Mauvais génie à la Ceni

23/01/2007
Mauvais génie à la Ceni

L'hebdomadaire privé l'Union, paru vendredi, croit à la fin des délestages. Des délestages qui affectent tous les Togolais mais également les pays voisins (Bénin et Ghana).

L'inauguration du grand gazoduc d'Afrique de l'Ouest pourrait améliorer la situation, estime le journal qui publie un long dossier sur ce projet régional. « Le mauvais génie qui hante les travaux de la CENI n'a pas fini son Œuvre », écrit l'Union à propos des tiraillements au sein de la Commission électorale chargée de préparer les législatives de 2007.Voici une sélection d'articles parus cette semaine dans l'Union

Législatives de juin 2007 : Toujours des risques d'agitation à la CENI

«Nous pensons qu'à partir de là, il y a une visibilité qui va être donnée à la fois à la CENI et au Gouvernement pour mettre en place le dispositif général d'organisation des élections législatives à venir et cela nous réconforte». Ce satisfecit exprimé du facilitateur Blaise Compaoré résume en lui seul le déclic qu'a été la troisième session du Comité de suivi de l'Accord Politique Global. Désormais, les divergences autour de la carte d'électeur à utiliser ont trouvé leur épilogue : le Comité de Suivi s'est accordé sur «l'adoption d'une carte d'électeur sécurisée avec photo numérisée». Pis est, c'est l'utilisation de Kits pour l'établissement du fichier électoral qui a prévalu en matière de mode de recensement.

Rappelons que l'institution d'organisation et de supervision des prochaines législatives anticipées a plutôt étalé durant ses trois mois d'existence son incapacité à s'entendre sur l'essentiel. C'est plus une institution pilotée du dehors par des états-majors politiques qui a fini par s'enrhumer au gré d'une léthargie politique récurrente. Pendant tout ce temps, les partisans de la carte sans photo ont brandi l'argument de temps et de moyens financiers pour soutenir la pratique traditionnelle, celle qui a toujours consisté à établir des cartes informatisées avec pour seules mentions les nom et prénom, le sexe, l'âge et la circonscription électorale.

Les adeptes de la carte avec photo –une précision qui ne figurait pas outre mesure dans les termes de l'Accord Politique Global (APG)– ont énergiquement combattu le spectre de la tentative de fraude et des violences électorales. Pour les uns et les autres, l'enjeu du scrutin de juin 2007 oblige à ne pas céder la place à l'adversaire. Au point que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) soit obligée de s'en remettre aux politiques du Comité de Suivi. Surtout que le rendez-vous de Notsè avec les experts électoraux de la sous région n'a pas permis de faire sauter les verrous. 

On peut aujourd'hui pousser un ouf de soulagement car le «Dieu de Ouaga» a encore triomphé. C'est à se demander pourquoi les Togolais n'arrivent pas toujours à s'entendre entre eux sur le sol national. Ce qui fait dire à quelques observateurs que le mauvais génie qui hante les travaux de la CENI n'a pas fini son Œuvre. Au regard de l'arme donnée à l'équipe de Potopéré Tozim, président de la CENI, pour trancher les questions vitales.

«S'agissant du mode de prise de décision de la CENI, le Comité de Suivi a tenu à préciser que conformément aux dispositions de l'APG, les décisions doivent être prises en privilégiant le consensus. Toutefois, en cas de blocage avéré, la CENI recourt au vote de la manière suivante : a) Majorité qualifiée des 2/3 des membres présents au premier tour ; b) Majorité relative des membres présents au second tour». Déjà, d'aucuns pensent que «le RPT vient de prendre le contrôle de la CENI».

Une position dont s'est souvent approprié le parti de Gilchrist Olympio pour qui ce qui ne rencontre pas son assentiment est souvent fait contre lui. Il se souvient que l'Union des forces de changement (UFC) a toujours contesté le vote comme mode de prise de décision dans les institutions composées de façon paritaire.

Selon une source proche de l'UFC qui évoque l'annexe I de l'APG, «en politique, on ne peut pas tout avoir en même temps. Nous venons d'obtenir la carte d'électeur avec photo. Pour la question du vote, on verra ce qu'il faut faire quand cela va poser problème». Ici, on trouve allègrement deux classifications au sein de la CENI pour découvrir que «ceux qui sont avec le RPT ont la majorité». Une pure vue d'esprit.

La CENI n'a pas fini de surprendre. Des risques d'agitation sont présents et on peut comprendre que certains membres préfèrent jouer le statu quo en créant volontairement les atermoiements qu'évoquait le président Faure Gnassingbé lors de la signature de l'APG le 20 août 2006. Mais il va falloir que le président de la CENI –qui n'a pas de voix délibérative– puisse déclencher la procédure reconnue par le Comité de suivi.

