Tiraillements au sein de la Ceni

16/02/2007
Tiraillements au sein de la Ceni

Les élections législatives n'auront sans doute pas lieu le 24 juin prochain croit savoir l'hebdomadaire l'Union dans son édition du jour. « Tous les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s'accordent à programmer un report», affirme le journal. D'ailleurs, c'est le seul point sur lequel ils sont d'accord car pour le reste l'institution chargée de préparer le scrutin est minée par des divergences sur la date des élections. Trois courants s'affrontent à ce sujet explique l'Union.

##S_B##Voici une sélection d'articles publiés par l'Union

Politique/Elections législatives

Des divergences autour d'une nouvelle date consensuelle

Tous les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s'accordent à programmer un «report» des législatives anticipées au regard de la date du 24 juin préalablement fixée par l'institution d'organisation et de supervision du scrutin. «Vu le temps qui nous reste et par rapport aux tâches à réaliser, on ne peut pas aller aux élections en juin», nous confie un membre de l'institution que nous avons rencontré hier. Selon cette même source, les travaux de la CENI évoluent néanmoins à grands pas depuis que la voie a été ouverte par l'adoption du nouveau code électoral. Rappelons que ni le règlement intérieur de fonctionnement de l'équipe à Potopéré Tozim ni le chronogramme général de l'élection ne sont encore connus.

Mais des divergences s'éclatent dès qu'il s'agit de fixer voire envisager une nouvelle date. Puisque la CENI, parallèlement aux soucis techniques, finalise le programme global du processus en cours. Trois positions s'affrontent.

Pour la première, il ne faut nullement se mettre la pression en proposant une date qui ne sera plus respectée. «Même à notre propre niveau, on avait perdu à ne rien faire alors qu'il y a des préliminaires à exécuter. Donc, on croit que le mois d'août est trop juste, mais on peut revoir». Ici et maintenant, on ne semble pas être talonné par le mandat finissant des actuels députés. On préfère recommander la prudence par rapport aux violences électorales dont la source est la mauvaise préparation. «Vaut mieux s'entendre entre nous pour la première fois et rester dans la dynamique consensuelle de l'Accord politique global», conseille-t-on.

Un argument que balaie une autre position qui voudrait plutôt avoir à l'esprit que les législatives restent «anticipées». C'est dire qu'un report élastique serait de trop, surtout que tout se met en branle pour être déjà dans le temps. Pour les tenants de cette argumentation, on ne doit pas être dans la logique d'un report à quatre mois d'une échéance respectable. Et un mois suffit pour procéder au nouveau recensement électoral. N'empêche. Un report d'au plus deux semaines reste l'idéal.

Plus qu'une force tampon, le troisième courant d'idées ne veut point rentrer dans un conflit de date. Il vaut mieux être réaliste et tenir compte de la disponibilité des partenaires extérieurs et du gouvernement. C'est ici qu'on annonce que depuis lundi, le ministre Gilbert Bawara est à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour solliciter le matériel qui a servi à organiser la présidentielle dans ce pays. Notons que le système du Kit, qu'on veut tester au Togo, a été la méthode employée en RDC. Composé d'un ordinateur, d'un appareil photo, d'une imprimante et d'un générateur, il permet d'informatiser l'identité de l'électeur et évite les inscriptions multiples. Par cette mission à relent électoraliste, il va falloir outre mesure emprunter l'expertise congolaise en terme humain afin de soutenir les séances de formation interne au programme de la CENI.

Vivement que le consensus se dégage pour autoriser les partis politiques à déployer leurs manières dolosives de campagne. Et préparer les mentalités à se faire violence pour exercer au moment opportun le droit de vote.

24è Sommet France-Afrique : Vers la fin de relations controversées

Le 24e sommet Afrique-France s'achève aujourd'hui à Cannes, dans les Alpes-Maritimes françaises, en présence d'une trentaine de dirigeants africains, venus notamment faire leurs adieux au président français Jacques Chirac, proche d'une Afrique francophone où l'influence de Paris s'est réduite.

Jacques Chirac ne pouvait rêver mieux de boucler ses deux mandats, en recevant, à quelques semaines de sa sortie probable de scène, une trentaine de ses collègues africains à Cannes, au sud de la France, pour le compte du 24e sommet France-Afrique. Consacré à «l'Afrique et l'équilibre du monde», ce sommet de deux jours a abordé largement le dossier des matières premières, dont le continent regorge et qui font l'objet d'une âpre compétition et d'une offensive d'envergure de la Chine.

