Yamgnane ministre ?

30/03/2010
 Yamgnane ministre ?

Ira, ira pas ? C’est la question que se posent plusieurs responsables politiques de l’opposition au sujet de leur éventuelle entrée au gouvernement. Après avoir tiré au mortier sur Faure, certains ne rechigneraient pas à travailler avec lui. L’Union, paru mardi, croit savoir que Kofi Yamgnane serait prêt à accepter à condition qu’il puisse avoir de la marge de manœuvre. Chez Agbéyomé Kodjo, le patron d’Obuts, la réponse est Niet tant que de nouvelles élections présidentielles n’auront pas été organisées. Dans ces conditions, il risque d’attendre au moins 5 ans. Enfin à l’UFC, le principe n’est pas totalement exclu.
Reste cependant à savoir si le président réélu proposera à ses opposants de faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale. Faure n’a pas d’obligation de constituer cette fois un gouvernement d’union nationale.
Voici une sélection d’articles publiés par L’Union
Verbatim
Rien ne vaut le dialogue
La classe politique togolaise vient de démontrer une fois encore à la face du monde entier qu’elle est capable de s’entendre sur le minimum dès que la volonté politique est au rendez-vous.
Courant le vendredi dernier, les dirigeants du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (Frac) étaient convoqués par le Ministre d’Etat en charge de la l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Pascal Bodjona. En toile de fond, le récurrent problème de la sécurité pendant les manifestations de rue de l’opposition. C’est ainsi qu’aux côtés du Ministre d’Etat, on a noté la présence du Ministre de la Sécurité, Atcha Titikpina, du Commandant de la Force Spéciale Election 2010 (Fosep 2010), le Lieutenant-colonel Yark et du Directeur Général de la Police, le Colonel Monpion.
Il s’agissait surtout pour les autorités de convaincre les responsables du Frac de surseoir à leur marche de protestation prévue pour le samedi 27 mars. Elles avancent comme argument principal les incidents malheureux du mercredi 24 qui ont monté d’un cran les tensions entre les manifestants et les forces de l’ordre. La proximité d’un évènement au cours duquel un gendarme a été copieusement tabassé et des manifestants ont été proprement gazés et une marche de revendication n’est pas de nature à préserver le climat de paix tant souhaité par tous.
Les responsables du Frac ont profité de la rencontre pour condamner avec véhémence ledit communiqué et affirmer leur intention de poursuivre les manifestations de rue. Ils ont aussi désavoué la méthode violente de la Fosep contre une foule statique et en recueillement.
Contrairement au communiqué du Ministère de la Sécurité interdisant toute manifestation de contestation de la victoire nationale du Président Faure Gnassingbé au scrutin présidentiel du 4 mars dernier, les autorités n’avaient pas visiblement l’intention d’empêcher la marche. Elles ont essayé la manière apaisante en expliquant le bien fondé de leur démarche dont le résultat, aujourd’hui, a satisfait tout le monde. Le communiqué issu de la rencontre précise : "Pour permettre que les esprits s'apaisent et pour préserver la paix civile au Togo, les leaders de l'opposition conviennent de reporter à une date ultérieure, la marche du 27 mars 2010 afin d'éviter toute récidive de violence".
Le résultat obtenu ne peut qu’être encouragé. Car, aucune manière forte ne peut résoudre un problème, même politique soit-il.

Interview exclusive / Selon Joseph Baah-Dwomoh, Représentant résident sortant de la Banque mondiale au Togo

Après des années de contact et de travail avec les autorités togolaises au nom de la Banque mondiale, le dernier Représentant résident de la Banque mondiale au Togo a quitté Lomé mi-février 2010. Joseph Baah-Dwomoh repasse à L’Union la situation du Togo et prévient avant l’atteinte du Point d’achèvement de l’Initiative PPTE que le gouvernement veut pour au plus tard fin juin prochain. Mais à condition… Lecture !

