Tchoukoutou = danger

10/12/2010
 Tchoukoutou = danger

Le marché de la bière locale (tchoukoutou, tchapalo) prospère à Lomé. A tous les coins de rues, notamment dans les quartiers populaires, les bistrots de fortune foisonnent et ne désemplissent pas, écrit vendredi l’Union qui consacre un dossier à l’explosion de la consommation de ces boissons frelatées à la composition mystérieuse. Pour le journal, il y a danger.
« L'on peut se rendre compte du degré de nocivité du tchoukoutou, au seul geste d'y jeter un morceau de viande fraîche : elle se consume », indique L’Union.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Les limites de la "libre" circulation de l’argent
La vie en société est régie par des lois, certaines compréhensives et d’autres draconiennes. Elles sont instaurées par les sociétés elles-mêmes pour leur évolution harmonieuse et éviter des dérives dont les conséquences leur sont parfois fatales. Ainsi, la circulation de l’argent d’un Etat à un autre suit des normes indiquées par des ensembles monétaires ou des pays eux-mêmes.
Il y a deux semaines, l’arrestation d’un groupe de nigériens à l’Aéroport International Ganssingbé Eyadéma avec une importante somme d’argent a suscité une foison de commentaires et fait coulé beaucoup d’encre et de salive. Pour bons nombres de compatriotes et d’expatriés surtout nigériens, il s’agit d’une violation des droits de l’Homme. C’est pourquoi, ils se sont organisés pour marcher à la présidence de la République pour exprimer leur indignation à l’autorité suprême.
En réalité, selon nos informations, cette pratique de voyager avec d’énormes liquidités vers les pays asiatiques pour acheter des produits de tous genres, date des années 90. Logiquement, personne ne trouve d’inconvénients à cela. Mais, il existe des lois sur la circulation d’argent que tous ignorent.
Dans la zone UEMOA, le Règlement n°R09/98/CM/UEMOA du 20 décembre 1998 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l’Union indique un plafond de deux millions (2.000.000) de FCfa à ne pas dépasser quelle que soit la devise utilisée. Jusqu’à cinq millions (5.000.000), on peut procéder par transfert d’argent avec des structures autorisées telles que Western Union, Money Gram, Coinstar et autres. Les sommes en excédent de ce plafond peuvent être emportées sous forme de chèques de voyage, chèques visés ou autres moyens de paiement.
La loi diffère d’une zone monétaire à une autre. Tout compte fait, tout commerçant doit désormais respecter ces dispositions afin de ne pas tomber sous le coup de la loi. A savoir également qu’il est prévu des sanctions règlementaires contre tout contrevenant.

Développement déséquilibré et gestion rationnelle des richesses
C’est parti pour la collecte des données afin de réduire les inégalités de répartition
Avec le 4ème Recensement général de la population et de l’habitat courant novembre, l’Autorité saura plus sur le nombre à peu près exact des habitants sous sa charge. Maintenant, de quoi avons-nous besoin pour un épanouissement minimum ? Quel classement peut-on établir dans ces besoins presque tous prioritaires ? Par région et par préfecture, et à l’intérieur de celle-ci, comment doit-on appliquer cette hiérarchisation ? De quelle manière orthodoxe doit-on répartir les richesses nationales entre les fils du pays ? Autant de questions –et d’autres– auxquelles doit répondre la Politique nationale d’aménagement du territoire (PONAT). Car, malgré les importants investissements en faveur du développement, réalisés par le pouvoir central et les partenaires à travers la société civile, l’espace national n’est toujours pas couvert. Des disparités persistent. « Il s’agit de l’inégale répartition des principales infrastructures, des équipements économiques et socio-collectifs, des problèmes environnementaux consécutifs à la forte pression sur les ressources naturelles, une forte densité de population dans certaines zones du territoire, une forte pression démographique sur certaines terres fertiles entraînant la surexploitation de certaines zones agricoles, l’enclavement de certaines zones et la faiblesse de la fourniture de services, des disparités entre les régions, des disparités entre Lomé et les autres villes de l’intérieur, etc. », soulignait ce 9 décembre 2010 la Ministre chargée de la Planification, du développement et de l’aménagement du territoire, Dédé Ahoéfa Ekoué, au moment d’installer le Comité technique d’élaboration et de mise en œuvre de la Politique nationale d’aménagement du territoire (CTEMPNT).