Mais ce 24e sommet, note l'AFP, sera avant tout celui des adieux de M. Chirac à l'Afrique et à bon nombre de dirigeants avec qui il a tissé des relations étroites, et parfois controversées, tels qu'avec Omar Bongo Ondimba (Gabon), doyen des chefs d'Etats africains, au pouvoir depuis 1967, Paul Biya (Cameroun), Idriss Deby Itno (Tchad) et Denis Sassou Nguesso (Congo). Des relations de plus en plus critiquées par une classe dirigeante montante sur le continent noir.

Fini la France des réseaux !

Le président togolais, Faure Gnassingbé, exprimait récemment dans une interview à Jeune Afrique son souhait de voir se tisser entre le continent et la France une relation de franc partenariat, d'égal à égal. En substance, Faure s'inscrivait contre la France des « réseaux », contre une France paternaliste, qui doit décider de la conduite des gouvernements dans son giron. A l'heure de la mondialisation, ces réseaux sont à coup sûr un obstacle à l'intégration de l'Afrique.

«Je sais qu'elle porte en elle un dynamisme exceptionnel. J'ai confiance dans son avenir car j'ai la conviction que l'Afrique nouvelle est en marche», disait le président français à l'ouverture du sommet hier, ajoutant que «pour la France, l'Afrique ne sera jamais un partenaire comme un autre». Jacques Chirac a beau se poser en fidèle et avocat du continent, il n'en demeure pas moins que son pays, ainsi que ceux de l'Union européenne continuent par subventionner leurs agriculteurs, et asphyxie les producteurs de coton africains. Il n'en demeure pas moins que les partenariats commerciaux sont encore défavorables au continent. Malgré qu'elle détienne le tiers des réserves minérales de la planète, l'Afrique  ploie inexorablement sous la dette et s'illustre dans la pauvreté. Et pourtant, ce n'est pas l'envie de changer et de se moderniser qui manque au continent.

La France va connaître en mai une nouvelle génération de dirigeants avec la présidentielle. Qu'elle soit de droite ou de gauche, cette classe aura intérêt à revoir ses rapports avec le continent africain. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, deux des candidats à cette présidentielle, ont promis une nouvelle politique concernant l'Afrique, fondée sur plus de transparence. Il y a en tout cas une évidence, c'est que le prochain président français aura du mal à s'imposer à des dinosaures et des barons des relations franco-africaines comme Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967, Paul Biya, Idriss Deby Itno et Denis Sassou Nguesso.

Société d'Etat

La Lonato et la bonne Gouvernance

Depuis quelques semaines, la Loterie Nationale Togolaise (LONATO) est au centre d'une controverse. A la base, des rumeurs sur le remplacement prochain du Directeur Général. Tout se raconte sur la gestion «calamiteuse ou opaque» de cette régie financière.

A l'instar de toutes les sociétés d'Etat, la Lonato subit les affres de la conjoncture internationale et, dans le cas particulier du Togo, des sanctions des principaux bailleurs de fonds. Cependant, ses clients, les parieurs continuent de payer les différents produits mis sur le marché. La preuve, au bouclage de l'exercice 2006, on avance un chiffre d'affaires de près de 11 milliards de francs CFA dévalués. Ce chiffre a été annoncé officiellement par le Ministre des finances lors de l'inauguration le 12 janvier dernier du nouveau siège de la Lonato, situé sur la brettelle de Klikamé. M. Payadowa BOUKPESSI évaluait le coût global de la bâtisse, construite par des entrepreneurs locaux, à près de 2,4 milliards entièrement financés sur fonds propres de la Lonato.

Cette performance ne s'est pas effectuée sans heurts. Les difficultés de gestion des ressources humaines constituaient un casse-tête énorme pour la direction. Les gérants de kiosque revendiquaient une amélioration de leurs conditions de travail. D'autres réclamaient une augmentation de leur pourcentage. Autant de problèmes qui ont poussé certains à penser à une mauvaise gestion des affaires. C'est ainsi que l'inspection d'Etat reçut de nombreuses plaintes de détournements, de ponction de l'argent de la République. Et pratiquement, pendant trois ans, elle a élu domicile dans les locaux de la Lonato. A la fin de sa mission, il y a quelques mois, elle octroie un quitus de bonne gouvernance à la direction. En gros, c'est un satisfecit pour le Directeur Général, Pekemsi  Kudjow-Kum.

