Question de méthode

25/06/2010
Question de méthode

Une chose est sûre, la «méthode a manqué ». Pour L’Union paru vendredi, le gouvernement n’a pas su gérer sa stratégie de communication pour expliquer à la population les raisons de l’augmentation du prix des carburants.
Pointé du doigt par le journal, Kokou Gozan, le ministre du Commerce, chargé d’annoncer la mauvaise nouvelle aux Togolais.
« Si j’avais été informé, peut-être qu’on aurait pu entamer le dialogue, peut-être qu’on aurait commencé à discuter avec le gouvernement pour voir les motivations de cette hausse et les porter à la connaissance de la population afin de préparer leurs mentalités à cette hausse », avoue Mathias Hlomador, président de l’Union syndicale des conducteurs routiers du Togo (Usycort), dans les colonnes de l’Union.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Au nom de la communication
« Hausse du prix du carburant : une mesure antisociale, impopulaire et cynique : des manifestants aux mains nues tués par balles et d’autres grièvement blessés », rapporte notre confrère Le Changement. « Deuxième jour de grève : Toutes les activités paralysées, les prix des produits de première nécessité flambent. Le Car condamne la répression sanglante», écrit Liberté paru hier. « Suite à la hausse des prix des produits pétroliers : Lomé en ébullition, plusieurs morts et des blessés graves», soutient Dounia. « Tension née de l’augmentation du prix des produits pétroliers : Faure convoque les ministres des transports et du commerce. La manifestation aurait fait 1 mort et 2 blessés», renchérit Le Messager. Tel est le schéma de la réponse des populations loméennes aux autorités au lendemain de la décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers. La presse a, à l’unanimité, planche sur le développement de la situation en la qualifiant de légitime au vu du niveau de vie des populations.
En effet, le mardi 22 juin, les transporteurs et les conducteurs sont descendus dans les rues, non pas avec leurs engins, mais avec des pierres, des troncs d’arbre, des pneus, des projectiles, de l’essence et des allumettes pour dresser des barricades sur des routes à grande affluence. Ils exprimaient ainsi leur colère contre la hausse du prix des produits pétroliers en perturbant les activités dans la capitale Lomé. La Nationale N°1 a été bloquée aux grands carrefours au niveau des quartiers populaires Agoè, Agbalépédo et Dékon. Les routes pavées de Totsi, Dzidzolé et Adido Adin ont subi un bouchage hors norme. Kégué, Novissi, Nukafu, St Joseph, Super Taco, Carrefour Amina, Lagune de Bè, Kpota, Hanoukopé, Nyékonakpoè, Kodjoviakopé et autres quartiers de la périphérie ont été également barricadés.
Le quartier Bè, comme à l’accoutumée, a le plus bougé. Ici, un engin lourd a été même utilisé pour éviter le passage des véhicules des forces de l’ordre. Partout, la traversée de la ville a été un parcours de combattant pour les fonctionnaires qui s’étaient rendus plus tôt au service avant le début des manifestations.
Pour éviter une paralysie généralisée de toute la ville, le ministère de la Sécurité a du déployer les forces de sécurité et de l’ordre armées de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Les échauffourées ont fait malheureusement des morts : le corps inerte d’un jeune homme qui fuyait l’assaut de la police en sautant à l’eau a été repêché dans la lagune de Bè et un autre manifestant parmi ceux qui essayaient d’envahir l’agence Ecobank d’Agoè a été tué à balle réelle par un militaire assurant la sécurité ordinaire de la banque. Aux côtés de ces deux morts identifiés, on a dénombré plusieurs blessés dont deux graves. Pouvait-on éviter ces pertes en vies humaines ?
Dans une certaine mesure, l’annonce de cette décision à la hausse n’a été suivie d’aucune mesure d’accompagnement, en l’occurrence l’augmentation des tarifs des transports en commun qui n’est arrivé qu’au lendemain des manifestations. En suivant les propos du ministre du Commerce, le changement de prix des produits pétroliers devrait intervenir depuis le mois de mars. Ce qui suppose que l’on pourrait prendre au moins deux mois pour annoncer la nouvelle aux populations, question de les préparer psychologiquement.
Le nouveau ministre du Commerce a été limpide dans les explications qu’il a données mercredi sur la télévision nationale. Les données techniques et sociales avancées sont des arguments valables pour permettre une bonne compréhension de la situation. Malheureusement, tout ceci après les événements malheureux. Pour beaucoup d’observateurs, il y a eu un déficit de communication.
L’on a constaté que les syndicats des chauffeurs de taxi et taxi-moto ne sont pas montés au créneau pour faire valoir leurs droits. Ce sont des manifestants non encadrés suivant les normes requises pour ces cas d’espèce qui ont pris d’assaut les artères de la capitale. Du coup, les politiques sont rentrés dans le jeu pour pousser les jeunes à des manifs plutôt politiques que sociales. Dans cette condition, les débordements sont inévitables. Cette revendication légitime se transforme donc en actes de vandalisme dont les conséquences sont aussi néfastes que le poids de la hausse. Ici aussi, l’on a beaucoup souhaité que les syndicats s’organisent en appelant véritablement à une grève contre l’augmentation des prix.
La hausse du prix des produits pétroliers, loin d’être une mesure cynique pour pénaliser les populations – les frais de subventions qu’on supprime aujourd’hui serviront à régler des problèmes sociaux importants dans l’éducation, les infrastructures routières, la santé, l’eau, l’électricité, etc –, ne devrait pas engendrer inutilement des morts si chaque partie avait su bien jouer sa partition. Les dégâts matériels et humains enregistrés ont été la conséquence du manque de communication à tous les niveaux.