Créé en janvier dernier, le CTEMPNT est désormais lancé sur le terrain de la collecte des données de base à travers le pays en vue de l’élaboration du schéma national d’aménagement du territoire. Il est composé des représentants des ministères et institutions concernés par les questions d’aménagement du territoire, et est présidé par Kanyi Akuété Sêh, Directeur de la Planification régionale et de l’aménagement du territoire. En termes de charges, il devra définir les grandes orientations de la PONAT à soumettre à la Commission nationale du développement et de l’aménagement du territoire (CONDAT), contribuer à la conception et/ou élaboration des outils et documents techniques, notamment les schémas régionaux et locaux d’aménagement, les monographies et les analyses régionales, mettre en cohérence les objectifs spécifiques des ministères avec les grandes orientations adoptées par le Conseil supérieur du développement et de l’aménagement du territoire (CSDAT) et réfléchir sur la mise en œuvre de ces dernières. Le CSDAT (organe suprême d’approbation e de décision), le CONDAT (organe de concertation et de coordination) et le CTEMPNAT (organe technique de conception) sont les trois organes créés au niveau central pour la mise en œuvre de la PONAT qui se veut une solution au constat d’inégalité dans la répartition spatiale des populations, des ressources naturelles et des activités économiques sur le territoire.
Au départ, on parlait au plan préfectoral de la Commission locale du développement, de l’aménagement du territoire et de la décentralisation et Comité local du développement, de l’aménagement du territoire et de la décentralisation. Le secrétariat, aussi bien du Conseil supérieur que de la Commission nationale, est assuré par le ministre en charge du Développement et de l’aménagement du territoire.
Dans la pratique, le taux de croissance économique évolue à un rythme inférieur à celui de la croissance démographique, sollicitant une plus grande intervention de l’Etat dans les secteurs sociaux et de l’emploi. Dans certaines régions, les ressources naturelles ne profitent nullement à leur propre zone. Ailleurs, ce sont des populations punies par la nature et négligées dans le choix politique. Là-bas, c’est un développement amorcé malgré la rareté des moyens naturels. L’approche n’est pas équitable et tout le monde veut rester dans la capitale qui n’offre pas toujours le pain. Un recul par rapport aux différentes politiques économiques expérimentées s’avère ainsi nécessaire au profit de nouvelles méthodes. D’où l’appel à combiner le tout avec la décentralisation en vue de prendre en compte les potentialités, les spécificités et les contraintes régionales et locales pour mieux réaliser dans l’espace les différentes actions de développement. Pour l’heure, l’instrument manquant reste le Conseil économique et social.

Atouts, contraintes et problématique de l’aménagement du territoire
Pour solutionner son développement, le Togo a une bonne position géographique malgré son étroitesse, des terres cultivables de plus ou moins bonne qualité (25.000 km2, soit 44% de la superficie totale du pays), d’un important potentiel en eaux de surface, d’un potentiel minier important (phosphate, calcaire, marbre, fer, etc.), d’une ouverture sur la mer et d’un potentiel touristique. Au plan sectoriel et multisectoriel, des projets et programmes sont à intégrer à l’aménagement du territoire : Politique nationale de l’environnement, Politique nationale de population, Réforme agro-foncière, Politique nationale de l’emploi, Politique nationale en matière d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu rural et semi-urbain, etc. Sans oublier l’institutionnel avec des directions, commissions…
A l’opposé, on a des contraintes d’ordre spatial, juridique, institutionnel, sectoriel et multisectoriel : étroitesse du territoire national, enclavement de certaines zones de production agricole de l’intérieur, inégale répartition de la population, surexploitation des terres cultivables, érosion côtière, absence de texte juridique sur l’aménagement du territoire, découpage administratif imprécis, faiblesse des moyens humains et matériels de l’administration centrale et régionale chargée de l’aménagement du territoire, déséquilibre de l’armature urbaine dû à la macrocéphalie de la capitale Lomé par rapport aux autres villes, inégale répartition des infrastructures et des équipements économiques et sociaux, législation foncière inappropriée occasionnant des contestations foncières par endroits, maîtrise insuffisante de l’eau, phénomènes migratoires générateurs de conflits dans certaines régions, inégale répartition des fruits de la croissance, faiblesse du tissu industriel, prédominance du secteur informel peu soutenu, notamment dans l’artisanat et le commerce, faible cohérence des politiques et stratégies sectorielles, approches parfois contradictoires des bailleurs de fonds et leur faible intérêt jusqu’à une époque récente à l’aménagement du territoire, absence de données démographiques fiables et récentes, vétusté d’une cartographie de base des régions, absence de photographies aériennes récentes, rareté des documents de politiques sectorielles explicitées et portant sur le long terme, etc.