L’Union : Monsieur le Représentant Résident, au moment où vous vous apprêtez à quitter notre pays, quel bilan faites-vous de vos actions à la tête de la représentation de la Banque mondiale au cours des presque 4 années qui viennent de s'écouler ?
Joseph Baah-Dwomoh : Lorsque je regarde d’où on était parti lorsque j’avais pris fonction en Juillet 2006 où on n’avait qu’une seule opération en exécution directement avec les communautés et aucun programme avec le gouvernement, je me dis que nous pouvons nous réjouir d’un bilan assez positif. Le parcours a été assez fructueux et je peux vous résumer nos grandes actions comme suit :
- Dans un premier temps, ensemble avec les autorités togolaises, des efforts ont été engagés pour préparer un programme de développement économique qui pourrait servir de base pour mobiliser les moyens en vue de régler le problème des arriérés et reprendre notre coopération financière.
- Il a donc été question pour le Gouvernement d’élaborer un programme de réforme économique, d’actualiser le Document Intérimaire de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté, et de préparer les documents pour l’apurement des arriérés. Comme partie du processus de l’apurement, nous avons (au niveau de la Banque mondiale) élaboré une Stratégie intérimaire (2008-2010) pour aider le Togo à commencer par jeter les bases pour une croissance soutenue et partagée à moyen terme. Et comme nous étions en train d’entamer une phase de réengagement avec le Togo, il a été possible pour la Banque de mobiliser des ressources exceptionnelles, entièrement sous forme de dons, pour financer les opérations retenues dans le cadre de cette stratégie qui couvre la période de Mai 2008 à Juin 2010.
- Une bonne partie de la stratégie de relance économique du pays consistait à améliorer la gouvernance économique et la transparence. Dans ce sens, la Stratégie intérimaire de la Banque, ainsi que les opérations d’appuis budgétaires pour la relance économique qui ont suivi ont servi à appuyer la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes dans des secteurs clés de l’économie togolaise (phosphate, coton, banque, passation des marchés, gestion des dépenses publiques, gestion financière de l’Etat, etc.). Ces appuis budgétaires se sont élevés à environ 175 millions de dollars en 2008, dont environ 150 millions avaient servi à apurer les arriérés dus par le Togo à la Banque (IDA) ; et 20 millions en 2009. Un autre appui budgétaire pour 2010 est actuellement en préparation.
- La Banque s’est également engagée avec les autorités pour aider à la réhabilitation des infrastructures, surtout les infrastructures urbaines. Nous avons dans ce cadre financé deux projets à Lomé, à savoir : (i) le Boulevard de l’Oti dont les travaux sont pratiquement à terme (1,5 millions de dollars US) ; et (ii) un deuxième projet d’infrastructures urbaines plus important, et dont le montant prévu initialement dans la Stratégie intérimaire (12 millions de dollars) a plus que doublé (26,2 millions de dollars). Ce projet, dont les travaux vont démarrer bientôt, va non seulement construire des voiries urbaines à Lomé, mais il va également donner l’accès à l’eau potable, et contribuera à l’électrification des rues de la capitale.

- Il a été question aussi d’aider le gouvernement à satisfaire certains des besoins sociaux urgents, notamment dans les communautés rurales du Togo.
Dans ce cadre, nous avons financé un Projet de Développement Communautaire (17,2 millions de dollars), juste après la reprise en 2008, qui est venu renforcer les actions démarrées sur le terrain par la Banque depuis 2005 dans le cadre du Projet d’urgence pour la réduction de la pauvreté dans les régions Maritime et Savanes. Le nouveau projet s’est étendu à toutes les 5 régions du pays pour faciliter l’accès des communautés à la base à des infrastructures sociales, et offrir des opportunités aux populations bénéficiaires pour engager des activités génératrices de revenus. Dans le cadre de ce projet par exemple, des écoles, des centres de santé, des pistes rurales, etc. ont été construits à la demande des communautés bénéficiaires qui se sont occupées elles-mêmes à suivre les travaux de bout en bout.
- Le Projet de développement communautaire a reçu un financement additionnel de 7 millions de dollars US pour aider le Togo à faire face aux effets de la crise alimentaire. Ce financement additionnel a permis la mise en œuvre d’un programme de nutrition en milieu scolaire (2,5 millions de dollars US) et d’un programme d’appui aux agriculteurs (4,5 millions de dollars) pour les aider à accroître leurs productions, à travers la subvention des engrais et la fourniture de semences améliorées.

