En politique, pas facile de faire son nid

16/06/2008
En politique, pas facile de faire son nid

"Le Nid", est l'un des "petits poucets" de la scène politique togolaise. Il avait pris part aux dernières élections législatives en octobre 2007.

Republicoftogo.com a rencontré son animateur, l'ancien ministre Gabriel Sassouvi Dosseh-Anyron - l'un des transfuges de l'Union des forces de changement (UFC) - qui nous parle de cette formation politique, ainsi que de sa conception des consultations nationales lancées en avril dernier par le chef de l'Etat Faure Gnassingbé. 

Comment se porte "Le Nid", huit mois après les législatives ?

 

Comme tout parti politique qui, au lendemain d'une défaite électorale doit affronter certaines réalités, "Le Nid" ne fait pas exception. Et au-delà de toutes ces considérations, le "Nid" se porte très bien.

 

D'aucuns pensent aujourd'hui que votre parti politique - comme plusieurs autres d'ailleurs - fait les frais de ces législatives. Car, on ne vous voit plus sur le terrain.

 

Dire qu'on n'entend plus parler du "Nid" sur la scène politique aujourd'hui semble un peu exagéré. A l'étape de l'évaluation des actions et stratégies politiques et électorales, les instances du parti privilégient le travail de fond à la politique du mégaphone.

 

Vous avez effectué récemment une tournée dans la région maritime et dans celle des plateaux où vous avez rencontré vos militants. Quel était le message ?

 

Notre parti, au lendemain de la proclamation des résultats définitifs des législatives, a engagé de profondes réflexions sur les origines de son échec inattendu. Au terme de ces réflexions, le bureau exécutif national a décidé la tenue d'une tournée d'évaluation dans chacune des circonscriptions où le parti avait sollicité le suffrage des populations.

Lors de cette tournée, la délégation du Bureau exécutif a échangé avec les responsables des instances locales sur les causes de l'échec, puis a reçu de ces responsables, des propositions pour l'avenir. Les militants, au cours de la tournée, ont entre autres proposé la tenue du Conseil national qui doit servir de cadre pour préparer le prochain Congrès.

Le principal enseignement que nous avons pu tirer de ces tournées est le mauvais fonctionnement des organes de base du parti et à cet effet, le processus de restructuration de ces organes est déjà enclenché.

 

Que pensez-vous des prochaines consultations nationales ?

 

"Le Nid" trouve que les consultations nationales sont les bienvenues et se dit déterminé à apporter son concours pour l'aboutissement du processus.

Selon nous, le travail de la "Commission vérité, justice et réconciliation" pour réussir, doit porter sur la période allant des années quarante jusqu'à ce jour.

Et pour la véritable réconciliation, les résultats de cette Commission, dont notre parti défend ailleurs la composition apolitique, doivent aboutir à une justice équitable, au rapatriement des dépouilles du père de l'indépendance et l'érection d'un mausolée en sa mémoire. Pour notre parti, le modèle péruvien qui a déjà fait ses preuves au Maroc est indiqué pour le Togo tout en prenant soin de procéder à certaines réadaptations qu'imposent les contingences sociologiques et identitaires.

 

Certains observateurs estiment que ce processus pourrait rouvrir certaines blessures. Qu'en pensez-vous?

 

Nous avons l'obligation de tout faire pour que les consultations atteignent leurs objectifs. A cet effet, notre parti en appelle à la responsabilité citoyenne de tous les Togolais. Les erreurs qui ont fait que la conférence nationale a échoué doivent être évitées.

Les populations togolaises soutenaient cette conférence sans connaître réellement ses objectifs. Il serait contre-productif de se laisser aller à la politisations à outrance de ces consultations.

Le processus de réconciliation nationale est une question d'intérêt national, il nécessite le concours de tous les togolais pour son meilleur aboutissement.

Il va falloir se départir de toute considération partisane et reconnaître que ce processus ne doit se confiner dans le seul cadre permanent de dialogue et de concertation tracé par l'accord politique global.

Aujourd'hui, l'occasion est donné au peuple togolais de s'approprier le processus des consultations nationales en y prenant part activement.

Les partis politiques ont un rôle important à jouer en matière d'information et de sensibilisation des populations. Leurs militants ont été au devant de la lutte et sont à cet effet à même de convaincre les populations sur la nécessité du pardon et de la réconciliation nationale.

C'est pourquoi notre parti mettra à contribution ses militants qui, lorsqu'ils étaient à l'UFC ont été au front de la lutte et qui par conséquent, ont été des victimes connues de beaucoup de togolais.

Nous avons prévu beaucoup d'activités pour les jours et semaines à venir dans toutes les fédérations de notre parti. La possibilité d'envoyer une mission du parti au Maroc pour s'imprégner du processus de réconciliation dans ce pays est sérieusement envisagée au niveau de l'état major de notre parti.

La bonne tenue des élections présidentielles de 2010 et la nécessité impérieuse d'éradiquer la violence post-électorale, et notre devoir d'éviter le syndrome Kenya au Togo exigent que tous les Togolais apportent leur contribution pour l'aboutissement du processus. C'est la responsabilité citoyenne qui nous l'impose.

 

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