Nouvelle forme de communication gouvernementale

05/10/2008
Nouvelle forme de communication gouvernementale

Gilbert Hoingbo, le nouveau Premier ministre, « commence par impressionner ses concitoyens », écrit l'hebdomadaire l'Union dans sa dernière livraison. Le journal est tombé sous le charme du chef du gouvernement après sa prestation de mercredi à la télévision. « (…) il s'est merveilleusement défendu en affirmant qu'il ne craint pas les critiques mais les veut constructives. Le sens de la Nation ayant prévalu dans ses propos avec l'emploi du «nous» à la place souvent du «je» a démontré à suffisance qu'il n'est pas un fin politique - d'ailleurs le Président Faure ne l'aurait pas mis là- donc sans certainement d'ambition politique », souligne l'Union.

L'hebdo se félicite enfin de la nouvelle forme de communication adoptée au Togo avec des ministres qui parlent à la presse pour commenter leurs actions. Voici une sélection d'articles publiés cette semaine par L'Union

Réfection des routes au Togo

Le génie militaire déjà sur les axes prioritaires

Dans son adresse spéciale à la Nation au soir du conseil des ministres, le Premier ministre Gilbert Houngbo annonçait la mise à contribution des militaires togolais dans la réfection des infrastructures routières de la capitale et des bourgades de l'intérieur du pays. La chose est déjà visible dès hier jeudi sur le boulevard Jean-Paul II à la hauteur de la station Shell. On y voit des éléments des Forces armées togolaises (FAT) très acharnés dans les travaux de reprofilage et de bouchage des vastes nids-de-poule.

Selon l'un des techniciens, la manŒuvre entre dans le cadre de la réhabilitation des axes dits prioritaires de la ville de Lomé. Après le boulevard Jean-Paul II, le cap sera rapidement mis sur la route de Novissi, le quartier populaire de Bè, le boulevard du Mono qui constitue une véritable catastrophe, au vu de son état piteux quand on sait que cette route véritablement commerciale relie le Bénin au Ghana et rejoint les pays du Sahel par le rond point du Port autonome de Lomé.

Vivement que cette fois-ci sera la plus sérieuse quand il se souvient qu'il y a à peine quelques semaines que le boulevard Jean-Paul II a été refait à coût de millions de francs CFA. L'ancien patron Afrique du PNUD promet désormais un contrôle rigoureux après la livraison des ouvrages par des structures nationales et, s'il le faut, étrangères. Il veut gagner le pari et sa crédibilité est à ce prix. Les présents travaux s'insèrent dans la logique du Programme Intérimaire d'Actions Prioritaires (PIAP) 2008–2010, qui a retenu huit (8) secteurs principaux : l'éducation, l'agriculture, l'eau et l'assainissement, la santé, l'énergie, les infrastructures incluant les routes, la gouvernance et l'action sociale.

Dilemme dans l'enseignement togolais

Le public totalement gratuit, le privé fixe 30.000F au minimum

L'Exécutif veut aller vite. Et pour les trois mois qui viennent. En témoigne la salutaire décision de rendre gratuite, dès la rentrée de lundi, la scolarité dans le préscolaire et le primaire de l'enseignement public.

«Les frais d'écolage seront pris en charge par l'Etat pour tous les élèves des écoles préscolaires et primaires publics dès la rentrée du 6 octobre 2008. Deux mille cent trente (2130) nouveaux enseignants seront recrutés et déployés dès cette rentrée. De nouveaux lycées d'enseignement technique et professionnel d'un montant d'un demi milliard, seront ouverts à Atiégou (Lomé) et à Kantè. Toujours dans le domaine de l'éducation, cent (100) blocs pédagogiques, cent (100) blocs sanitaires et cinquante (50) points d'eaux seront construits dans les écoles primaires dans le mois de novembre 2008», précise le texte rendu public. La justification est simple : l'école étant obligatoire pour les enfants des deux sexes jusqu'à l'âge de 15 ans, il est du devoir de l'Etat de créer les conditions favorables à cette fin.

Voilà qui s'interprète comme une bouffée d'oxygène pour de nombreux parents d'élèves, si on analyse le refrain de totale satisfaction chanté par ceux-ci au lendemain de la mesure gouvernementale. Mais, c'est aussi la source d'une crainte que le gouvernement ne semble pas minimiser. Le risque est réel qu'à la rentrée scolaire, l'on assiste à une forte affluence dans les écoles publiques au détriment des structures scolaires privées. Ceci est d'autant plus plausible que l'association des fondateurs des établissements privés laïcs vient de décider qu'aucun membre n'est plus en droit d'accepter, dès le lundi 6 octobre, des frais de scolarité en deçà de trente mille (30.000) francs. Motif pris de ce que la vie chère fait son chemin et que l'Etat a revalorisé le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et le salaire minimum agricole garanti (SMAG) horaire à 161, 54 F CFA, soit 28.000 F CFA par mois depuis la fin août 2008. Autrement, il est question de croire que lesdits établissements ne veulent plus payer les 12.000 et 15.000 F à leurs employés.