Hausse des prix du carburant
Echec des discussions entre Gouvernement, Syndicats et ATC
Plus de trois heures d’horloge de discussions n’ont pas permis hier aux représentants du gouvernement et les responsables de l’Intersyndicale des travailleurs du Togo (ISTT) et de l’Association togolaise des consommateurs (ATC) de s’accorder sur la demande des seconds : rapporter simplement et purement la décision portant augmentation des prix des produits pétroliers. Une décision très impopulaire, selon les mots de Mathias Hlomador, porte-parole de l’ISTT. Et de confier à la presse : « nous leur avons demandé de regarder la souffrance des populations, de ceux qui sont obligés de marcher de Adidogomé pour venir au CASEF. Et par ces temps d’inondation que vivent nos frères et parents. Mais ils ont simplement opposé une fin de non-recevoir ». « Ils nous ont plutôt demandé d’aller apaiser la grogne des populations, et on verra d’ici trois mois s’il y a lieu de faire quelque chose », devait renchérir un autre leader syndical. Autrement, c’est déjà fait, il n’y a plus rien à faire, il faut consommer.
Du coup, l’ISTT et l’ATC tirent les conséquences. Un préavis de grève est déposé ce matin sur la table du gouvernement et si rien n’est fait dans les cinq jours ouvrables qui suivent pour rapporter la décision, une grève dite d’avertissement sera observée sur toute l’étendue du territoire national le 2 juillet prochain (lire la plate-forme appelant à la grève en encadré). « Nous demanderons à chaque fonctionnaire et consommateur de rester chez lui, sans bruit ni casse », précise déjà Ephrem Tsikplonou de la CGCT qui ne veut pas croire que l’Exécutif oblige ses partenaires sociaux à aller, au moment venu, à un plan B de la désapprobation.

En encadré

Plate-forme de l’ISTT (UGSL, CNTT, CSTT et CGCT) et de l’ATC
Le gouvernement a décidé d’une manière unilatérale, le vendredi 18 juin 2010, de l’augmentation des prix des produits pétroliers allant jusqu’à 75F sur le litre à la pompe. Ceci a entraîné immédiatement la hausse des prix des services, des biens et produits de consommation sur le marché.
Cette décision, parmi tant d’autres, vient aggraver encore la situation des travailleurs et de la population déjà affectée depuis plusieurs années par les effets pervers des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) et des conséquences des crises sociopolitiques, de la crise économique, de la grève générale illimitée et de la dévaluation du franc CFA, etc.
Considérant que, depuis plusieurs décennies, les travailleurs et la population togolaise ont consenti d’énormes sacrifices ;
Considérant qu’en économie, la logique demande à ce que les revenus (salaires, pensions, bourses, allocations familiales) soient indexés périodiquement par les gouvernements par rapport au coût de la vie ;
Considérant qu’au cours de la rencontre de ce jeudi 24 juin 2010, la partie gouvernementale, composée du Ministre du Commerce et de la promotion du secteur privé, du Ministre des Transports, du Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a opposé un refus de reconsidérer la décision d’augmentation du prix des produits pétroliers ;
La Plate-forme des Organisations des travailleurs et des consommateurs contre la Vie chère au Togo fait la déclaration suivante :
1- Dans un souci d’apaisement suite à la grogne qui prévaut dans le pays à cause de l’augmentation du prix des produits pétroliers au Togo, il est demandé au gouvernement de revenir sur sa décision et d’annuler toutes les dispositions y afférentes.
2- Afin de valoriser la dignité du travailleur et du consommateur togolais et en vue d’amener le gouvernement à adopter une nouvelle grillé salariale et de pension, un préavis de grève sera lancé à partir du vendredi 25 juin 2010 pour une grève de 24 heures prévue pour le vendredi 2 juillet 2010 sur toute l’étendue du territoire national. Que tout le monde reste chez lui.
3- Que les travailleurs, les consommateurs/usagers et la population restent solidaires en ces périodes de crise pour faire valoir leurs droits.
Fait à Lomé, le 24 juin 2010

