Sida : Pourquoi Faure a raison d'aller à New York

30/05/2008
Sida : Pourquoi Faure a raison d'aller à New York

Il faut mouiller sa chemise. C'est ce que va faire le président Faure Gnassingbé en se rendant début juin à New York pour participer au sommet mondial sur le sida, organisé par l'Onu. Car le Togo a besoin de l'aide de la communauté internationale. Or cette aide tarde à venir ou s'est arrêtée. Le Fonds mondial contre le sida n'envoie plus un centime depuis quatre ans. Faure va donc plaider en faveur d'une plus grande mobilisation des bailleurs de fonds.

L'hebdomadaire L'Union paru vendredi revient sur ce prochain déplacement et explique pourquoi le président du Togo a raison d'aller à New York. Voici une sélection d'articles publiés cette semaine par L'Union

Sommet sur le Sida : Faure à New York pour un plaidoyer

Malgré sa détermination par rapport à la Déclaration d'engagement sur le VIH/ Sida, le Togo peine, se démène en vue d'atteindre les objectifs fixés pour 2015. Les raisons : la situation de crise financière. Et surtout la suspension il y a quatre ans des aides du Fonds mondial. Faure va à New York pou combler le retard.

Les 10 et 11 juin 2008, le Togo, pour la première fois, sera représenté personnellement par le chef de l'Etat à l'Assemblée générale des Nations unies sur le VIH/Sida à New York, aux Etats-unis. A l'occasion, les 189 Etats membres ayant adopté la Déclaration d'engagement sur le VIH de Juin 2001 devront en présenter leur rapport de suivi – le troisième du genre après 2003 et 2005 – des progrès réalisés dans la mise en Œuvre des engagements convenus à travers une série d'indicateurs de base.

Le suivi de la mise en Œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH, à l'instar des autres pays, est régulièrement fait au Togo. Et le pays a toujours présenté ses rapports, dits rapports sur les indicateurs UNGASS, mais par le ministre de la Santé. Plusieurs raisons expliquent le fait qu'en 2008, Faure Gnassingbé se décide à aller défendre la situation du Togo à New York. En tête de liste, le manque de financement de la lutte, pendant que la lutte contre la pandémie du Sida fait tabac ailleurs. L'anecdote fait dire que la difficulté des Burkinabé n'est plus comment éradiquer le sida, mais comment absorber les financements.

Des raisons d'y aller…

Les autorités togolaises, avec Faure en tête, se sont imposées de ramener au pays les partenaires traditionnels. Depuis 4 ans, le Fonds mondial, le principal pourvoyeur de fonds pour la lutte en la matière, a suspendu avec notre pays pour des «anomalies» dans la gestion de ses milliards de Cfa. Résultats : ce retrait momentané s'en ressent sur les efforts nationaux. Les stocks d'antirétroviraux (ARV) sont parfois épuisés, jetant dans la rue les personnes vivant avec le VIH.Sida (PVVIH). Après 20 ans de lutte contre le sida, et 7 ans de mise en Œuvre de la Déclaration d'engagement, le Togo se situe entre 30 et 35% de couverture médicale.

Quelque 15.381 personnes vivant avec le VIH, dont 10.445 femmes et 4.910 hommes sont suivies dans 70 structures de prise en charge médicale reparties dans 26 districts. Au 31 décembre 2007, 7.980 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) (7.421 adultes et 559 enfants) sont mises sous traitement antirétroviraux, soit 34% des adultes et enfants atteints d'infection à VIH à un stade avancé, et au 31 mars 2008, ce nombre est porté à 9.538. Parmi elles, 4.038 sont prises en charge par le gouvernement, 2.300 par le Fonds mondial et 3.000 sur fonds propres. Au même moment, 4.000 PVVIH sont en attente de traitement par les ARV

D'une manière générale, la prévalence du VIH, après un pic atteint en 2001, montre une baisse tendancielle à partir de 2003. Elle est passée de 6% à 3,2%. Depuis lors, cette prévalence est maintenue stable à 3,2% jusqu'en 2007. La prévalence du VIH chez les femmes enceintes de 15 à 49 ans connaît une stabilité relative passant de 4,7% en 2003 à 4,6% en 2004 et à 4,2% en 2006. Par contre, chez les femmes de 15 à 24 ans, la prévalence connaît une baisse tendancielle. Elle est passée de 4,8% en 2003 à 4,2% en 2004 et à 3,4% en 2006.