La situation peut donc faire fuir certains parents d'élèves déjà habitués à débourser moins de 15.000 F pour leur progéniture dans une école privée. Ils peuvent avoir le réflexe naturel de se diriger vers le public. Encore que, ici, il faut penser avant le lundi au problème de places déjà insuffisantes avec l'ancien effectif, à la question des enseignants qui n'arrivent plus à contenir les élèves par défaut de recyclage. Cela risque de compliquer une situation aujourd'hui non enviable. Le parent un peu à l'aise préfèrera maintenir son enfant dans le privé avec tous les problèmes de cette branche de l'enseignement. Un cycle infernal. A moins de dire que la décision du gouvernement ne vise que les parents qui continuent de retenir leurs rejetons à cause de l'extrême pauvreté.

Encore que, dans ce cas, il est urgent de rendre effectif le Programme volontaire d'alimentation en étude avec le Programme alimentaire mondial, évoqué par Gilbert Houngbo. Selon lui, la trouvaille aura pour résultat la croissance automatique du taux de scolarisation, l'élimination de la disparité entre les garçons et les filles, la possibilité pour les femmes de libérer les enfants afin d'attaquer les activités génératrices de revenus.

L'autre signal fort de ce premier conseil des ministres de l'équipe Houngbo aura été la prise en compte des écoles d'initiative locale avec une subvention publique de 200 millions de francs CFA pour l'acquisition du matériel didactique dès cette rentrée 2008-2009. Dans la réalité, ce sont des établissements scolaires créés de toute pièce dans des zones très pauvres par des ressortissants un peu nantis installés en ville ou à l'étranger. Par faute d'infrastructures (la plupart sont en hangar), les classes sont jumelées. Les initiateurs s'adressent souvent aux inspecteurs régionaux de l'éducation pour quémander des enseignants. Ceux-ci arrivent difficilement à dégager et à affecter un seul (ou au plus deux) pour l'école dans un village enclavé que l'enseignant lui-même déteste. La rémunération du reste du corps enseignant est totalement prise en charge par les initiateurs qui se cotisent à la fin de chaque mois. Puisqu'il n'est pas question d'exiger d'un parent le paiement de la scolarité ; il préfère engager son fils dans les travaux champêtres. Celui qui donne 500 ou 1.000 F fait naturellement un geste de grande charité.

Pour l'heure, on annonce une étude appuyée par l'UNICEF qui aidera à définir les stratégies de mise en Œuvre de la gratuité dans l'enseignement et les actions urgences à mener dans le cadre de l'introduction de cette gratuité, ainsi que les perspectives et enjeux futurs du système éducatif. Ce fut une promesse du candidat Faure en 2005 sur le point de se réaliser.

6ème sommet des ACP à Accra

Le Togo fait passer deux importants articles

Réunis depuis hier à Accra sous le thème «Promotion de la sécurité humaine et du développement humain», les pays du groupe Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) sont sur le point de signer ce soir un accord vital de 49 articles. Intitulé «déclaration d'Accra», cet accord tient compte des grands problèmes qui secouent l'ensemble des pays membres et de leurs relations avec l'Union Européenne. Il s'agit essentiellement des difficultés de survie due à la crise alimentaire, les crises énergétiques, les catastrophes naturelles, les changements climatiques et autres. D'où les principaux thèmes développés étaient : Sécurité humaine, développement humain (perspectives, le point à mi-parcours sur les OMD), la crise alimentaire (répercussion sur le développement des pays ACP), l'énergie (électricité et hausse des prix du pétrole), l'Accord de partenariat économique (APE) avec l'Union Européenne…

Sur les quarante-neuf articles, le Togo par l'entremise de son ministre des Affaires étrangères Kofi Esaw a réussi à en faire passer deux. Le premier concerne une allocation aux pays ACP pour leur permettre d'avoir des crédits afin de faire face aux catastrophes naturelles et inondations. Le second, aussi important, octroie des allocations aux pays menacés directement par les érosions côtières en vue de les protéger.