Le constat unanime de déséquilibre fait naître la problématique. A l’origine se trouve la concentration de l’essentiel des activités administratives, économiques, sociales et culturelles à Lomé au détriment d’une bonne partie du même territoire. D’où l’inégale répartition des ressources. En plus, les politiques et stratégies sectorielles élaborées et mises en œuvre manquent de références au plan spatial devant permettre leur adaptation et leur ancrage sur les réalités locales ; elles sont parfois contradictoires puisqu’elles émanent d’acteurs différents, publics ou privés, sans coordination nécessaire pour assurer leur synergie sur le territoire ; elles ne sont pas toujours focalisées sur les problèmes réels de leur zone d’intervention. Le problème d’accès à la terre est exacerbé par l’existence d’un régime foncier complexe et confus dans lequel le droit coutumier et le droit moderne coexistent. Le manque de mécanisme de suivi-évaluation rend les actions peu efficaces. La prise en compte des questions environnementales dans les processus décisionnels est insuffisante.
Rappelons que l’aménagement du territoire est l’action et la pratique de disposer avec ordre, à travers l’espace d’un pays et dans une vision prospective, les hommes et leurs activités, les équipements et les moyens de communication (…) en prenant en compte les contraintes naturelles, humaines et économiques. En termes de défis, il faut donc connaître, planifier, arbitrer et observer le territoire, et développer une pratique d’aménagement. Le Togo avait adopté en août 2006 la Déclaration de politique nationale d’aménagement du territoire (DEPONAT), conformément à une recommandation de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Le 16 septembre 2009, la Politique nationale d’aménagement du territoire était née.

Pour combler le vide juridique existant dans les manifestations
Toujours le régime de déclaration, mais dans une future restriction légale
Il y a une confusion dans la tenue des manifestations pacifiques de contestation. Car on ne sait pas trop si on est dans un régime de déclaration/information ou d’autorisation. Souvent l’organisateur dit avoir envoyé la lettre, il n’a pas eu de retour : faut-il maintenir ou ne pas tenir sa manifestation. De l’autre côté, le jour de l’occupation de la voie publique, les forces de sécurité bouclent très tôt le lieu du rassemblement, repoussent les manifestants et disent « vous n’avez pas reçu l’autorisation pour manifester ». Le mot est lâché par la personne non indiquée. Au moins, tout le monde reconnaît que la Constitution de 1992 accepte toutes les voies de contestation pacifiques. La discorde est provoquée depuis que la loi fondamentale a glissé entre ses lignes le groupe de mots « restrictions expressément prévues par la loi et nécessaire à la protection de la sécurité nationale ou de l'ordre public, de la santé publique, de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d'autrui ». Les lois n’existant pas, l’Exécutif a souvent dit faire recours aux usages et à la coutume pour régler certaines situations. C’est l’interprétation du vide juridique que le Gouvernement veut régler en préparant un projet de loi en la matière. Son adoption a été ralentie par le climat politique toujours vu en mal et en bien selon son intérêt.