- En dehors de toutes ces actions, la Banque a financé la réalisation des études économiques, telles que la «Revue des dépenses publiques et de la gestion financière de l’Etat» qui a aidé le Togo à identifier certains problèmes clés qui doivent être traités pour une gestion saine des finances publiques. Nous avons également démarré une étude sur les sources potentielles de croissance économique dont la validation est prévue pour le mois de Juin 2010.
- Il est important de noter aussi que la Banque, ensemble avec d’autres partenaires, a soutenu les efforts déployés par le Togo dans le cadre du processus PPTE et qui ont permis au pays d’atteindre le Point de Décision et bénéficier d’une réduction partielle de sa dette multilatérale. Ces efforts se poursuivent, et nous espérons que le Togo va arriver bientôt au Point d’achèvement pour enfin avoir une annulation de cette dette, ce qui lui enlèvera un poids et donnera un grand souffle à son économie.
- Enfin, il faut noter tout le travail en cours pour aider le Togo à améliorer son environnement des affaires pour faciliter plus d’investissements privés, et faire du secteur privé le véritable moteur de croissance économique.

Depuis la reprise entre la Banque mondiale et le Togo en 2008, de nombreux accords de financement ont effectivement été signés et vous venez d'évoquer certaines grandes actions entreprises par votre institution. Mais le bas peuple a toujours l'impression de ne pas voir grande chose concrètement. Quelle est la marge entre le discours et la réalité concrète ?
Il faut noter que le développement est normalement un long processus. C’est vrai que nous avons accordé plusieurs financements au Togo depuis la reprise en mai 2008, mais il faut savoir qu’une bonne partie du financement initial (environ 150 millions de dollars) avait servi à l’apurement d’arriérés et n’a donc pas directement renfloué les caisses de l’Etat. Il était important d’apurer ces arriérés car, sans cela, la Banque n’aurait pas pu réengager non plus.
Les activités qui ont suivi sont en train de jeter les bases pour la relance économique du pays et nous pouvons déjà citer quelques résultats concrets. Je voudrais citer par exemple les travaux de pavage sur le Boulevard de l’Oti qui sont en train d’être terminés et qui vont certainement améliorer la circulation pour les usagers de cette voie; les travaux d’assainissement de la ville de Lomé qui viennent de démarrer et nous espérons que, d’ici quelques mois, nous verrons des résultats concrets et leurs impacts sur la vie de la population.
D’autre part, il y a l’exemple du Projet de Développement Communautaire (PDC) que vous connaissez très bien et qui est en train de construire et de réhabiliter des infrastructures socio communautaires pour le bénéfice des communautés rurales dans toutes les cinq régions du Togo. Ce projet fait des réalisations concrètes que sont les bâtiments scolaires, les dispensaires et des activités génératrices de revenus qui sont financées et qui sont en train d’avoir un impact positif sur les bénéficiaires. Nous pouvons également citer la subvention des engrais pour les paysans dans le cadre du programme agriculture financé par la Banque pour aider à faire face à la crise alimentaire et qui est en train de contribuer à augmenter la production des céréales. Je vous assure que lorsque vous allez sur le terrain et que vous vous entretenez avec les populations bénéficiaires du PDC, vous serez impressionné par l’impact que ces microréalisations ont sur leur vécu quotidien ! Et il y a encore d’autres projets dont un projet de développement des infrastructures urbaines d’un montant assez consistant (26,2 millions de dollars) qui va financer la construction de voiries urbaines et réaliser plusieurs ouvrages d’assainissement dans la ville de Lomé.
Je reste convaincu que la reprise, non pas seulement avec la Banque mondiale, mais également avec d’autres partenaires, va aider à améliorer le niveau de vie des populations dans les mois à venir.

Il se dit aussi que, entre la signature des accords de financement et les décaissements proprement dits, il y a un temps fou que le commun des Togolais ne comprend pas facilement. Qu'est-ce qui explique ces longs délais pour démarrer la mise en œuvre d'un projet ?
Normalement après la signature des accords de financement, les pays doivent remplir un certain nombre de conditions avant que le projet ne démarre. Il s’agit par exemple du recrutement ou de la nomination de l’équipe qui va être chargée d’exécuter le projet ; il s’agit de la préparation et du lancement des documents de passation des marchés, etc. Ce dernier peut prendre du temps dépendant du service ou des travaux à effectuer. S’il s’agit d’un projet impliquant directement des populations bénéficiaires, il faudra les cibler et définir leurs responsabilités dans l’exécution du projet, etc. Selon la constitution de certains pays, après la signature des accords, les projets doivent être présentés devant le Parlement ou la Cour Suprême pour être approuvés avant qu’ils ne soient mis en œuvre. Vous voyez que c’est là tout un processus qui prend du temps, et c’est pourquoi il y a souvent des délais pour démarrer la mise en œuvre des projets. Certains pays mettent beaucoup de temps pour mettre en place ces arrangements. Mais une fois que toutes les conditions de mise en œuvre sont remplies, la Banque déclare la mise en vigueur du projet, ouvrant ainsi la voie au démarrage effectif des activités.