L’erreur de communication a encore fait désordre
Au Togo, comme dans tous les pays, les prix à la pompe des produits pétroliers sont en principe fixés sur la base du mécanisme d’ajustement automatique des prix des produits pétroliers, intégré depuis le 2 avril 2002 par le gouvernement. Ce système fait varier le prix des carburants à la pompe en fonction des fluctuations de leurs cours mondiaux dans une fourchette de plus ou moins 5% par rapport aux prix de la structure de référence.
Au Togo, ou chez ses voisins, les pouvoirs publics ont toujours subventionné en partie les prix à la pompe. Avant la nouvelle décision de faire désormais jouer la vérité des prix, c’est-à-dire plus de subvention pour l’avenir. En exemple, pour les deux premières importations de l’année 2008 qui couvraient la période de janvier à avril, le montant de la subvention s’élevait à environ 10 milliards de francs Cfa. Dans les normes, l’on devait déjà rouler entre-temps à près de 1000 francs le litre. D’août 2007 à septembre 2008, 25 milliards dépensés en soutien.
De février à mi-juin 2010, 4 milliards de francs Cfa sont déjà engloutis pour la cause. Et, malgré les nouveaux prix, le gouvernement continue de soutenir le litre du super à 30 francs Cfa. Mais combien de consommateurs le savent ? Ce qu’on n’explique souvent pas, ou presque jamais, aux populations. C’est une erreur de communication. Nous l’écrivions déjà dans notre parution du 4 janvier 2008. La communication a toujours en elle un côté psychologique, à effet curatif ou préventif.
Cinq jours après l’entrée en vigueur des nouveaux prix, le ministre du Commerce Kokou Gozan a tenté d’apaiser les tensions palpables ayant accompagné la mesure gouvernementale. Et de laisser entendre que le réajustement devait en principe intervenir depuis le mois de mars, et il a été gelé. Alors, comment a-t-on mis à profit ce temps pour préparer les esprits à accueillir la nouvelle, surtout qu’elle impose des charges à la place des avantages ? De plus, la pédagogie aurait voulu que les nouveaux tarifs des transports soient communiqués en avance, avant leur entrée en vigueur.
Car, ce qui a aussi suscité les mouvements spontanés des conducteurs de taxis et de motos, c’est la bagarre qui a commencé dès le week-end entre ces derniers et les passagers autour des tarifs réels à appliquer.
La méthode a manqué. Ce qu’ont dénoncé à juste titre les syndicats de conducteurs et l’Association des consommateurs (ATC). Pour ces derniers, le commis de l’Exécutif a juste manqué de tact en disant trop vite que les grévistes sont ceux qui n’appartiennent pas à des syndicats. « J’ai été surpris. Si j’avais été informé, peut-être qu’on aurait pu entamer le dialogue, peut-être qu’on aurait commencé à discuter avec le gouvernement pour voir les motivations de cette hausse et les porter à la connaissance de la population afin de préparer leurs mentalités à cette hausse », avoue Mathias Hlomador, président de l’Union syndicale des conducteurs routiers du Togo (Usycort), qui manquait de mots au premier jour des manifs.
« C’est avec stupéfaction et grande amertume que les consommateurs togolais ont appris par la télévision nationale l’augmentation du prix des produits pétroliers », ajoute l’ATC qui croit savoir qu’après les produits pétroliers, ce sera éventuellement le ciment, les produits BB et l’électricité.
Vivement qu’il faut corriger le tir s’il faut encore en arriver là. Après l’échec des rencontres (tardives ?) entre le ministère du Commerce, les syndicats et l’ATC qui visaient à alléger les prix. Auquel cas, le fonctionnaire qui a dû marcher pendant trois heures d’horloge, pour relier Adamavo et le grand Marché, ne pourra pas multiplier la prouesse. Et le pauvre salarié de l’Administration publique qui a pris une moto à 1000 francs entre Agoè et le centre ville sera vite essoufflé.

