Education et santé, les priorités de Gilbert Houngbo

04/06/2010
 Education et santé, les priorités de Gilbert Houngbo

Le Premier ministre, Gilbert Houngbo, a obtenu vendredi la confiance du Parlement au terme d’un vote qui intervenait après son discours de politique générale.
M. Houngbo a promis d'œuvrer pour le bien être de tous les Togolais lors d’une intervention de près de deux heures au cours de laquelle il a détaillé que tous les aspects visant à une amélioration de la vie quotidienne, citant, notamment, le volet social, économique, politique, sportif ou culturel.
M. Houngbo a dressé un diagnostic complet de la situation au Togo et proposé des mesures urgentes pour orienter résolument le pays vers le développement, la réconciliation nationale et l'apaisement politique.
Le gouvernement, a-t-il indiqué, va mettre un accent particulier sur l’éducation et la santé et va s’atteler à poursuivre les réformes économiques pour lutter encore plus efficacement contre la pauvreté.
Le Premier ministre s’est engagé à mener une diplomatie active, reflet d’un pays en mouvement.
Après une longue séance de débats avec le PM, les députés ont approuvé le programme de gouvernement.
49 députés RPT et huit députés UFC ont accordé leur confiance au Premier ministre. Les quatre élus du CAR se sont abstenus.
Notons que Jean-Pierre Fabre et 18 députés de l’UFC avaient décidé de boycotter la séance.

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Voici la déclaration de politique générale

Excellence, Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Honorables députés,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et des Organisations Internationales,
Messieurs les Présidents des Institutions de la République,
Messieurs les Ministres d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Autorités administratives, militaires, religieuses et traditionnelles,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

Son Excellence, Monsieur le Président de la République a bien voulu me faire l’insigne honneur de me reconduire à la tête du gouvernement pour décliner en actions concrètes son ambitieux programme pour le Togo. Assurément, c’est une mission tout à la fois difficile et exaltante. Difficile, au regard de la complexité des enjeux et de l’ampleur des défis inhérents à la conjoncture globale ; exaltante, en considération du devoir sacré qui incombe à tous les hauts dirigeants de s’investir, avec efficacité et succès, dans l’œuvre d’édification d’un Togo nouveau, pour apporter à nos compatriotes les changements conformes à leur légitimes et profondes aspirations.

Aussi voudrais-je, en cette circonstance solennelle, devant la Représentation nationale, réaffirmer au Chef de l’Etat, mon ferme engagement ainsi que celui du Gouvernement, à assumer sans faille et sans faiblesse la haute et noble mission qu’il nous a confiée. Je me fais également le devoir de lui renouveler ma très profonde gratitude ainsi que l’assurance de mon loyalisme, de ma disponibilité et de ma détermination à l’accompagner dans la réalisation de sa généreuse ambition pour notre pays.

C’est donc investi de sa confiance, parfaitement conscient des charges qui sont les miennes, mais aussi avec une grande humilité, que je viens présenter aujourd’hui, à notre auguste Assemblée nationale, conformément à l’article 78 de notre Constitution, le programme du Gouvernement que j’ai l’insigne honneur de diriger.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Permettez-moi, avant tout, de m’acquitter d’un agréable devoir, celui d’exprimer mes félicitations les plus chaleureuses, à chacun d’entre vous, pour le travail remarquable et de qualité que vous ne cessez d’abattre depuis le début de cette législature, et qui contribue grandement à l’enracinement de notre jeune démocratie et à la consolidation des fondements politiques et institutionnels de l’Etat de droit, chez nous au Togo.

A tous égards, l’action de la Représentation nationale revêt, en effet, le caractère d’une contribution décisive et hautement appréciable à cette étape où notre pays, le Togo, s’engage de façon irréversible, dans une voie nouvelle qui doit nous conduire vers plus de liberté, plus de progrès et de prospérité avec un esprit nouveau, celui de la réconciliation, du consensus, de la solidarité et de la cohésion nationale.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Je voudrais plus particulièrement adresser, à vous-même, mes félicitations les plus sincères pour la manière efficace avec laquelle vous conduisez notre Assemblée Nationale. Vous avez su diriger cette auguste institution avec une clairvoyance et une efficacité dignes d’éloges en évitant à notre pays de s’enliser dans des contradictions préjudiciables à sa cohésion, à son équilibre et à sa stabilité.

Le scrutin présidentiel du 04 mars 2010 a démontré la vitalité de notre démocratie : le peuple togolais a exprimé, dans la paix, la liberté, la transparence, et en toute responsabilité, son choix pour la gestion du pays. Il a exprimé sans ambages et sans équivoque son désir ardent d’un Togo nouveau, sa quête de changement, de modernité et de progrès.

Chaque Togolais doit être respecté dans ses convictions et dans son vote. Nous croyons à l’écoute, à la synergie des différences et des intelligences. Pour nous, l’opposition n’est pas un ennemi, mais un adversaire respectable, un contradicteur nécessaire, et, nous le souhaitons, constructif. Car ce qui doit primer, sur toute considération partisane, c’est l’intérêt supérieur de notre chère et commune nation.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Pendant la campagne électorale, le Chef de l’Etat a mis au cœur de ses priorités la satisfaction des besoins fondamentaux des populations, à savoir de meilleures conditions d’existence, un cadre de vie sain, une bonne éducation de la jeunesse, une agriculture moderne, un accès adéquat à la santé, à l’eau et à un emploi décent, dans un environnement économique porteur de progrès sur fond de cohésion sociale, et dans un climat de démocratie apaisée.

Le quinquennat 2005-2010 a été marqué par un agenda plutôt politique ayant abouti à plusieurs avancées notoires au niveau de la gouvernance démocratique.

Souvenons-nous de l’Accord politique Global (APG) de 2006, la recomposition de la Cour constitutionnelle et de la HAAC, la libéralisation de la presse, la sécurisation de la vie quotidienne du togolais, les séries de négociations relatives à la révision du code électoral et à la bonne organisation des élections législatives et présidentielles etc. Le chemin ainsi parcouru est, sans nul doute, fort encourageant avec des progrès notoires, mais beaucoup reste à faire, au regard de l’acuité de la demande sociale. Les résultats obtenus l’ont été dans un contexte marqué, ces derniers temps, par une conjoncture mondiale défavorable caractérisée par une crise économique financière, boursière et bancaire d’une ampleur exceptionnelle.

Loin de nous en satisfaire, les avancées démocratiques que notre pays a enregistrées, nous rappellent plutôt que l’agenda politique n’est pas encore épuisé et que certains sujets importants demeurent d’actualité.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Notre jeune démocratie se doit donc de poursuivre sa lancée. Il n’en demeure pas moins vrai que les priorités du peuple togolais sont multiples. C’est dire que tout en nous engageant sans réserve pour parachever l’agenda politique, nous avons le devoir de nous consacrer tous ensemble, comme peuple togolais, comme nation, pour la poursuite de nos efforts visant l’amélioration des conditions de vie de notre peuple.

C’est à ce titre que le quinquennat 2010-2015 se doit donc d’être largement économique plutôt que politique.
L’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens nécessite une stratégie multiforme visant tantôt des actions de court terme à résultat tangible, tantôt des actions visant la pérennité de notre essor économique sur le moyen et long terme à résultat moins visible dans le court terme.
Toutes ces actions ne sauraient se matérialiser qu’avec un accroissement substantif de nos ressources internes et externes.
Au-delà de ce besoin de nouvelles ressources, sortir notre pays de la paupérisation et l’orienter vers l’émergence exige une croissance économique forte et soutenue d’au moins 7% l’an alors qu’elle n’a été que de 3% en 2009.

Honorables députés,
Mesdames et Messieurs,

Le mandat 2010-2015 est donc un mandat d’ardeur pour un véritable décollage économique couplé d’une stratégie d’attraction des investissements directs étrangers et de recherche de financements innovants.

Notre pays a donc besoin d’une véritable étude prospective sur les attentes du peuple d’ici à 2025 ou 2030. Le ministère de la Planification, du Développement et de l’Aménagement du Territoire s’y attèlera en priorité.
Il nous faut fortement miser sur nos avantages comparatifs notamment, les activités portuaires et aéroportuaires, les activités minières (phosphate, clinker, fer, marbre) et les activités de service dont le tourisme.

