Les dernières heures de la Sotoco

04/01/2008
Les dernières heures de la Sotoco

D'après l'hebdomadaire L'Union, paru vendredi, la Société togolaise de coton (Sotoco) va être dissoute dans les prochaines semaines. Un sort déjà réservé à d'autres entreprises publiques comme Togo Electrictié, l'Office togolais des phosphates (OTP) ou l'International fertilizers development (IFG). « Depuis deux ans, une étude est engagée afin de définir les nouvelles orientations de la Société togolaise de coton. Les réformes sont en cours pour qu'à la place de la Sotoco soit créée la Société nouvelle de coton (SNC) », affirme le journal.

##S_B##Voici une sélection d'articles parus cette semaine dans L'Union

Prix des produits  pétroliers

Juste un répit pour le consommateur togolais

Les conducteurs de véhicules ou tout autre engin roulant à base de carburant ont de quoi reprendre un peu de souffle. L'Etat vient de décider de supporter encore pendant… les charges qui leur sont dues sur la consommation de produits pétroliers.

La mesure est contenue dans la loi de finances exercice 2008 examinée et adoptée lundi soir par les parlementaires togolais. Mais pour combien de temps ?

Les subventions des prix des produits pétroliers coûtent à l'Etat autour de la rondelette somme de 10 milliards de francs Cfa par an. Ce qu'on n'explique souvent pas, ou presque jamais, aux populations. C'est une erreur de communication. Car, au prix actuel du baril de pétrole (100 dollars US), l'on devait rouler à près de 1000 francs le litre. Surtout que la nature nous a offert toutes les âneries politiques, sauf le pétrole.

Ayant supporté les coûts pendant plusieurs années, l'Etat a dû lâcher l'année dernière, ce qui avait conduit à une augmentation de près de 25% des prix des produits pétroliers. Et cela a créé le tollé qu'il devait créer au sein des consommateurs. Une nouvelle hausse des prix des carburants, en l'espace d'un an, pourrait conduire au suicide des foyers, d'autant que le prix élevé du baril du pétrole est déjà assez ressenti sur le coût des biens de consommation.

En bon encaisseur, et souvent hésitant à réclamer ses droits, le consommateur togolais se soucie peu du fait que le pain de savon de 125 francs soit passé à 150 en quelques jours. Que le lait Vivalait de 900 francs soit tout de go passé à 1.200. Que le prix de la farine de blé soit augmenté, etc. A l'allure qu'impose le prix du pétrole, les Togolais verront leurs marges de manŒuvres se rétrécir dangereusement. Des experts internationaux affirment que le prix du pétrole pourrait encore augmenter les cinq prochaines années. Face à une économie dite libérale, comme la nôtre, où le gouvernement affirme ne pas devoir exercer des pressions sur la détermination des prix, il ne serait pas suspect de penser que le pétrole va finir par faire couler les foyers les plus pauvres.

Pour l'instant, heureusement, l'Etat veille encore à ne pas étrangler les Togolais dont la majorité tire le diable par la queue. Déjà, note le gouvernement, la flambée des prix des produits pétroliers entraîne la réduction des activités au plan national.

Ceux qui avaient les yeux braqués sur la mer dans l'attente d'une éventuelle découverte de puits en off-shore (affectueusement appelé pétrole Panou) peuvent encore espérer. Tout n'est pas perdu. Des commissaires du gouvernement à l'assemblée nationale  sont convaincus «qu'il y a de fortes chances d'avoir du pétrole en mer au Togo, car le Togo est situé sur le bassin sédimentaire ouest africain», tout comme le Bénin, le Ghana ou le Nigeria. Sauf que les recherches nécessitent assez de moyens.

Coton

La Sotoco bientôt défunte

A l'instar de Togo Electrictié, de l'Office togolais des phosphates (OTP) ou de l'International fertilizers development (IFG), qui ont déjà connu leur sort en 2007, la Société togolaise de coton (Sotoco) va être dissoute. Mais l'acte ne met pas fin à la culture du coton dans notre pays, un secteur qui utilise aujourd'hui environ 300.000 producteurs. A qui s'ajoutent leurs familles.

Depuis deux ans, une étude est engagée afin de définir les nouvelles orientations de la Société togolaise de coton. Les réformes sont en cours pour qu'à la place de la Sotoco soit créée la Société nouvelle de coton (SNC). La mesure fait partie du projet de relance du secteur cotonnier, envisagé avec des cabinets d'expertise, notamment le français Dagris. De plus de 180.000 tonnes annuelles, la production cotonnière du Togo est tombée, la campagne dernière, jusqu'à 45.000 tonnes. Résultats essentiellement dus au désengagement des cotonculteurs à qui l'Etat devait des milliards de francs de dette.

Ceci étant, le coton demeure encore un secteur important pour le gouvernement. Ce qui explique l'effort fourni par l'équipe de Faure Gnassingbé pour éponger en l'espace d'un an une dette de 21,5 milliards de nos francs vis-à-vis des producteurs de l'or blanc. A la satisfaction de tous. Pour la campagne en cours, la Sotoco prévoit une production de 65.000 tonnes de coton. «Cette saison, ce sont près de 93.000 ha qui sont emblavées par 105.700 producteurs contre 61.500 ha et 82.829 producteurs la saison précédente», expliquait, en septembre, à L'Union Norbert Amecy, secrétaire général technique de la Sotoco.

