Un cas d’espèces

08/12/2010
 Un cas d’espèces

Il y a quelques jours, un groupe de commerçants en partance pour l’Asie s’est fait contrôler à l’aéroport de Lomé avec plusieurs milliards de francs CFA en devises dans ses valises. Officiellement pour acheter de la marchandise en Chine. La pratique semble courante, mais elle est totalement illégale.
Comme le rappelle L’Union, paru mardi, une disposition de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) fixe le plafond de transport d’argent liquide à deux millions de Fcfa.

Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
La marche RPT-UFC
Le couple Rpt-Ufc ne bat pas encore de l’aile comme l’on tente de nous le faire croire. J’en veux pour preuve, la récente séance de travail qui a réuni mardi dernier les ouailles de Faure Gnassingbé et de Gilchrist Olympio dans le cadre du Comité de suivi mis en place pour faire respecter les termes de leur fameux accord politique du 26 mai dernier. Cet accord de gouvernement a vu la participation de l’Ufc au cabinet de Gilbert Fossoun Houngbo avec sept postes ministériels dont un ministère d’Etat. A en entendre certains cadres des deux formations politiques, ils discutent sur l’ensemble des sujets touchant la vie nationale. Ce que ne croient pas exactement une certaine opinion qui veut toucher du doigt les retombées directes de cette collaboration. Au point de penser à un "bluff" national.
Au cours d’une séance tenue le 4 novembre dernier, le comité de suivi a opté pour le "régime présidentiel tempéré". Cette décision a été l’objet de virulentes réactions de la part de la classe politique non impliquée dans l’accord de gouvernement Rpt-Ufc. Les partis politiques s’étaient sentis écartés d’une discussion aussi importante et ont appelé, en son temps, les deux formations politiques à tenir compte des recommandations de l’Accord politique global qui veut que les réformes se fassent dans un large cadre.
Le mardi 26 novembre dernier, le Comité de suivi s’est réuni au cours d’une rencontre pour discuter des questions liées aux réformes institutionnelles et constitutionnelles. Dans un communiqué rendu public le même jour, il affirme avoir «approfondi ses échanges sur la durée et la limitation du mandat présidentiel, le mode du scrutin de l’élection présidentielle, les conditions d’éligibilité du président de la république». Ces questions essentielles sont des recommandations de l’Accord politique global signé entre différents partis politiques et la société civile devant la communauté internationale sous l’égide du facilitateur Blaise Compaoré. Comme tel, il est évident que les deux seuls partis politiques, même liés par un accord de gouvernement, ne peuvent se prévaloir le droit d’imposer leurs idées à toute la Nation. C’est pourquoi, le Comité de suivi n’exclut pas l’ouverture de ce débat à l’ensemble de la classe politique. "Il est opportun que cette approche de vue fasse l’objet d’un consensus plus large des acteurs politiques" peut-on lire dans le communiqué. Voilà qui doit rassurer l’ensemble de la classe politique et la société civile.
Visiblement, la marche Rpt-Ufc n’est pas à la rue. Les ouailles de Faure Gnassingbé et de Gilchrist Olympio ont opté pour un travail sérieux pour parvenir à la réalisation des recommandations de leur accord politique tout en tenant compte des directives de l’Apg. Contrairement à l’Anc et affidés qui pensent tout obtenir par des marches.