La matière grise togolaise, la diaspora et les industries de transformation constituent aussi un avantage comparatif et/ou un potentiel non négligeable.
Notre stratégie se doit aussi de mettre un accent particulier sur certains leviers clés qui sous-tendent ce décollage économique, notamment les infrastructures routières et ferroviaires, la stabilisation de la question énergétique, les télécommunications, l’amélioration et la facilitation du climat des affaires et plus particulièrement la facilitation de l’éclosion de la PME/PMI. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons avoir les ressources nécessaires pour financer notre système éducatif, la formation de notre jeunesse et la création d’emplois, financer notre système de santé, promouvoir notre culture et les sports, développer nos villes et mieux gérer les catastrophes naturelles éventuelles. La nouvelle diplomatie que nous entendons développer se situe dans ces efforts que nous devons déployer pour permettre à notre pays d’intégrer le peloton des pays émergents.

Me fondant donc sur les directives du Chef de l’Etat, sur les grands axes et objectifs cardinaux de son programme d’actions porté à la connaissance de l’électorat togolais, nous avons conçu, élaboré et mis au point un programme d’action du gouvernement que j’ai l’honneur de soumettre ce jour à la bienveillante et clairvoyante appréciation de la Représentation nationale qui s’articule autour des quatre (04) axes fondamentaux ci-après :

- le renforcement de la cohésion nationale et de la bonne gouvernance démocratique
- les leviers économiques ;
- le développement solidaire ;
- une diplomatie nouvelle.

Le renforcement de la cohésion nationale et de la bonne gouvernance démocratique

Nous devons, méthodiquement et résolument, recoudre définitivement le tissu social, poursuivre une politique hardie de réconciliation nationale et d’apaisement des cœurs afin que les Togolais se parlent entre eux, s’écoutent, s’entendent, se respectent mutuellement et se sentent aussi fiers d’appartenir à la même nation.
Notre pays vient d’opérer un tournant historique de sa vie politique. En effet, conformément à sa politique de réconciliation et d’ouverture, le Président de la République a réitéré, dans son message à la nation prononcé à l’occasion du cinquantenaire de notre indépendance, son appel à toutes les filles et fils du Togo, quelles que soient leurs opinions et leurs divergences, à se mettre ensemble pour reconstruire notre pays et répondre aux défis qui l’attendent.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Remporter une victoire ou gagner un prix ne signifie pas qu’il faut jouir tout seul des fruits de cette victoire. Partager donc les fruits de cette victoire n’est pas un signe de faiblesse, encore moins la remise en cause de celle-ci. En clair, nous ne souscrivons pas au principe du « tout au gagnant ». L’intérêt supérieur de la nation nous le recommande.

Le gouvernement de large ouverture ici présent, avec une participation significative de l’opposition politique, notamment de l’Union des Forces du Changement (UFC), une participation de la diaspora togolaise et celle d’autres togolaises et togolais sans appartenance politique répond à cet appel du Chef de l’Etat.
C’est la première fois en effet que nous assistons à un événement politique pareil. Cette situation inédite et historique doit nous réconforter et nous encourager à nous mettre résolument au travail afin d’engager le Togo sur la voie de l’apaisement politique, de la cohésion nationale, du progrès économique et social. Il est important que tous les acteurs politiques de notre pays acceptent de privilégier l’intérêt supérieur de la nation à toute autre considération partisane, pour qu’ensemble, nous construisions la terre de nos aïeux.

Le renforcement de la cohésion nationale

Il nous faut œuvrer ensemble pour bâtir une véritable nation unie et stable, fraternelle et solidaire. Nous devons mettre nos énergies en commun pour le bien du Togo. Pour asseoir cette cohésion nationale, nous fondons de grands espoirs sur le travail de la Commission Vérité Justice et Réconciliation qui est à pied d’œuvre et dont la mission essentielle est de proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale. Le gouvernement continuera à apporter tout son soutien à la Commission pour la réalisation de ces nobles objectifs et à accorder toute l’importance qu’il faut à la mise en œuvre de ses recommandations.

Le gouvernement va aussi œuvrer pour renforcer le statut de l’opposition parlementaire et encourager davantage le respect des libertés individuelles et collectives. Nous allons en outre travailler au renforcement de l’équité et de la justice sociale par une meilleure répartition de la richesse nationale et une meilleure participation de tous à la gestion du pays.
Des actions conséquentes seront entreprises pour accroître les capacités de l’Etat à assurer la sécurité des personnes et des biens, à garantir les libertés fondamentales et les droits de l’Homme et protéger ainsi notre démocratie des risques de repli identitaire et de l’instrumentalisation des différences. Pour ce faire, le gouvernement s’emploiera à créer et à institutionnaliser un cadre régulier et pérenne de dialogue et de concertation entre l’Etat et les organisations de la société civile. Dans ce cadre, le gouvernement mettra en place un projet qui permettra d’améliorer le cadre institutionnel régissant les organisations de la société civile, de renforcer et de professionnaliser les acteurs de la société civile. Il nous faut, en somme, plus de morale républicaine fondée sur la recherche constante du bien commun et de la solidarité nationale.

Les réformes politiques et institutionnelles

Nous devons poursuivre les réformes institutionnelles et constitutionnelles entamées au cours des cinq dernières années, dans un esprit consensuel afin de consolider le bases de la démocratie et renforcer les capacités des

Institutions de la République.

Toutes les forces vives de la nation devront participer directement ou indirectement aux débats relatifs :
- au toilettage de la loi fondamentale (mode du scrutin, limitation des mandats, durée des mandats, limitation d’âge etc) et du code électoral ;
- à l’opérationnalisation dès novembre 2010 du recensement général de la population
- à la question du découpage électoral
- à l’organisation des élections locales et législatives

La réforme de la justice

Le gouvernement mettra en œuvre une série d’actions visant la modernisation de la justice, notamment :
la réforme de la législation, la modernisation des statuts de toutes les professions de justice et la révision du code pénal et du code de procédure pénale ;
la réforme du cadre de l’organisation judiciaire marquée par la création des Tribunaux de Grande Instance (TGI) dans les chefs lieux de régions ;
la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature avec la prise en charge de la carrière des magistrats et leurs obligations judiciaires ;
le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire ;
la lutte contre la corruption dans le milieu judiciaire ;
l’amélioration du fonctionnement des juridictions, par le renforcement des capacités de l’Inspection Générale des services juridictionnels et pénitentiaires dans sa mission d’audit et de contrôle ;
l’amélioration du cadre de travail des magistrats et autres fonctionnaires de la Justice, par la construction des locaux de la Cour d’appel de Lomé et de Kara.

Ce programme de modernisation de la justice offrira à l’économie nationale un nouvel environnement juridique et judiciaire promouvant le respect des rapports commerciaux, et un système juridictionnel indépendant et apte à assurer l’application cohérente et uniforme des textes juridiques et de la jurisprudence nationale et internationale en la matière. Ce qui constitue un pré-requis au développement du secteur privé, à l’attraction de l’investissement étranger direct, à l’intégration du pays dans l’économie mondiale et l’amorce, in fine, d’un développement durable.

La reforme de l’administration publique

Les Etats Généraux de l’Administration Publique tenus en décembre 2006 avaient formulé une Stratégie Nationale de Réforme et de Modernisation de l’Administration, indiquant les grands axes d’actions à entreprendre pour relever le niveau des performances techniques de notre administration publique afin de lui permettre ainsi de jouer son rôle d’agent de développement et faire face aux nombreux défis de la reconstruction nationale.

Cette stratégie nationale de réforme et de modernisation de l’Administration couvre la période de 2008 à 2015. Les travaux menés, depuis lors, ont abouti:
au projet de statut général de la fonction publique et des statuts dérivés ainsi que des grilles salariales et indemnitaires y afférentes ;
à la réalisation d’une étude actuarielle sur les pensions civiles et la proposition d’un nouveau code de pension et d’un projet de code de couverture sociale des agents publics ; à la conduite des audits stratégiques et organisationnels pour la rationalisation des structures, emplois et effectifs de 7 Institutions et ministères.

Les actions se poursuivent et devront permettre de consolider et élargir les acquis de la première année et de procéder :

- à l’opérationnalisation de l’Intranet gouvernemental ;
- à la mise en place d’un système d’archivage et de gestion électronique des documents ;
- au recensement des agents publics, normalisation des dossiers administratifs et constitution d’un fichier unique de référence pour la gestion administrative et salariale des agents publics ;
- à la conduite des audits organisationnels dans au moins 11 autres ministères et institutions.

