Une société démocratique est une société bien informée

01/12/2011
Une société démocratique est une société bien informée

Kokou Tozoun (photo), le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), a lancé jeudi une formation destinée à une cinquantaine de journalistes sur le thème de  l'éthique et la déontologie.

Le Togo en a bien besoin avec une presse prompte à faire du sensationnel en diffusant de fausses informations et en diffamant. Des exemples récents viennent encore d’en faire la démonstration.

Il est donc nécessaire de rappeler aux journalistes certaines règles de base du métier et de former ceux qui ignorent tout d’une profession qu’ils ont pourtant choisi.

Cet atelier est organisé par l'Observatoire togolais des médias (OTM) avec le concours de l’Unesco et du gouvernement japonais.

« Le  peuple ne peut opérer des choix éclairés et porter des jugements indépendants que s’il bénéficie d’une information crédible, objective et plurielle », a opportunément rappelé Kokou Tozoun.

Voici l’intervention de Kokou Tozoun

Je tiens  au prime abord à féliciter  l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), pour cette initiative et remercier l’UNESCO  pour son appui financier qui a rendu possible la tenue de ce séminaire en cette période où la presse  togolaise se trouve à la croisée des chemins.

Une société démocratique digne de ce nom est une société bien informée de ses droits et de ses devoirs et qui   réfléchit   et   agit  en  toute  connaissance  de  cause car Abraham Lincoln ne déclarait-il pas à juste titre que : «Informez le public, et le pays sera en sécurité » ?

Dans le contexte togolais  l’on pourrait  juger naïf le point de vue de  Lincoln. Sinon comment comprendre qu’on puisse  responsabiliser de pauvres gens, la tête pleine d’idées novatrices, manipulant maladroitement  et avec peine leur plume et leur langue, des artisans tout au plus qui apprennent le métier sur le tas, à porter sur leurs frêles épaules le lourd fardeau de la sécurité du pays. Sinon comment oublier le désastre du Rwanda en 1994 où,  un coup de sifflet de la tristement célèbre Radio des mille collines  a donné le ton au génocide ?

Mesdames et Messieurs les journalistes, la réflexion   à   laquelle  vous  êtes  conviés  dans  le cadre de  ce séminaire, devrait aboutir à une véritable prise  de conscience  des   journalistes togolais et provoquer un nouveau départ de la presse togolaise.

L’exercice de la profession de journaliste obéit  à l’instar de toute profession à une déontologie dont les principales prescriptions portent  sur l’exactitude des faits, l’objectivité et la recherche de la vérité. Il s’agit d’un impératif catégorique auquel  chaque  acteur du secteur des médias se doit de se soumettre.

Certes, un journaliste ne peut s’empêcher de commenter un évènement, mais il doit coller aux faits et éviter de mêler ses considérations personnelles subjectives, bref ses fantasmes  qui, peuvent in fine le faire glisser vers  des injures, la diffamation ou la calomnie. En tout état de cause, tout comportement qui disqualifierait son approche.

Les  considérations liées à la protection de l’intérêt   général,   à   la   cohésion   sociale  et  au renforcement  de  la  paix  entrent  également  en ligne de compte dans les prescriptions déontologiques, sinon dans ce que nous pouvons qualifier de conscience professionnelle.

Mesdames et Messieurs les séminaristes s’il est vrai que les épreuves ne valent que par les leçons qu’elles comportent, la presse togolaise devrait  tirer leçon des évènements  qui se déroulent ailleurs afin que la population togolaise ne vive  éclopée dans un  monde où il y a nécessité que   le public  opère  des choix responsables et pose des actes à partir d’informations crédibles et véritables à lui données par la presse.

Comme le disait cet homme  politique, « Que le peuple soit informé des faits, et le pays est à l’abri du danger ». C’est dire qu’un gouvernement par le peuple n’a tout son sens et toute   sa   valeur    républicaine que  lorsqu’il  est donné à ce peuple le moyen d’être informé. 

Le  peuple   ne   peut  opérer   des   choix   éclairés  et porter des jugements indépendants que s’il bénéficie d’une information crédible, objective et plurielle. Et c’est justement d’une presse indépendante et respectueuse des règles de déontologie et d’éthique qu’il peut y prétendre. Mais alors se pose la question : Qu’est qu’une  presse   indépendante ?   Qu’est-ce   qu’une information crédible et objective ? C’est à la lumière    de ces interrogations que se déduit la grande question des devoirs et de la responsabilité sociale du journaliste  dans l’exercice de sa profession.

L’élaboration du Code de la Presse et de la Communication et  du  Code de Déontologie des Journalistes et bien d’autres textes règlementaires comme principaux outils de travail à l’usage des journalistes  est une chose. Les respecter  et les appliquer en est une autre.

La rencontre de ce jour permettra, je l’espère, de les rappeler aux professionnels de la communication  afin  de  réduire autant que faire se peut, les dérives et autres manquements relevés dans l’environnement médiatique national.

LA HAAC souhaite qu’au sortir  de ces assises, la presse togolaise écrite et audiovisuelle fasse un pas décisif vers l’excellence et sorte définitivement des sentiers battus.

C’est donc en souhaitant plein succès à vos travaux que je déclare ouvert le Séminaire sur « l’Ethique et la Déontologie ».

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