Esprit de solidarité et de réconciliation

26/04/2011
Esprit de solidarité et de réconciliation

Le président Faure Gnassingbé a rallumé la flamme de l'indépendance mardi en fin de journée à la veille du 51e anniversaire de l’indépendance du Togo. De nombreuses personnalités participaient à la cérémonie dont Gilchrist Olympio, le leader de l’UFC (opposition) et fils du premier président de la République.
"Nous souhaitons que Dieu accorde à chaque togolais, l'esprit de solidarité et de réconciliation" ; a déclaré M. Olympio.
Une retraite aux flambeaux a débuté juste après.
Des conducteurs de taxi motos brandissant des drapeaux togolais et habillés avec des tee shirt aux couleurs nationales ont sillonné les grandes artères de la capitale.
Jeudi un grand défilé aura lieu Place des Fêtes devant le nouveau palais de la présidence. Ce défilé sera suivi d'une garden party.

En photo (à partir de la gauche) : Gilchrist Olympio, le Premier ministre Gilbert Houngbo et le chef de l'Etat, Faure Gnassingbé

Voici le discours prononcé par le chef de l’Etat à l’occasion du 51e anniversaire de l’indépendance
Togolaises, togolais
Mes chers compatriotes,
Comment ne pas être ému en cet instant solennel,  où  par la grâce de Dieu, l’occasion m’est donnée  à nouveau de m’adresser à vous.
Je me sens en effet privilégié de partager avec vous, ce moment fort de la vie de notre nation qu’est la célébration du 51e anniversaire de notre  accession à la souveraineté internationale.
 En cette heure de communion nationale, je voudrais avoir une pensée spéciale pour les malades,  les démunis  et  tous ceux qui vivent dans la détresse. Je pense également à ces dignes filles et  fils du Togo qui sont partis sous le drapeau, défendre dans des contrées lointaines et au péril de leur vie, la paix et toutes les autres valeurs universelles qui nous sont si chères.
Je pense plus particulièrement au contingent togolais de l’ONUCI dont le courage et le professionnalisme sont désormais cités en exemple. Leur contribution inestimable au processus de règlement de la crise ivoirienne est unanimement saluée. Elle fait la fierté du peuple togolais dans son ensemble.
La célébration de notre fête de l’indépendance m’offre également l’occasion de  saluer tous les étrangers qui résident au Togo. Je les invite à se sentir ici comme chez eux.
Alors que notre nation vient de franchir le cap d’un demi-siècle d’indépendance, je me réjouis du long chemin parcouru, des défis relevés et des progrès  réalisés ensemble.
Dans quelques semaines, cela fera exactement un an qu’un accord politique historique a permis l’entrée de l’Union des forces de changement ainsi que d’autres formations politiques au Gouvernement, marquant ainsi une nette rupture avec un passé récent.
 Comme vous avez pu le constater, les grands courants politiques de notre pays ainsi que la société civile y travaillent désormais ensemble dans l’harmonie. Ce qui paraissait hier impensable fait désormais partie de notre vécu quotidien.
Je tiens à cet égard à le souligner une fois encore, l’ouverture n’est pas un reniement de soi. S’ouvrir à l’autre,  ce n’est pas renoncer à ses convictions. Bien au contraire, nos différences sont une source d’enrichissement mutuel.
Après plus d’un demi-siècle de vie commune, nous devrions être en mesure de faire  de nos différences, les ingrédients d’une symbiose agissante, dans l’intérêt supérieur de la nation. Je voudrais ainsi renouveler l’invitation que j’adresse sans cesse à l’ensemble de la classe politique et en particulier, à ceux qui hésitent encore  à rejoindre le train de la reconstruction nationale. Ce train est lancé, il est encore temps de le rejoindre et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. La marche du monde nous commande de resserrer sans cesse nos rangs dans l’unité et la concorde nationale.
Dans cette perspective, nul ne saurait rester indifférent aux évènements que connaît le monde arabe depuis le début de l’année. Les crises successives qui ont éclaté en Afrique du Nord posent en effet une question fondamentale. Comment faire évoluer nos sociétés sans remettre en cause les grands équilibres sans lesquels, aucune nation ne peut prétendre se projeter dans le futur ?
C’est pourquoi, il me paraît judicieux de mettre un accent particulier à travers le dialogue et la recherche du consensus sur les stratégies axées sur la consolidation de nos acquis démocratiques. Il est particulièrement important d’intensifier les actions pour le développement économique et social, en accordant une attention accrue aux  jeunes, à la justice sociale notamment à travers une meilleure distribution des richesses nationales et la lutte contre la corruption.