Trois axes fondamentaux résument nos préoccupations pour les travailleurs. Il s’agit de l’amélioration de leurs revenus et de leur pouvoir d’achat, de la mise en place d’un système de protection sociale pour tous et de l’amélioration des conditions de sécurité et de santé au travail.

La vision du gouvernement est d’arriver à moyen terme à offrir à tous les Togolais des opportunités leur permettant de conforter et de stabiliser les revenus à travers une politique de rémunération basée sur l’expression réelle des besoins du panier de la ménagère, une stratégie rigoureuse de gestion des prix des produits de premières nécessités ainsi que la fiscalité adaptée et adaptable aux conjonctures et autres aléas naturels.

La promotion des droits de l’Homme et des libertés publiques

Le gouvernement entend œuvrer pour renforcer l’indépendance et la liberté de la presse et pour la professionnalisation de ses acteurs. Le rôle et les moyens de la HAAC seront aussi renforcés pour lui permettre de mener à bien ses actions. Le gouvernement compte énormément sur un partenariat qu’il entend établir avec les associations de la société civile et les médias en vue de mener de vastes actions de sensibilisation et de formation des populations à la citoyenneté et à l’éducation aux droits de l’Homme. Le gouvernement fera un inventaire des textes et des conventions internationales en matière de droits humains, des textes législatifs et réglementaires ainsi que des ratifications des conventions en vue de leur mise à jour. Des actions de renforcement des capacités des institutions nationales au respect des droits de l’Homme, à la lutte contre l’impunité.

En vue de lutter contre l’exclusion et la marginalisation des personnes handicapées de la société, le gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour la mise en place d’un programme de réinsertion socioprofessionnelle. Il devra également s’atteler au renforcement des capacités des structures éducatives spécialisées et à l’appui institutionnel à la Direction des personnes handicapées et aux structures de réadaptation.

Les leviers économiques
Infrastructures

La relance de l’économie ne saurait se faire sans un véritable plan Marshall au niveau des infrastructures.
Insuffisantes, inadaptées ou déficientes, nos infrastructures méritent une attention particulière et soutenue, dans le sens de leur reconstruction et de leur modernisation.

Le Port Autonome de Lomé
Nous tablons beaucoup sur le Port Autonome de Lomé (PAL). Notre stratégie est claire : augmenter la capacité d’accueil des gros navires, faire du PAL un point de transbordement pour la sous-région et améliorer l’efficacité de la gestion de notre port. Il sera réalisé des travaux d’extension des infrastructures portuaires, notamment la construction d’un 3ème quai et d’une nouvelle darse. Ces actions, couplées avec une rigueur accrue de la gestion du secteur portuaire, devront permettre à notre port de tirer le meilleur profit de ses avantages comparatifs et lui permettre de porter son trafic annuel actuel de 350.000 conteneurs à 1.200.000 à partir de 2012 et lui permettre de contribuer davantage au développement du pays.

Le transport aérien
Le gouvernement planifie de créer un nouvel aéroport moderne de classe internationale. Mais en attendant, et au vu des investissements lourds nécessaires à la concrétisation de ce projet, nous allons entreprendre les travaux d’extension et de modernisation de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadema de Lomé, pour en faire un véritable hub pour toute l’Afrique de l’Ouest. Un comité piloté par le directeur de l’Agence Nationale de l’Aviation civile du Togo a été mis en place à cet effet et devrait présenter des propositions concrètes au gouvernement dans les mois à venir.

Les grands axes routiers et voies urbaines
Le gouvernement nourrit l’ambition de réaliser une autoroute et/ou une nouvelle ligne de chemin de fer qui reliera le Port Autonome de Lomé à la frontière avec le Burkina Faso pour desservir le Burkina Faso, le Mali, et le Niger et favoriser ainsi une fluidité des échanges commerciaux entre le Togo et les pays de l’hinterland. Etant donné le coût très élevé de ce projet, le gouvernement s’engage à entamer les recherches de financements conséquents pour au moins réaliser les études de faisabilité de cet ouvrage et entreprendre sa concrétisation.

Mais déjà, il entend finaliser la réhabilitation des rues bitumées de Lomé pour en faire une ville moderne, carrefour des affaires. Le gouvernement aménagera au moins 20 km de rues par an avec assainissement nécessaire et réhabilitera les rues des centres urbains du pays. Le gouvernement poursuivra la réhabilitation de la route nationale N°1 incluant les ouvrages d’art et les routes transversales telles qu’Agou-Notsé, Dapaong-Mandouri, Kara-Pagouda, Sokodé-Tchamba, Gléi-Amou-Oblo, Kabou-Katchamba etc.

Le bureau national de contrôle des Travaux Publics

Pour mener à bien ces travaux, le gouvernement s’engage à créer et à doter de moyens conséquents un Bureau National d'Etudes, de Développement et de Contrôle des Grands Travaux pour coordonner et contrôler tous les travaux de construction qui seront entrepris dans le pays. Ce bureau sera pour le gouvernement, un instrument privilégié en matière d'assistance-conseil et de maîtrise d'œuvre des grands projets d'investissement. Il devra en outre servir comme un appui central en matière de programmation et de choix des investissements publics, assurer les études, la direction, le contrôle technique et financier des études et l'exécution des projets d'investissement.

Les télécommunications
Le secteur des télécommunications dans notre pays est en pleine expansion. Le Gouvernement attend un accroissement significatif de la contribution des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au développement économique et social du pays, bénéficiant aux opérateurs économiques, aux services publics et aux ménages.

Cet objectif général devrait se traduire par :

- L’accroissement de l’offre de services téléphoniques et de l’accès aux services de télécommunications au plus grand nombre d’usagers, et qu’au moins 15% de la population soit régulièrement connecté à l’Internet d’ici 2015.
- L’accroissement de la qualité des services offerts et la gamme de prestations en rendant plus compétitifs les prix des services de télécommunications ;
- La construction d’un réseau national et international de télécommunications fiables, et connecté aux autoroutes de l’information ;
- La promotion des télécommunications comme secteur économique essentiel à l’essor d’une économie compétitive ouverte au monde et où le secteur des services représente une part importante du PIB ;
- le développement des ressources humaines dans le secteur des postes et télécommunications en améliorant la qualité de la formation aux TIC.

Pour atteindre ses objectifs, le Gouvernement s’engage à :

- adapter et compléter le cadre légal et réglementaire du secteur afin de favoriser le développement d’une concurrence saine et loyale au profit des utilisateurs et d’optimiser l’interconnexion des réseaux et l’accès aux capacités et aux infrastructures clés ;
- renforcer la fonction de régulation, afin de garantir la mise en œuvre des dispositions légales et réglementaires relatives à la concurrence, à l’interconnexion et à l’accès ;
- préparer et mettre en œuvre une stratégie pour améliorer la connectivité des institutions éducatives, gouvernementales et hospitalières ainsi que l’accès aux TIC dans les régions rurales et zones éloignées ;
- restructurer les opérateurs publics du secteur dans le cadre de partenariats public-privé visant à assurer leur assainissement et leur viabilité à long terme ;
- mettre en place des accès internationaux haut-débit afin de réduire significativement le coût d’accès à l’Internet et aux TIC ;

Le processus d’octroi de la 3è licence est bien enclenché et devra aboutir d’ici à la fin 2010 ou au début de 2011.

L’énergie

Notre objectif est d’assurer une stabilité énergétique, à la fois au niveau des ménages et au niveau industriel et commercial. Il est également de notre ambition de réduire notre dépendance extérieure tout en consolidant les approches régionales. Le gouvernement va renforcer les actions entreprises depuis 2008 pour développer l’offre énergétique et augmenter le taux d’accès des populations à l’énergie, singulièrement en milieu rural, et étendre l’éclairage public à Lomé et dans les grandes villes du pays.

Ainsi, la nouvelle centrale de 100 MW de ContourGlobal, sera mise en service avant la fin de l’année 2010 et permettra au Togo de disposer de 70% de sa consommation sur son territoire, soit 130 MW (avec les 20 MW de la turbine à gaz de la CEB et les 20 MW de Nangbéto) et ainsi dépendre moins de l’extérieur.
Le projet de renforcement et d’extension du réseau de la ville de Lomé ainsi que le projet d’électrification rurale ont démarré, alors que celui d’électrification transfrontalière avec la contribution des compagnies électrique du Togo et du Ghana s’achèvera au plus tard en 2011, et permettra ainsi à 50.000 nouveaux abonnés et à une centaine de localités d’être reliés aux réseaux électriques. Les efforts seront poursuivis au cours des cinq ans à venir pour doubler ces raccordements.