L'autre préoccupation est que, de l'avis de certains, le Togo ne dispose pas de ressources humaines assez qualifiées pour peaufiner et suivre les projets, et que certains projets seraient même mal conçus par les ministères. Qu'en dites-vous?
Comme vous le savez, il existe un partenariat entre le Gouvernement et la Banque mondiale pour la préparation et le suivi des projets. Pour la plupart, les idées des projets suivent les priorités et les programmes d’actions prioritaires définis dans les DSRP, et nous les reflétons dans les stratégies d’assistance de la Banque au pays. Dans le cas du Togo, il s’agit de la Stratégie Intérimaire 2008-2010. La préparation d’un projet est souvent faite conjointement par les deux équipes (Banque mondiale et Togo), assistées par des consultants si nécessaires. Aussi, au sein de la Banque, il existe un processus assez détaillé et rigoureux de suivi aux différentes étapes de la préparation pour s’assurer que des experts, non directement associés au projet ou même au pays, puissent apporter leur contribution ou leur expertise à la conception du projet. Les différentes revues lors de la préparation sont présidées par le Directeur des Opérations pour qu’il s’assure de la qualité de l’opération proposée et qu’il s’assure qu’un plan d’exécution approprié est mis en place tenant compte des ressources humaines et financières disponibles dans le pays. Et il est important de savoir qu’une fois que le projet est approuvé par le Conseil d’Administration de la Banque, c’est le pays qui le met en œuvre. La Banque n’intervient que pour donner un appui à l’équipe d’exécution et s’assurer que tout se passe bien selon ce qui a été convenu.

La Banque mondiale ne se prive pas de saluer les efforts du Togo en matière de bonne gouvernance alors même que certains affirment que rien ne bouge. Qu’est-ce qui vous conforte dans votre appréciation ?
Je crois que ce que la Banque et les autres partenaires sont en train de dire est relatif aux efforts consentis par le Togo depuis fin 2006/début 2007. Il s’agit principalement des efforts pour améliorer la gestion des ressources publiques, améliorer les recettes du Trésor public, revoir la gestion et la gouvernance au niveau des sociétés parapubliques telles que les phosphates, le coton, les banques publiques, etc., où les instances dirigeantes et de contrôle ont été changées, et aussi au niveau même du système de passation des marchés. Bien sûr qu’il reste encore beaucoup à faire en matière de gouvernance, mais je crois qu’il y a eu des efforts appréciables dans ce domaine qu’il faut saluer.

Dans un cas précis comme la passation des marchés, est-ce que la seule publication des appels d’offres suffit à lutter contre les fraudes que la Banque condamne ?
La Publication des appels d'offres est loin de lutter contre les fraudes. Elle permet tout simplement de donner une chance égale à tous les soumissionnaires qui exercent dans le domaine qui fait l’objet de l'appel d'offres. Ces soumissionnaires sont informés de l'opportunité d'affaire, contrairement au fait que seuls ceux ayant de bonnes relations avec le Client (ou une minorité) ont l'information de bouche à oreille ou par consultation restreinte. La lutte contre la fraude se fait par l’examen du contenu des dossiers, des critères utilisés pour l'évaluation, des rapports d'évaluation et de la publication de l'attribution des marchés avec les motifs de rejet. Ce dernier point permet à un soumissionnaire exclu injustement de déposer un recours.
La lutte contre la fraude se fait ainsi sur l'ensemble du processus, y compris même au stade de l'exécution du marché.

L'action la plus importante et la plus déterminante que vous et votre équipe avez engagée au Togo reste sans doute le réengagement de la Banque après plus de 6 années de suspension à cause d'une grande accumulation des arriérés au titre du paiement du service de la dette. A la date d'aujourd'hui, est-il encore possible que le pays retombe dans les mêmes travers qui avaient conduit à la suspension avec la Banque mondiale ?
Nous ne souhaitons pas que le Togo retombe dans la suspension à cause de l’accumulation des nouveaux arriérés. Cependant, dans la situation actuelle où le Togo n’est pas encore arrivé au point d’achèvement du processus PPTE et n’est pas encore qualifié pour l’annulation de ses dettes dans le cadre de l’Initiative Multilatérale pour l’Allégement de la Dette (MDRI), le Togo est obligé de continuer à assurer le service de sa dette envers la Banque et d’autres institutions multilatérales. Si, par hasard, le Togo recommençait par accumuler des arriérés à un moment donné, il peut connaître à nouveau une suspension. C’est pourquoi il est urgent que le Togo prenne les mesures nécessaires et continue une gestion macroéconomique saine pour arriver, le plus rapidement possible, au point d’achèvement de l’initiative PPTE où il peut bénéficier de l’annulation de ses dettes multilatérales. Cela apportera une grande bouffée d’oxygène à l’économie nationale et nous le souhaitons de tout cœur.

