de l'Etat, premier des Togolais, tout comme tous les autres concitoyens dont il faut saluer au passage la mobilisation, s'est senti très concerné par cette affaire. A l'heure du dénouement, il était donc normal de lui dire merci en sa qualité de premier citoyen togolais sans oublier les autres concitoyens pour le réconfort moral dont il avait besoin pendant cette épreuve.

Avec un peu de recul, peut-on dire que la presse togolaise vous a facilité la tâche ?

La presse togolaise a fait son devoir d'information et c'est une bonne chose. Mais il faut préciser qu'une affaire de justice, c'est avant tout le droit et c'est ce dont il a encore été question dans cette affaire à Lausanne.

Au finish, qui est au cŒur de ce qu'on peut appeler une conspiration contre M. Tata Avlessi ?

La décision vient à peine de tomber et je crois qu'il faut laisser au temps le temps de faire son Œuvre.

Economie

Relance économique au Togo, dernier réglage

 

Le gouvernement Mally se bat pour que plus de ressources financières soient disponibles afin de faire face aux nombreuses préoccupations des populations. A ce niveau du combat, ils ne sont peut-être pas bien visibles, les efforts que l'exécutif entreprend pour  y arriver. Mais les résultats ne tarderont pas.

En vue de réduire la pauvreté dans notre pays, le Togo a élaboré un  document révisé de Stratégie intérimaire de réduction de la pauvreté finalisé après consultations avec les principaux partenaires techniques et financiers. Si ce document est mis en Œuvre, le Togo devra bénéficier des concours financiers importants des bailleurs de fonds. C'est pour cette raison que le gouvernement, pour une consolidation de la relance économique, et s'agissant des entreprises publiques, entend accélérer les réformes de la Société togolaise de coton (SOTOCO) et de la filière des phosphates pour exploiter au mieux leur potentiel de contribution à la croissance en introduisant notamment dans leur capital des opérateurs privés.

Toutefois, le gouvernement estime qu'il sera nécessaire de renforcer la surveillance des entreprises publiques de manière générale pour améliorer la transparence de leur gestion. Le secteur agricole, considéré à juste titre comme le premier secteur de production dans lequel il faut impulser la croissance pour améliorer les conditions de vie des plus pauvres, est d'une priorité pour le gouvernement. A cet égard, la stratégie retient prioritairement  le renforcement du cadre légal et institutionnel, la structuration du monde rural et la professionnalisation des filières agricoles et l'amélioration durable de l'accès aux ressources productives et aux marchés.

Revue de presse

SOCIETE : PAS DE MARCHE !

Pour Courrier de la République, c'est la «phobie du pouvoir pour les manifestations publiques». Et les raisons sont toutes trouvées : au Togo de Faure Gnassingbé on est d'accord avec le régime et on est autorisé à parler, ou on n'est pas d'accord et on se tait. Et ceux qui dirigent actuellement ne veulent pour rien au monde laisser les choses aller comme il se doit. Ils ont réussi à faire diversion en acceptant certaines réformes. Mais pour l'essentiel, le régime demeure égal à lui-même. La dictature est plus subtile, … Ce qui fait dire à Le Correcteur que «Faure Gnassingbé tourne les travailleurs en bourrique». Selon les propres termes du journal, parler ainsi n'est que pur euphémisme, histoire d'amortir le choc que pourrait créer la réelle expression de son attitude face à la situation des travailleurs togolais.

On est même tenté de se demander si le chef de l'Etat les méprise. Et l'hebdomadaire privé Le Regard titre : «l'infiltration des manifestations : un nouveau prétexte pour empêcher les marches de protestation». Allusion faite à la raison contenue dans le communiqué officiel de l'Association togolaise des consommateurs pour annuler in extremis la marche prévue le samedi 15 mars 2008. Cette nouvelle trouvaille de nos dirigeants qui n'est qu'une forme de musellement de l'opinion pose un problème de fond, écrit le journal avant de s'interroger : «quelle formule trouver pour contourner l'argument des infiltrations et permettre aux organisations qui le désirent de manifester en toute quiétude sans qu'on ne parle de récupération politique?».

Quant au bihebdomadaire Forum de la Semaine, il place la marche avortée contre la vie chère «entre irresponsabilité des gouvernants et naïveté des dirigeants de l'ATC». Il y a doublement irresponsabilité du gouvernement quand on voit les circonstances dans lesquelles la marche est organisée : malgré les cris d'alarme des populations sur la flambée exagérée des prix, les gouvernants ont fait la sourde oreille (…) C'est de la naïveté mortelle si les responsables de l'ATC ont cru à cette historiette : avaient-ils besoin des pseudo manifestants d'arborer les couleurs d'un parti politique, fut-il le leur, avant de casser, piller et agresser ?