Le ministre Gozan aussitôt contredit
Interrogé hier jeudi sur la télévision nationale, le ministre du Commerce et de la promotion du secteur privé, Kokou Gozan, a laissé entendre que la mesure d’augmentation des prix a été fait en concertation avec les syndicats de conducteurs routiers.
« C’est faux, nous n’avons pas été contacté avant cette décision. D’ailleurs, nous sommes revenus de Bruxelles le 19 juin, alors que la décision sortait déjà le 18 à minuit. Quand est-ce qu’on a pu nous concerté », a tenu à préciser Mathias Hlomador, président de l’Union syndicale des conducteurs routiers du Togo (Usycort). Une union qui devra être incontournable dans la gestion des transports. « Ce sur quoi, nous avons travaillé ensemble avec le gouvernement, c’est le réajustement des prix des transports », renchérit-il.
Et de poursuivre qu’il faut faire la distinction entre l’augmentation des prix et la fixation des prix. Le réajustement est fait selon un principe qui veut qu’à chaque fois que le coût du carburant monte, ça devra agir sur les prix du transport. Ce qui n’empêche pas de revenir sur une décision déjà prise, en tenant compte du contexte national. En plus, cette démarche du syndicat des routiers est menée pour déjà calmer la guerre des prix qui se mène sur le terrain. Voilà qui doit répondre aux conducteurs qui concluaient déjà que la non implication des syndicats au mouvement de réprobation est un signe que tout a été négocié sur leur dos. Aux premières heures, l’on a parlé de « mouvement spontané et non organisé » qui a suivi l’augmentation des prix du carburant. Même si, au finish, on comprend la grogne des compatriotes.
Pour leur part, les syndicats de travailleurs et celui des consommateurs ne se sont pas privés de contredire ce que confiait le ministre du Commerce.

Face à la surcharge et à la dégradation précoce des routes
Les semi-remorques bientôt soumis à une pesée des charges

L’image est devenue banale, de ces semi-remorques surchargés à couper les fils électriques et téléphoniques en ville. L’argument souvent avancé par les chauffeurs est le gain de temps. Surtout pour ceux qui viennent des pays de l’Hinterland (Burkina Faso, Mali et Niger). Pour eux, plus on met de charges, moins on fait des allez-retour sur le port de Lomé pour une commande de marchandises à rapatrier au pays.
L’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) a observé la scène, y a réfléchi, et a tiré sa conclusion : les principaux ports à trafic élevé de la zone, à savoir Abidjan en Côte d’Ivoire, Cotonou au Bénin, Lomé au Togo et Dakar au Sénégal seront dotés concomitamment d’une station de pesage chacun à la sortie. Pour Lomé, la construction et l’équipement de ladite station est prévue à Togblékopé, à la sortie nord de la ville. Un avis d’appel d’offre régional est lancé et ouvert depuis le 14 juin 2010 par l’Agence d’exécution des travaux urbains (Agetur-Togo). Les éventuels soumissionnaires – des pays membres de la zone Uemoa – disposent d’un mois, jusqu’au 13 juillet, pour donner la preuve de leur habileté à exécuter les travaux.
La construction et l’équipement de la station de pesage comprennent principalement les travaux de terrassement, l’aménagement de la plateforme, la construction des cabines de contrôle y compris toux corps d’états, d’ouvrages d’assainissement et de drainage, de réseaux électrique, informatique, de téléphone, d’eau potable, de sécurité incendie, la fourniture et l’installation de matériel de contrôle des gabarits, poids et charges à l’essieu des véhicules. Ces précisions sont inclues dans une convention signée en début d’année par l’Uemoa avec ses quatre membres ayant un accès maritime. L’entreprise adjudicataire dispose de 12 mois – d’ici à la mi-2011 – pour achever les travaux, tout en accordant un délai de garantie supplémentaire de 12 autres mois.
En rappel
Les Etats membres de l’Union ont adopté le 20 septembre 2001 une Stratégie et un Programme d’actions communautaires des infrastructures et des transports routiers (PACITIR). La stratégie accorde une importance particulière à la préservation du patrimoine routier et de sa qualité de service. Ce qui a conduit le Conseil des Ministres de l’Union à prendre un Règlement le 16 décembre 2005 relatif à l’harmonisation du contrôle de la charge à l’essieu. Malheureusement, 3 ans après l’adoption dudit Règlement, le contrôle de la charge à l’essieu ne se fait pas systématiquement dans les Etats. «La surcharge des camions continue d’être un des facteurs le plus important de la dégradation précoce des routes», estime l’Uemoa.
A l’issue d’une mission de suivi et de sensibilisation de la Commission de l’Uemoa sur la mise en application du Règlement de la charge à l’essieu – du 25 juin au 4 juillet 2008 – dans les quatre Etats disposant d’un port maritime à trafic élevé, il avait été constaté qu’aucun des établissements visités n’était équipé en pèse-essieux. En outre, les ponts bascules dont dispose chacun des établissements se limitent seulement à la pesée des poids des marchandises transportés, et n’effectuent aucun contrôle du Poids Total Autorisé en Charge (PTAC). C’est dans ce contexte qu’il est envisagé la mise en œuvre d’un premier programme-pilote de quatre postes de contrôle fixes dont la mise en fonction devrait permettre de réduire de manière significative la surcharge sur les corridors concernés et dont les effets se feront ressentir sur les autres aces routiers de l’espace communautaires notamment ceux des pas de l’Hinterland. Il est également prévu l’achat de pèse-essieux mobiles.
Ah ! Ces titans qui défoncent nos pauvres rues.