Chez les professionnels du sexe féminin et leurs partenaires masculins, le taux de séroprévalence est des plus forts. Il est respectivement de 29,7% et de 5,5% en 2005. Il était en baisse à Lomé entre 2003 et 2005, passant de 53,9% à 44,5% chez les professionnelles et de 13,3% à 7,7% chez leurs partenaires masculins.

…et de plaider

Voici autant d'arguments à faire valoir à New York par Faure Gnassingbé, sur la base du rapport de suivi de la Déclaration d'engagement sur le VIH validé mardi à Lomé. Histoire de faire comprendre aux bailleurs de fonds, dont le Fonds mondial, qu'au rythme actuel de la lutte, il n'est pas évident que le cours de l'épidémie du VIH/Sida soit stoppé et renversé à l'horizon 2015. Comme le voudraient les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

De la mobilisation des fonds

La riposte nationale au VIH entre 2006 et 2007 a coûté 9 milliards 553 millions 289 mille 564 francs Cfa. La quasi-totalité des ressources, soit 86%, provient des fonds internationaux. Les financements propres du Togo représentent 13% et le secteur privé 1%. Le Grant du Round 4 VIH du Fonds mondial actuellement exécuté par PSI Togo a contribué à hauteur de 60,31% du montant total dépensé. Les ONG et associations ont dépensé sur fonds propres et sur financement de leurs partenaires extérieurs 590 millions 635 mille 428 francs. Ces ressources ajoutées aux dépenses effectives du gouvernement élèves les dépenses publiques à 1 milliard 252 millions 245 mille 502 francs Cfa.

Parmi les partenaires internationaux, le Fonds mondial à la riposte nationale a couvert 5 milliards 761 millions 387 mille 539 francs, soit 74,18%, des décaissements. Ce qui démontre de l'ampleur de l'indispensabilité de ces partenaires. Et de l'extrême difficulté du Togo à mener la lutte exclusivement sur fonds. En attendant de le retour de Faure Gnassingbé de New York, le gouvernement vient de décaisser 2 milliards de francs pour l'achat d'antirétroviraux (ARV) dont l'utilisation a donné des résultats. Le taux de survie chez les PVVIH mises sous ARV de décembre 2006 à décembre 2007 est estimé à 90%. Ce qui démontre de l'efficacité du traitement par ces produits. Depuis le 1er octobre 2007, l'accessibilité au traitement par les ARV est rendue gratuit pour les 2.300 PVVIH bénéficiant de la subvention du Fonds mondial et les 4.038 PVVIH bénéficiant de la subvention de l'Etat.

Sécurité sociale : Les nouvelles conditions d'accès à la pension

Saisi par le gouvernement, le parlement togolais a procédé le 27 mai 2008 à la modification des articles 26, 27, 28 et 30 de l'ordonnance n°39/73 du 12 novembre 1973 instituant code de sécurité sociale, modifiée elle-même par la loi n°2001/012 du 29 novembre 2001. Le projet de loi vise à coller les anciennes dispositions au relèvement de l'âge d'admission à la retraite pour un fonctionnement adéquat et efficace dans la gestion de la sécurité sociale. Sur le fond, le nouveau texte traite du relèvement de l'âge d'admissibilité à la pension et de la durée d'assurance et fixe le statut de l'assuré ayant droit à la pension d'invalidité. En clair, il reconnaît le droit à une pension d'invalidité aux assurés devenus invalides en cours d'activité, s'ils remplissent les conditions requises, et prend en compte le cas des assurés devenus invalides sans avoir accompli les 120 mois d'assurance. Plus est, les modifications fixent les règles permettant aux ayants droit de bénéficier d'une allocation de survivant en cas de décès au cas où l'assuré ne pouvait prétendre à une pension d'invalidité et comptait moins de 180 mois d'assurance.