Au plan régional, le gouvernement s’investit pour le démarrage effectif du projet d’interconnexion 330kV entre le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana en 2012. Ce projet permettra de disposer d’un réseau puissant facilitant les transits d’énergie, l’optimisation des moyens de production des quatre pays précités ainsi que de secours mutuel en cas de difficulté. Par ailleurs le gouvernement s’engage à accélérer, en concertation avec son homologue béninois, le processus de construction du barrage hydroélectrique d’Adjarala qui devrait couvrir d’une manière excédentaire les besoins énergétiques des deux pays.
56- Tous ces travaux de renforcement devront efficacement contribuer à la relance de l’économie nationale, en accompagnant notamment la relance du secteur des phosphates, le démarrage de la production de trois nouvelles sociétés dans le secteur des mines et l’extension du Port Autonome de Lomé.

L’agriculture
L’agriculture ne doit plus être considérée sous le seul angle de l’autosuffisance alimentaire ou de subsistance. Notre ambition est de porter notre agriculture à de nouvelles hauteurs, celles de la participation réelle et effective à la création de la richesse nationale, et plus précisément à la génération de revenus substantiels pour nos agriculteurs et éleveurs. Bien soutenue, notre agriculture est une arme potentielle pour la lutte contre les inégalités socioéconomiques et pour une meilleure répartition de la croissance économique. Cette noble ambition qui est la nôtre, doit être couplée avec celle visant à lutter contre la pénibilité du travail agricole.

Atteindre ces objectifs exige que nous continuons à viser une production vivrière toujours plus excédentaire, que nous adoptions de nouveaux programmes pour les cultures de rentes et que nous investissions dans les équipements, dans la maitrise de l’eau, dans les infrastructures rurales, dans la transformation de nos produits agricoles. Dans cette optique, le gouvernement va continuer à consacrer au moins 10% du budget de l’Etat à l’agriculture. Les intrants agricoles seront toujours disponibles pour les producteurs à un prix convenable pour booster la production vivrière. Le gouvernement va accentuer son plaidoyer auprès des partenaires pour le financement et la mise en œuvre du Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) dont le coût est estimé à environ 617 milliards de francs CFA.

Ce programme quinquennal (2010-2015), qui connaît un début de financement, devrait permettre au Togo d’atteindre une croissance annuelle d’au moins 6% au niveau de l’agriculture, de réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire, d’améliorer le produit intérieur brut agricole, de contribuer à équilibrer la balance commerciale et d’augmenter les revenus agricoles. La mise en œuvre de ce programme bénéficiera à l’horizon 2014 à environ 3,6 millions d’agriculteurs, éleveurs et pêcheurs pour une production végétale de plus de 6 millions de tonnes, pour une production animale de 100.000 tonnes et halieutique de plus de 35.000 tonnes.

La mise en place d’une véritable stratégie d’écoulement et de commercialisation de ces produits constitue l’un des volets majeurs de notre stratégie agricole. La réorganisation de la filière coton étant achevée, le gouvernement poursuivra ses efforts de relance de la production cotonnière. Des mesures sont prises à cet effet pour faire passer la production de 30.000 tonnes de coton actuellement à 80.000 tonnes en 2011 et à 100.000 tonnes à partir de 2013.
Ces efforts visent également la relance de la filière café cacao pour parvenir à une production d’au moins 20.000 tonnes de café et 12.000 tonnes de cacao d’ici à 2015. Des campagnes de sensibilisation et de mobilisation des planteurs ont été effectuées et de nouveaux plans résistants aux maladies et plus productifs leurs ont été distribués.
Le gouvernement encouragera, par ailleurs, toute initiative de création d’usines de transformation de produits agricoles dans le pays afin d’augmenter la valeur ajoutée au profit de notre économie.

Pour désenclaver les cinq régions du pays et permettre aux paysans de mieux profiter de leurs productions, nous avons lancé le vaste chantier de construction de 1750 km de pistes rurales, à raison de 50 par préfecture. Ce programme fera l’objet d’une évaluation afin de nous permettre de mieux envisager la suite, à partir de 2011, qui consistera à doter nos régions de 750 km de pistes rurales tous les ans. L’augmentation de la productivité et la lutte contre la pénibilité du travail agricole font partie intégrante de notre stratégie. Il nous faut donc envisager la mise à disposition de nos producteurs d’équipements de production efficaces mais économiques, sans oublier les programmes de maitrise d’eau.

Les mines
Il est vrai que nos gisements de mines exploitables sont limités. Il n’en demeure pas moins vrai qu’une nouvelle approche quant à la gestion de nos mines galvaniserait notre croissance économique. Ces dernières années ont vu la réorganisation en profondeur de ce secteur, notamment les phosphates et le clinker.

Les phosphates

Dans le domaine des phosphates, le gouvernement entend poursuivre les réformes qui prévoient des investissements de plus 80 milliards de francs CFA pour renouveler l’outil de production, le renforcement des capacités humaines à tous les niveaux, une meilleure négociation des contrats à terme et une écoute plus attentive des préoccupations des collectivités locales.

Toutes ces actions permettront, à terme, de porter la production de 1,6 millions tonnes en 2011 à 2,5 millions de tonnes en 2012 et 3 millions tonnes en 2013. Et, pour accroître la valeur ajoutée de la filière phosphate redevenue performante, le gouvernement encouragera la création d’usines d’acide phosphorique et d’engrais d’ici à 2014.

La construction d’écoles, de centres de santé, le financement de projets agricoles au profit des localités de la zone de production accompagneront ce développement.

Le clinker
Dans le domaine, le Togo devrait tirer meilleur profit de la récente réorganisation de la filière par l’octroi d’un 2ème permis d’exploitation à CIMTOGO, et l’extension du permis d’exploitation de WACEM, et rendre plus disponible le ciment et à un prix attractif. CIMTOGO dispose de deux ans pour démarrer une usine de production de clinker d’une capacité 1,5 million tonnes par an. Une société de production de ciment est en cours d’installation et devra démarrer son exploitation en moins d’un an avec une production annuelle de 500.000 tonnes. La production annuelle de ciment de nos trois unités qui se situe actuellement à 1,3 million tonnes devrait passer à 1,6 million dans les prochaines années avec la mise en service de cette nouvelle unité de production. Le gouvernement veillera à ce qu’un volet social similaire à celui des phosphates soit mis en œuvre au bénéfice des populations riveraines des zones de production et d’exploitation du clinker.

Le fer
L’exploitation de ce minerai confiée à la société indienne MM Mining devrait connaître son réel démarrage en 2011. Toutefois l’exportation de la production disponible de 50.000 tonnes brut de fer pourra démarrer, avant la fin de l’année 2010, en phase pilote, avant d’atteindre en régime de croisière, une production annuelle d’un million de tonnes net.

L’industrie
La vision de la politique industrielle du gouvernement est de développer et pérenniser une industrie nationale intégrée, compétitive sur la scène internationale, respectueuse de l’environnement et capable d’améliorer significativement le niveau de vie de la population.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement s’emploiera concrètement à :

- densifier et élargir la base du tissu industriel intégré ;
- encourager les industries légères de transformation des produits agricoles et les industries de fabrication;
- augmenter progressivement les échanges sur le marché régional et mondial des produits semi-finis et finis ;
- renforcer les compétences humaines, la recherche et le développement industriels ;
- créer les infrastructures de qualité et maîtriser les facteurs de production ;
- amener les entreprises à la démarche qualité ;
- valoriser les innovations technologiques ;

Le gouvernement adoptera, par ailleurs, un programme d’assistance aux entreprises en vue d’encourager la transformation endogène et la création de valeur ajoutée dans les secteurs pour lesquels le Togo a des avantages comparatifs.
Il entend lancer aussi un programme de recherche industrielle et de développement coordonné en vue de protéger et valoriser les recherches de nos compatriotes dans ce domaine.

Depuis que l’Etat a choisi de se désengager du tissu industriel au profit du secteur privé, il s’est efforcé de créer les conditions attractives aux investisseurs privés, tant nationaux qu’étrangers. Ainsi la révision de la loi sur la zone franche et l’élaboration d’un nouveau code des investissements, dont les avantages accordés aux investisseurs reposent essentiellement sur la création d’emplois et de richesses pour notre économie, constituent un levier important pour le développement de notre pays.