Une dernière question : quelle impression avez-vous du parcours du Togo au cours de ces années où vous avez collaboré étroitement avec les autorités pour aider à remettre l'économie nationale sur les rails, et quel est votre plus grand souvenir ?
Je quitte le Togo avec beaucoup d’espoir pour l’avenir du pays. Je crois que, pendant les trois dernières années, en dépit des contraintes politiques et économiques, les autorités et le peuple togolais tout entier se sont montrés disponibles pour prendre les mesures qu’il faut pour améliorer la gouvernance et la gestion économique et essayer de renverser la tendance du déclin de l’économie et lutter contre la pauvreté. Je suis très content qu’en moins de trois ans nous sommes arrivés à lever la suspension à travers l’apurement des arriérés et à commencer plusieurs activités dans les domaines de l’appui budgétaire, l’amélioration des infrastructures urbaines, du développement communautaire, de l’agriculture et de l’assainissement des secteurs clés de l’économie (coton, phosphates, banques, etc.). Je souhaite vivement que le programme de reforme, d’amélioration de la gouvernance économique et de mobilisation de toute la population continue pour le bien-être et la prospérité du Togo.

Encore une fois, je quitte le Togo avec beaucoup d’espoir, et j’en garde un très bon souvenir.

Désignation du remplaçant de Jean-Claude Homawoo
Le reliquat de l’UFC prolonge son opposition à Gilchrist
Malgré toutes les critiques appelant à une conscientisation dans la prise de décision, le reliquat de l’Union des forces de changement (UFC) – agglutiné autour de Jean-Pierre Fabre et Patrick Lawson –, poursuit sa fronde contre le timonier du parti.
Gilchrist Olympio est sorti de sa tanière, mais ses affidés veulent visiblement s’affranchir de la tutelle du vieil opposant. Par lettre adressée à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le 25 mars dernier, et dont copie est remise au ministère de l’Administration territoriale, le premier vice-président Patrick Lawson écrit : «…je vous ai notifié l’exclusion de M. Jean-Claude Atsu Homawoo de l’Union des Forces de Changement (UFC), à compter du mercredi 10 mars 2010, pour fautes disciplinaires lourdes. Le Bureau National de l’UFC, réuni en sa session du mercredi 24 mars 2010, a désigné M. Patrick Edem Atantsi pour représenter l’UFC à la CENI au titre de l’opposition parlementaire, en remplacement de M. Jean-Claude Atsu Homawoo. Je vous prie en conséquence de bien vouloir prendre les dispositions adéquates pour permettre à M. Patrick Edem Atantsi de siéger à la CENI en qualité de membre représentant l’UFC».
Voilà qui amène des observations. Dans le principe, le membre de la CENI, désigné en raison de sa probité et de sa compétence, est nommé par l’Assemblée nationale. Avant de prêter serment devant la Cour constitutionnelle en ces termes : «je jure solennellement de remplir fidèlement et en toute impartialité les fonctions de membre de la CENI…». Ce qui suppose de ne pas se comporter en simple militant au sein d’une institution qui se veut indépendante, comme l’envisageait l’UFC pour son membre Homawoo.
Celui-ci aura commis le crime de demander à son parti d’avoir les bonnes preuves de sa réclamation de victoire.
L’article 18 du code électoral envisage la démission, le décès et l’empêchement définitif du membre pour être remplacé suivant la procédure de désignation décrite ci-dessus. Mais, «en période de vacance de l’Assemblée nationale, le remplacement se fait exceptionnellement par la CENI, sur désignation par le parti». Vraisemblablement, c’est l’article visé par le reliquat de l’UFC pour entreprendre sa démarche de remplacement du fautif.
Seulement, il a simplement ignoré que, dans tous les cas, le nouveau membre prête serment et prend fonction. Et le serment se fait devant le juge constitutionnel que le même parti a toujours dénigré. Pour couronner la bourde, Patrick Lawson demande de «prendre les dispositions adéquates pour permettre à M. Patrick Edem Atantsi de siéger à la CENI en qualité de membre représentant l’UFC». Comme si cela revenait à la seule équipe de Taffa Tabiou d’avaler la mixture.
Encore que le cas de démission qui peut être avancé par le camp Fabre & Lawson fait souvent référence à un acte volontaire, c’est-à-dire que l’initiative de départ de la CENI doit être authentifiée par l’intéressé.
Au demeurant, le cas de démission forcée est difficile à avaliser en l’espèce. Surtout que cela relève finalement d’un jeu de règlement de compte au sein d’une même famille politique. En rappel, le 10 mars, Patrick Lawson signait le communiqué d’exclusion de Jean-Claude Homawoo du parti pour «fautes disciplinaires lourdes».