Après le coup de gueule des adhérents en octobre
La Caisse de retraite complémentaire des cadres paie ses assurés dès demain
Fin octobre, les retraités de la Caisse de Retraite complémentaire (CRCC) ont crié leur désespoir face à ce qu’ils appelaient « coup de force de l’Etat togolais », après la dissolution de la CRCC. Le but était de rejeter la mesure gouvernementale qui visait plutôt à « sauver les intérêts des assurés ». Peut-être aussi parce qu’ils ne voyaient rien venir à l’horizon depuis la dissolution de leur Caisse le 4 août 2010. Ou qu’il fallait leur expliquer davantage. Le Gouvernement se décide à donner suite à son acte. A en croire le président du Comité interministériel chargé de la liquidation de la Caisse de retraite complémentaire des cadres, Ekoué Amoussou-Kouetete, les 2.661 actifs ou retraités de la CRCC rentrent dans leur droit dès demain. Il s’agit des travailleurs assurés encore en activité, des retraités et des actifs déflatés ainsi que leurs ayant-droits éventuels relevant des entreprises d’État ayant adhéré à la Caisse. Suivant le chronogramme officiel (voir en encadré), les travailleurs assurés encore en activité dans les entreprises affiliées à la CRCC seront directement payés par les entreprises au plus tard le 15 décembre. Alors que les retraités, les actifs déflatés et leurs ayant-droits éventuels recevront leurs paiements aux guichets de la Caisse de Retraite du Togo (CRT), dans les locaux du Trésor public, du 8 au 17 décembre.
Il y a quatre mois, l’Exécutif mettait fin à la Caisse de retraite complémentaire des cadres (CRCC). Elle n’était plus viable par son déséquilibre structurel. Très vite après sa création, des difficultés accumulées par le régime complémentaire ont conduit le conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à suspendre la liquidation des droits pour compter du 30 juin 2006 et à arrêter l’encaissement des cotisations à partir de fin juillet 2007. Par la suite, en février 2008, on a relevé la crise structurelle de la Caisse de retraites, ainsi que les mesures conservatoires que son conseil d’administration avait dû prendre pour arrêter le mouvement décadent de cette branche de la CNSS. Il avait été recommandé de mettre en place un comité interministériel ouvert aux partenaires sociaux. Sa mission était de proposer «des solutions de sortie de crise sur une base concertée».
Entre autres dysfonctionnements relevés : l’absence d’études actuarielles préalables à la mise en place de cette institution en 1988, alors qu’elles sont obligatoires pour procéder à la création de tout régime de protection sociale. La faculté laissée aux entreprises de s’affilier et de se désaffilier constitue l’hypothèse la plus dégradante des ratios essentiels et la plus hasardeuse pour la viabilité du régime, constatait le comité, qui souligne aussi l’insuffisance du cadre juridique et institutionnel du régime.
Sur 25 entreprises concernées au départ par la gestion de cette retraite complémentaire, 13 sont désaffiliées, soit par fermeture, liquidation, ou privatisation. Seules 4 continuaient de payer régulièrement leurs cotisations au 31 juillet 2007. Le rapport cotisants/retraités qui exprime le nombre de cotisants pour un retraité s’est dégradé, passant de 7,3 en 2001 à 0,77 en 2006 actif cotisant pour un retraité alors que la norme minimale, pour toute institution gérant une assurance vieillesse par répartition, est de trois cotisants pour un retraité. Il fallait enterrer définitivement ce régime mourant et envisager d’autres formes plus approfondies de la branche vieillesse des travailleurs relevant du Code du travail.
En prenant en compte les disponibilités de la CRCC qui se chiffrent à 3.938.633.801 francs Cfa à la date du 31 août 2009, dont 2.338.043.384 francs en capital et 1.600.590.417 francs en intérêts, le comité interministériel dégageait quatre principales propositions : rembourser la totalité (100%) des cotisations aux actifs n’ayant jamais bénéficié des prestations servies par le régime, ainsi qu’aux retraités n’ayant pas épuisé le montant total des cotisations payées pour leur compter ; payer aux retraités 12 mois de pensions pour solde de tout compte ; payer aux survivants 12 mois de droits de réversion également pour solde de tout compte ; rembourser aux employeurs les cotisations perçues à tort au titre de la Caisse de retraite.
Aussi le Comité partageait-il les responsabilités : la Caisse nationale de sécurité sociale est priée de débourser environ 1,046 milliard de francs, les employeurs 1,504 milliards et l’Etat 1,105 milliard de francs, au profit d’assurés de plus de 24 entreprises concernées. On y compte la TdE, l’OTP & IFG et SNPT, Hôtel de la Paix, ODEF, ONAF, Sotonam, OPAT, CEET, Port autonome, SNI & Financial Bank, Togopharma & CAMEG, Sonaph, Editogo, etc.
La Caisse était née du décret du 20 décembre 1974 portant statut général des organismes para-administratifs et de la réforme du cadre institutionnel et juridique des entreprises publiques de décembre 1990. L’article 30 dudit décret disposait : «Pour les agents des groupes A, B, et C, les organismes para-administratifs verseront à la Caisse nationale de la sécurité sociale une contribution de 10% du salaire de base afin de constituer une caisse complémentaire de retraite». En application de cette disposition réglementaire, le conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) avait adopté les statuts et le règlement intérieur de la CRCC et lancé ses activités en janvier 1988.
En encadré
Calendrier de paiement des droits
Les paiements ont lieu au Trésor public central (CASEF) du 8 au 17 décembre 2010, de 8h30 à 15h :
- du 08 au 10 décembre 2010 : OTP-IFG
1ère journée : 08 décembre 2010 : Bénéficiaires dont les noms commencent par les alphabets A et B ;
2ème journée : 09 décembre 2010 : Bénéficiaires dont les noms commencent par les alphabets C à K ;
3ème journée : 10 décembre 2010 : Bénéficiaires dont les noms commencent par les alphabets L à Z ;
- 13 décembre 2010 : SOTONAM, SOTOCO, CNSS, TOGOPHARMA
- 14 décembre 2010 : OPAT, SNI, CEET, SONAPH
- 15 décembre 2010 : TdE, EDITOGO, SRCC, TOGOPHARMA, PORT, CET, SATELITE, HOTEL DE LA PAIX, ONAF, SITO.
* 16 et 17 décembre 2010, les retardataires de toutes les sociétés citées ci-dessus.