Visiblement, l’Autorité ne veut pas rouler en solo. Cette semaine, juristes, représentants des partis politiques, de la société civile et des syndicats discutent du cadre adapté pour l’organisation et le déroulement des manifestations au Togo. Une initiative du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), du Centre de Droit public de la Faculté de droit de l’Université de Lomé et du ministère de l’Administration territoriale, avec l’appui financier de l’ambassade de France. « Nous ne sommes pas pour le régime d’autorisation. Il faut aller au régime de déclaration, mais avec des restrictions », a indiqué à la presse Pascal Bodjona, le ministre de l’Administration territoriale. Le régime déclaratif doit donc être soutenu par des considérations consensuelles à insérer dans la future loi.
Nous évoquions déjà en juillet l’exclusivité du contenu du projet en préparation. Toutes les réunions et manifestations sur la voie publique ou dans les lieux publics seront soumises à un régime de déclaration préalable, avec la compétence administrative du ministre de l’Administration territoriale, du gouverneur de région (en cas d’effectivité de la décentralisation) ou du préfet. Les réunions et manifestations s’entendent de tout cortège, défilé ou rassemblement de personnes. La déclaration préalable doit désigner les trois principales personnes responsables, et préciser le jour, l’heure, l’objet et l’itinéraire de la manifestation projetée. Elle doit être faite au moins 72 heures ouvrables avant ledit jour. Ce délai exclut donc les week-ends, les jours fériés et l’après fermeture des bureaux de l’administration publique. Peut-être, il ne sera pas admis une demande groupée et étalée dans la durée pour le même objet. Ce qui est sûr, il faut faire une autre demande d’occupation des lieux ou de couverture sécuritaire, en plus de la demande préalable.
Et 36 heures avant l’heure annoncée, l’Autorité saisie décline en retour ses observations et ses recommandations sur tel ou tel point. Les recommandations peuvent conditionner la tenue de la manifestation. Il peut arriver que l’Autorité diffère la manifestation. Même si l’organisateur peut tenir la manifestation ou réunion, il doit s’assurer que l’autorité administrative n’y est pas opposée dans certains cas lorsque celle-ci n’a pas notifié son refus. L’Autorité pourra aussi, à tout moment et malgré l’absence d’interdiction initiale, mettre fin à toute réunion et manifestation sur la voie publique si le maintien de l’ordre public l’exige, peu importe le lieu occupé.
Pour des réunions qui ne se tiennent pas dans des lieux publics, il est également exigé une déclaration préalable au ministre de l’Administration territoriale dans les 72 heures ouvrables. La même règle frappe l’organisateur : il doit s’assurer avant les dernières 12 heures ouvrables que l’Autorité ne s’est pas opposée à sa demande lorsque celle-ci n’a pas notifié son refus. Avant de tenir sa réunion. Quant à l’Autorité, elle dispose de 48 heures pour décider d’un refus éventuel.
En termes de sanctions, on envisage des peines d’emprisonnement de 2 à 5 ans, de 1 à 3 ans, de 3 à 5 ans et des peines d’amende de 500.000 à 1.000.000 francs Cfa, de 100.000 à 1.000.000 francs Cfa, de 600.000 à 1.500.000 francs Cfa, de 1.000.000 à 3.000.000 francs Cfa et de 100.000 à 500.000 francs Cfa. Les cas de récidive font porter la peine au double.
Dans la foulée, il est annoncé que l’ordre public –toujours guidé par des principes découlant du droit français– va être aussi réglementé. Ce qui restituera à l’Autorité administrative la plénitude de ses attributions en sa qualité d’initiateur privilégié et responsable des opérations de maintien de l’ordre public, c’est-à-dire à la police administrative et à l’autorité civile (gouverneur de région, préfet, maire et ses adjoints), responsable de la préparation et du déclenchement des mesures préventives et, éventuellement, des mesures répressives en cas de besoin. Le tout sous l’autorité du ministre en charge de la Sécurité qui dirige l’ensemble des unités du maintien ou du rétablissement de l’ordre public. On ne fera appel aux forces que sur réquisition écrite et, par catégories, dans l’ordre défini : 1- les unités territoriales de la police nationale (commissariats de police) et les unités territoriales de la gendarmerie nationale (brigades territoriales, compagnies, groupements régionaux) ; 2- les unités mobiles de la police nationale (compagnies républicaines d’intervention) et les escadrons d’intervention de la gendarmerie (pelotons, escadrons et groupements d’intervention) ; 3- les unités d’intervention des forces armées togolaises (armée de terre, de l’air, marine nationale). En fonction de la gravité de la situation.