Depuis le 13 mars, le président national du parti, Gilchrist Olympio, envoyait à la CENI et à la Cour constitutionnelle le courrier réponse en ces termes : «Je viens d’être informé du contenu de la lettre de l’UFC en date du 10 mars 2010 qui vous a été adressé à mon insu. Je voudrais, par la présente, vous dire qu’en ma qualité de Président national de l’UFC, je réitère la désignation par l’UFC et par moi-même de Me Homawoo Atsu Yao Fiagadzi Cosme Jean-Claude comme membre de la CENI au titre de l’UFC. Me Homawoo maintient sa position de Conseiller du bureau national de l’UFC et de conseiller spécial à mon cabinet».
Question plus légitime : pourquoi s’entêter à faire remplacer un membre dans une institution qui ne gère que les «affaires courantes» ? La mission principale de la CENI est d’organiser et de superviser le scrutin présidentiel ; elle prend logiquement fin dès la proclamation provisoire des résultats. Le reste étant subsidiaire malgré la nouveauté qui maintient la vie de l’actuelle CENI à un an. Actuellement, le seul travail qui reste est de préparer le rapport général d’activités devant être déposé à toutes les institutions concernées par l’élection au plus tard le 2 mai prochain. Quel apport pourra faire dans ce cas précis le fameux Atantsi qui n’était mêlé à aucune tâche de la CENI en amont ? La logique voudra qu’il renonce à être l’élément central de cette forfaiture…pour attendre son tour. A moins d’être trop jaloux des primes perçues par Homawoo.
Le Comité politique spécial annoncé par Fo Gil confirme qu’il sera chaud.

Les intentions de l’après scrutin s’affichent
L’opposition entre discuter et aller au gouvernement
Cela peut ressembler à la somme de contradictions qui relie le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) qui s’efforce à incarner désormais la «vraie opposition». Il ne peut en être autrement quand on sait que ce sont les postes à se partager qui ont plus lié ses composantes…en cas de victoire du volcanique détenteur des archives de l’UFC. Pendant que Jean-Pierre Fabre se démerde à se faire appeler «président élu» par ses admirateurs et crie à rejeter toute entrée dans un gouvernement de Faure Gnassingbé, son porte-parole ouvre la brèche.
Kofi Yamgnane peut collaborer s’il est totalement libre de ses actions, libre de dérouler son programme de société. «Je ne rentre pas dans un gouvernement pieds et mains liés. Si je ne négocie pas les intérêts du peuple, non». Lui qui s’est toujours dit allergique à Faure.
Agbéyomé Kodjo, lui, a semblé ne pas accepter un gouvernement tout fourni. Mais il veut discuter : «tant que nous n’aurons pas obtenu de discussions qui puissent nous permettre d’aller vers l’invalidation du scrutin et l’organisation d’une transition qui puisse permettre des élections sur de nouvelles bases, je pense que nous continuerons de manifester». Là, il reste de marcher plus qu’Abraham.
Au-delà, c’est à se demander si les deux sont sincères envers eux-mêmes. Même, dans sa France adoptive (vieille démocratie), Kofi sait que ceux que Nicolas Sarkozy a débauchés dans la Gauche ne sont pas libres d’initier des actions totalement étrangères à la promesse électorale du président issu de la Droite.
Au Togo, la formule est érigée en trompe-l’œil pour finalement faire les yeux doux au chef de l’Exécutif. Un ministre n’est pas élu pour devoir au fameux peuple sur lequel tout le monde s’appuie. Autant être lucide dans les propos et afficher clairement sa position, même s’il y a quelques jours, le même Kofi a taxé d’intellectuellement mauvais un compatriote qui a révélé ses tractations pour travailler avec le président réélu Faure Gnassingbé.
Peut-être pour celui qui a son Master au RPT (au pouvoir, selon les propres mots d’Agbéyomé), il faut dévoiler ses intentions lorsqu’on s’enfermera dans la salle de discussions. Il est convaincu d’ores et déjà qu’aucune assise ne puisse aller vers l’invalidation du scrutin du 4 mars. Son gouvernement de partage, il a le temps de le mûrir. Sa transition, certainement qu’il le fera d’abord dans son OBUTS. Là où il faut apprendre à disposer de vrais délégués dans les bureaux de vote pour recueillir à la fin les vrais chiffres issus des urnes…pour les locales de 2010, les législatives de 2012 et la présidentielle de 2015.
A l’UFC, c’est la fracture sur le sujet. «Si le pouvoir le permet, nous pouvons être aussi une opposition de collaboration, une opposition de travail, une opposition de suggestions», déclarait il y a une semaine Jean-Claude Homawoo, conseiller et proche de Gilchrist Olympio.
Le parti veut se départir de son «opposition frontale, de la politique politicienne». Quant au CAR de Madji Agboyibo et à la CDPA de Léopold Gnininvi, ils sont immunisés par l’effet de leur poids actuel, après le scrutin présidentiel (2,95% et 0,65% des suffrages exprimés).