Ainsi, l'article 26 nouveau prévoit que, sous réserve des dispositions prévues par des régimes particuliers, l'assuré qui atteint l'âge de 60 ans a droit à une pension de vieillesse, à condition d'avoir accompli au moins 180 mois d'assurance –en lieu et place de 120 mois– et de cesser toute activité salariée. Toutefois, l'assuré ayant 55 ans accomplis, atteint d'une usure prématurée de ses facultés physiques ou mentales le rendant inapte à exercer une activité salariée et qui remplit les deux conditions, peut demander une pension anticipée. Le ministre du Travail, après avis du conseil d'administration, fixera les modalités de la constatation et du contrôle de l'usure prématurée. La pension de vieillesse et la pension anticipée prennent effet le 1er jour du mois civil suivant la date à laquelle les conditions requises ont été remplies, à la condition que la demande de pension ait été adressée à la Caisse dans le délai de douze mois qui suit ladite date. Si la demande de pension est introduite après l'expiration de ce délai, la pension prend effet le 1er jour du mois civil suivant la date de réception de la demande.

Avec une atténuation : le conseil d'administration peut, sur recommandation du Directeur général de la Caisse, décider que les arrérages (intérêts versés au titulaire d'une pension) soient versés pour la période précédant le mois à compter duquel la pension prend effet, mais dans la limite de douze mois.

Pour sa part, l'assuré qui accomplit au moins 12 mois d'assurance et qui, ayant atteint l'âge de 60 ans, cesse toute activité salariée alors qu'il ne remplit pas la condition de 180 mois d'assurance requise pour avoir droit à une pension de vieillesse, reçoit une allocation de vieillesse sous forme d'un versement unique.

Selon l'article 27, l'assuré qui devient invalide avant d'avoir atteint l'âge de 60 ans a droit à une pension d'invalidité s'il a accompli à la Caisse au moins 60 mois d'assurance dont 6 mois au cours des 12 derniers mois civils précédant le début de l'incapacité conduisant à l'invalidité. L'article 28, lui, dispose que pour le calcul du montant de la pension d'invalidité, les années comprises entre l'âge de 60 ans et l'âge effectif de l'invalide à la date où la pension d'invalidité prend effet, sont assimilées à des périodes d'assurance à raison de 6 mois par année.

Aux termes de l'article 30 nouveau, si l'assuré ne pouvait prétendre à une pension d'invalidité et comptait moins de 180 mois d'assurance à la date de son décès, la veuve ou le veuf invalide ou, à défaut, les orphelins bénéficient d'une allocation de survivant versée en une seule fois. Le montant de cette allocation est égal à autant de mensualités de la pension de vieillesse à laquelle l'assuré aurait pu prétendre au terme de 180 mois d'assurance qu'il avait accompli de périodes de 6 mois d'assurance à la date de son décès. Le bénéfice des allocations familiales est maintenu en faveur des enfants survivants.

S'agissant de la question de paiement et de liquidation des pensions à la Caisse nationale de sécurité sociale, il faut distinguer les allocations familiales des pensions. Pour les pensions, la condition impose que le travailleur soit assuré à la Caisse ; dès que la Caisse a cette preuve, même si l'employeur n'a pas versé sa part, la Caisse paie la pension et récupère les fonds libérés auprès de l'employeur ou de l'entreprise concernée. Par contre, pour les allocations familiales, la Caisse par suite de beaucoup de laisser-aller a subordonné effectivement leur paiement au versement de la quotte part des patrons et de l'Etat puisqu'il est aussi concerné (agents permanents). Sans celle-ci, la Caisse ne put rien pour l'employeur. Aujourd'hui, l'Etat aussi doit à la Caisse. Il y a un processus en cours dans le cadre du paiement de la dette intérieure pour que cela soit résorbé, précise-t-on.