Quinze membres ont le pouvoir de vote et les retardataires n'auront pas raison : le décompte sera fait par rapport aux membres présents à la séance. L'échéance de juin 2007, c'est déjà demain. Vivement que le gouvernement arrive à voter dans le temps le nouveau code électoral.

 

Energie : Fin prochaine du délestage

Le grand gazoduc d'Afrique de l'Ouest qui devra approvisionner en gaz nigérian le Ghana, le Togo et le Bénin devrait être opérationnel avant le 31 mars 2007. C'est ce qui ressort du mini sommet tenu le mardi entre les chefs d'Etat du Nigeria, du Bénin et du Togo à Abuja. Le Ghana n'était pas représenté à cette réunion mais il restait,  selon la Cédéao, plus que jamais impliqué dans le projet évoqué  pour la première fois en 1982 et dont la première étude de faisabilité  a été menée dix ans plus tard.

Le gazoduc, qui s'étale sur une distance de 1033 km à la fois en surface et offshore, reliera le delta du Niger, une région du sud du Nigeria riche en pétrole, au Ghana en passant par le Bénin et le Togo.

Le Projet de gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (PGAO), dont le maître d'oeuvre et d'ouvrage est la Société de gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (SoGAO), est une initiative régionale qui consiste à transporter le gaz naturel à travers une canalisation du Nigeria aux consommateurs spéciaux de l'énergie du Nigeria, du Bénin, du Togo et du Ghana. Il a pour objectif de leur permettre d'avoir accès au gaz naturel en vue d'appuyer le développement économique, notamment le développement du marché énergique de l'Afrique de l'Ouest. D'un coût estimatif de 500 millions de dollars US, le projet permettra d'exploiter environ 1,13 trillions de mètres cubes de gaz naturel pendant 30 ans au moins, à compter de sa date de mise en exploitation.

En février 2003, les présidents du Ghana, du Nigeria, du Bénin et du Togo avaient signé un traité instituant un cadre juridique, fiscal et réglementaire global pour la construction de ce gazoduc commun. Long de plus de mille km, ce gazoduc devrait relier le champ pétrolifère d'Escravos au Nigeria, d'où il acheminera du gaz produit par Chevron, au Ghana. Il fournira aussi du gaz au Bénin et au Togo et pourrait à terme atteindre des pays situés aussi loin à l'Ouest que la Côte d'Ivoire et le Sénégal. 

Le Nigeria et la Banque africaine de développement (BAD) avaient, auparavant,  signé en décembre 2002, un accord portant sur un prêt de 15,6 millions de dollars en vue de relier les réseaux de la Nigerian Electric Power Authority (NEPA) et de la Compagnie électrique du Bénin (CEB), chargée de l'approvisionnement en électricité du Bénin et du Togo.

La NEPA avait prévu de construire une ligne de 330 kilovolts reliant le Nigeria au Bénin dans le cadre de l'intégration de l'Afrique de l'Ouest faisant également intervenir le Niger et le Togo.

Au début de l'année 2003 ont été entamés les travaux d'un projet visant à relier certaines régions du Niger au réseau électrique nigérian. Dans le cadre de ce projet, trois réseaux distincts seraient construits, pour un coût total estimé à 16 millions de dollars. L'électricité importée reviendrait beaucoup moins cher que l'électricité actuellement consommée, qui est produite localement à partir du pétrole.

Le Ghana envisage, lui aussi, de construire un autre ouvrage hydroélectrique sur la Volta noire. Ce projet de Bui, doté d'un budget de 700 millions de dollars, aurait une capacité de 400 MW. Outre l'augmentation de l'approvisionnement national en électricité, l'électricité produite à Bui pourrait être exportée au Burkina Faso, au Mali et en Côte d'Ivoire. Un autre ouvrage, construit sur le Pra, aurait une capacité totale de 125 MW.

…au niveau sous régional

 

En octobre 2000, 14 Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avaient décidé d'un commun accord de lancer un projet visant à accroître l'offre d'électricité dans la région. Grâce aux réseaux transfrontières, les pays pourraient exploiter leurs centrales à pleine capacité sans risque de surproduction. Les pays à faible capacité pourraient avoir accès à de l'électricité bon marché sans devoir construire d'installations coûteuses. La mise en commun des ressources permet aussi de diversifier les sources d'énergie.

Au terme de cet accord de mise en commun des ressources énergétiques en Afrique de l'Ouest, les pays espèrent mettre en place des sites de production énergétique et assurer l'interconnexion de leurs réseaux électriques respectifs. Selon l'accord, les travaux seront effectués en deux phases. La première concerne les pays déjà connectés, notamment le Nigeria, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Niger et le Togo. La seconde concerne les pays non encore connectés, à savoir la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Sénégal et la Sierra Leone. Ces pays s'emploieront à harmoniser leurs réglementations régissant le secteur de l'électricité.