Inquiétante résistance des moustiques aux insecticides
Des scientifiques planchent sur le paludisme aujourd’hui à Lomé
Chasser le naturel, il revient au galop. C’est à cela que ressemble aujourd’hui la lutte contre le paludisme en Afrique. Les experts ont beau recommander des pesticides et des moustiquaires imprégnées, la mesure ne semble guère affecter les moustiques vecteurs du paludisme. Et le nombre important de moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée actuellement distribuées dans les pays en développement indique que la résistance aux insecticides est en passe de devenir l’un des plus grands défis dans le combat pour réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme.
Le phénomène rassemble aujourd’hui des scientifiques de la sous région et des cadres du ministère de la Santé ce vendredi à Lomé. Objectif : évaluer l’état de la lutte contre le paludisme au Togo et les implications pour le futur ; et revoir le niveau de la résistance aux insecticides au Togo. A petits pas, l’objectif mondial poursuivi par les Nations Unies de réduire la mortalité paludéenne à presque zéro d’ici à 2015, et ce grâce à l’accès universel aux moustiquaires et aux antipaludiques, se rapproche. Et c’est en ce moment que l’histoire apprend aux scientifiques que la maladie est particulièrement résistante.
Il est dit que le paludisme est la cause de 25% de décès chez les enfants au Togo et la cause de décès la plus importante chez les enfants de moins de cinq ans partout en Afrique. D’après l’UNICEF, dans ses chiffres les plus récents d’avril dernier, en moyenne une personne sur 20 qui développent le paludisme au Togo décède. Dans la plupart des cas, ce sont les enfants de moins de 5 ans qui meurent. Seuls 41% des enfants de moins de cinq ans dorment sous une moustiquaire, et seulement 38% des enfants de moins de cinq ans dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. En Afrique sub-saharienne, plus de 2.000 enfants de moins de cinq ans meurent du paludisme chaque jour. Pour ceux qui survivent, les épisodes de fièvres et d’anémie peuvent réduire leur développement physique et mental.
L’objectif pour l’Unicef cette année est d’arriver à réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme jusqu’à 50% (la lutte avait commencé en 2006) au Togo. Et d’amener 80% des enfants de moins de cinq ans à bénéficier de mesures de protection telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide ou la pulvérisation intra-domiciliaire. Environ 80% des cas de paludisme simple devront être pris en charge au niveau communautaire et dans les formations sanitaires. Et 80% des femmes enceintes devront bénéficier du traitement préventif intermittent contre le paludisme ainsi que de mesures de protection telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d'Insecticide ou la pulvérisation intra-domiciliaire.
Au finish, d’ici à l’an 2015, le monde, et particulièrement l’Afrique, devrait pouvoir remplir l’Objectif n°6 des OMD, qui est de maîtriser le paludisme et de commencer à inverser la tendance actuelle. Et cela devrait se faire à peu de frais, à en croire l’Unicef : le traitement préventif intermittent (TPI) qui permet à la femme enceinte de prémunir son enfant contre le paludisme coûterait 205 francs Cfa ; le prix d’une consultation médicale et d’un traitement antipaludéen simple pour un enfant serait de 765 francs ; la moustiquaire imprégnée d’insecticide est vendue à 2 700 francs. Une consultation médicale et un traitement contre une crise paludique grave pour un enfant valent 28 000 francs.