Politique

43 Pour et 29 Abstention : Difficile réalisme parlementaire pour un cadre de l'UFC

Mardi 27 mai 2008. Résultats du vote : article 1er (42 pour, 27 abstention), article 2 (51 pour et 19 abstention), article 3 (45 pour et 23 abstention), ensemble du texte (43 pour et 29 abstention). Quel est le vrai effectif des députés présents à la séance quand on sait que les 4 niveaux de vote ont obtenu 0 voix contre? C'est le chef-d'Œuvre des chiffres communiqués par les huissiers de séance. Passons.

La vraie cacophonie, qui peut maladroitement laisser croire que le RPT joue à tous les coups sa majorité mécanique pour faire passer ce que l'UFC rejette, est cet embrouillamini semé par le président et le 1er rapporteur de la Commission du développement socioculturel, tous deux issus de l'Union des forces de changement. Ils n'ont jamais su convaincre la plénière de la formule des amendements présentée. Ils n'ont jamais restitué les débats internes en commission, au point de se laisser enfariner par les interprétations contradictoires des uns et des autres. Ils ont fini par s'abstenir de voter un texte qu'ils venaient eux-mêmes de présenter. D'aucuns parleront de discipline de parti, surtout qu'au moment de voter l'article 2, un élu de l'UFC a soulevé le doigt pour voter contre, avant de se raviser car, tout autour, aucun collègue du parti ne se manifestait. Interrogé à la sortie, le très honorable Fabre Jean-Pierre a trouvé scandaleux qu'on ne puisse pas accepter sa doléance : retourner le texte à la commission pour étude. Et d'ajouter qu'il est anormal de vouloir transformer la plénière en une cour de laissez-passer sans discussion. «Pourquoi on fait alors les plénières?». Il était suivi par le minuscule groupe CAR. Très tôt, le président du parlement a brandi les interdits des discussions en plénière prévus par le règlement intérieur.

Selon la pratique parlementaire, les projets ou propositions de loi sont mis au même moment à la disposition de tous les députés (individu et commission spécialisée). Le texte est donc parcouru par tous ; tous les amendements voulus par le CAR, le RPT et l'UFC sont adressés à la commission. Ceci suppose un travail interne pour mettre tous les députés au même niveau de compréhension afin d'éviter de rêver aux débats. Aussi n'est-il plus accepté en plénière un autre amendement fait par un député ayant participé aux travaux de la commission spécialisée. Toutefois, un député «étranger» peut le faire à condition d'emporter l'adhésion du président de la commission. Seul celui-ci doit juger la pertinence et le réalisme de l'amendement. Et séance tenante, l'article est corrigé et soumis au vote. Pas de tâtonnement ! Les cas sont rares au vu de la précaution qui entoure les études en commission. En l'espèce, n'a pas reçu de propositions d'amendements venant des députés des autres commissions, a précisé le rapporteur Segla Koffi Senyo.

Le texte est automatiquement retourné à la commission si le gouvernement ou les députés ne se retrouvent plus dans la quintessence du texte soumis à la plénière. En réalité, le commissaire du gouvernement peut ne pas répondre aux questions de la plénière, sauf cas majeur. Car, avec ses techniciens, il a déjà tout donné dans le débat général. C'est le président de la commission qui doit être capable de répondre à ses collègues. Sur toute la ligne, l'honorable Atakpamey Kodjo a failli.

Au centre du méli-mélo, l'alinéa 1 de l'article 30 nouveau : «si l'assuré ne pouvait prétendre à une pension d'invalidité et comptait moins de 180 mois d'assurance à la date de son décès, la veuve ou le veuf invalide ou, à défaut, les orphelins bénéficient d'une allocation de survivant versée en une seule fois». Et la portion de la discorde était : «si l'assuré ne pouvait prétendre à une pension d'invalidité». Formule trop lourde ou acceptable, c'est selon. Au finish, le ministre du Travail apporte sa touche : «le nouveau régime qui va avoir lieu et en tenant compte du relèvement de l'âge de départ à la retraite, de 55 à 60 ans, fait que nous avons 5 ans de plus à cotiser et ça porte à 180 mois le plancher minimum pour bénéficier de la pension, sauf lorsque l'assuré est invalide, c'est ce que veut dire «qui ne pouvait prétendre à une pension d'invalidité» ; s'il peut prétendre à une pension d'invalidité, le problème ne se pose pas». Pour lui, ce sont des phrases des juristes qui ne sont d'ailleurs pas tous d'accord.