La zone franche

La révision des textes portant statut de la Zone franche ainsi que l’aménagement de son nouveau site industriel, devrait amplifier les effets de la dynamique insufflée à l’émergence de l’entrepreneuriat de développement et favoriser sa contribution à la croissance économique.
D’autant que la Zone franche qui compte actuellement une soixantaine d’entreprises en activité, a offert plus de 9000 emplois à nos compatriotes et bénéficié des investissements cumulés de plus 126 milliards de francs CFA. Il nous faut impérativement adopter ces textes relatifs au statut de la Zone franche et au code des investissements dans les prochains mois.

La redynamisation du secteur du tourisme

En 2009, le Togo a accueilli 183.000 touristes, représentant des recettes d’environ 16,6 milliards de Francs CFA. Générateur de devises étrangères, le tourisme est en effet un secteur qui contribue à l’amélioration de la balance des paiements, au soutien aux PME togolaises (surtout celle des services et de l’artisanat) et à la création d’emplois. En vue d’optimiser ces résultats, le gouvernement entend donc :

• aménager des sites d’intérêt touristique sur toute l’étendue du territoire;
• mettre aux normes et classifications, les établissements touristiques ;
• renforcer la capacité institutionnelle (création des directions régionales) et des ressources humaines du département ;
• intensifier les actions de promotion au niveau national, sous régional et international ;
• adopter des mesures de facilitation de voyage pour les touristes (visa, vaccination, contrôle douanier…).

Le gouvernement encouragera la construction de complexes hôteliers cinq étoiles à Lomé et la réfection des grands hôtels du pays, dont l’Hôtel du 2 février. Le processus de privatisation des réceptifs appartenant à l’Etat devra également aboutir d’ici à 2011. Le gouvernement s’engage, par ailleurs, à créer un cadre incitatif en vue de permettre au secteur privé de développer une industrie hôtelière autour des sites touristiques réhabilités et des aires de réserves naturelles protégées.

La promotion du secteur privé
Le secteur privé, qui constitue un maillon essentiel dans la chaîne économique du pays, est fortement marqué par la dualité entre le secteur moderne et le secteur informel.
Le gouvernement, suivant les recommandations les institutions de Bretton Woods, poursuivra ses efforts pour l’amélioration de la performance de notre secteur privé. Il s’agit notamment de :

- dynamiser le cadre institutionnel pour alléger les procédures de création d’entreprises (par la suppression des documents non nécessaires ou redondants, la centralisation du processus, la réduction des documents requis et des frais de création) ;
- Continuer la prise des mesures fiscales incitatives pour favoriser l’éclosion des PME et PMI créatrices d’emplois ;
- renforcer les capacités de l’Agence Nationale de Promotion et de Garantie du Financement des entreprises ;
- faire adopter en 2010 un nouveau code des investissements plus souple et une nouvelle loi sur la zone franche plus attractive ;
- créer et opérationnaliser une Agence de Promotion des Investissements et des exportations;
- promouvoir la qualité, la normalisation et la certification des entreprises et des produits pour renforcer la compétitivité et la productivité des entreprises ;
- dynamiser la charte des PME/PMI, un cadre institutionnel pour la facilitation de l’investissement national ;
- réactiver la Chambre de règlement des conflits et d’arbitrage de la CCIT ;
- mettre en place le guichet unique du commerce extérieur ;
- mettre en place et dynamiser la Médiature de la République ;
- mobiliser les capitaux étrangers en rénovant les infrastructures et en adoptant une stratégie de promotion des investissements directs étrangers au Togo.

Le gouvernement mise, par ailleurs, sur la vulgarisation de la charte des PME/PMI qui constitue un cadre institutionnel pour la facilitation de l’investissement national. Il en est de même de la mise en place du guichet unique du commerce extérieur qui offre aux entreprises la possibilité d’accomplir à distance leurs formalités, de payer les services qui leur sont rendus ainsi que les droits et taxes afférents à leurs opérations de commerce international et d’obtenir les autorisations des diverses administrations. A la longue, ce guichet unique rentrera dans l’harmonisation du guichet unique de l’UEMOA. Les travaux de sa mise en place sont en cours.

La promotion de l’urbanisation et des logements sociaux
Le gouvernement a adopté en juin 2009, une stratégie nationale du logement, fondement d’une politique programmée en matière de logement. En vue de sa mise en œuvre, un projet de loi sur la promotion immobilière sera bientôt soumis à l’Assemblée nationale. Cette nouvelle loi devra favoriser l’éclosion d’une nouvelle génération d’entrepreneurs du bâtiment et surtout de construction de logements sociaux.

L’urbanisation rapide de nos villes pose d’importants problèmes aux collectivités, notamment l’extension anarchique des agglomérations, les occupations illégales des emprises et réserves de l’Etat, les risques de pollution, la gestion des déchets, de l’assainissement et du transport public. La réponse à ces fléaux exige que l’Etat dispose d’un patrimoine foncier conséquent. C’est pour cela que le gouvernement se doit de redéfinir le plan d’urbanisation de Lomé et des autres villes pour en déduire un plan quinquennal d’exécution.

Le gouvernement mobilisera les ressources nécessaires pour poursuivre et accélérer l’assainissement de nos villes par la construction systématique des caniveaux, l’amélioration du système de ramassage des ordures ménagères. Il entamera la révision de la politique de gestion des zones inondables et l’informatisation de l’ensemble du système cadastral national.

La réforme du foncier

La question du titre foncier est une préoccupation sociale et économique, et se pose avec acuité. Le dysfonctionnement du régime foncier, la complexité et l’obsolence des règles et procédures sont des freins au développement harmonieux de nos villes et la capacité de mobilisation de ressources par les PME/PMI. Cette complexité s’explique avant tout par la juxtaposition des systèmes fonciers coutumier et moderne et, aussi par l’inadéquation entre la croissance urbaine et l’application des règlements d’urbanisation. Cette situation constitue des handicaps aux investissements dans l’immobilier. La problématique est, certes, complexe, mais le gouvernement a le devoir d’initier une approche globale.

Il entend donc, à cet effet, s’investir :
- pour réformer le secteur en allégeant et en simplifiant les procédures d’obtention de titre de propriété foncière ;
- mettre en place un code d’urbanisme et de construction adéquat simplifié et qui définit les modalités d’organisation des professions spécialisées du secteur du logement ;
- mettre en place un code foncier approprié moderne
L’assainissement des finances publiques et du cadre macro-économique

Le renforcement de la bonne gouvernance
Le quinquennat 2005-2010 a été marqué par une importante avancée en matière de gouvernance économique. Les performances réalisées ont permis de relancer l’économie nationale.

Le gouvernement a, en effet, lancé des audits suivis de restructuration dans les sociétés nationales telles l’office togolais des phosphates (OTP) et la Société Togolaise de Coton (SOTOCO). Des commissaires aux comptes ont aussi été nommés dans les sociétés d’Etat par appel à candidatures multiples en vue de renforcer la bonne gouvernance dans ces entités publiques. Le gouvernement a, par ailleurs, lancé une réforme du système de passation des marchés publics, pris des dispositions pour la création d’un guichet unique du commerce extérieur et adopté un nouveau mécanisme d’ajustement des prix des produits pétroliers fondé sur la fluctuation des prix sur le marché international.

Le gouvernement s’engage à améliorer et à renforcer les modalités et procédures de nomination à la tête des entreprises publiques et des sociétés d’Etat, à travers l’encadrement de certains pouvoirs de nomination par un système d’appel à candidatures, voire d’auditions à l’Assemblée Nationale pour les hautes responsabilités civiles. Toutes ces fonctions, faut-il le rappeler, devront être conférées sur la base de critères de compétence, de mérite et d’intégrité.

Mais en attendant la mise en place d’un cadre légal approprié à l’instar des ministres, il sera assigné aux dirigeants d’entreprises, publiques et parapubliques des cahiers des charges sous forme de contrats d’objectifs et de performance, tout en veillant à l’efficacité du travail des organes sociaux, notamment les conseils de surveillance et d’administration.

Nos efforts seront également intensifiés afin de sécuriser les régies financières et les systèmes de recouvrement des recettes fiscales et garantir la régularité des contrôles étatiques.
Le gouvernement prendra, en outre, toutes les dispositions idoines pour rendre pleinement opérationnelle la Cour des comptes et mettre en place le Conseil Economique et Social.