La réglementation est ferme à l’endroit des voyageurs et opérateurs
Interdit de sortir de l’UEMOA avec plus de2 millions FCfa en espèces en poche
Nul n’est censé ignorer la loi. Les commerçants qui se transforment en kamikazes d’argent, et dont une grande partie n’a atteint un cursus scolaire moyen, doivent intégrer cette leçon à leurs pratiques. Une réglementation existante ne distinguant pas l’illuminé de l’analphabète. Lorsqu’on tombe sous le coup de la loi, elle est impitoyable. Fin novembre, sept commerçants, principalement de nationalité étrangère, ont été arrêtés à l’aéroport de Lomé alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer sur un vol avec « d’importantes sommes d’argent dans leurs bagages », selon les mots du Gouvernement. Sans autre précision. Le montant exact a varié d’une source à l’autre.
Qu’à cela ne tienne, les personnes interpellées se rendaient ainsi aisément en Chine pour faire des achats de gros destinés à leur commerce au Togo.
Durant trois jours, on a tout entendu : les commerçants ont protesté contre une arrestation qu'ils jugent abusive et incompréhensible ; nous avons toujours procédé de cette manière pour faire nos achats et les autorités aéroportuaires le savent ; nous ne pouvons pas effectuer des transactions bancaires à cause des taux trop élevés et surtout des lenteurs qui n'arrangent pas notre commerce ; le transport de cash était une pratique courante depuis plus de 20 ans pour les commerçants nigériens, maliens, guinéens, béninois, togolais, chinois ou ghanéens, la pratique consiste à rassembler nos fonds pour les confier à un groupe de commerçants qui se chargent d’aller payer nos commandes en Chine, etc.
Face à tout ceci, le Règlement n°R09/98/CM/UEMOA du 20 décembre 1998 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) est formel. Le plafond à ne pas dépasser en voulant voyager avec de l’argent sur soi est de deux millions (2.000.000) de francs Cfa, peu importe la devise d’échange choisie. Au-delà, il faut utiliser d’autres moyens de paiement. Jusqu’à cinq millions (5.000.000), on peut procéder par Western Union par exemple. Après, seules les banques sont autorisées par le jeu des transferts. En détails sur ce contrôle douanier des moyens de paiement transportés par les voyageurs, il faut distinguer entre le résident et le non-résident de l’Union.
Dans le premier cas, « les voyageurs résidents se rendant dans les Etats non membres de l’Union sont autorisés à emporter par personne, jusqu’à concurrence de la contre-valeur de deux millions de francs Cfa en billet autre que des billets Cfa. Les sommes en excédent de ce plafond peuvent être emportées sous forme de chèques de voyage, chèques visés ou autres moyens de paiement. La délivrance de devises aux voyageurs résidents est subordonnée à la présentation à un intermédiaire habilité d’un titre de voyage et d’un passeport ou d’une carte nationale d’identité en cours de validité ». En plus, les voyageurs résidents doivent céder à un intermédiaire habilité, dans un délai de huit jours à compter de la date d’entrée, les billets étrangers et autres moyens de paiement libellés en devises lorsque leur contre-valeur excède trois cent mille (300.000) francs Cfa. Toutefois, l’importation par les voyageurs résidents de billets de banque de la zone Franc ou de moyens de paiement libellés en devises est libre. La norme précise juste que « en vertu du principe de libre circulation des signes monétaires au sein de l’Union, il n’est exigé aucune déclaration pour le transport manuel des billets de la BCEAO par les résidents pour leur déplacement dans les Etats membres ». Enfin l’utilisation à l’étranger de cartes de crédit délivrées par des organismes spécialisés est autorisée.
Dans le second cas qui concerne les voyageurs non-résidents, l’importation par eux de billets de banque de la zone Franc ou de moyens de paiement libellés en devise est aussi libre. Mais « les voyageurs non-résidents sont tenus de déclarer, par écrit, à l’entrée et à la sortie du territoire national, tous les moyens de paiement dont ils sont porteurs, lorsque leur montant dépasse la contre-valeur d’un million (1.000.000) de francs Cfa ».
Ils sont autorisés à exporter sans justification, dans la limite de la contre-valeur de cinq cent mille (500.000) francs Cfa, les billets de banque étrangers dont ils sont porteurs, et les autres moyens de paiement établis à l’étranger ou dans les Etats membres de l’UEMOA et libellés à leur nom (lettres de crédit, chèques de voyage, etc.).
Ils peuvent emporter un montant de billets de banque étrangers excédant le plafond de cinq cent mille (500.000) francs Cfa sur présentation au bureau de douane de sortie d’une déclaration d’entrée de billets de banque étrangers ou d’un bordereau d’achat de billets de banque étrangers. La somme en billets de banque étrangers susceptible d’être emportés ne doit pas être supérieure à la sortie des billets de banque étrangers déclarée à l’entrée ou acquise dans le pays. Les sommes en excédent, régulièrement déclarées qui ne peuvent pas être emportées par un voyageur non-résident, devront être déposées par lui chez un intermédiaire agréé (banque) pour être librement transférées à son profit.
Quant à la circulation des fonds à l’intérieur de l’Union, la réglementation n’a pas fixé une limite au montant à transporter sur soi. Mais, dans la lutte actuelle contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le voyageur doit apporter les preuves sur l’origine de la somme lorsque celle-ci dépasse le plafond des 2.000.000 francs CFA.
Autrement, le fait d’obtenir du papier signé des services de la douane à la sortie n’est pas forcément anormal. C’est le montant avalisé qui fixe le mauvais rôle des uns et des autres (douaniers, convoyeurs de fonds). Et il ne suffit pas de dire qu’on a toujours fait ainsi pour être blanchi. Bon à savoir : avant la réglementation, le plafond légal pour les résidents était de trois cent mille (300.000) francs Cfa. A l’Agence nationale de la BCEAO à Lomé, il ne faut pas contourner la sanction des textes : en cas d’infraction de la réglementation, on saisit l’argent transporté, mieux, il est carrément confisqué c’est-à-dire qu’on ne doit plus le remettre au fautif. Après quoi, on peut aller à une amende allant jusqu’à cinq fois le montant en infraction. Et enfin un emprisonnement.