Au-delà, la remise à niveau technique de tous les députés s'impose et la prochaine mission d'élus français devra être bénéfique dans ce sens. En attendant, dans les trois partis représentés au parlement, on doit pouvoir faire appel à des potentialités externes pour un apprentissage interne. Surtout que des bonnes volontés s'associent aux initiatives pour parler cancer, diabète, fibrome, …

Au soir, le ministre peut saluer avec le RPT la célérité avec laquelle le texte est examiné. Une adhésion à la politique du chef de l'Etat et de son gouvernement.

Administration publique togolaise : La retraite fixée entre 55 et 60 ans, selon les catégories

Deux lois fixent désormais les conditions du départ à la retraite au Togo depuis le 22 ami 2008. La première fixe l'admission à la retraite des agents de la fonction publique tandis que la seconde consacre le régime général de l'âge d'admission à la retraite dans les secteurs privé et parapublic.

Le premier cas qui réaménage au fond l'ancienne formule de départ à la retraite fixée à 55 ans d'âge ou à 30 ans de services effectifs pour toutes les catégories, a pour objet de permettre à l'administration togolaise de garder plus longtemps les cadres de conception afin de transmettre les compétences aux jeunes comme c'est le cas des magistrats et du personnel enseignant du supérieur admis à la retraite à 60 ans. Il en est de même des agents des catégories B et C des secteurs de la santé et de l'enseignement où le déficit en personnel dû aux départs massifs à la retraite crée des problèmes graves dans les établissements d'enseignement et les formations sanitaires. En revanche, en raison de la pénibilité des activités de certaines catégories de personnel notamment les gardiens de nuit, les gardes forêts ou frontières, les agents d'entretien, les vaguemestres… qui déploient des efforts physiques très intenses, ils ne sauraient rester en activité pendant très longtemps.

Au finish, toutes ces dispositions pourraient contribuer à réduire les déséquilibres financiers de la caisse de retraite du Togo qui débourse plus d'un milliard de francs CFA par mois pour payer les retraités alors que ses ressources propres se chiffrent à peine à 400 millions de francs par mois ; cette situation obligeant l'Etat à subventionner chaque mois la différence. Récapitulatif : Catégorie A1 et A2 (60 ans), Catégories B et C des cadres du personnel enseignant et soignant (58 ans), Catégorie B du cadre des fonctionnaires de la douane (53 ans), Catégorie C du cadre des fonctionnaires de la douane (52 ans), Catégorie D du cadre des fonctionnaires de la douane (50 ans), Autres agents de la fonction publique (55 ans).

La réforme de la retraite dans les secteurs privé et parapublic répond à plusieurs objectifs à savoir la performance des entreprises, la survie des organismes de prestation de sécurité sociale et la réduction de la vulnérabilité des travailleurs. Les entreprises, pour des raisons de départ à la retraite se vident de leurs personnels expérimentés empêchant ainsi la transmission des compétences ainsi que la capacité des entreprises à faire face à la compétitivité. Le présent projet de loi vise donc à combler cette insuffisance et accroître la rentabilité des entreprises. En outre, cette réforme de la retraite permettra de rétablir l'équilibre de la branche des pensions des organismes de sécurité sociale. Enfin, la réforme rallongera le temps des cotisations et permettra ainsi de rendre plus consistante la pension qui sera servie aux travailleurs en fin de carrière.