On privilégiera l’usage de la bonne force et des armes conventionnelles : emploi de la force physique du personnel utilisant, bâtons de police, matraques, armes non létales, grenades fumigènes et lacrymogènes, grenades offensives et lances d’incendie.

Mise en œuvre des réformes décrétées par l’Exécutif
La Justice aussi financièrement handicapée comme les autres ministères
C’est le point de convergence du Rapport de mise en œuvre des réformes du ministère de la Justice chargé des Relations avec des Institutions de la République. On peut y découvrir qu’à la fin du premier semestre 2010, toutes les activités programmées sont en cours de réalisation et la mise en œuvre est satisfaisante. « Toutefois, l’insuffisance prévisible de ressources financières est susceptible d’handicaper le bon déroulement de ces projets ». Heureusement que tout ceci était prévu. Il faut donc revoir les échéances et compter davantage sur les ressources internes. Déjà, au moment de la Revue à mi-parcours de la mise en œuvre des réformes par le Secrétariat permanent pour le suivi des politiques de réformes et des programmes financiers (SP-PRPF), fin septembre, il se dégageait clairement que le chantier des réformes à introduire dans le fonctionnement de l’appareil d’Etat était grippé par le manque de financement. Même si, parallèlement, les commis de l’Administration publique ont été aussi défaillants en ce qu’ils n’arrivent pas à préparer et adopter de simples textes de fonctionnement.
Au départ, les principales activités programmées pour le premier semestre 2010 par le département de la Justice allaient du renforcement de la capacité de la chancellerie à la vulgarisation du droit, en passant par le renforcement des capacités d’audit des juridictions, la conduite d’un encadrement budgétaire des juridictions, l’amélioration du fonctionnement des Cours d’Appel et Tribunaux de Première Instance de Lomé et Kara, l’amélioration du fonctionnement des juridictions provinciales, la création du Centre de Formation des Professions de Justice (CFPJ). Et l’implantation et renforcement des capacités des juridictions administratives, et celles de l’administration pénitentiaire.
Entre autres difficultés rencontrées à fin juillet 2010, l’insuffisance des ressources humaines, la complexité des procédures de consommation de crédit. Dans le premier cas, le goulot d’étranglement réside en partie dans la formation et l’encadrement du personnel. Aussi en appelle-t-on, dans des suggestions, à nécessairement diversifier les partenaires en vue d’avoir d’autres sources de financements, recruter et former le personnel, mieux structurer et organiser les services de la chancellerie. Les réformes visent à améliorer l’efficience de la justice togolaise.

2ème Conseil des ministres de l’OHADA
La signature de nouveaux actes se prépare à Lomé
En prélude à la 2ème réunion du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), prévue les 13 et 14 décembre 2010 dans la capitale togolaise, le Comité des experts planche depuis hier sur de nouveaux actes à signer, dans la suite logique des réformes entamées pour plus d’harmonisation de l’arsenal législatif et juridique des pays membres. Après plus d’une décennie, les réformes de l’organisation se sont avérées incontournables. Malgré ses résultats assez positifs – plus de 600 décisions prises à ce jour –, la Cour commune de justice et d’arbitrage, par exemple, a connu ses limites dans son fonctionnement. De même que le Secrétariat permanent, ou encore les huit actes uniformes entrés en vigueur depuis 2000, explique Dr M’babiniou Tchodié, secrétaire exécutif de la Commission nationale de l’OHADA.
