Politique

André Johnson, gardien de l'écosystème

André Johnson

Pendant des décennies les pouvoirs publics ne se sont pas sentis vraiment concernés par la protection de l'environnement. Les priorités étaient ailleurs.

Les choses comment a bouger, lentement certes, mais il y a une véritable prise de conscience.

Changements climatiques, érosion côtière, inondations, déforestation, pollution, la menace gagne en ampleur.

André Johnson, le ministre de l'Environnement, est bien décidé à faire du Togo un pays vertueux. Il y va tout simplement de l’avenir de la population.

Des mesures fortes ont été annoncées récemment et M. Johnson compte bien les faire appliquer.

Republicoftogo.com : Le Togo vient d’imposer un moratoire de 10 ans sur le Vène pour mettre fin au trafic. Est-ce le signe de la fermeté du gouvernement ?

André Johnson : Un des signes certainement. La population vit des ressources naturelles que procurent la faune et la flore. Mais certains ont fait le choix de détruire leur environnement pour se faire de l’argent. C’est notamment le cas dans le secteur de l’exploitation du bois précieux dont la demande est très forte en Asie.

Conséquence, on assiste à une dégradation des écosystèmes et à l’épuisement des ressources naturelles.

Republicoftogo.com : Votre pays est aussi confronté au phénomène de l’érosion côtière

André Johnson : La côte togolaise est effectivement menacée. C’est le résultat des changements climatiques et de la main de l’homme avec l’industrialisation, l’exploitation du sable et la pollution.

Republicoftogo.com : Quelles sont les mesures envisagées ?

JO-2

André Johnson : Le gouvernement, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers, a entrepris d’assurer la protection du littoral avec la pause d’épis, de brises lames, et l’enrochement de certaines parties de la côte, notamment l’estuaire d’Aného.

L’Union européenne vient d’octroyer un financement très important pour la construction de la route Lomé-frontière du Bénin. Une partie du financement servira à protéger cet axe, mais également la côte.

Republicoftogo.com : La protection de l’environnement ne semble pas passionner beaucoup les Togolais. Comment les sensibiliser ?

André Johnson : L’information, l’éducation et la communication sont les outils essentiels. Nous menons des campagnes régulières en partenariat avec des ONG. Il faut que la population prenne enfin conscience des réalités.

Republicoftogo.com : Nous évoquions au début de cet entretien la déforestation. Quels sont les objectifs de reboisement d’ici 10 ans.

André Johnson : La déforestation anarchique constitue l’un des aspects de la criminalité environnementale à laquelle notre pays est confronté et qui nécessite des actions concrètes et urgentes parmi lesquelles figure la promotion d’une production forestière soutenue.

Cette politique prévoit une croissance soutenue de la récolte forestière, l’élaboration de plans d’aménagements, la formation des acteurs, l’appui aux entreprises intervenant dans le secteur de l’exploitation et des travaux forestiers, la création d’emplois et l’adaptation du cadre législatif et réglementaire, notamment.

Il faut impérativement créer des forêts de protection, de conservation et de production, contribuant à l’objectif de 20% de surface forestière sous gestion durable.

Concernant le reboisement pour les dix années à venir, le gouvernement avec, l’appui de la FAO, a convenu d’un programme national ambitieux 

3.000 hectares sont replantés chaque année, c’est encore largement insuffisant par rapport aux 15.000 exploités.

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