Face à la difficulté d’allouer des crédits à long terme
Les banques UMOA contraintes de doper leur capital
La problématique de la faiblesse du financement de l’activité économique dans l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) continue de se poser avec acuité. D’après la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) la contribution du secteur bancaire de l’Union au financement de l’économie, mesurée par le rapport entre les crédits à l’économie et le Produit intérieur brut (PIB), a reculé de 23% en 1993 à 19% en 2008. Ce ratio est de 34% au Nigeria, 77% au Maroc et de 145% en Afrique du sud. Entre autres obstacles relevés par la Banque centrale, les lacunes de l’environnement tant juridique que judiciaire, à l’origine des difficultés rencontrées par les banques dans le recouvrement des crédits ainsi que par l’inexistence quasi-générale d’institutions spécialisées dans le capital-investissement, le crédit-bail, l’octroi de garantie ou le refinancement hypothécaire pour compléter le financement à moyen et long terme.
D’ici là, à titre de solution intermédiaire – afin d’accroître la capacité des banques dans la mise en place de financement de plus long terme – la Banque centrale a proposé au Conseil des Ministres, qui l’a adopté, le relèvement du capital social minimum des banques de 1 milliards à 10 milliards de francs Cfa en 2011. Le délai de fin décembre 2010 est accordé comme une phase intermédiaire aux banques de porter ce capital dans un premier temps à 5 milliards de francs. Déjà, il se dit que la sanction encourue peut aller jusqu’au retrait de l’agrément. En outre, la Banque centrale a élaboré et fait adopter par le Conseil des Ministres un cadre légal pour les entreprises d’investissement à capital fixe dans l’Uemoa, afin de promouvoir le financement des entreprises n’ayant pas accès au marché financier.
A l’inverse des banques commerciales classiques, il est établi que la BCEAO, étant une banque centrale, ne peut que intervenir indirectement dans le financement de l’économie. En revanche, elle est à l’origine de nombre de projets visant la diversification des instruments de financement. La création de la Banque ouest africaine de développement (Boad) en est un exemple ; ainsi que celle de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), marché sur lequel les opérations économiques peuvent émettre des titres de dette ou de propriété dans le but de lever des fonds. Il y a également l’institution de la Banque régionale de solidarité (Brs), dédiée au financement des populations et micro-entreprises qui sont traditionnellement exclues du système bancaire classique.
Et pourtant, le niveau du financement de l’activité économique demeure toujours faible. On estime souvent, en justifiant cela, que les dossiers de crédit, notamment ceux émanant des Petites et moyennes entreprises (Pme), sont de qualité peu suffisante. Que les états financiers des emprunteurs manquent de fiabilité ; ou qu’ils ont des difficultés à constituer les (éternelles) garanties demandées par les banques. Mais les contraintes sont également relevées du côté des établissements de financement du fait de la faiblesse des fonds propres des banques qui limite la capacité de prêt individuelle (règles de division des risques) et globale (règle de solvabilité). Du fait également de la structure des ressources des banques – essentiellement de court terme – qui limite significativement la possibilité d’octroi de crédits de long terme, en l’absence de produits financiers adaptés.
Dans l’attente que les banques de l’Union se constituent de solides fonds de financement, en renforçant leur capital social à l’échéance 2011, la Banque centrale vole au secours en injectant, de manières hebdomadaire et mensuelle, plus de la centaine de milliards de francs sur le marché des prêts à de faibles taux. Mais au risque finalement que cela ne crée chez les banques l’habitude de ne pas solliciter le marché régional.