Nul n'arrive aujourd'hui à déterminer le réseau, tapi dans l'ombre, qui ventile cette information invérifiable d'une probable nomination du Lt-Col Rock Gnassingbé.

Le remplacement du D.G. de la Lonato ne pose pas en soi un problème. Encore que le Conseil d'administration établisse ses carences et décide de son éviction. Le nom de Rock Gnassingbé n'est qu'une manière de nuire au régime en place qui, en avril 2006, avait remplacé deux militaires par deux civils à la tête d'importantes sociétés d'Etat. Ce n'est pas douter de la compétence des concitoyens en treillis. Seulement, la dynamique du nouveau pouvoir recherche de l'excellence et non de la polémique inutile.

Intégration Régionale

L'UEMOA fait son toilettage

Les chefs d'Etat de l'Uemoa, réunis le 20 janvier 2007 à Ouagadougou, ont pris d'importantes décisions qui devront changer la vie de l'institution commune d'intégration dans les années à venir. Examinant d'abord la situation économique, financière et monétaire de l'Union, les Chefs d'Etat ont exprimé leur vive préoccupation, quant aux conséquences de la flambée des cours du pétrole sur les performances économiques des Etats membres de l'Union, nonobstant les résultats satisfaisants de la campagne agricole 2006/2007. Et qui a ramené le taux de croissance du PIB de l'Union de 4,3% en 2005 à 3,6% en 2006. La Conférence de Ouaga a, cependant, relevé avec satisfaction que l'inflation a été maîtrisée, le taux annuel moyen attendu se situant à 2,3% contre 3,9% en 2005. Elle a recommandé le renforcement, à court terme, des mesures de restructuration des filières agricoles et des entreprises du secteur de l'énergie, en vue de consolider les conditions de promotion d'une croissance plus soutenue.

La Conférence a, par ailleurs, noté que les objectifs de convergence à l'horizon 2008 risquent d'être compromis par l'accélération de la croissance des dépenses impulsées, notamment, par les dépenses de transferts et subventions, ainsi que la masse salariale. A cet effet, elle a invité les Etats membres à mettre en Œuvre les orientations de politique économique pour l'année 2007 relatives, particulièrement, à l'assainissement des finances publiques et à l'atténuation de la vulnérabilité des économies nationales.  

S'agissant de la mise en Œuvre des réformes du processus d'intégration de l'Union, la Conférence a pris note du transfert, en 2006, de la gestion des règles d'origine aux Etats membres et de la fin des compensations des moins values des recettes douanières. Elle a, à cet effet, invité la Commission à prendre les mesures diligentes pour résorber les arriérés de compensations dus aux Etats membres et à engager les actions entrant dans le cadre des compensations économiques.

Elle a pris connaissance de l'adoption, par le Conseil des Ministres, de deux Règlements sur la libre circulation et l'établissement des Experts-Comptables et Comptables agréés, ainsi que des Avocats au sein de l'Union. Ces textes viennent compléter ceux de 2005 sur la libre circulation et l'établissement des Médecins et des Architectes, ainsi que sur l'accès équitable des étudiants aux institutions publiques d'enseignement supérieur et consolident les fondements du Marché commun de l'Union. A cet effet, la Conférence a invité les Etats membres à prendre les mesures nécessaires en vue de leur application effective dans les délais prescrits.  

La Conférence a également pris note de l'état d'avancement des négociations de l'Accord de Partenariat Economique (APE) entre l'Afrique de l'Ouest et l'Union Européenne. Elle a exprimé sa préoccupation quant aux retards enregistrés dans la mise en Œuvre des diverses réformes et donné des orientations précises à la Commission, pour la prise en compte de la dimension du développement dans ces négociations. La Conférence s'est félicitée de la création et de la dotation du Fonds Régional de Développement Agricole (FRDA), du démarrage du programme de réalisation de 3000 forages au sein de l'Union, ainsi que du processus d'aménagement de 5000 ha en zone irriguée de l'Office du Niger, en vue d'accroître la production vivrière.  Elle a noté les progrès enregistrés dans le cadre de la mise en Œuvre du programme d'infrastructures des transports routiers, ainsi que le démarrage prévu, en 2007, de la phase pilote du Programme de restructuration et de mise à niveau de l'industrie des Etats membres. Elle a encouragé la Commission à accentuer les efforts dans la réalisation d'actions concrètes qui concourent à une meilleure visibilité et à une véritable appropriation du processus d'intégration de l'Union par les populations. Les chefs d'Etat ont invité les opérateurs économiques à s'impliquer davantage dans la mise en Œuvre des réformes de l'Union et adopté un Acte additionnel instituant une nouvelle période transitoire de financement de la Chambre Consulaire Régionale de l'Union.