Pendant trois jours, la réunion des experts de Lomé, comme celles qui se tiennent en décembre, va préalablement élaborer le budget de l’organisation à adopter par les ministres. Mais, précise-t-on, «des questions importantes» peuvent surgir ayant trait à l’harmonisation législative, ou aux instruments de l’OHADA. Parmi les actes uniformes en cours de préparation et d’adoption, il est noté l’Acte uniforme sur le droit Commercial général et le droit des Sûretés qui vont être révisés. En bonne place figure également l’approbation du Traité consolidé de l’OHADA, ou encore le recrutement des cadres de l’organisation. Mais c’est aussi à la présente session que sera approuvé le logo de l’OHADA, qui devra marquer le début d’une communication plus intensive à travers le monde.
Lomé verra, par ailleurs, l’étude et l’adoption du règlement du Registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM) – un indicateur de l’évolution du climat des affaires dans les pays membres –, qui devra instituer un Comité technique des normes informatiques ainsi que le plan de stratégie pour l’informatisation des Registres de commerce et du crédit mobilier nationaux et régionaux. Elle verra enfin le règlement portant création du Conseil permanent de la profession comptable. Ce sera ainsi fini du mandat du Togo, un mandat qui n’a pas été de tout repos pour les experts de l’OHADA, affirme-t-on. Ils sont à leur quatrième rencontre en six mois à Lomé – depuis juillet – afin de préparer de nouveaux textes à soumettre dès lundi au Conseil des ministres. «(…) Nous nous devons de vous remercier et de vous féliciter très sincèrement pour la contribution éloquente et louable que vous nous avez apportée chacun à son niveau, permettant ainsi à notre pays de remplir sa mission avec beaucoup d’efficacité», a déclaré, à l’endroit des experts, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice Kokou Tozoun, également président en exercice du Conseil des ministres de l’OHADA Le témoin sera ensuite logiquement passé à la Guinée-Bissau pour le prochain mandat d’un an.
L’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) est créée le 17 octobre 1993, grâce au traité signé à Port-Louis, en Île Maurice, par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en marge du Sommet de la Francophonie. Elle vise à harmoniser, mieux à unifier le droit des affaires des Etats parties afin d’assurer la sécurité juridique et judiciaire de l’environnement des affaires. D’où l’élaboration et l’adoption de règles communes simples, modernes et adaptées à la situation de chaque Etat concerné. Elle dispose de trois institutions : le Secrétariat permanent – avec des commissions nationales dans chaque pays –, la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) et l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (ERSUMA). La révision de son traité, en octobre 2008 à Québec, au Canada, a institué un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, dont la présidence est assurée cette année par le Togolais Faure Gnassingbé.

Economie
Aide budgétaire
L’UE décaisse 18 milliards Cfa pour le Togo
Attentant de son engagement pour la bonne gouvernance, le redressement économique et le progrès social, l’Union européenne vient de décaisser un total de 27,6 millions d’euros, soit plus de 18 milliards de francs Cfa au profit du Togo. L’acte fait suite à la signature de la convention de financement entre le gouvernement togolais et la Commission européenne, tenue le 02 novembre 2009. Ce qui a donné le coup d'envoi de la mise en place de l’Appui Budgétaire à la Réduction de la Pauvreté (ABRP) au Togo. Cet engagement de l'Union européenne aux côtés du gouvernement a abouti au décaissement de fonds pour alimenter le trésor public de l'Etat dont le dernier en date est celui notifié aux autorités Togolaises, le lundi 15 novembre 2010, pour un montant global de 27,6 millions d'euros soit plus de 18 milliards de francs.
Le décaissement, explique l’Union européenne, a été décidé après analyse des progrès de la politique gouvernementale, entre autre, la mise en œuvre du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) du Togo et d'avancées positives dans la gestion des Finances Publiques. «Chaque décision touchant à l'aide budgétaire repose sur une évaluation attentive des risques et des bénéfices potentiels ainsi que des priorités et reformes entreprises par le gouvernement. Elle veille à respecter l'équilibre nécessaire entre l'aide budgétaire et les autres types d'aide», précise l’institution européenne dans un communiqué de presse. Convaincue qu’elle est que «l'aide budgétaire publique s'impose donc aujourd'hui comme un outil moderne et plus global répondant aux besoins des pays partenaires en s'alignant sur leurs propres politiques et priorités nationales pour appuyer leurs efforts de développement et de réformes économiques et sociales».