Economie
Sur le marché interbancaire du 16 au 30 novembre
Les banques togolaises prêtent près de 12 milliards Cfa
Les opérations effectuées sur le marché interbancaire de l’Union monétaire ouest africaine (Umoa) au cours des périodes du 16 au 23 novembre et du 24 au 30 novembre 2010 ont atteint respectivement 46,510 milliards de francs Cfa de prêts (avec autant d’emprunts) et 40,174 milliards de francs (et autant d’emprunts). Sur l’ensemble des deux semaines d’opérations, les banques et établissements de crédit du Togo ont engagé 11,95 milliards de francs de prêts, pour seulement 3 milliards de francs d’emprunts, d’après la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao). Avec plus de besoins de prêts (9,00 milliards de francs) et d’emprunts (2,00 milliards de francs) à la dernière semaine de novembre.
Sur cette même semaine – dont les besoins ont été généralement élevés –, les établissements du Bénin ont enregistré plus d’opérations (21,50 milliards de prêts et 14,50 milliards d’emprunts), juste devant le Togo, le Sénégal (7,00 milliards et 6,00 milliards de francs) et le Mali (5,00 milliards de francs). Les banques ivoiriennes ont plus emprunté, jusqu’à hauteur de 19,010 milliards de francs. Le taux moyen pondéré était fixé à 4,61%. Le taux minimum à 2,00% et le taux maximum fixé à 7,50%.
Au cours de la semaine qui a précédé, du 16 au 23 novembre 2010, les établissements de crédit du Mali ont engagé un total de 16,50 milliards de francs de prêts, contre 4,50 milliards d’emprunts. Loin devant le Bénin (8,124 milliards contre 2,50 milliards), la Côte d’Ivoire (4,55 milliards contre 23,124 milliards) et le Sénégal (3,50 milliards contre 7,050 milliards de francs). Les banques sénégalaises ont cette fois plus emprunté qu’elles en ont prêté. Le taux moyen pondéré état fixé 4,18%. Le taux minimum est resté inchangé, alors que le taux maximum a été ramené à 7,00%.