En rappel, l'âge d'entrée à la fonction publique au Togo est fixé entre 18 et 35 ans, selon les textes en vigueur. Mais on annonce qu'il sera revu avec le relèvement de l'âge de la retraire dans le cadre du processus de refonte du code de sécurité sociale en cours. Une question légitime quand on veut comptabiliser le nombre d'années que les jeunes passent à errer après les études. Ici, l'âge d'admission à la retraite est fixé à 60 ans pour les salariés. Toutefois, des régimes spéciaux prenant en compte la possibilité d'un départ avant ou après terme et d'un départ volontaire peuvent être institués.

Economie

Budget : Le Togo attend une aide française de 1,7 milliard

La France accordera une aide budgétaire de 2,5 millions d'euros, soit près de 1,7 milliard de francs Cfa, au Togo pour soutenir un programme économique triennal du pays, a fait savoir Serge Tomasi, Conseiller financier pour l'Afrique à la Direction du Trésor au ministère français de l'Economie. M. Tomasi venait de s'entretenir, le 21 mai dernier, avec le Premier ministre togolais Komlan Mally. Il a indiqué s'être transporté au Togo pour préparer avec les autorités togolaises une prochaine table ronde des bailleurs de fonds prévue les 18 et 19 juin à Bruxelles en Belgique. Pour lui, cette table ronde sera une "étape importante" dans le processus de reprise des relations du Togo avec la communauté financière internationale.

Le gouvernement avait lancé début avril le comité préparatoire de cette rencontre attendue pour «mobiliser des ressources conséquentes» afin de mettre en oeuvre les actions prioritaires du Togo. «Il convient de mobiliser les partenaires au développement sur le déficit budgétaire actuel et susciter d'éventuel financement additionnel en vue de sa résorption et pour alimenter le programme d'investissement public», a expliqué le Premier ministre togolais.

Après avoir prouvé sa citoyenneté, la Société SAMEX reprend ses activités

Depuis le début d'année, un bras de fer juridico-fiscal a opposé la société SAMEX à l'administration fiscale. SAMEX, ne s'étant pas exécutée face aux injonctions de l'autorité fiscale, a été obligée d'arrêter ses activités pour quelque deux mois. Finalement, le bon sens citoyen a permis de décanter la situation et tous les entrepôts Samex sont rouverts.

Le bras de fer est parti d'un redressement fiscal opéré par la Direction Générale des Impôts, DGI, à la société Samex dont les portes ont été purement et simplement fermées et scellées à l'inscription "fermée pour non paiement d'impôts". En son temps, la Dgi expliquait qu'elle a été obligée d'appliquer la rigueur de la loi à cause de l'entêtement de la direction du groupe Samex à ne pas reconnaître le fondement des 12 milliards de francs Cfa réclamés. Par conséquent, aucune discussion sérieuse ne pourrait s'instaurer entre eux. Pour preuve, dans un courrier adressé à la Dgi, le cabinet conseil du groupe a reconnu toutes les erreurs commises mais ne voulait mener des discussions que sur un montant de 2,5 milliards de francs qui représentaient les seules possibilités de son client. Cette proposition a écopé d'une fin de non-recevoir. La situation est alors restée telle.

Atmosphère détendue

Aujourd'hui, les relations entre les deux sociétés se sont considérablement améliorées depuis qu'elles se sont mises d'accord pour aller en discussion, et ce, beaucoup plus en profondeur du dossier. Cela a permis, d'une part, à la Dgi sur instructions du ministre de l'Economie et des Finances de fléchir sur sa position et de faire des propositions plus conciliantes. On a écarté entièrement la thèse de la fermeté à recouvrer la totalité de l'imposition. D'autre part, Samex a reconnu loyalement ses erreurs et demandé des échéanciers qui lui ont été accordés avec seule condition le versement d'une partie de la somme réclamée. Aux dernières nouvelles, Samex respecte déjà ses engagements en envoyant courant semaine dernière un chèque important dont le montant ne nous a pas été révélé. Finalement, tout est rentré en ordre et les entrepôts et les grandes surfaces du groupe sont rouverts au public.