On comprend aisément que les paysans sont plus motivés. Ces superficies seraient plus élevées si la pluviométrie n'avait pas joué un mauvais tour aux paysans des trois régions du nord du pays, indiquait M. Amecy. Ce qui a amené la société à modérer ses prévisions, précédemment placées au-delà des 100.000 tonnes.

Faure Gnassingbé déclare 2008 «année du travail»

Profitant des retrouvailles de fin d'année dans la Kozah, le président Faure Gnassingbé a dévoilé le 29 décembre 2007 ses vŒux pour l'année nouvelle sous forme d'un appel pressant au travail bien fait et décidé de sanctionner l'absentéisme et le retard au travail. Car, selon lui, c'est à nous d'identifier nos besoins et les recenser, de concevoir des solutions, de formuler des projets, de trouver des financements, de respecter les conditions de décaissements et de suivre l'exécution de ces projets.

«2008 doit être une année où nous devons redoubler d'ardeur au travail. Nous devons rompre avec certaines mauvaises habitudes, je veux parler de l'absentéisme et du gaspillage», a-t-il déclaré en substance.

Faure Gnassingbé pose la nouvelle problématique. Aujourd'hui, trouver le financement n'est pas un problème. Mais c'est comment faire pour que ces financements profitent à tous les citoyens togolais.

Pour le locataire de la présidence, il faut retrouver la conscience professionnelle et faire preuve de civisme.

Il est de notoriété publique que depuis les revendications démocratiques des années 90, les acteurs de l'administration publique ont confondu la plénitude des droits élémentaires de salariés à une pagaille indescriptible. Mieux, ils ont toujours compris que l'administration leur doit sans se soucier des devoirs à respecter. Des sanctions à l'issue d'un contrôle rigoureux seront désormais appliquées. «Nous devons absolument nous mettre au travail, et les instructions seront données en ce sens, pour que l'absentéisme soit sanctionné, ainsi que les retards au travail et le gaspillage», a prévenu Faure Gnassingbé.

A l'instar de l'administration publique, le même laxisme a cours dans le secteur privé et informel, où les employés délaissent les postes au profit de discussions stériles et incomprises sur la démocratie en cours, et qu'ils assimilent souvent à leurs droits.

Avec néanmoins cette différence que, dans le secteur privé, une sanction peut facilement prendre la forme d'un licenciement.

C'est la première fois que le chef de l'Etat hausse ainsi le ton. Le Togo, qui sort de 14 ans de privation de la coopération de la part de la communauté internationale, veut rattraper le retard en matière de développement. A l'issue des élections législatives jugées régulières et transparentes par la communauté des observateurs, l'Union européenne a aussitôt normalisé ses relations, suspendues en 1993 pour déficit démocratique.

Le scrutin du 14 octobre 2007 a attribué au parti présidentiel 50 sièges sur 81 à l'Assemblée nationale. L'Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio en a obtenu 27, tandis que le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de l'ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo a récolté 4 sièges.

La reprise de la coopération avec l'Europe doit permettre au Togo de bénéficier de 123 millions d'euros sur la période 2008-2010 au titre du 10è FED (Fonds européen de développement). La Banque mondiale a, par ailleurs, décidé en décembre dernier d'éponger 135 millions de dollars US de dette au bénéfice du Togo, et d'aider ce pays à reprendre son développement.

Les secteurs prioritaires, définis de commun accord avec la récente mission conjointe Banque mondiale/Fonds monétaire international/Banque africaine de développement sont la santé, l'éducation, l'agriculture et les infrastructures routières.

 

Des questions / réponses entre les députés et le gouvernement

Quelles dispositions prend le gouvernement pour le contrôle des prix ?

L'économie togolaise est libérale. En conséquence, le gouvernement ne doit pas exercer des pressions sur la détermination des prix des produits. Par contre, il veille à ce que les prix des produits stratégiques comme ceux des produits énergétiques et pétroliers ne soient pas exorbitants.

Quelle est la situation actuelle de l'IFG/OTP et quels sont les projets de la nouvelle société créée (SNPT) ?

La SNPT est créée en mai 2007 suite à la dissolution et à la mise en liquidation de l'IFG/OTP. Aujourd'hui l'embellie des cours des phosphates conforte un tant soit peu la situation de la nouvelle société. Avec le financement obtenu de la BID pour réaliser des projets de réhabilitation des équipements et le renforcement des capacités, la relance de la production des phosphates est certaine. Le licenciement du personnel qui s'imposait dans le cadre de la liquidation de l'OTP et de l'IFG n'est plus envisagé.

Le secteur bancaire est en difficulté au Togo. Quelle est la politique du gouvernement en la matière ?

Le gouvernement a prévu au programme la restructuration des établissements de ce secteur notamment l'UTB et la BTCI.