Elle a, par ailleurs, salué les actions menées par le Comité Interparlementaire de l'UEMOA, à travers le Conseil Parlementaire pour la Paix, en vue de contribuer à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi qu'à l'enracinement de la démocratie dans l'espace, en appui aux initiatives prises par les autres Organes.  La Conférence a exprimé sa satisfaction quant aux progrès réalisés dans l'exécution des chantiers engagés dans le cadre de l'approfondissement de l'intégration financière et de la diversification du paysage bancaire.

Analysant les conclusions du Conseil des Ministres relatives aux recommandations de l'Audit institutionnel et organisationnel de la BCEAO, la Conférence a adopté la réforme institutionnelle de l'UEMOA et de la BCEAO et instruit le Conseil des Ministres de l'Union et le Gouverneur de la BCEAO de prendre les dispositions nécessaires pour sa mise en Œuvre diligente.

En ce qui concerne le financement du développement, des économies et l'approfondissement de l'intégration, la Conférence s'est félicitée des efforts consentis par la BOAD, en 2006, pour le financement des projets de développement en faveur des Etats membres de l'UEMOA, avec un niveau d'approbations de 106 milliards de FCFA. Elle l'a encouragée à poursuivre le renforcement de son action pour l'amélioration des conditions de vie des populations, particulièrement dans les zones les plus défavorisées.

La Conférence s'est penchée sur la contrainte qu'exercent l'insuffisance des ressources concessionnelles et les difficultés de leur mobilisation sur l'action de la BOAD, notamment ses interventions en faveur des couches sociales les plus vulnérables et des projets intégrateurs. Elle a souligné la nécessité de trouver des solutions définitives à cette situation. A cet effet, elle a donné des directives au Conseil des Ministres en vue de la mise à disposition de la Banque de ressources internes concessionnelles pérennes pour ses interventions dans le secteur non marchand.

La Conférence s'est réjouie du succès de la Table ronde des bailleurs de fonds pour le Programme Economique Régional, tenue les 2 et 3 novembre 2006 à Dakar ; elle a invité les institutions communautaires à poursuivre leurs efforts et leurs synergies en vue de la mobilisation effective des ressources annoncées. Prenant connaissance du rapport du Conseil des Ministres de l'Union sur les directives et orientations issues de sa 10ème session ordinaire, la Conférence a donné des orientations précises pour l'adoption de mesures et d'actions idoines permettant d'insuffler une dynamique nouvelle au processus d'intégration sous-régionale. Il s'agit, notamment, de la mise en place d'institutions et de mécanismes appropriés de financement des Petites et Moyennes Entreprises et des infrastructures économiques régionales, ainsi que des secteurs de l'énergie.

Au plan politique, la Conférence s'est réjouie de l'évolution positive de la situation dans les Etats membres de l'Union. Elle a félicité Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour le succès de sa médiation dans le dialogue inter-togolais, ainsi que Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise et la classe politique togolaise, pour leur esprit de dépassement. Elle a, dans le cadre de la solidarité, demandé aux Organes de l'Union d'apporter leur appui au Togo en vue de la consolidation du processus de réconciliation et de la relance de son économie.

La Conférence a renouvelé son soutien à la Guinée-Bissau, sur la voie du rétablissement de ses équilibres économiques et réaffirmé son appui au processus de paix en Côte d'Ivoire. La Conférence a procédé à la nomination et au renouvellement des mandats des commissaires et des Juges de la cour de Justice de l'UEMOA.

S'agissant des postes de Gouverneur de la BCEAO et de président de la BOAD, la Conférence a confié au Président Blaise COMPAORE le soin de procéder aux consultations nécessaires en vue d'une décision ultérieure. L'intérim des deux institutions est prorogé dans ces délais.