Notons que ce sommet d'Accra a commencé hier matin avec le passage de témoin du Président Omar El Béchir à son homologue ghanéen John Kuffor qui devient le Président en exercice pour l'exercice 2008-2009.

Financement des partis politiques

La préoccupation des députés satisfaite

«Sur le plan politique et institutionnel, le financement des partis politiques sera opérationnel dès fin octobre 2008». C'est une formule réponse à la préoccupation de la députée Isabelle Améganvi lors de la présentation du programme de Gilbert Houngbo. En attendant une allocation plus adéquate en 2009. L'élue de Kloto s'inquiétait après une déclaration du locataire de la primature, du fait que la rubrique figure dans le budget 2008 : «…je voudrais vous rassurer qu'un contact permanent est maintenu avec le facilitateur de l'Accord Politique Global et qu'une réunion des acteurs concernés est attendue dans les prochains jours en vue de la mise en place du cadre permanent de concertation et de dialogue, de l'adoption du statut de l'opposition et du financement des partis politiques». Ainsi, sur la base de la représentation évoquée par le Premier ministre, les trois partis politiques du parlement (RPT, UFC et CAR) verront leur compte augmenté de cent millions de francs CFA. Trois conditions non cumulatives s'imposent : recueillir au moins 5% des suffrages sur le plan national aux élections législatives, avoir au moins cinq élus à l'Assemblée nationale ou recueillir au moins 10% des suffrages sur le plan national aux élections locales (non organisées). Des conditions tirées principalement des consultations législatives et locales.

Devenue une forte revendication de tous les partis politiques togolais qui s'y cachent derrière pour justifier l'amorphisme de leurs activités essentielles et constitutionnelles d'éducation et de formation citoyenne, la politique nationale de financement des partis et groupes de partis politiques a été finalement formalisée courant 2007 par l'Assemblée nationale avant les législatives du 14 octobre.

Composé de seize articles, ce qui devient un document de référence depuis l'adoption en 1991 de la charte des partis politiques et de l'adhésion populaire à la loi fondamentale en 1992 traite au fond des financements public et privé. Ainsi, dans le premier cas, c'est le principe de la proportionnalité qui s'applique. En clair, l'enveloppe à attribuer reste tributaire du poids de la représentativité. Seul le parti ou le groupe de partis qui a obtenu le nombre de suffrages ou de députés le plus élevé est rétribué en conséquence. Pour le temps d'une législature (5 ans). En outre, le texte voté dispose que «chaque parti politique bénéficiera d'un bonus financier proportionnel au nombre total de femmes élues aux élections législatives ou locales».

En alerte, les aides des personnes publiques de droit étranger sont exclues du champ de financement. De même, le financement privé ne peut être obtenu de la part de personnes morales de droit privé dont la majorité du capital est détenu par une ou plusieurs personnes de droit public. Au risque de voir l'Etat aider doublement des partis politiques au détriment des autres.

Au plan général, les partis politiques sont en outre financés par les cotisations de leurs membres et les produits de leurs activités. Ils ont l'obligation de tenir une comptabilité régulière de gestion et une comptabilité matière de leurs biens. Selon la loi, l'obligation leur est désormais faite de «rendre compte, dans un rapport financier et un rapport d'activités, de l'origine et de l'utilisation des fonds». A défaut de la Cour des comptes dont on annonce la création pour la fin d'année, c'est l'inspection d'Etat qui joue le rôle. Ainsi, la commission nationale de financement des partis politiques qui reste un organe technique des lois et règlements sans la présence des politiques est composée de 5 membres : un magistrat de la cour suprême désigné par le Conseil supérieur de la magistrature, deux inspecteurs d'Etat choisis par l'inspecteur général d'Etat, deux représentants respectifs des ministères des finances et de l'administration territoriale.

Le Premier Ministre devant le peuple mercredi

Gilbert Houngbo assoie sa notoriété

Peu connu des Togolais jusqu'à sa nomination à la tête du gouvernement, le nouveau locataire de la Primature commence par impressionner ses concitoyens. Surtout après son passage sur la télévision nationale TVT au soir de son premier conseil des ministres où de grandes décisions ont été prises.

D'avis d'observateurs avisés de la vie sociopolitique de notre pays, un sondage sérieux pourrait faire monter la côte de popularité du nouveau Premier ministre à la sortie de son émission consacrée à la conférence des partenaires au développement du Togo.  D'abord monsieur Houngbo était à l'aise tout le long du débat, donnant l'impression d'être au courant d'avance des questions posées. Même s'il s'en défend. Il avait réponse à tout. Le plus impressionnant est qu'il ne se pressait pas, surtout qu'il résumait toutes ses réponses en une ou tout au plus quatre petites phrases avec des exemples précis et concrets.