Après la rencontre pouvoir-opposition vendredi
Les marches de contestation rimeraient au folklore

On aurait pu logiquement s’attendre à un durcissement de la position des autorités contre les contestations violentes des résultats de la présidentielle du 4 mars qui donnent Faure Gnassingbé vainqueur à plus de 60 pour cent des suffrages. C’est du moins ce qui transparaît de l’interdiction ordonnée jeudi par le ministre de la Sécurité Atcha Titikpina contre les manifestations «à caractère contestataire». Cela aurait pu conforter l’opposition du FRAC dans sa logique de pousser à l’affrontement, l’ultime option qui restait de sa stratégie de conquête du pouvoir. Et d’entacher, au finish, le calme qui a caractérisé le processus électoral.
Après l’accrochage à la veillée de l’Union des forces de changement (Ufc) du mercredi soir qui a fait de nombreux blessés – scénario que redoutaient justement les autorités –, la sagesse aura voulu que, dès le lendemain, le pouvoir convie le FRAC autour d’une table pour «s’attendre» sur l’organisation et l’encadrement des manifs. D’autant que manifester est un droit garanti par le texte fondamental de la République dont le citoyen ne peut être privé si elle se fait dans les règles. Et l’on semble s’être compris, à en croire les propos du Breton Kofi Yamgnane, porte-parole du Front pour l’alternance et le changement. «Notre souci, c’est de veiller à ce que toutes les autres manifestations se passent dans une ambiance de sérénité et de respect de tout un chacun», déclarait-il à la presse au sortir de la rencontre vendredi avec le ministre Pascal Bodjona de l’Administration territoriale et de son collègue Titikpina de la Sécurité.
Dorénavant, pour peu que organisateurs et manifestants s’attèlent à proscrire la violence, le vandalisme et les provocations des militants, rien ne s’oppose à ce qu’on marche, qu’on crie sa colère d’avoir été battu. Sauf que l’exercice, déjà assez difficile pour les muscles, tournerait au folklore, à la monotonie et finira par lasser. Crédité de seulement 33,93 pour cent des voix, loin derrière Faure et du score des législatives de 2007, Jean-Pierre Fabre a du mal à concevoir une défaite aussi cuisante. Et à la faire accepter aux militants. Une publicité négative qu’il tente d’éviter. Mais par des marches dans les rues de Lomé est sans doute le choix du désespoir. Pendant que des cadres du parti envisagent d’être «plus utiles» dans une forme de collaboration avec le pouvoir de Faure.
Le reliquat de militants encore prompts à se verser dans la rue au moindre appel finira sous peu à comprendre qu’il est berné. Et que le pouvoir ne se trouve pas dans la rue : il est légitimement confirmé par la Cour constitutionnelle pour les cinq prochaines années. Il ne reste à l’Ufc que d’écouter la voix de son président national, Gilchrist Olympio, et de sauver le parti dont la popularité mythique s’effrite.