L'aide budgétaire consiste à transférer directement des fonds au budget de l'Etat bénéficiaire pour appuyer ses politiques de réformes économiques, sociales et de réduction de la pauvreté. Programmée sur plusieurs années et avec des décaissements échelonnés en plusieurs tranches, elle permet au gouvernement, conformément au principe d'appropriation de la déclaration de Paris, de décider des priorités et programmes que l'aide budgétaire servira à financer, dans le cadre d'un dialogue permanent avec les partenaires au développement.

Société
Emploi des jeunes
La jeunesse de la CEDEAO en réunion à Lomé
Après Abuja en 2003, Banjul en 2006, et Kombissiri, (ville du Burkina située à 45 km de Ouagadougou) c’est au tour de Lomé d'accueillir le 4ème forum de la jeunesse de Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) du 08 au 10 décembre 2010. Ce forum a pour thème «Entreprenariat Jeunes, échanges d’expériences et capitalisation des bonnes pratiques». . Ce thème offre donc à la jeunesse togolaise un rendez-vous d’échange et de partage avec la jeunesse de l’espace communautaire des acquis en matière d’emploi des jeunes.
Les objectifs de ce forum au plan sous-régional sont entre autres de partager entre les jeunes les expériences d’entrepreneurs et de formuler à terme des recommandations sur les mesures à mettre en œuvre pour une meilleure efficacité des stratégies de promotion de l’auto emploi des jeunes.
La cérémonie d’ouverture de ce 4ème forum a été présidée par le ministre du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mme Victoire Dogbé Tomégah. «La tenue à Lomé de ce forum relève d’un engagement personnel du chef de l’Etat de soutenir la Jeunesse togolaise et Ouest Africaine dans toute initiative qui contribuerait à son bien-être social, culturel et économique», a-t-elle avancé. Elle n'a pas manqué de préciser combien il était très important d'associer la jeunesse aux différentes concertations politiques des plus hautes autorités. Avant de souligner dans son intervention que l’entrepreneuriat et l’auto-emploi sont aujourd’hui au centre des stratégies des Etats en matières de lutte contre le chômage des Jeunes. Il a invité les jeunes participants à ce 4ème forum à s'impliquer fortement, sans calcul individualiste et sans égoïsme intellectuel dans les travaux, afin qu'au terme de cette rencontre, les résultats des échanges permettent de contribuer qualitativement à donner une nouvelle dynamique au mouvement associatif des jeunes. Ces jeunes ont pour mission lors de ce 4ème forum de mener des réflexions, de faire des propositions et de recommandations pertinentes consensuelles et concrètes pouvant amener le secteur privé à contribuer au développement de l’intégration sous-régionale, promouvoir l’entrepreneuriat Jeunes dans les pays post-conflits, favoriser le financement des petites et moyennes entreprises.
En effet, la vision des pairs fondateurs de CEDEAO est de conduire leurs populations vers un développement harmonieux et durable à travers une intégration réussie sur le plan politique, économique, social et culturel. Cette vision se renforce et se concrétise chaque jour à travers des initiatives de plus en plus originales tel le présent forum.
Ces 90 jeunes participants doivent au sortir de cette réunion prendre davantage conscience de son rôle de leadership dans le développement de cette partie du continent Africain.

Commerce de la bière locale
Une activité qui marche
Le marché de la bière locale (tchoukoutou, tchapalo) prospère à Lomé. A tous les coins de rues, notamment dans les quartiers populaires, les bistrots de fortune foisonnent et ne désemplissent plus, malgré les conditions d'hygiène approximatives.