La politique de la scolarisation pour tous d'ici 2015 envisagée intègre-t-elle la gratuité de l'enseignement primaire ?

La gratuité de l'enseignement primaire au Togo est une préoccupation du chef de l'Etat mais avant d'en arriver là, la question est actuellement à l'étude pour cerner les implications financières subséquentes.

Après l'intégration des 1305 agents temporaires en 2008, combien en restera-t-il ?

A ce jour l'effectif des agents temporaires est estimé à 3000 ; il restera environ 1695, qui seront programmés les années suivantes.

Quel était le montant total de l'emprunt obligataire de 2007, dont le reliquat de 7 milliards est inscrit au budget 2008 ?

Le montant total de l'Emprunt obligataire de 2007 était de 20 milliards ; 13 milliards ont déjà été mis à la disposition de la CEB et de la CEET dans le cadre de la recherche de solutions à la crise énergétique.

Quelle est la part du Port autonome de Lomé (PAL) dans l'économie nationale ?

Le PAL contribue au budget de l'Etat à travers les impôts, les taxes et les dividendes qu'il paie. De plus, les différentes sociétés et prestataires de service au PAL paient aussi des impôts et taxes. De par le nombre d'activités qui se déroulent au PAL, cette structure génère de nombreux emplois indirects et contribue ainsi à l'économie nationale. Les activités sont en progression régulière : le nombre de navires reçu au PAL est passé de 1043 en 2006 à 1081 en 2007. De même, le tonnage traité est passé de 5 millions de tonnes en 2005 à 6 millions de tonnes en 2007.

Quelles sont les contributions des postes de péages, des services des passeports, de la Société togolaise des plaques d'immatriculation, de l'opération des coupes de tecks ?

Les postes de péages vont contribuer en 2008 pour un montant de 1,1 milliard affecté au Fonds d'Entretien Routier dans le cadre de l'exécution de son programme d'entretien routier.

Le service des passeports a versé au Trésor Public 75 millions en 2006 et 80 millions en 2007. En 2008, la contribution de ce service évoluera de plus de 50% en raison de la fin prochaine de la série d'investissements programmés dans le cadre de la décentralisation de ses services.

La contribution de la Société des plaques du Togo, qui est une société privée, est comprise dans l'impôt sur les sociétés payée par les entreprises privées.

La contribution de l'opération des coupes de tecks est mesurable de deux manières : d'abord le paiement des impôts par les sociétés privées qui exploitent les tecks ; ensuite une part des revenus enregistrés par l'ODEF dans le cadre de cette opération est utilisée pour réaliser des investissements communautaires dans les localités concernées.

Quelle est la contribution de la SAZOF, au titre de dividendes versés à l'Etat ?

La SAZOF est une société qui administre la Zone franche. Elle ne réalise pas encore de bénéfices. Plutôt elle bénéficie d'une subvention de l'Etat pour la réalisation de ses activités.

Budget 2008

Une dotation de 3 milliards pour les locales

L'ambitieux projet de décentralisation prend résolument forme au regard de l'information portée au budget exercice 2008. Le gouvernement confirme qu'une dotation de 3 milliards y est inscrite pour l'organisation des élections locales.

Ces élections –dont les dernières remontent à 1987– permettront de remplacer les délégations spéciales par des conseillers municipaux élus pour cinq (05) ans au suffrage universel direct, au scrutin de liste bloquée, à la représentation proportionnelle.

Ce montant reste la contribution de l'Etat togolais qui devra être renforcée par les apports des principaux partenaires en développement. Il se souvient que pour la tenue des législatives de 2007, plus de 17 milliards de francs Cfa avaient été officiellement débloqués par les différents partenaires contre 5 milliards sur fonds propres du Togo, même si jusque-là le gouvernement n'a pas fini de déterminer le coût global du scrutin du 14 octobre dernier. Tellement l'assistance financière, matérielle et humaine était plurielle.

La commune est une collectivité décentralisée dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Le conseil municipal, le maire et ses adjoints en constituent les organes. Le maire est le représentant et l'organe exécutif de la commune.

Contrairement aux dernières législatives, l'attribution des sièges sera faite selon le système du Quotient Electoral (Q.E.) préfectoral et au plus fort reste. En rappel, le quotient électoral est le rapport entre la somme totale des suffrages exprimés par circonscription électorale et le nombre de sièges à pourvoir. Pour déterminer ce quotient, on divise le nombre total des suffrages exprimés par le nombre des conseillers de préfecture à élire. Les suffrages recueillis par chacune des listes des partis politiques sont divisés par le quotient électoral pour obtenir un nombre déterminé de sièges. Après attribution des sièges en fonction du quotient électoral, il reste un certain nombre de suffrages non utilisés recueillis par chaque liste. Les sièges restant à pourvoir sont attribués aux listes qui obtiennent, par ordre décroissant, les plus forts restes.

L'organisation d'élections locales reste une préoccupation des nouvelles autorités et surtout des partenaires au développement, car la participation des habitants d'une collectivité locale au choix de leurs représentants pour la gestion des affaires de celle-ci est un principe essentiel de la démocratie locale.

© L'Union du 4 janvier 2008

 

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