Par ailleurs, la crise en Cote d’Ivoire qui vient de connaitre un épilogue douloureux nous rappelle à notre devoir de solidarité vis-à-vis de ce pays que nous aimons tant. Il nous appartient désormais à tous d’aider nos frères ivoiriens à panser les blessures et à retrouver définitivement le chemin de la paix et de la réconciliation nationale.
Togolaises, Togolais,
Mes chers compatriotes,
Comme je l’ai déjà indiqué en plusieurs occasions, je suis plus que jamais déterminé, à placer avec votre précieux concours, mon deuxième quinquennat sous le signe l’intensification de la relance économique et l’amélioration du quotidien des Togolais.
Vous avez sans doute pu noter que depuis le mois de février, les revenus des agents de l’Etat ont été sensiblement relevés. Le Gouvernement a pu réaliser cet objectif qui nous tenait à cœur  et je voudrais l’en féliciter. Les efforts du Gouvernement dans ce domaine doivent être appréciés à leur juste valeur, compte tenu du contexte international actuel. Comme vous le savez, les crises internationales   affectent tous les pays, sans exception. On assiste en effet partout à un renchérissement du prix des produits pétroliers et à une flambée du prix des produits de première nécessité.
Les effets de  ces crises bouleversent les prévisions économiques et rendent plus difficile la mise en œuvre des programmes conçus pour mettre nos concitoyens à l’abri du phénomène de la vie chère qui n’épargne aucun pays.
Cependant, au-delà de l’augmentation des salaires, de la mise en place d’un régime d’assurance-maladie et des excédents céréaliers qui  visent à apporter des réponses aux défis liés à la vie chère, je suis résolument  déterminé à prendre en compte l’ensemble des préoccupations du citoyen ordinaire.
Pour pérenniser nos acquis, nous devons impérativement renouer  avec les valeurs citoyennes qui ont fait  notre succès par le passé.
Le sérieux et l’ardeur au travail, la ponctualité, le respect de la hiérarchie, le culte du bien public et le goût de l’excellence ont été pendant de longues années les traits caractéristiques des Togolais.  Nous devons replacer ces valeurs qui s’évanouissent peu à peu au cœur de nos vies.
Nous devons restaurer à tout prix l’autorité de l’Etat. Nous ne pourrons y parvenir qu’en faisant constamment la part des choses entre nos droits et nos devoirs de citoyens. Ces deux notions sont intrinsèquement liées dans toute société démocratique digne de ce nom.
Le droit de manifester sur la voie publique  est un droit fondamental consacré par la Constitution. A ce titre, il doit être protégé. Cependant l’exercice d’un tel droit nécessite un cadre juridique et institutionnel approprié.
Je voudrais à cet égard saluer le compromis qui s’est dégagé et forme le vœu que l’Assemblée Nationale puisse examiner ce texte en tenant compte de la nécessité de sauvegarder ce consensus.
Togolaises, Togolais,
Mes chers compatriotes,
Aujourd’hui, les défis sont immenses dans tous les domaines. Toutefois je note depuis le début de l’année,  quelques signes encourageants et j’en rends grâce à Dieu.
Le processus d’assainissement des finances publiques que nous avons amorcé au prix d’efforts soutenus a connu un heureux aboutissement avec l’atteinte en décembre 2010 du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Nous avons désormais une marge de manœuvre plus grande dans la définition de nos priorités. Cela se  traduit aujourd’hui par une forte hausse des dépenses d’investissement dans le budget 2011.
Dans la même perspective, je me réjouis de constater que le processus de mise en place d’un  régime d’assurance-maladie dans notre pays évolue de manière satisfaisante. Chacun doit toutefois accepter d’apporter sa contribution pour que nous soyons en mesure de cueillir dans les prochains mois, les fruits de nos efforts.
Vous avez pu noter aussi que  les trois dernières campagnes agricoles ont enregistré une production céréalière excédentaire. Il faut s’en féliciter. La mise à disposition d’engrais et des semences améliorées à des prix subventionnés ainsi la réhabilitation et la construction de nouvelles pistes rurales, a largement contribué à cette évolution positive. Ces résultats encourageants du secteur agricole devraient connaître une plus grande ampleur dans les prochaines années, grâce notamment au Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire qui a démarré grâce à l’appui de nos partenaires en développement.