Ensuite, il s'est merveilleusement bien défendu en affirmant qu'il ne craint pas les critiques mais les veut constructives. Le sens de la Nation ayant prévalu dans ses propos avec l'emploi du «nous» à la place souvent du «je» a démontré à suffisance qu'il n'est pas un fin politique –d'ailleurs le Président Faure ne l'aurait pas mis là- donc sans certainement d'ambition politique.

Dans le fond, le Premier ministre a montré à ses compatriotes qu'ils peuvent lui faire confiance parce qu'il veut réussir sa mission. Pour preuve, les termes du communiqué du conseil des ministres, son tout premier, ont ressorti cette volonté de changer le cours de vie des Togolais. Les grandes décisions concernant l'emploi des jeunes, la santé, la scolarisation et l'alphabétisation, les infrastructures routières, l'agriculture… sont des signes annonciateurs d'une embellie certaine dans les mois à venir pour les populations togolaises. La maîtrise des différents contours des décisions spectaculaires prises prouve qu'un travail de fond s'effectue sérieusement à la primature. Plus est, monsieur Houngbo a tracé un chronogramme d'exécution de son plan d'action et s'affirme de rendre compte régulièrement compte de ses actions au peuple.

Notons que l'humilité de l'homme a étonné plus d'un. Il a salué le comportement citoyen de l'ensemble des membres du gouvernement, leur esprit d'équipe et au-delà de la volonté du Chef de l'Exécutif, son Excellence Faure Gnassingbé. Parlant justement de ce dernier, il a démontré qu'il conduit parfaitement le bateau dans un calme olympien, car ses consignes sont précises et claires pour la bonne gouvernance et les résultats probants. Aussi n'a-t-il pas oublié d'évoquer les actions de ses prédécesseurs dont il tire aujourd'hui profit pour lui avoir balisé le terrain.        

Enfin, avouons-le, Gilbert Houngbo a montré une disponibilité implacable pour recueillir l'avis de ses compatriotes sur les grands sujets avant toute décision. Cette nouvelle forme de communication est une première, avec des ministres qui, sortis d'un conseil des ministres, font des commentaires à la presse privée. Juste devant la salle. Vivement qu'elle se perpétue pour un lendemain meilleur pour tous.

Energie au Togo

Rechercher des solutions durables

Le gouvernement de Gilbert Houngbo est déterminé à apporter des solutions durables à la question de l'énergie au Togo. C'est ce qui transparaît dans l'annonce faite par le Conseil des ministres mercredi. A l'instar de plusieurs autres pays de la sous région, le Togo connaît une crise énergétique accrue ces dernières années due essentiellement au déficit hydraulique du barrage d'Akossombo, au Ghana.

Dans les 40 milliards de francs Cfa à investir à court terme dans les actions urgentes du nouveau gouvernement, 9 milliards seront accordés à la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET). Une partie de ce montant, soit 4 milliards de francs, servira pour les investissements dans le secteur et les 5 milliards restants destinés l'achat de combustibles pour la centrale thermique qui vient d'être installée par l'Etat au coût de 6 milliards de francs.

Visiblement, beaucoup d'investissements ont été fait dans le secteur de l'énergie. Fin janvier 2008, la Banque ouest africaine de développement (BOAD) avait octroyé un prêt de 10 milliards de francs à la CEET pour le financement partiel d'un projet de renforcement et d'extension du réseau de distribution du courant électrique. Le projet devrait permettre de construire 34 km de lignes moyenne tension (20 KV) en aérien et en souterrain, 378 km de linges basse tension et 45 postes de transformation de type distribution publique. Il visait également la construction d'une centrale de 400 KV à Dapaong, au nord, et le raccordement d'environ 40.000 nouveaux abonnés à Lomé.

Mais ce ne sont là que des solutions provisoires. Ou à court terme. L'espoir du gouvernement tient du géant projet électrique de l'Américain ContourGlobal. Les travaux sont prévus pour démarrer à Lomé début 2009, afin de fournir 100 MW au Togo dès 2010. Ce qui doit porter au double de l'énergie dont le pays a besoin. La société vient à cet effet de voir son projet approuvé par l'Overseas Private Investment (OPI), l'organe officiel américain d'appui aux investissements privés à l'étranger.

Il reste à croiser les doigts, et à faire avec les moyens dont dispose le gouvernement. Jusqu'en 2010.

© L'Union du 3 octobre 2008

 

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