Opérations interbancaires dans l’Uemoa
Le Togo, troisième prêteur à la mi-mars
Du 17 au 23 mars 2010, le volume des opérations interbancaires sur le marché de l'Union économique et monétaire ouest africain (UEMOA) est monté à 99,6 milliards de francs Cfa, avec des montants respectifs de 49,80 milliards pour les prêts et autant pour les emprunts, pour un taux moyen pondéré de 3,61% et un maximum de 3%. Le Togo a injecté 8,5 milliards de francs de prêt, pour 5 milliards de francs d’emprunt. Il est précédé du Burkina-Faso avec 22 milliards de prêt contre 5 milliards, et du Bénin pour 11,5 milliards de francs de prêt, sans emprunt.
Suivent respectivement le Sénégal avec 7 milliards de francs de prêts pour 19 milliards d’emprunts, le Mali (0,8 milliard contre rien) et la Côte d’Ivoire (0 franc contre 14,5 milliards d’emprunts). Le Niger (0 franc pour 4 milliards d’emprunts) et la Guinée-Bissau (0 franc contre 2 milliards d’emprunts) ferment la liste.
Le taux minimum est de 7,50%.

Culture
Littérature et imitation
Pour les jeunes écrivains copient-ils Kossi Efoui ?
L'Institut de Recherches en Etudes Théâtrales de Paris III-Sorbonne Nouvelle en collaboration avec la Fondation DAPPER, avait organisé les 10 et 12 février à l’Université de la Sorbonne un colloque international intitulé «Le théâtre de Kossi Efoui : une poétique du marronnage au pouvoir ».
C’est la première fois ou en tout cas l’une des rares fois qu’un colloque international est fait sur l’œuvre d’un écrivain togolais. Sans préjuger des influences des réseaux propres aux milieux littéraires francophones, la seule tenue de ce colloque est symbolique de l’importance de Kossi Efoui pour la littérature togolaise et africaine, même si l’auteur lui-même voudrait qu’on lui foute la paix avec l’Afrique.
En effet, Kossi Efoui n’est pas seulement un intellectuel brillant de par sa posture médiatique.
Il est l’un des tout premiers à avoir introduit par son écriture théâtrale, notamment à travers sa pièce, Le Carrefour, une "rupture inventive" dans le théâtre africain, en se défaisant des clichés exotiques et des schémas néo-coloniaux pour élaborer une dramaturgie du contre-pouvoir, de la satire politique et sociale et aborder le théâtre comme un marronnage.
Gourmand plaisantin, il est l’unique écrivain togolais à avoir collectionné les prix littéraires ces dernières années. Grand Prix RFI Théâtre, Grand Prix Littéraire d’Afrique, Prix des Cinq continents pour n’en citer que ceux-là.
Le rappel de ce constat entraîne un autre: l’influence grandissante et indéniable de Kossi Efoui sur les écrivains togolais de la nouvelle génération, à la fois dans les genres du théâtre que de la littérature. Deux faits anecdotiques disent clairement l’influence de Kossi Efoui. Un metteur en scène venu faire une sélection pour un festival de théâtre s’est étonné de ce que tous les auteurs des meilleures pièces ont littéralement copié Kossi Efoui et qu’il ne comprend pas que quinze à 20 ans après l’écriture de Carrefour, les textes dramatiques révèlent des réalités qui ont littéralement évolué.
Un jour, un écrivain étranger de passage à Lomé me confia ce qui s’était produit lors d’un concours international de nouvelles pour jeunes écrivains. L’écrivain en question, président du jury, dut demander de lever l’anonymat d’une copie pour vérifier l’identité de son auteur, parce qu’il avait cru, à un moment donné, que le texte était de Kossi Efoui.
L’ennui avec cette situation, c’est qu’elle remet au goût du jour la question d’ordre philosophique entre l’art et la nature. C’est dire la difficulté qu’il revêt de copier Kossi Efoui. Disciple de Lacan, et auteur difficile d’accès, marqué notamment par le régime Eyadema et l’absurdité de la dictature de la pensée unique, Kossi Efoui, a son univers et un imaginaire propres qu’il essaie de restituer dans ses pièces et romans. Avec cette difficulté qui fait qu’il ait tancé d’hermétisme.
Les auteurs qui l’imitent ne partagent pas forcément cet univers, et partant, leurs textes ne sont que de pales copies de l’original.

© L’Union du 30 mars 2010

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