POLITIQUE : LE BILAN MALLY

«Plus de trois mois après son installation, quel bilan pour le gouvernement Mally?», s'interroge Forum de la Semaine. Avec cet appel : «loin de démériter, Komlan Mally et son équipe ont fait des pas appréciables. Mais le mécontentement populaire aux portes du gouvernement est un appel à mieux faire. Alors messieurs, du cran !». Du coup, Le Regard voit «les cent jours du gouvernement Mally sur fond de grogne sociale». Courrier de la République croit plus à des blâmes ou des félicitations.

Athlétisme

Sandrine parle des J.O. de Pékin

L'athlète togolais qui s'alignera sur le départ du 400m aux prochains Jeux Olympiques de Pékin (Juillet-Août 2008) met un point d'honneur à être sous sa meilleure forme avant les jeux. Pour y arriver, elle enchaîne les compétitions et les stages. Participer aux JO, " c'est pour moi l'aboutissement d'une carrière ", nous a-t-elle confié quelques heures avant de reprendre l'avion mardi pour rejoindre son camp d'entraînement à Paris après un congé de cinq jours à Lomé.

L'Union: Beaucoup de Togolais vous connaissent très peu. Qui est Kangni Thibaut Sandrine?

Sandrine Thebaut-Kangni:

Je suis un spécialiste du 400 m.  J'étais en équipe nationale de France avant. J'ai rejoins l'équipe  nationale du Togo en 2001. Je suis depuis quelques années en tête du  classement français de 400m, j'ai participé aux compétitions internationales avec le Togo. J'ai gagné le tournoi de la Solidarité en 2006 à Lomé.

Des athlètes de haut niveau, on n'en connaît pas beaucoup pour le compte du Togo.  Comment votre parcours a-t-il commencé?

J'ai un parcours qui est un peu passionnel. J'ai commencé vers l'âge de 9 ans. J'ai rejoins l'équipe de France au niveau des cadettes  et j'ai fait le parcours jusqu'en sénior. En 2001, j'ai décidé de prendre la double nationalité comme je l'ai promis à mon papa que je rejoindrai un jour les rangs du Togo pour la fierté pour le Togo mais aussi pour lui qui a été un athlète de haut niveau qui a participé aux Jeux Olympiques pour le compte du Togo. Actuellement, je m'entraîne en France dans la région parisienne avec un entraîneur polonais qui me suit depuis cinq ou six ans quand j'ai changé de nationalité. Pour l'instant tout se passe bien.

Connaissant la réalité de l'athlétisme togolais, on se pose la question de savoir qu'est ce qui vous a favorisé, vous ?

Le fait que j'évolue à l'étranger, je bénéficie de structures qu'on n'a pas peut-être forcément au Togo. En France, je participe à beaucoup de compétitions avec mon club à St Dénis à Paris et  en Europe. Cela me donne des  avantages que mes compatriotes n'ont pas. J'ai tout autour de moi un staff qui s'occupe de moi: mon entraîneur, un kiné, un préparateur physique. Tout cela concourt à ce que les performances suivent.

Dites-nous quels rapports avez-vous avec le Togo?

Un rapport du cŒur. Mon père m'a toujours dit que si je représentais le Togo, ça sera sa plus grande fierté. J'espère seulement qu'on aura la chance de monter ici une équipe nationale  complète.

Avez-vous des relations avec certains athlètes togolais?

Je connais quelques athlètes qui évoluent ici. Je connais bien Nana Blakimé qui fait du triple saut. Elle était avec nous aux Jeux Africains à Alger en juillet dernier. Je connais  plus particulièrement, j'en suis désolée,  les Togolais qui évoluent à l'étranger, notamment Francis Ezé qui est en région parisienne qui a remporté une médaille d'argent aux JA et Djibril Alifatou qui a déjà remporté plusieurs médailles pour le compte du Togo au poids et au disque.

Votre coup d'Œil sur l'athlétisme au Togo?

Il va falloir qu'on redonne un coup de fouet à l'athlétisme au Togo. Pour le moment, on a besoin de faire beaucoup de compétitions à l'intérieur du pays, des critériums, de relancer le championnat national pour que tous les Togolais aient la chance de se confronter entre eux et la chance de réaliser aussi de bonnes performances pour aller aux compétitions africaines ou internationales. Le constat c'est qu'il manque cruellement de compétitions au Togo.

Donc ça dort, voulez-vous dire?

Ça dort pas mais le manque de moyens fait qu'on a pas la possibilité d'organiser de grands championnats. Mais je crois savoir  maintenant que la Confédération africaine d'athlétisme donne son appui pour relancer l'athlétisme au Togo. C'est une très bonne chose et on peut se dire qu'on est sur la bonne voie.

Le Togo peut-il espérer  produire des athlètes de votre niveau très prochainement?