Citoyenneté

Cette attitude du groupe Samex à aller en discussion pour trouver un terrain d'entente avec la Direction des impôts nous réconforte dans nos précédentes analyses que ce sont des individus malintentionnés qui l'ont poussé à aller en guerre contre l'autorité. Le fait est que la Direction de Samex a été manipulée par des gens prêts à tout pour se renflouer les poches au détriment de l'intérêt général. Ce qui donne de lui l'impression d'ignorer la loi.

Dans notre livraison N° 121 du vendredi 11 avril 2OO8, nous avons étalé les possibilités de recours d'une société en phase de contrôle fiscal. Nous avons ainsi compris que Samex pouvait bénéficier de réductions sur ce montant. Selon le Code général des impôts, l'administration fiscale peut lui faire un réaménagement de la somme imposée. Plus loin, le ministère des Finances aussi peut réagir dans le même sens. La base de ce processus est l'accord préalable sur le montant exigé. Ce qui n'a pas été le cas. Car, il a été soufflé que "des amis personnels du Chef de l'Etat " pouvaient intervenir sans qu'aucun sou ne soit versé. Grosse escroquerie ! Faure Gnassingbé est loin de cautionner une telle malversation.

Le groupe Samex vient de montrer un bon exemple de citoyenneté à tous les opérateurs économiques. Tous doivent comprendre que nul n'est au-dessus de la loi. En cas de difficulté avec l'autorité fiscale, la voie loyale reste la négociation. Il ne sert à rien d'engager un bras de fer suicidaire – cela peut entraîner la fermeture et conduire à la liquidation – contre une administration décidée à jouer pleinement son rôle de premier pourvoyeur des caisses de l'Etat.

Littérature

La France à l'ère de Sarkozy

Avec l'arrivée au pouvoir de Sarkozy, la France va-t-elle enfin embrasser une période de transformations historiques susceptibles de redorer le blason de ce pays considéré comme la grande malade de l'Europe occidentale? Nicolas Sarkozy vient de faire un an à l'Elysée : le brouhaha dans les milieux syndicaux et patronaux, les critiques virulentes de la presse, la morosité des sondages, tout laisse à penser que le président file du mauvais coton ; que les espoirs suscités chez le peuple par son programme politique s'en vont en eau de boudin. Sarkozy va-t-il faire long feu ?

Ce n'est pas l'avis de l'universitaire Charles Debbasch, auteur du livre L'Entrée en Sarkhozye, vers une autre France ? (Harmattan 2008, Paris, 16,50 Euros), qui croit voir dans le successeur de Jacques Chirac l'homme providentiel qui mettra de l'ordre dans la maison France. Son livre est un ensemble de chroniques qui peuvent être lues comme un kaléidoscope de la campagne présidentielle 2007, les personnalités des candidats Sarkozy et Royal, les premiers pas de l'actuel locataire de l'Elysée, les mutations de la vie politique française. Les caractères du personnage Sarkozy, son style, son discours, tout concourt à penser effectivement qu'il y a une rupture qui s'ébauche dans l'Hexagone, certes timide et lente, mais assez ferme pour garder l'espoir de voir la fin de près de 40 ans d'immobilisme.

Depuis 34 ans, les Français, arc-boutés sur les avantages sociaux acquis pendant les Trente glorieuses, restent insensibles à toutes réformes politiques. Pourtant les problèmes sont hénaurmes : effectifs pléthoriques de la fonction publique (le plus fort en Europe), déficits abyssaux de la sécurité sociale, méforme des PME en position de faiblesse face aux entreprises des pays émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil, Taiwan et la Corée du Sud, système universitaire et d'enseignement lourd et inadapté qualifié de mammouth par l'ancien ministre de l'Education Claude Allègre. Des problèmes qui handicapent la deuxième économie d'Europe de tenir son rang de puissance, au point d'être éjectée de la cinquième place mondiale par la Chine.