D’après le Comité de politique monétaire de la BCEAO
L’inflation relativement faible dans l’UMOA
Réuni le 1er décembre dernier à Dakar, Sénégal, en séance ordinaire, le Comité politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) a indiqué l’inflation à 1,3% à fin septembre 2010, contre 1,7% trois mois plus tôt, en juin. Cette décélération de l'inflation résulte des anticipations de hausse de la production vivrière au titre de la campagne agricole en cours, à la faveur d'une bonne pluviométrie dans la plupart des pays de l'Union, explique le CPM. Les perspectives d'inflation dans un horizon de moyen terme ressortent globalement modérées. Le taux d'inflation, dans l'UMOA, s'établirait, en glissement annuel, à 1,2% et 1,8% respectivement à fin décembre 2010 et fin décembre 2011 contre 0,7% en 2009. Le taux d'inflation devrait fluctuer, à fin décembre 2011, dans une fourchette comprise entre 0,9% et 2,9%.
L'inflation, en glissement annuel, est projetée à 2,2% à fin décembre 2012, dans une fourchette allant de 1,1% à 3,0%. Dans ce contexte caractérisé par une faible pression inflationniste, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir le statu quo au niveau des taux directeurs de la BCEAO. Ainsi, le taux minimum de soumission aux opérations d'open market et le taux de la pension restent respectivement fixés à 3,25% et 4,25%.
Au sujet de la conjoncture au sein de l'UMOA, le Comité monétaire a relevé la persistance de l'atonie de l'activité économique durant le troisième trimestre 2010 sur l'ensemble des secteurs d'activité, à l'exception du secteur agricole. Un reflux de l'activité industrielle ayant été observé dans l'Union au troisième trimestre 2010, attesté par le repli de l'indice de la production industrielle, en glissement annuel, de 2,2% après une baisse de 1,6% au trimestre précédent. Cette évolution est imputable à la contre-performance des industries extractives ainsi qu'au repli de la production des industries manufacturières.
L'évolution de l'activité dans le secteur tertiaire, appréciée à travers celle de l'indice du chiffre d'affaires dans le commerce de détail, traduit également un ralentissement au cours du troisième trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent. En revanche, les premières estimations effectuées par les Services officiels indiquent, au niveau du secteur agricole, une progression de 5,8% de la production vivrière. Toutefois, les résultats seraient mitigés en ce qui concerne les cultures de rente.
Les prévisions mises à jour situent la croissance économique à 3,9% en 2010 après 3,0% en 2009. Pour l'année 2011, la croissance économique serait de 4,2%, soutenue principalement par l'augmentation de la production agricole, la poursuite de l'exécution des programmes d'investissement publics dans les infrastructures et le regain d'activité au niveau des industries extractives. Par ailleurs, la capacité des banques à constituer les réserves obligatoires est globalement satisfaisante et l'abondance relative de la liquidité bancaire ne devrait pas induire des tensions inflationnistes. Dans un souci d'harmonisation des coefficients de réserves obligatoires applicables aux banques des Etats membres, le Comité de Politique Monétaire a décidé une uniformisation desdits coefficients. A cet effet, il a décidé de porter le coefficient des réserves obligatoires à un niveau unique de 7,0% pour l'ensemble des pays à compter du 16 décembre 2010.

Réduction de la pauvreté au Togo
Deux banques soutiennent des projets à la base
La Banque Régionale de Solidarité (BRS) et la Banque Populaire pour l’Epargne et le Crédit (BPEC) ont apporté leur appui financier au projet Plantes à Racines et Tubercules (PRT) par la signature de conventions de partenariat ce 06 décembre 2010, avec le ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes. Ces conventions doivent permettre l’élargissement du PRT à toutes les régions du Togo et fournir à la Société Sino Togolaise (Sinto) suffisamment de manioc (80 tonnes/jour) pour la production d’alcool à 90° et de biocarburant. «Ce sont des engagements qui encouragent l’auto emploi des jeunes», a avancé Mme Victoire Dogbé-Tomégah, en charge du ministère suscité.
Les deux banques s’engagent par ailleurs à accompagner les groupements en formation et en conseils. Elles sont tenues également de produire des tableaux de bord mensuels relevant toutes les opérations de financement effectuées ainsi que des rapports d’activités semestriels au ministère.
«Ce partenariat permet aux jeunes d’être maître de leur destin et assure la bancarisation», a affirmé M. Elie Abissi Tagba, Directeur Général de la BPEC. Et, à son collègue de la BRS, Koffi Kpakpovi GOEH-AKUE de rassurer qu’ils sont en train de monter d’autres projets pour l’année prochaine et qui auront le concours des banques internationales.
A part ces engagements communs, la BPEC octroiera des micros crédits aux éleveurs dans le cadre d’un projet du ministère à la base dénommé «Chantier-Ecole-Elevage ». Elle avait déjà octroyé aux producteurs de manioc des micros crédits d’une valeur totale de près d’un milliard de Fcfa au titre de la dernière campagne agricole.