D'après les estimations de la CEDEAO, 5 600 km de lignes électriques reliant les réseaux nationaux seront construites. Il faudra environ 11,8 milliards de dollars pour installer les nouvelles lignes nécessaires et construire de nouvelles centrales. Cette infrastructure devrait doter la sous région de la CEDEAO d'une puissance installée de 10 000 mégawatts. Dans le cadre de la mise en commun des ressources, les principales sources d'électricité seraient l'hydroélectricité et le gaz pour l'alimentation des centrales thermiques. L'hydroélectricité serait essentiellement produite par des barrages sur le Niger (Nigeria), la Volta (Ghana), le Bafing (Mali) et le Bandama (Côte d'Ivoire).

Avec la mise en service du gaz produit par le gazoduc annoncé pour au plus tard fin mars, le délestage que connaît le Togo depuis le mois d'avril dernier ne sera plus qu'un amer souvenir. En attendant, les responsables de la CEET misent sur l'interconnexion entre la CEB et la Transmission Company of Nigeria (TCN), qui devra être opérationnel début février, pour souffler un peu. Mais, pour l'heure, les Togolais ne coupent pas leur sommeil pour se pencher sur le nombre de tuyaux déjà installés dans le cadre du projet de gazoduc, encore moins le nombre de fils interconnectés entre la CEB et le Nigeria. Ils préfèrent attendre et constater eux-mêmes la fin définitive de ce cauchemar nommé délestage.

Santé

Sport : Football/Recrutement du sélectionneur national

Patrice Neveu, une piste toujours d'actualité ?

 

L'entraîneur français Patrice Neveu a rencontré mercredi, par deux fois, les responsables de la Fédération togolaise de football (FTF) qui avaient rejeté, lundi, sa nomination comme entraîneur du Togo,  a-t-on appris de sources proches de cette fédération.

Le nouveau bureau de la Ftf élu le 09 janvier dernier avait avancé comme arguments sa non participation aux négociations pour demander au ministre de la Jeunesse et des Sports d'annuler la signature de ce contrat avec l'ex sélectionneur du Sily National de la Guinée.

"Nous venons d'arriver et il est donc normal que le ministère des Sports nous laisse le temps, car la nomination d'un entraîneur est une décision capitale qui engage l'avenir de la sélection nationale", a expliqué Espoir Assogbavi, secrétaire général de ladite fédération avant d'ajouter : "Nous devons agir avec beaucoup de prudence. Si nous échouons, nous serons les seuls à porter les responsabilités", a-t-il ajouté.

Des arguments qui n'ont pas convaincu le ministre de la Jeunesse et des Sports, Richard Attipoé, qui avait indiqué qu'il avait travaillé sur ce dossier au mois de décembre avec l'ancien président de la Ftf, le Lt-Col Rock Gnassingbé.

"Le gouvernement avait donné son accord depuis le 20 décembre. Mais Neveu a souhaité aller passer les fêtes de fin d'année en famille avant la signature du contrat", avait même expliqué le ministre des Sports, M. Richard Attipoé.

Le Français, qui avait déclaré à l'issue de la conférence de presse organisée par le ministre de la Jeunesse et des Sports, lundi, que ce n'est pas sa personne même qui est visée mais qu'on le dit "homme de Rock Gnassingbé", n'a pas quitté Lomé, laissant la porte ouverte à une conciliation des points de vue devant déboucher sur sa possible nomination au cas où ses projets viendraient à convaincre les responsables de la Ftf.

Selon plusieurs sources, si la Fédération s'est décidée à écouter le Français, c'est bien parce qu'il y a deux camps qui s'affrontent en son sein. Un camp qui est prêt à accepter la nomination de Patrice Neveu et un autre qui militerait pour le retour de l'ex sélectionneur de l'équipe nationale, le Nigérian Stephen Keshi.

A ce retour, on avance deux raisons: "Il (Késhi) a le soutien de tous les joueurs expatriés qui ne cessent de le convaincre à reprendre l'équipe malgré la cour assidue de la Zambie et de la Guinée-équatoriale. L'autre raison et non des moindres reste sa bonne connaissance du football togolais et le halo de sympathie qui le lie au public", justifie un observateur, rejoignant presque les propos tenus par Espoir  Assogbavi sur une chaîne de télévision privée de Lomé quand il parle d'"un sélectionneur qui connaît les joueurs", surtout que "le temps presse".

Or, le ministre Richard Attipoé ne veut pas entendre parler du Nigérian -même s'il ne l'a pas nommé directement- lorsqu'il décrie le profil du nouveau sélectionneur des Eperviers : "Il faudrait que cet entraîneur soit neutre, car je n'accepterai pas ceux qui ont participé à l'échec de notre pays aux dernières compétitions internationales.

La récréation est terminée. L'équipe nationale ne fera plus l'objet de marchandages et d'enrichissement de certaines personnes. Les événements survenus avant et pendant le Mondial ne se reproduiront plus". Le bout du tunnel, ce n'est sûrement pour aujourd'hui.

© L'Union du 19 janvier 2007

 

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