Les Chefs d'Etat ont décidé de confier la présidence en exercice de la Conférence à Blaise COMPAORE  et de la tenue de la prochaine Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'UEMOA à  Ouagadougou en 2007.

La Conférence s'est réjouie du succès de la Table ronde des bailleurs de fonds pour le Programme Economique Régional, tenue les 2 et 3 novembre 2006 à Dakar ; elle a invité les institutions communautaires à poursuivre leurs efforts et leurs synergies en vue de la mobilisation effective des ressources annoncées. Prenant connaissance du rapport du Conseil des Ministres de l'Union sur les directives et orientations issues de sa 10ème session ordinaire, la Conférence a donné des orientations précises pour l'adoption de mesures et d'actions idoines permettant d'insuffler une dynamique nouvelle au processus d'intégration sous-régionale. Il s'agit, notamment, de la mise en place d'institutions et de mécanismes appropriés de financement des Petites et Moyennes Entreprises et des infrastructures économiques régionales, ainsi que des secteurs de l'énergie.

Au plan politique, la Conférence s'est réjouie de l'évolution positive de la situation dans les Etats membres de l'Union. Elle a félicité Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, pour le succès de sa médiation dans le dialogue inter-togolais, ainsi que Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise et la classe politique togolaise, pour leur esprit de dépassement. Elle a, dans le cadre de la solidarité, demandé aux Organes de l'Union d'apporter leur appui au Togo en vue de la consolidation du processus de réconciliation et de la relance de son économie.

La Conférence a renouvelé son soutien à la Guinée-Bissau, sur la voie du rétablissement de ses équilibres économiques et réaffirmé son appui au processus de paix en Côte d'Ivoire. La Conférence a procédé à la nomination et au renouvellement des mandats des commissaires et des Juges de la cour de Justice de l'UEMOA.

S'agissant des postes de Gouverneur de la BCEAO et de président de la BOAD, la Conférence a confié au Président Blaise COMPAORE le soin de procéder aux consultations nécessaires en vue d'une décision ultérieure. L'intérim des deux institutions est prorogé dans ces délais.

Les Chefs d'Etat ont décidé de confier la présidence en exercice de la Conférence à Blaise COMPAORE  et de la tenue de la prochaine Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'UEMOA à  Ouagadougou en 2007.

Culture/Note de lecture :

Histoire du Togo : Le régime et l'assassinat de Sylvanus Olympio (1960-1963) de Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo

Quarante huit années après l'indépendance, l'histoire du Togo demeure toujours source de polémiques, générant tellement de passions que d'honnêtes personnes hésitent à l'aborder.  On ne peut pas parler en toute sérénité de Sylvanus Olympio ou de Gnassingbé Eyadema, les deux personnalités qui ont imprimé leurs empreintes à ce pays. Jusqu'à présent, beaucoup de choses ont été dites, des travaux réalisés, tant au niveau politique que civil, mais c'est tout comme rien n'a été fait, que l'histoire n'a jamais été dite, que les générations futures  ne sauront réellement jamais ce qu'est leur véritable histoire.

Comme le disait l'ancien chancelier allemand, Helmut Kohl, un peuple qui ne connaît pas son histoire, ne peut se développer. Ce qui confirme l'adage éwé : «si tu ne sais pas où tu vas, tu dois au moins savoir d'où tu viens».

En apparence, c'est la raison pour laquelle Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo a fait paraître son Histoire du Togo : Le régime et l'assassinat de Sylvanus Olympio (1960-1963) (NM7 éditions, France, décembre 2002). Mais après lecture, le lecteur reste sur sa faim. Car, de toute évidence, si l'auteur, aujourd'hui âgé de 81 ans, a traversé le 20ème siècle, a tout vu, tout connu, son Œuvre, elle, ne traversera pas le temps. C'est juste un essai pour remettre au goût du jour Sylvanus Olympio, utile à des étudiants chercheurs en histoire.