A côté de la crise économique
Dieu se vend bien
Les dimanches, avant et après les offices, on se croit dans un véritable marché. Si les vendeurs installés devant les chapelles catholiques semblent se spécialiser dans les objets d’adoration et autres produits de purification, ceux des temples protestants excellent dans la vente des Saintes écritures et publications. Ainsi, Divers objets d’adoration sont soigneusement exposés sur les tables : crucifix, statuettes, chapelets, dizeniers, etc. Assis chacun à côté de son comptoir, les commerçants attendent d’éventuels clients. A l’esplanade de la cathédrale au Grand marché de Lomé, le même phénomène est observable. Ici, les vendeurs se montrent plus agressifs. “ Que cherchez-vous ? Encens, huile d’olive, eau bénite, … ? Demandez ”, lance une femme aux passants. “ Avant les années 90, il n’y avait presque pas de vendeurs ici. Mais depuis quelque temps, leur nombre ne cesse d’accroître ”, affirme Eli, un homme venu acheter de l’huile d’olive pour son enfant malade.
Pour les fidèles, ces commerçants leur facilitent la tâche. “ Quand on avait besoin d’un missel, d’un chapelet, de l’huile d’olive, … il fallait passer une commande ou alors attendre le passage de certains missionnaires ”, confesse Annie, chrétienne catholique. Elle affirme que tous ces produits ont des vertus réelles. Face à un vendeur, Jean-Claude le confirme : “ Quand j’ai des difficultés pour retrouver le sommeil, ou quand je sens que quelque chose ne va pas dans ma maison, j’asperge simplement de l’eau bénite ou je brûle l’encens. ” Venu faire une provision d’eau bénite, il ne comprend pas que des gens puissent douter de ses vertus.
Cette activité qui se déroule hors des temples n’est que la face visible de l’iceberg. A l’intérieur des églises, d’autres formes de commerce se développent et prennent de l’ampleur. 
Apparemment, les ministres de culte semblent avoir de plus en plus besoin d’argent. Ils semblent échanger leurs services contre des sommes parfois exorbitantes. Dans les églises protestantes ou “ réveillées ” les pasteurs exercent une forte pression sur les fidèles afin que ceux-ci se délestent au maximum de leurs biens. “ Au moment des offrandes, on place le panier devant le pasteur et chacun passe verser ce qu’il a. Ceux qui n’ont rien restent sur place et tout le monde les voit. On te met dans une pression psychologique telle que tu es obligé non seulement de trouver quelque chose à donner, mais surtout de disposer le maximum ”, témoigne François, un fidèle de la paroisse de l’Eglise presbytérienne.
On ne blague pas avec la dîme
Dans les églises dites réveillées, le discours est sans équivoque. “ Ceux qui ont doivent partager pour libérer leur âme ”, proclament les apôtres qui font croire que les fidèles peuvent acheter leur salut par l’argent. C’est ainsi que des gens ont fait don de tous leurs biens à l’église pour espérer le salut, même en reniant leur famille. “ Avant que ma sœur n’entre dans cette église, elle payait notre scolarité, nous donnait à manger et s’occupait de notre habillement. Voici déjà deux ans qu’elle n’est même plus venue nous rendre visite ”, témoigne Angeline. Sa sœur en question est institutrice. Après la mort de son époux, des évangélistes lui ont dit qu’elle devrait désormais consacrer ses revenus à l’œuvre d’évangélisation si elle veut le salut éternel. Dès qu’elle touche son salaire, elle le vire directement à l’église et le pasteur en dispose comme bon lui semble. 
Dans certaines églises, la dîme, dixième partie du revenu de chaque fidèle, est devenue une condition sans laquelle on ne peut pas être considéré comme enfant de Dieu. Le message est simple : tous les services rendus par l’église doivent être payés. Ainsi, les mariages, baptêmes, messes de requiem ou d’action de grâce ont chacun son prix. Selon que le pasteur se déplace ou pas. Dans certaines congrégations religieuses, chaque fidèle communiant a un budget annuel qu’il doit honorer. La désobéissance ou l’irrespect de ce cahier de charge ne lui donne pas droit à la Sainte cène.