Le gouvernement s’engage, pour les années à venir, à prendre des mesures vigoureuses pour renforcer davantage la gestion des finances publiques avec la mise en œuvre intégrale des réformes structurelles et celles des déclencheurs de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PTTE) en vue de l’atteinte imminente du point d’achèvement de cette initiative.

En effet, beaucoup d’efforts ont été déployés par le gouvernement pour la concrétisation de ce processus. Ainsi, le DSRP complet axé sur le financement prioritaire des secteurs des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’eau, de l’agriculture et de la gouvernance, adopté par le gouvernement en septembre 2009, suit son cours. Le Togo a adhéré à l’initiative pour la transparence dans l’industrie extractive (ITIE). En vue d’atteindre le point d’achèvement d’ci à la fin de l’année 2010, le gouvernement s’est déjà attelé, sur recommandations des institutions de Bretton Woods, à la préparation des rapports d’exécution des deux premiers trimestres de 2010 indiquant l’état de mise en œuvre du DRSP complet, au maintien de la stabilité du cadre macroéconomique et à l’adoption d’un mécanisme de suivi des dépenses pour la lutte contre la pauvreté. L’exécution du DRSP inclue la mise en place du secrétariat permanent au niveau du Premier Ministre pour un meilleur suivi des programmes de lutte contre la pauvreté et de la coordination de l’aide. Ce secrétariat permanent sera opérationnel dans les prochains mois.

Je tiens à souligner une fois encore que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour permettre au Togo d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) au plus tard à la fin de l’année 2010. D’autant que la remise de dettes qui va en découler permettra au Togo de dégager des ressources additionnelles pour lutter contre la pauvreté et financer le programme d’investissements prioritaires.

La mobilisation des ressources internes
Elle s’est renforcée ces dernières années grâce aux différentes réformes introduites dans les administrations des impôts et des douanes avec l’informatisation, le renforcement des capacités, l’installation des scanners. Pour mieux maitriser la fiscalité en matière foncière, le gouvernement a rattaché le service du cadastre à la direction générale des impôts. Ce processus permettra la mise en place prochaine d’un guichet unique devant faciliter l’obtention des titres fonciers et conduire par voie de conséquence à une meilleure jouissance du droit de propriété en matière foncière.
La maitrise des dépenses

Le gouvernement a apuré près de 18 milliards de francs CFA en 2009 au profit du secteur privé. Cet effort se poursuit actuellement ; l’objectif visé étant d’apurer tous les arriérés dus au secteur privé au plus tard en 2012. Des mesures sont prises pour le de la règle budgétaire et comptable de l’unicité de caisse.

Les réformes du secteur financier

Le gouvernement a procédé, ces dernières années, à l’assainissement des banques à capitaux publics, en sortant de leur portefeuille les créances compromises d’un montant de 120 milliards de francs CFA. Ces créances ont été prises en charge par l’Etat, et ont fait l’objet de titrisation pour environ 88 milliards de francs CFA. De nouveaux commissaires aux comptes ont été désignés dans ces institutions par un appel à candidatures afin d’améliorer les contrôles de gestion en attendant le processus de cession des parts de l’Etat dans les banques au plus tard en 2011. Le gouvernement étudie la faisabilité de la création d’une structure de recouvrement des créances compromises qui pourra être fonctionnelle en 2011.

La mobilisation de la diaspora dans le processus d’édification nationale
Nous savons qu’au cours des dernières décennies, des milliers de nos compatriotes ont choisi de vivre notamment en Europe et en Amérique de nord. Ces expatriés, qui bénéficient de bons niveaux de formation, notamment dans les professions libérales, dans les secteurs scientifiques et technologiques de pointe ou des finances et des investissements, ont, aujourd’hui, trouvé dans ces pays d’accueil des opportunités de travail et d’insertion sociale et ont acquis une expérience impressionnante. Ils constituent une chance pour le pays. C’est la raison pour laquelle, le gouvernement entend mettre en place des stratégies visant le renforcement des capacités nationales.

Il s’agira :

- de promouvoir un environnement propice au retour des Togolais de la diaspora qui pourront s’investir dans des secteurs professionnels dans lesquels ils officient déjà dans leur pays d’accueil, pour offrir rapidement au Togo, de nouvelles opportunités scientifiques, technologiques et académiques, en particulier au sein des différents services publics et de l’Etat ;
- d’inciter les Togolais de la diaspora à transférer leurs activités au pays et à investir dans des créneaux où leurs compétences et leurs expertises sont avérées et, ainsi, promouvoir l’emploi des nationaux et des jeunes en particulier, tout en offrant des services nécessaires au développement socio-économique du pays.
98- Ils ont contribué au développement du pays par leurs soutiens financiers à leurs familles et des investissements dans activités génératrice de revenus. Les transferts de fonds de nos compatriotes de l’extérieur vers le Togo sont énormes. Ils sont en effet chiffrés en 2008 à 115 milliards de francs CFA et sont passés à 122,3 milliards en 2009. Le gouvernement s’engage à mettre en place les voies et moyens afin de faciliter davantage ces transferts de la diaspora vers notre pays.

Le développement solidaire

La décentralisation et la démocratie participative
L’engagement du gouvernement de mettre en œuvre la politique de décentralisation conformément aux dispositions de notre constitution s’est traduit par l’adoption d’une lettre de politique sectorielle en 2004 marquant ainsi le point de départ du programme national de consolidation de la décentralisation. Le gouvernement entend compléter le cadre juridique sur l’organisation et le fonctionnement du Fonds d’Appui aux Collectivités Territoriales, sur le transfert des compétences et des ressources, sur le statut des préfets, sur la consolidation des cantons et la détermination de leurs ressorts territoriales, sur la création des communes rurales et sur la passation des marchés publics des collectivités locales et de leurs établissements publics.

Le gouvernement s’emploiera à généraliser la mise en place des collectivités territoriales décentralisées sur l’ensemble du territoire national, à développer et dynamiser le système de financement des collectivités locales, les doter de ressources et de patrimoine propre, améliorer le fonctionnement du contrôle de l’Etat, renforcer la déconcentration de l’Etat et moderniser l’état civil. L’immensité et la complexité de ces chantiers pourraient nous emmener à adopter une approche progressive. Le gouvernement s’engage, par ailleurs, à organiser les élections locales au plus tard en 2011.

Le système éducatif

Après plus d’un an d’efforts, notre pays a accédé aux ressources du programme multilatéral « éducation pour tous ». Nous attachons une importance particulière à la mise en œuvre de ce programme de 45 millions de dollars couvrant la période 2010-2012. Dans le cadre de ce projet nous prévoyons la construction de près de 1000 salles de classe suivant un plan type consistant en un module de trois salles de classes équipées de mobilier, avec bureau et magasin et des latrines séparés filles et garçons ainsi que des points d’eau. Il est également prévu l’acquisition de manuels scolaires (un livre de lecture et un livre de calcul pour chaque élève des écoles primaires publiques et des EDIL), du matériel pédagogique et ludique pour le préscolaire. Le projet prend également en compte l’octroi de subventions de fonctionnement aux écoles primaires publiques et aux EDIL, l’accroissement des capacités de formation initiale des enseignants par la construction de trois nouvelles écoles normales d’instituteurs permettant ainsi à chacune des cinq régions de disposer d’une école de formation et d’améliorer l’allocation des enseignants.

Le recrutement de 8000 enseignants, l’élaboration d’une stratégie nationale d’alphabétisation, l’acquisition de kits d’alphabétisation, la formation du personnel du ministère de l’enseignement primaire sont les autres aspects importants ciblés par ce projet.

Le gouvernement entend par ailleurs :

- poursuivre la transformation des EDIL et CEGIL en EPP et CEG et l’intégration progressive des enseignants volontaires par le biais des concours ;
- poursuivre les réformes engagées dans les universités de Lomé et de Kara pour une meilleure application du système LMD ;
- envisager la transformation du système d’aide en bourse sur la base de mérite et de nécessité ;
- poursuivre la construction d’amphis et de salles de cours pour les facultés ;
- développer la recherche universitaire ;
- réglementer davantage les écoles privées d’enseignement supérieur afin de normaliser leurs programmes d’enseignement ;
- créer deux lycées scientifiques à l’horizon 2012
- promouvoir des échanges fructueux entre les universités et industries.
Il sera redonné à l’éducation civique toute sa valeur afin de faire naître chez chaque jeune togolais un esprit patriotique et de responsabilité vis-à-vis de la chose publique.