Economiste, ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale, mais communiste invétéré, l'auteur a écrit son histoire avec beaucoup de cŒur, faisant même parfois un étonnant mélange avec le présent. Proche de Gilchrist Olympio, le président de l'UFC, olympiste et ancien militant du CUT (Comité de l'unité togolaise), il donne un saisissant portrait du Père de l'Indépendance et de son régime, de son penchant nationaliste, de ses prouesses sur le plan économique. Sous Olympio, le Togo atteint l'équilibre budgétaire en 1961, trois ans à peine après son arrivée au pouvoir, au prix d'une austérité économique des plus sévères mais salutaires. Il montre un président imbu de sa popularité, au point d'être insoucieux de sa sécurité personnelle, raison qui explique d'ailleurs la facilité déconcertante avec laquelle l'événement du 13 janvier 1963 s'est produit. Il est vrai que les reproches fait au président en ce qui concerne son tribalisme ne sont pas fondés, et que le Togo n'avait pas ce problème à l'époque. Certes, étant petit fils d'anciens négriers qui ont fait fortune dans le commerce illégal de la traite négrière, il aurait pu avoir des difficultés avec les populations du Nord, victimes vendues sur le marché de Tchamba. Mais tel ne fut pas le cas car, à l'époque des Olympio, un désordre général s'était introduit dans ce commerce à telle enseigne que même les populations de la côte étaient vendues.

Ensuite, le président avait eu des problèmes avec les planteurs de café, cacao et coton de la région des plateaux pour la simple raison que le président prélevait 5 francs sur chaque kilo vendu en vue d'un programme de développement du Nord.

Mais ce sont là des choses que les Togolais connaissent. Ce qu'on connaît le moins, c'est comment a été la gestion politique du pays au temps d'Olympio. Pourquoi le 13 janvier 1963 ? Comment peut-on faire l'inventaire du passé.

Le coup d'Etat

Il n' y a pas de doute que la volonté politique de Sylvanus Olympio de traiter sur un même pied avec la France,  et de créer une monnaie nationale, a été la cause immédiate de sa neutralisation. Mais le président n'était pas anti-français, car il entretenait avec la France de très bonnes relations. Son conseiller militaire est un Français et, craignant une invasion du Togo par le Ghana de Kwame Nkrumah, il avait signé un accord de coopération où les troupes françaises soutiendraient le Togo.

Néanmoins, le coup du 13 janvier s'est produit dans un environnement fertile et hostile. Et l'autoritarisme naissant du président et sa politique d'austérité économique en sont pour quelque chose.

Tout d'abord, le harcèlement politique des partisans du Parti togolais du progrès (PTP) de Nicolas Grunitzky a poussé à l'exil de nombreux Togolais, dont certains furent sauvagement battus. Le président déconseillait ces actes mais les auteurs ne furent jamais poursuivis. Il en est de même des radicaux de la Juvento, mouvement de nationalistes communistes qui voulaient une rupture radicale avec la France par la proclamation immédiate de l'indépendance le 27 avril 1958. Très agités, les Juventistes, appuyés par Nkrumah, voulaient en découdre avec le président, d'où les rumeurs et soupçons de déstabilisation qui ont valu la prison et des sévices corporels ou l'exil aux membres de la Juvento.

Enfin, le refus du président à ne pas intégrer les militaires de l'armée coloniale revenus des guerres d'Algérie et d'Indochine a sans doute constitué un terreau fertile au coup dont la plupart des auteurs viennent de ce corps.

Que retenir ?

Si la mort du président a constitué un événement triste pour le Togo, elle constitua aussi une libération pour beaucoup d'autres Togolais, exilés à l'extérieur du pays. L'évolution du régime vers une autocratie était indéniable. L'abolition de la constitution parlementariste de 1958 au profit de celle présidentialiste de 1961, avec une élection au mode de scrutin majoritaire de liste perverse qui donna la victoire à 100% au CUT, fit en sorte que le président se retrouvait sans opposition.

Que retenir alors de lui ? Il est sans conteste un très grand président avec de très grandes qualités, sous qui le pays, peut-être, se développerait et dont le charisme et l'aura rayonnaient sur le pays.

Mais le contexte historique n'était pas favorable dans un pays majoritairement analphabète où les populations criaient Ablodé sans comprendre que l'indépendance requiert beaucoup de sacrifices. Tout comme aujourd'hui, on court derrière un cortège de l'UFC en scandant Ablodé,  sans comprendre que la situation politique du Togo exige beaucoup plus d'intelligence de la part de ses enfants.

En mettant en place, l'an passé, la Commission de réhabilitation et de reconstitution du Togo, le Président Faure Gnassingbé crut avoir réglé la question sur le passé du Togo. Pour régler définitivement la question, il importe de dépassionner les débats en commettant des scientifiques pour faire un vrai travail de reconstitution sur la mémoire.  

© L'Union du 16 février 2007

 

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