Culture
Bande dessinée
Un Togolais au 1er salon africain des auteurs de BD à Paris
Le Togolais Anani MENSAH a participé au premier salon des auteurs de BD à Paris organisé par les Editions L’Harmattan du 03 au 05 décembre dernier. Il est presque inconnu non en raison de la quantité faible de sa production mais surtout à l’absence d’une promotion publique de la BD et une politique de soutiens aux auteurs et illustrateurs. La BD est tout de même le parent pauvre du livre au Togo. Si la littérature d’une manière générale bénéficie de peu de soutien de la part du gouvernement, la BD est totalement ignorée alors que son apport dans la formation est inestimable.
Le premier Salon international de la BD à Paris intervient dans un contexte assez particulier, celui du cinquantenaire des indépendances africaines. Car c’est en 1960 que paraît la première BD publiée dans un pays du continent noir.
Depuis 50 ans, la bande dessinée a évolué en Afrique, acquérant ses lettres de noblesse à l’intérieur de ses frontières et exportant ses talents à travers les autres pays de la francophonie, en particulier la France.
Célébrer à la fois l'indépendance de ses 14 pays, mais également l'arrivée du 9ème art dans cette partie du monde symbolise bien le chemin parcouru que la France et ses 14 anciennes colonies ont entrepris ensemble ; car si les talents sont africains, si l'imagination vient du continent, le 9ème art franco-belge fut souvent une source d'inspiration pour les artistes qui se sont succédés au cours de ces 5 décennies.
Labellisé par le secrétariat général du cinquantenaire des indépendances Africaines, le 1er salon des auteurs africains de bande dessinée constitue non seulement une vitrine unique des talents en la matière, mais offre également la possibilité de faire le bilan d’un art en pleine expansion sur le continent. Le salon s’honore de la venue de plusieurs artistes issus des pays phares du continent en matière de BD (Cameroun, Sénégal, Cote d’Ivoire, Bénin, RDC, Madagascar…), d’auteurs africains de la diaspora, ainsi que des auteurs européens qui ont souvent placé l’Afrique au centre de leurs œuvres.

Musique
Les Awards du Togo Hip Hop ramené au 12 décembre
Précédemment prévu pour le 17 décembre, le Togo Hip Hop Awards est ramené au 12 décembre, ont annoncé les organisateurs hier dimanche. Le Togo Hip Hop met aux prises plusieurs artistes à qui devront être attribués plusieurs prix dans différentes catégories : ‘’meilleure révélation hip hop de l’année’’, ‘’ meilleur tube r&b de l’année’’, ‘’meilleur vidéo clip de l’année’’, ‘’ meilleur musique urbaine de l’année’’, ‘’ meilleur featuring de l’année’’, ‘’ meilleur chanson hip hop du cinquantenaire’’, ‘’ meilleur tube rap de l’année’’, ‘’ meilleur album hip hop de l’année’’. Vu la quantité, il n’y a pas de doute que chacun des artistes pourra repartir avec quelque satisfaction.

Littérature
Sami Tchak donne des leçons de littérature en Mauritanie
L’écrivain togolais résident en France Sami Tchak anime depuis hier lundi 6 décembre un atelier d’écriture pour écrivains venant de France, Mauritanie, Sénégal et Algérie, annonce Abdoulaye Bios Diallo, le directeur du Festival littéraire Traversées Mauritanides. Plusieurs auteurs célèbres seront également au rendez-vous du festival à l’instar de Cheikh Hamidou Kane, Rachid Boudjedra, Boubacar Boris Diop et bien d’autres sont dans nos murs. Le festival prend fin le 9 décembre mais l’atelier va durer plusieurs personnes.
Sami Tchak est l’un des plus prolifiques romanciers togolais. Grand Prix de Littérature d’Afrique noire, Sami Tchak est aussi un auteur sulfureux dont la fiction tourne autour d’une philosophie du boudoir qui appelle à la fois à la libération de la femme et à la rupture avec toute forme d’oppressions. Il est auteur notamment d’Hermina, Fête des masques, Place des fêtes et de Femme infidèle. Ce dernier roman a été traduit en tem et mina.

© L’Union N° 349 du 7 décembre 2010

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