Le développement à la base et l’emploi des jeunes

Le développement à la base

En instituant le ministère du développement à la base, le gouvernement répondait au besoin pressant de placer au centre de ses préoccupations, l’amélioration des conditions de vie de nos populations à la base et ce, quelque soit leur lieu de résidence (milieu rural ou urbain) et quelque soit leur secteur d’activité socio-économique. Le développement à la base constitue aussi pour le gouvernement la réponse au risque d’une croissance économique qui ne profiterait qu’à une infime partie de la population. C’est aussi un moyen de raffermir l’appropriation et la résolution des défis socioéconomiques pour les communautés elles-mêmes.
Les résultats obtenus jusqu’alors sont exemplaires. Il nous faut donc poursuivre et accélérer nos actions dans ce secteur. Notre objectif est simple : le maximum, sinon la totalité des communautés villageoises et citadines doivent disposer d’un minimum vital : accès à un centre de santé, à une éducation raisonnable, à l’eau potable, à une activité génératrice de revenus etc.

Nous avons tiré des leçons de notre expérience récente. Dès lors, nous associons au développement à la base, l’importante question de la jeunesse et de l’emploi des jeunes et celle de l’artisanat.

Nous comptons mettre en place une agence de développement à la base ainsi qu’un fonds national d’appui au développement à la base afin de faciliter la mobilisation des ressources et la péréquation de ces dernières sur les différents projets et programmes.
Le gouvernement s’emploiera à renforcer les moyens et les capacités du Projet de Soutien aux Activités Economiques des Groupements (PSAEG) qui permettra chaque année à au moins 500 nouveaux groupements de bénéficier de dotation en matériels et équipements de travail. Un nouveau programme sera mis en route en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des femmes et de leurs ménages, et favoriser l’accès aux micro-technologies améliorées, surtout en milieu rural.

L’emploi des jeunes

Pour promouvoir l’adéquation formation/emploi, notre système éducatif et de formation devra être adapté aux mutations et aux réalités du marché du travail et de l’emploi.

L’un des principaux atouts du Togo, c’est son capital humain. Notre pays dispose d’une jeunesse dynamique et ambitieuse, estimée à plus de 60% de la population.
Le gouvernement va donc renforcer sa politique d’emploi en faveur de la jeunesse et financer les projets porteurs par le biais des différents fonds et mécanismes de financements sans oublier les programmes et projets à haute intensité de main d’œuvre.

A cet effet, le Projet de Soutien aux Activités Economiques des Jeunes (PSAEG) sera poursuivi. Il sera, par ailleurs, formé 1000 formateurs en entrepreneuriat et déployés sur toute l’étendue du territoire en vue de la formation des jeunes.
D’autre part, le gouvernement entend lancer un programme de volontariat national. Ce projet se propose de répertorier les compétences locales et de promouvoir leur utilisation en tant que volontaires nationaux dans le cadre des actions visant la réalisation du développement du pays.

Dans le cadre de l’exécution de ce projet, le gouvernement mettra en place un mécanisme de mobilisation et de valorisation sociale des ressources humaines disponibles dans le pays à travers le volontariat national, ce qui permettra de réduire un tant soit peu le chômage, de faire naître un sentiment de patriotisme chez les jeunes, d’améliorer les conditions de vie des populations par la mise à disposition de compétences nationales, aussi bien au niveau des communautés que des structures d’appui technique.

Malgré certaines lacunes, notamment l’inexistence d’une conception harmonisée de la notion de volontaire national et l’absence de normes générales relatives au volontariat national, le gouvernement amorcera la mise en œuvre du programme sur des bases durables, et ce, en focalisant la mise en place des premiers volontaires nationaux togolais sur la réalisation des objectifs de développement.
Les bénéficiaires directs de ce projet sont les jeunes diplômés à la recherche d’un premier emploi, les déflatés et toute autre personne intéressée par le volontariat national. Les bénéficiaires indirects sont les autorités publiques, les partenaires au développement et la société civile.
Le gouvernement entend également lancer un programme de vacances utiles qui permettra aux élèves et étudiants de contribuer au développement du pays pendant leurs vacances. Pour une première édition, le gouvernement permettra à environ 5000 élèves et étudiants de contribuer à la protection de l’environnement en reboisant contre rémunération forfaitaire, environ 5000 ha repartis sur toute l’étendue du territoire national.

La santé
Malgré les résultats atteints, les problèmes de santé dans notre pays demeurent persistants. Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour améliorer l’accès de nos populations aux soins de santé de qualité et à un meilleur cadre de vie. Durant les cinq dernières années, d’importantes réformes ont été entreprises. Le gouvernement s’emploiera à les poursuivre et à les intensifier. D’ores et déjà, il entend prendre des mesures idoines pour soulager les peines de nos populations. Ainsi le processus de gratification de la césarienne sera effectif à partir de 2010.

Des budgets conséquents seront alloués au Conseil National de Lutte contre le VIH/SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles et au Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles pour mener les actions de prévention et de prise en charge des cas de VIH/SIDA. En outre, la distribution gratuite des Anti-Rétro-Viraux (ARV) et autres molécules aux personnes vivant avec le VIH/SIDA sera de plus en plus intensifiée, en vue de porter les 16 000 cas couverts à 25 000 d’ici à 2012. Le gouvernement accordera, d’autre part, une importance capitale à la qualité de l’accueil des patients et à la qualité des soins au niveau de nos formations sanitaires, ainsi qu’à la répartition équilibrée du personnel socio-sanitaire sur l’ensemble du territoire national.

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, les nouvelles combinaisons thérapeutiques et les moustiquaires imprégnées d’insecticides seront disponibles dans toutes les structures sanitaires du Togo à coûts réduits. Leur distribution gratuite aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans sera poursuivie, voire, intensifiée.

La situation des salles d’urgence est préoccupante. La question sera étudiée avec célérité par le gouvernement afin de prendre rapidement des mesures idoines. Le gouvernement va poursuivre la construction et la réhabilitation de nos infrastructures sanitaires avec la dotation des CHU, CHR et hôpitaux de préfecture en scanner et autres équipements additionnels modernes.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’ONU ont reconnu la drépanocytose comme un problème de santé publique et ont invité les pays membres à mettre en place un programme national de lutte contre ce mal. Au Togo, les statistiques montrent que la fréquence du gène « S » dans la population est de 16% avec des patients estimées à 700.000. Compte tenu de l’ampleur de la maladie dans le pays, le gouvernement devra élaborer les bases d’une politique nationale et un plan d’action contre la maladie. Le gouvernement entend créer un centre de recherche et un pavillon spécialisé au CHU-Campus. Il s’emploiera en outre à lancer des campagnes de dépistage de masse à coût réduit et mener des campagnes de sensibilisation pour mieux faire connaitre la maladie aux populations.
Le gouvernement va encourager davantage les opérations foraines gratuites pratiquées avec succès à travers tout le pays.

Les ressources hydrauliques

Le gouvernement redoublera d’efforts afin de doter progressivement toutes les grandes agglomérations en eau potable. Il entend réaliser d’ici à 2012 dans toutes les régions, environ 1300 forages équipés à motricité humaine et 25 adductions d’eau villageoises. En milieu urbain, 4 systèmes d’alimentation en eau potable dans les quatre nouveaux chefs-lieux de préfectures (Anié, Elavagnon, Danyi et Tohoun) et la réalisation des études technico-économiques pour l’alimentation en eau potable de cinq autres chefs-lieux de préfectures, devront s’ajouter aux 22 chefs-lieux de préfectures déjà alimentés en eau potable.

Le système de gestion des ressources en eau par l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) sera amélioré afin d’accroître la bonne gouvernance et l’accès des populations à l’eau potable. Le gouvernement a, à cet effet, élaboré un code de l’eau en étude à l’Assemblée Nationale. D’autres actions sont envisagées pour une meilleure gestion de nos ressources en eau, de plus en plus vulnérables et limitées. Ces actions permettront au Togo d’ici à 2012, d’une part, d’optimiser et de restaurer les réseaux de mesures existants et de reprendre les campagnes de collectes de données et de leur traitement par des outils performants et, d’autre part, de mettre en place un système intégré d’information pour une meilleure gestion des informations et des données sur l’eau.