Pour certains accros du tchoukoutou, pas besoin de petit déjeuner le matin. Une tournée de 50F et la journée est gagnée. Un régime alimentaire auquel se sont adaptés bon nombre de consommateurs de cette boisson. Les effets de ce régime se ressentent sur leur corps squelettique à première vue. Ils ont les yeux et les dents jaunes comme des rats palmistes, avec une peau qui flotte sur les os.
Une activité qui marche
Aujourd'hui à Lomé, les bistrots de fortunes prospèrent. Un véritable industrie qui se à l'abri des taxes municipales et autres impôts. D'ailleurs, on ne se cache plus. On vend l'alcool frelaté en plein air dans les quartiers populaires. Des maisons se sont s transformées en un véritable lieu de beuverie et d'orgie. Le temps aidant, l'on y vend maintenant des aliments complémentaires à leur offre, à savoir, de la viande boucanée, du poisson frît, ou de la viande de porc.
Ces endroits ne désemplissent plus. Ils sont même devenus incontournables. A la descente du bouleau, on y fait un crochet. Et là, on assiste à une folle ambiance. Les débats de tous genres sont tenus par la meute de buveurs.
Boire et mourir à petit feu
«À consommer avec modération » ou « l'alcool nuit gravement à la santé ». Telles sont les formules utilisées par les brasseries, affichées sur les bouteilles et empaquetages. Mais le consommateur s'en soucie très peu.
L'avantage avec la brasserie est qu'en plus de ces avertissements, l'on est situé sur le degré d'alcool contenu dans chaque type de boisson. Ce qui n'est pas le cas pour l'alcool frelaté ou les bières locales. Le degré d'alcool contenu dans le tchoukoutou, le tchapalo, ou le sodabi, relève d'un mystère. L'on peut toutefois se rendre compte du degré de nocivité du tchoukoutou, au seul geste d'y jeter un morceau de viande fraîche : elle se consume. Toute chose qui donne un aperçu du ravage qu'il cause dans le corps du consommateur.
Aujourd'hui, les rapports entre certaines personnes et ces boissons peuvent se résumer à : «boire et mourir à petit feu» ; quand on sait que la consommation abusive de ces boissons, conduit à l'hépatite, et à la cirrhose de foie. On peut assister également à une destruction des globules rouges, ce qui entraîne inévitablement l'anémie. Pis, une plaie chez l'alcoolique a des difficultés de cicatrisation. Sans oublier que le sujet à des problèmes de fertilité.
Si les boissons frelatées dans leur composition chimique restent des dangers, les conditions hygiéniques de leur fabrication demeurent approximatives.

Mode
Mame Faguèye Ba sur les planches de Lomé
En marge de la cinquième édition du Festival Divinités Noires, la styliste et couturière sénégalaise Mame Faguèye Ba va faire présenter une partie de sa collection en faisant défiler dans le jardin de l’Hôtel Ibis de Lomé. Le spectacle est prévu pour ce samedi 11 décembre. La Sénégalaise va faire défiler 25 mannequins togolais, béninois, et sénégalais.
Styliste de talent, Mame Faguèye Ba présente des collections dans divers pays africains notamment au Niger, au Kenya, en Italie, Etats-Unis, etc. Son esthétique porte à la fois sur les tissus et les valeurs africaines, le mélange de matières et de techniques, d'assortiments de couleurs. Mais aussi par un ensemble d'accessoires : cordons, rubans, lanières et boucles. Son ambition est de donner beaucoup plus de liberté à la femme et de montrer beaucoup plus de solidarité entre les hommes.
Mame Faguèye Ba est une styliste de renommée continentale et mondiale, un succès qui lui joue quelquefois de très mauvais tours comme en témoigne ce fait divers qui défraya la chronique lors de sa visite en mai dernier à Lomé. La couturière a été victime de l’arnaque de grands bandits du net qui l’avaient enlevée avant que les services de sécurité ne l’arrachent des griffes de ses kidnappeurs.
Rendez-vous ce samedi à l’Hôtel Ibis.

© L’Union N°350 du 10 décembre 2010

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