La Grande Bretagne a fait très tôt ses changements pendant l'ère Thatcher dans les années 1980, l'Allemagne reprend du poil de la bête après la lourde et coûteuse reconstruction de l'Est, et l'actuelle coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates fait ses preuves sur le terrain par ses réformes sociales importantes.

Mais la France traîne les pieds dans un environnement où les enjeux et les défis de la mondialisation demandent de rapides réformes sociales. Tous les gouvernements, de gauche comme de droite, se sont cassés les dents, les uns abandonnant les programmes, les autres, à l'instar de Jospin, se contentent de redistribuer les pactoles aux travailleurs, au lieu d'investir dans de nouveaux créneaux. Ironie de l'histoire, alors qu'ailleurs, et surtout aux Etats-Unis, l'heure de travail hebdomadaire augmente, les Français, travaillant déjà moins, adoptent la semaine de 35 heures de travail. Ce qui liquéfie l'économie et plombe les PME. Les puissants syndicats français ont saboté la carrière d'un surdoué comme Juppé, et laminé l'excellent ministre de l'Education Claude Allègre. C'est le seul pays au monde, où les lycées, des adolescents immatures, rejettent les programmes scolaires.

Le système politique et les institutions sont rigides. Depuis 1958, le pays est dirigé par une gauche ringarde et caviar qui se recroqueville sur des pratiques idéologiques d'un autre temps et une droite faussement libérale responsable de l'Etat de providence mammouth qu'on veut réformer.

Il fallait quelqu'un pour foutre un coup de pied dans la pétaudière : Nicolas Sarkozy.

Le changement est forcément synonyme de rupture ; et le style de Sarkozy rompt avec le passé. Issu de l'immigration hongroise, l'homme n'a pas les complexes de ces prédécesseurs. Nouveau style de gouvernement, le sarkozysme se définit par trois concepts : omniprésence, ouverture, modernité.

Omniprésence d'un Président moins chef d'Etat et plus chef de gouvernement signant la fin du domaine réservé ; ce qui amène à penser à une réforme constitutionnelle pour changer une présidence plutôt monarchique. Ouverture à gauche par le débauchage des hommes de gauche, c'est la fin des clivages gauche-droite. C'est un président sans complexe qui copine avec George Bush tout en préservant l'indépendance de la France, qui affiche sa vie privée, mange à la table des capitalistes sans craindre de fâcher le cŒur de l'électorat français. Sarkozy écŒure mais on admire son audace.

L'Entrée en Sarkozye montre que Charles Debbasch n'a pas perdu la main. On a ici une belle analyse de pointe d'un homme d'expérience, à la fois journaliste et théoricien de la politique. Ce sont des chroniques écrites par un chroniqueur de la vieille école, au style alerte, concis et sans fioriture, d'une rare intelligence qui embrasse les phénomènes sociaux d'une trace de plume. C'est en cela que cet homme est enviable.

Médias

Naissance d'un magazine culturel

Night Life est le nouveau magazine culturel sur le marché dont on procédera au lancement ce soir à 18 heures, à l'Hôtel Ibis de Lomé. En quadrichromie et sur papier glacé, le magazine se veut un nouveau concept du journalisme culturel : moins d'analyse, beaucoup d'événementiels, interview, portrait, articles courts, poster et beaucoup de photos.

C'est un peu le Voici version locale. Il a pour ambition de ranimer et d'accompagner la vie telle qu'elle se passe les nuits dans les villes de Lomé et de l'intérieur, histoire de faire savoir que le Togo, ce n'est pas que la morosité ; que malgré tout les Togolais aiment la vie et la croquent à belles dents.

A découvrir dans le numéro 00 une interview de la star togolaise du rock'n'roll Jimi Hope, les concerts de Gadji Celi et King Mensah, le sculpteur Gnininvi, les nuits dans les boîtes de Lomé, et last but not the least, les travailleurs de nuit.

Night Life est une production de Samescom, la société éditrice de votre hebdomadaire L'Union. Night Life est un projecteur sur les nuits de la capitale.

© L'Union du 30 mai 2008

 

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