Promotion des arts, de la culture, des sports et des loisirs
Conscient que le sport est pour la jeunesse un formidable outil éducatif et d’épanouissement, et pour la nation un puissant facteur de cohésion sociale, le gouvernement va s’atteler à construire, pour l’année 2012, un centre de jeunes à Lomé. Il mettra tout en œuvre pour assainir et moraliser le milieu footballistique national, pour faire prévaloir dorénavant l’intérêt national sur tout autre intérêt et sortir notre football de l’ornière. Le gouvernement encouragera, en outre, la création de centres d’accueil et de formation des jeunes déshérités, surtout des jeunes filles. Il nous faut encourager la création d’une école nationale de formation de football pour servir d’éclosion de talents et d’émulation à nos jeunes. Les semaines culturelles et autres championnats scolaires et universitaires seront redynamisées dans le but de détecter de jeunes talents.

Le gouvernement va adopter une stratégie qui devrait encourager par tous les moyens une participation régulière et qualitative du Togo aux différentes compétitions sportives et culturelles internationales afin d’augmenter la visibilité de notre pays lors des événements sportifs et artistiques internationaux.
L’artiste togolais doit vivre de son art. Pour ce faire, nous prendrons des mesures visant à impulser la création d’une véritable industrie culturelle capable d’exporter ses produits. Pour accroître la présence du Togo sur le plan international, le projet de digitalisation de la télévision nationale et sa diffusion sur satellite sera accéléré pour être opérationnel dans les années à venir.

La gestion de l’environnement et des catastrophes naturelles

Les changements climatiques nous obligent à prendre les mesures idoines pour la protection de notre environnement car la situation est inquiétante.
Le Togo enregistre en effet une déforestation d’environ 4,5 % par an obligeant notre pays à un taux de couverture forestière de 7,5 % du territoire contre 30 % dans les normes d’un écosystème viable et favorable au développement.

Il nous faut donc renverser la tendance en :

- augmentant la couverture forestière du territoire par une intensification des activités de reboisement ;
- poursuivant les efforts d’utilisation des énergies renouvelables ;
- sensibilisant les populations sur les effets des changements climatiques et leurs conséquences ;
- encourageant la création des parcs de loisirs et d’espace verts à Lomé et dans les villes du pays ;
- luttant contre la pollution et l’érosion côtière avec le renforcement de la protection de la berge ouest du Lac Togo ;
- renforçant la capacité des structures impliquées dans la gestion des catastrophes naturelles pour une meilleure coordination des services de secours et d’aide aux sinistrés ;
- renforçant et en équipant notre système d’alerte et de réaction rapide en cas de catastrophes naturelles.
La solidarité nationale et la promotion de la femme
La solidarité nationale
Le gouvernement poursuivra ses efforts pour assurer un minimum de protection sociale à la majorité des Togolais, surtout les plus démunis et les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, les handicapés et les enfants. Nous veillerons au renforcement des capacités des structures existantes, notamment l’Agence de Solidarité Nationale, et à l’amélioration de la prévention et de la gestion de la vulnérabilité de nos compatriotes aux différents chocs et catastrophes.

La promotion de la femme

L’histoire de notre pays nous a démontré combien la femme togolaise a des qualités incontestables qui constituent autant d’atouts fondamentaux pour le développement du pays. C’est fort de ceci que les autorités ont décidé de créer un ministère spécialement dédié à la Promotion de la femme. La femme togolaise est en effet travailleuse, créative et entreprenante. Il nous faut porter dorénavant sur elle un regard qui est de nature à constituer un catalyseur pour son émancipation. Malgré les efforts entrepris dans ce domaine, force est de constater que certaines pratiques la relèguent encore au second plan, chaque fois qu’il s’agit de prendre des décisions majeures concernant la vie de notre pays.
Nous devons accélérer les efforts en cours et ouvrir de nouveaux chantiers pour la promotion de la femme togolaise. Le premier forum de la femme organisé au début de l’année, à Lomé, par le gouvernement traduit notre volonté d’accentuer les réformes engagées en faveur de la promotion des droits humains pour l’émancipation de nos femmes. C’est un grand défi que nous devons relever tous ensemble. Le gouvernement mettra tout en œuvre pour faciliter l’accès de la femme à la terre comme outil de production, au crédit, à la jouissance de ses droits dans une approche genre et à une meilleure protection de sa santé.
Notre mobilisation doit être beaucoup plus forte, plus consensuelle et plus organisée afin de faire de la femme non seulement un bénéficiaire mais également un véritable pilier de notre développement.

Je voudrais donc saluer l’action déterminante de toutes les organisations féminines en faveur de l’émancipation de la femme togolaise.

Notre diplomatie

Le Togo a renoué avec la communauté internationale. Le gouvernement s’emploiera à développer et à consolider cette nouvelle relation de confiance. Le gouvernement entend mettre en œuvre une diplomatie soucieuse de la réhabilitation de l’image du Togo, de sa réinsertion dans le concert des nations, et de son rayonnement dans le monde. Il s’agit également d’une diplomatie active et efficiente, soucieuse de retombées positives pour le développement national, et résolument engagée dans le processus d’intégration africaine.

Pour ce faire, notre politique de relation extérieure devra:

- élargir le cercle de notre coopération à de nouveaux partenaires ;
- renforcer notre coopération avec les pays émergents ;
- orienter davantage notre diplomatie vers des partenariats commerciaux et économiques ;
- augmenter le nombre de nos représentations diplomatiques sur une base ciblée, notamment au Moyen Orient et en Asie;
- consolider la place et le rôle du Togo dans les organisations internationales et sous-régionales : telles que le Conseil de l’Entente, l’UEMOA, la CEDEAO et l’Union Africaine.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Avec l’élection du Président Faure Essozimna GNASSINGBE, le 4 mars 2010, c’est un nouveau chapitre de l’histoire du Togo qui commence. Notre pays dispose d’atouts importants et de potentialités suffisantes permettant d’envisager l’avenir sous de meilleures perspectives. C’est ensemble, que nous construirons l’avenir de notre nation. C’est ensemble qu’il faut continuer le changement. Un Togo émergent est possible. Un Togo de plein emploi, animé par l’impétuosité créative de notre jeunesse, est possible. Un Togo qui promeut l’insertion économique des femmes, est possible. Un Togo où la jouissance totale mais responsable des libertés individuelles et publiques est une réalité, est possible. A condition que nous ayons foi en notre destin commun et à un futur prospère. Ce futur prospère, cet avenir meilleur, il faudra le forger ensemble, le forger individuellement et collectivement par notre engagement, notre civisme, notre discipline, notre ardeur. C’est seulement à ce prix que nous gagnerons la course vers le sommet.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

J’ai développé devant vous les actions que le Gouvernement entreprendra pour traduire dans les faits, la volonté souveraine de l’électorat national qui a scellé, le 4 mars 2010, le contrat de confiance politique réciproque qui lie le Chef de l’Etat, au peuple Togolais. Tous autant que moi, vous mesurez l’ampleur et la complexité de la tâche, les contraintes de temps, de calendrier et de délai, face aux impératifs de bonne gouvernance. Mais le défi est exaltant, et ma détermination, sans faille. Le Gouvernement ne pourra réussir qu’avec le concours de toutes les bonnes volontés.

Mon intime conviction c’est que la Représentation nationale joue pleinement son rôle aux côtés du Chef de l’Etat, dans le cadre qui est le sien et dans le respect bien compris de la séparation des pouvoirs.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

La Constitution de notre pays nous fait obligation de vous présenter notre politique générale et d’obtenir votre confiance pour sa mise en œuvre. Je vous demande solennellement cette confiance avec l’assurance que vous avez pris la mesure des enjeux qui nous attendent et qui doivent trouver une réponse positive, responsable et diligente.

Permettez-moi enfin de m’adresser à nos compatriotes pour leur dire que notre pays vient d’amorcer un tournant décisif. Chacun de nous doit contribuer, à sa manière, à créer les conditions nouvelles pour faire de notre pays une terre où il fera bon vivre pour toutes les composantes de la communauté nationale. Nous ne devons donc pas relâcher nos efforts. Que Dieu nous aide davantage à vivre ensemble et à travailler dans la paix, la réconciliation et dans l’amour de la Patrie, pour faire du Togo, un pays véritablement prospère et assurer son avènement dans le concert des pays émergents.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

(HF.453/ERA)

En photo : Gilbert Houngbo vendredi à l’Assemblée nationale

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