Contrôler sans complaisance l’action gouvernementale

27/11/2013
Contrôler sans complaisance l’action gouvernementale

Le nouveau président de l’Assemblée nationale, Dama Dramani (photo), a bien l’intention de redynamiser l’institution. Des députés plus impliqués dans le travail quotidien, une opposition largement associée afin de consolider la démocratie et une surveillance accrue de l’action gouvernementale.

Dans un entretien qui suit, M. Dramani explique que les élus sont prêts à entamer l’examen des grandes réformes institutionnelles et constitutionnelles, dès lors que la classe politique et le gouvernement en auront pris l’initiative.

Republicoftogo.com : L’opposition a finalement obtenu et accepté la présidence de plusieurs commissions.  Sa participation est-elle indispensable au renforcement la démocratie parlementaire ?

Dama Dramani : Je dirai que tous les Togolais, sans considération ethnique, politique, philosophique ou religieuse, sont indispensables à la consolidation de la démocratie. A l’Assemblée, vitrine de notre démocratie, la participation de tous les courants d’opinion est souhaitable. C’est le lieu pour moi de saluer le consensus auquel nous sommes parvenus concernant l’élection des membres des bureaux des Commissions permanentes. C’est la preuve que si nous le voulons, nous pouvons nous entendre sur l’essentiel en vue de développer le pays.

Republicoftogo.com : Avant l’élection, on a beaucoup parlé des réformes institutionnelles et constitutionnelles. La nouvelle Assemblée va-t-elle s’y atteler ?

Dama Dramani : La Vème législature entend apporter sa contribution à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit, ainsi qu’à l’apaisement de la vie politique. Les réformes institutionnelles et constitutionnelles cadrent avec cette vision et nous sommes prêts à y travailler. Mais le lancement de l’initiative revient au gouvernement et à la classe politique.

Republicoftogo.com : En matière de développement, de mieux être pour la population, quelle est votre vision et celle des députés d’UNIR ?

Dama Dramani : C’est en ma qualité de Président de l’Assemblée nationale et donc de représentant de tous les députés que je me prête à cet exercice.

 Les responsables des partis politiques ou les présidents des groupes parlementaires sont mieux indiqués pour vous faire connaitre leur vision en matière de développement et de mieux-être de la population. Pour ma part, en tant que Président du parlement, l’objectif spécifique du développement, c’est la satisfaction des besoins vitaux des populations : la nourriture, le logement, la santé, l’éducation etc. Il faudra aussi mettre les gens au travail et créer les conditions de la croissance à travers les programmes d’investissement. Pour nous, élus, notre contribution au développement passe en premier par les fonctions qui nous sont dévolues par la loi fondamentale de notre pays : voter des lois qui vont dans l’intérêt du peuple et contrôler sans complaisance l’action gouvernementale. Le but du contrôle est de s’assurer que les ressources autorisées sont utilisées dans la justice et l’équité afin d’atteindre les objectifs contenus dans le programme d’action présenté par le chef du gouvernement et voté par l’Assemblée.

Republicoftogo.com : Le président du Groupe d’amitié France-Togo à l’Assemblée nationale française indiquait récemment être prêt à poursuivre la coopération dès la constitution à Lomé d’un Groupe frère. A quand la réciprocité ?

Dama Dramani : J’ai suivi sa déclaration à l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat en visite officielle en France. Mais je puis vous assurer qu’il existe, depuis de nombreuses années déjà, un groupe d’amitié Togo-France qui a toujours eu des échanges fructueux avec son homologue français.

Et nous attendons poursuivre cette coopération parlementaire qui vient comme un appoint à la diplomatie conventionnelle entre Etats souverains.

Republicoftogo.com : Qu’attendez-vous de cette coopération parlementaire avec la France, mais aussi avec et d’autres pays. Des financements, des moyens techniques, de la formation ?

Dama Dramani : La coopération parlementaire est un cadre d’échanges. Cela ne se fait pas à sens unique. Si c’était le cas, cela n’intéresserait sans doute pas grand monde et, notamment, les parlements des pays nantis qui, il faut le reconnaitre, ont des moyens et des expériences dont manquent nos jeunes démocraties. Enfin si des partenaires nous proposent, sans conditions, des choses dont nous avons besoin, et bien nous sommes preneurs, à condition que notre dignité soit sauve.

Republicoftogo.com :  De nombreux députés d’UNIR sont des novices en politique. Allez-vous organiser pour eux des séances de formation à la chose publique ou comptez-vous qu’ils apprennent directement sur le tas ?

Dama Dramani : Il n’y a pas que des députés UNIR qui en sont à leur première expérience parlementaire. On en trouve également au sein des autres formations politiques. Tous ces représentants du peuple ont besoin qu’on les aide à mettre les pieds à l’étrier. Cela se fera à travers des séminaires de formation et de renforcement des capacités qui ont déjà commencé. Et puis il est évident que les nouveaux élus apprendront aussi à travers la pratique du travail quotidien en plénière comme lors des travaux en commission.

Republicoftogo.com : Une fois l’élection passée, les populations reprochent aux députés de ne pas être assez présents sur le terrain Envisagez-vous de changer cela ?

Dama Dramani : Cette question est récurrente, je dirai même que c’est un procès qui est souvent intenté aux élus du peuple. Si cela pourrait s’avérer exact dans certains cas, je pense que la plupart des députés savent que se couper de la base, c’est signer sa mort politique. Vous ne pouvez pas imaginer toutes les sollicitations dont les députés sont l’objet. Tout ce que je peux encore ajouter, c’est de lancer un appel à tous mes collègues afin que nous puissions avoir une présence plus marquée sur le terrain et répondre du mieux que nous pouvons aux attentes de nos mandants.

Republicoftogo.com : Certains reprochent à l’Assemblée de n’être qu’une Chambre d’enregistrement, sans grand pouvoir. Est-ce l’héritage du système colonial et qu’envisagez-vous pour rendre l’institution plus influente ?

Dama Dramani : Ceux qui tiennent ces propos ignorent sans doute tout du travail parlementaire. L’essentiel se fait en commission dont les séances ne sont pas publiques. Les députés ont le droit d’amendement. Je vous avoue qu’ils ne s’en privent pas. Il arrive que des projets de loi soient renvoyés au gouvernement pour être revus. Les séances plénières ne sont que l’aboutissement parfois de longs mois d’examen et de discussions sur un projet de loi, loin des yeux et des oreilles du grand public.

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