Courtier de taxi
Un job payant mais….

«Il reste deux places seulement pour Adidoadin» énonce Beaugar. Il est courtier de taxi à la station en face de la pharmacie du Grand Marché. La trentaine, Beaugar a pourtant une longue expérience dans ce métier
Après un bref moment d'hésitation, il décide de parler de son activité. Le nombre des taxis dans cette station dépasse la centaine. Souvent, de petites disputes éclatent entre les taximen qui ne respectent pas la file d'attente. Le rôle du courtier est donc de veiller à ce que chaque chauffeur attende bien son tour.
C'est un métier très simple qui ne demande pas de diplôme. Ils sont six courtiers dans cette station. Inlassablement, ils interpellent les passants à la criée. «Adidogomé, djidjolé, adidoadin…» tonnent-ils. Ils reçoivent une commission de la part de chaque taximan avant le départ. «On arrive à s'en sortir avec la somme qu'on gagne chaque jour. Bien évidement, si une occasion se présente pour moi, je n'hésiterai pas deux secondes pour changer de métier», confie Beaugar.
Ce dernier affirme que le métier de courtier nécessite beaucoup de patience, de l'endurance et surtout une bonne mémoire. «Je connais tous les chauffeurs dans cette station. Je garde également en mémoire le numéro de chaque taxi. Cela me permet de mettre facilement de l'ordre. Souvent, on a des problèmes avec des taximen impatients qui n'attendent pas leurs tours», précise t-il. Néanmoins, les courtiers arrivent à gérer ce genre de situation. Il pratique le métier depuis plus de huit années selon des chauffeurs de taxi. Ces derniers sont unanimes au sujet des courtiers. «Les taxis seraient certainement pris dans une grande anarchie en cas d'absence des courtiers. Ils régulent et veillent à la bonne marche de notre travail. Cela nous facilite énormément la tâche», lance l'un des chauffeurs. Et d'ajouter, « c'est un métier qui peut paraître a priori sans grande valeur. Au contraire, les courtiers jouent un rôle important. Non seulement ils mettent de l'ordre mais ils empêchent également des perturbateurs potentiels d'embarquer dans les véhicules». A une dizaine de mètres de cette station de taxis se trouve une autre.
Après avoir rencontré de petits problèmes, Agbessi, 35 ans, s'est reconverti en courtier depuis plus d'une année. Avant, il était chauffeur de taxi.
«La journée de travail commence pour moi à 6 heures du matin et se termine à 19 heures. D'une manière générale, les choses se déroulent bien. Tout le monde dans cette station me connaît et la plupart des chauffeurs respectent mes décisions en cas de litige», déclare Agbessi. Il tient un carnet et un stylo dans sa main pour noter le nombre de stationnement et de départ de chaque véhicule. L'objectif est toujours le même : mettre de l'ordre et éviter le moindre incident qui pourrait perturber le trafic des taxis. Ils n’ont pas le droit à une pause déjeuner et encore moins un congé. Ils sont six courtiers dans cette station, travaillant chacun cinq journées sur six. 
 «Ce job nous apporte quand même de quoi vivre», témoigne-t-il. Cependant, les courtiers affirment qu'ils rencontrent un peu plus de problèmes avec les passagers, notamment pendant les heures de pointe et les samedis. Et souvent, des bagarres éclatent entre courtiers et taximen. «Certaines personnes n'ont aucun respect pour les autres. Que de fois, des taximen ont semé la zizanie car ils voulaient être servis avant les autres. Je suis déjà passé trois fois au poste de police. Ce sont les aléas du travail», témoigne Agbessi.

Pour garder son travail, il doit rester en bon terme avec tous les taximen, sans en privilégier aucun. «Il faut être rigoureux dans ce job. J'essaye de faire de mon mieux pour éviter les problèmes avec les chauffeurs qui peuvent facilement me faire perde cet emploi puisqu'il sont affiliés à un syndicat. Et comme, je n'ai aucune autorisation légale, je pourrai me retrouver, du jour au lendemain, au chômage», renchérit-il en courant après un taxi qui s'apprête à démarrer sans lui donner une commission. 100 FCFA, c’est la somme qu’il perçoit.
Une somme un peu dérisoire mais Agbessi ne se plaint pas. Pour lui, le plus important c'est de subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère en attendant de reprendre son métier de chauffeur.

© L’Union du 25 juin 2010

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