Déjà l'existence à Kégué d'un centre international junior va booster toutes les structures au Togo. C'est très important pour que dans quatre ou cinq ans voire dix ans qu'on puisse monter une équipe nationale en entier. On a eu les Menelik Lawson, Franck Amégnigan qui ont réalisé de grandes performances dans les années 90, qui ont réalisé des demi-finales aux JO. On n'est pas différent des Béninois, des Ghanéens. Donc il n'y a aucune raison pour qu'on ne trouve de grands champions au Togo.

Qu'apportez-vous personnellement  à l'athlétisme togolais aujourd'hui ?

Je pense que l'athlétisme togolais m'apporte beaucoup plus que je ne lui apporte. J'essaie par mes performances à l'étranger de booster les jeunes qui sont au Togo et leur donner la possibilité  de voir l'avenir en rose. J'espère que mon expérience leur servira pour qu'ils réussissent dans les prochaines années.

Quelles sont vos espérances pour les JO de Pékin ?

Accéder à la demi-finale des JO. Cela sanctionnera toute ma carrière. C'est mon objectif, c'est pour cela que je n'entraîne dure cette année. Comme ça j'aurais donné le maximum que je pouvais pour le Togo.

Il y a  une semaine vous étiez à en Salle à Valence. Comment ça s'est passé?

 Espagne, j'ai couru pour le compte du Togo. J'ai réalisé 54'02 qui bat très loin mon record. C'est plutôt une très bonne performance en ce début de saison, surtout que la saison va être longue. En mai, nous aurons beaucoup de compétitions en Europe. Mais l'objectif final, c'est les JO.

Que représentent les JO pour vous ?

C'est  de loin le rêve de tout sportif de haut niveau. La grande fête, c'est tous les quatre ans. C'est pour moi l'aboutissement d'une carrière. On peut être champion du monde, d'Europe, d'Afrique, si on n'a pas participé aux JO, on n'a pas terminé sa carrière.

Vous disiez tout à l'heure que la saison sera très longue au-delà des JO

J

e pars pour l'île Maurice le 2 avril. C'est la première échéance. Et j'en profiterai pour faire là un stage de trois semaines vu que de très bonnes conditions m'y sont offertes. Ensuite, il y a le championnat d'Afrique en Ethiopie du 30 avril au 3 mai. A cela, il faut ajouter les compétitions interclubs qui se dérouleront en Europe.

Qu'attendez-vous des autorités togolaises?

Un coup de pouce. Tout récemment le ministre des Sports a dit qu'il faisait de la participation des athlètes togolais aux JO l'une des priorités de son département.

J'en étais très heureuse.  Mon compatriote  Benjamin Boukpéti qui est kayakiste et avec qui je suis ensemble à Paris a lui aussi besoin d'un coup de pouce. C'est une discipline nouvelle en Afrique. Le mois dernier, il a remporté le titre africain. Il faut aussi que les autorités pensent à la relève. Car l'athlétisme togolais doit pouvoir survivre et prospérer après nous.

Culture

Kora et contes au Goethe Institut

Le conteur togolais Roger Atikpo a fait chanter le Goethe Institut mercredi soir dernier autour d'un spectacle de contes haut en couleurs qui a fait durer le suspense jusqu'au bout, sans fatiguer l'audience qui en demandait encore et encore. Car, ce virtuose de la kora, l'envoûtant instrument de musique africaine, ce violon mandingue, sait tenir en haleine son public. Musique, chants du répertoire populaire, danses, et récits d'une rare truculence qui charrient des choses et des personnages de chair et de sang, racontent des problèmes sociaux où se mêlent sexualité, inceste, amour et cupidité.

Sa technique ne se trouve pas que dans les cordes de sa kora fabriquée par lui-même, mais surtout dans sa manière de conter plusieurs histoires simultanément, laissant les unes inachevées, rattrapant les autres pour les achever, sans que le spectateur ne perde le fil.

Ce grand disloqué au physique sahélien est imposant sur scène, et ses danses maladroites et balourdes font partie de son jeu pour enjoliver son théâtre, appris chez le conteur togolais Corneille Akpovo, enrichi chez un Malinké de Guinée, et mitonné à la sauce togolaise. Digression, dérision, comique constituent la clé de ce théâtre qui ne lasse jamais chez ce conteur qui s'amuse comme un gamin.

Habib Koité en concert ce vendredi soir au CCF

Descendant d'une prestigieuse lignée de musiciens griots, le chanteur guitariste Habib Koité est une star dans son pays le Mali, et jouit d'une réputation internationale.

Sorti de l'Institut des arts de Bamako, Habib montre très tôt ses talents de musicien de génie, doublé d'un grand talent sur scène, s'osant des reprises endiablées de classiques de James Brown ou Jimi Hendrix.

Grand Prix découverte RFI 1991, il enregistre son premier album en 1995 Muso ko, avec son groupe Bamada. Son album Ma Ya, paru en 1998, est vendu à plus de 120 mille exemplaires en Europe et aux USA.

© L'Union du 21 mars 2008

 

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