Mes chers compatriotes,
L’éducation est depuis toujours une grande cause nationale au Togo. La marge de manœuvre plus grande que nous avons acquise dans la définition de nos priorités, nous permet désormais de consacrer également des ressources accrues à ce secteur crucial pour l’avenir de notre jeunesse. Mais au-delà des ressources importantes qu’il faut consacrer au secteur éducatif, nous avons surtout besoin d’offrir de meilleures perspectives d’avenir à notre jeunesse, en tenant compte de ses aspirations profondes, en particulier pour ce qui est de l’accès au monde du travail. C’est mon souhait le plus ardent que le Programme de volontariat national  et  l’Appui à l’insertion et au développement de l’embauche-AIDE- puissent permettre  d’œuvrer au renforcement de l’employabilité des jeunes et favoriser leur  auto-emploi.
Je suis à cet égard heureux que nous ayons pu organiser, il y a tout juste quelques jours, comme nous l’avions prévu, le tout premier forum national de la jeunesse. Grâce aux échanges directs avec  les délégués des jeunes venus de tous les horizons, nous avons  été confortés dans l’idée que nous devons poursuivre le dialogue avec nos jeunes, nous devons apprendre à les écouter davantage car ils ne demandent qu’à s’appuyer sur les expériences de leurs aînés pour trouver leurs propres voies dans la vie.
Il nous faut  dès lors améliorer sans cesse l’offre et la qualité de l’éducation. C’est dans cette optique que s’inscrit le Projet Education et Renforcement Institutionnel qui prévoit la construction  d’écoles normales supérieures dans les cinq régions économiques de notre pays.
Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, le Gouvernement poursuit son appui à la mise en œuvre du système LMD dans les universités nationales. La construction de nouveaux amphithéâtres et de bâtiments administratifs à Lomé et à Kara a démarré et contribuera  à asseoir les bases pour une université de qualité au Togo.
Mes chers compatriotes,
Il n’est pas nécessaire de s’étendre outre mesure sur l’état d’avancement du processus de réhabilitation de nos infrastructures routières. Vous en êtes témoins tous les jours, notamment à Lomé qui est une ville en chantier. Le Gouvernement s’efforce de prendre les mesures nécessaires afin que la saison des pluies qui s’annonce, perturbe le moins possible le calendrier d’exécution des travaux.
Je voudrais toutefois m’attarder quelque peu sur  le démarrage effectif des travaux destinés à éliminer les deux grands points noirs de la carte routière du Togo que sont la faille d’Alédjo et les monts Défalé. Ces deux points, très accidentés et extrêmement dangereux, ont longtemps constitué une vraie hantise pour les transporteurs routiers de notre pays et ceux de la sous-région. J’ai personnellement assisté au démarrage des travaux de contournement qui avancent à un rythme satisfaisant. Je reste convaincu que la fin des travaux permettra de réduire considérablement les risques d’accident et d’améliorer la compétitivité du Port autonome de Lomé.
Sur ce plan, le démarrage effectif en mars dernier des travaux de construction du 3e quai  est un motif de réelle satisfaction pour tous les togolais. Il s’agit d’un vaste chantier de modernisation et d’extension du terminal à conteneurs qui permettra d’ici cinq ans de doubler la capacité du Port autonome de Lomé.
Togolaises, Togolais,
Mes chers compatriotes,
Comme vous le voyez, le Togo avance. Malgré la conjoncture internationale difficile et les contraintes de toutes sortes, des progrès sont perceptibles. Mais nous pouvons et nous devons mieux faire. Nos efforts doivent être poursuivis et intensifiés. Et puisque nous vivons à l’ère de l’interdépendance, nous devons conjuguer nos efforts avec les autres nations du monde. Nous devons nous ouvrir davantage au monde et inciter le monde à s’ouvrir encore plus à nous. Nous devons apprendre à nous appuyer sur l’expérience et le savoir-faire des autres pour définir nous-mêmes les stratégies qui peuvent permettre à notre pays de consolider sa marche vers la prospérité économique.
C’est dans cet esprit que  j’ai mis en place un Conseil présidentiel pour l’investissement au Togo afin qu’il nous aide, à définir des stratégies appropriées pour attirer les capitaux étrangers dont notre économie a tant besoin pour se diversifier.
Il appartient certes à chaque nation de tracer sa voie pour le développement. Mais il ne faut pas réinventer à chaque fois la roue.
Les membres du Conseil présidentiel pour l’investissement sont d’éminentes personnalités du monde des affaires venues d’horizons divers. Leur expérience et leur savoir-faire  sont gracieusement mis à la disposition de notre pays pour l’aider à tracer sa voie vers la prospérité.
Avec l’adoption récente de la loi organique portant création du Conseil économique et social, j’ai bon espoir que cette prévue par la constitution sera installée sous peu.
Parallèlement, la lutte que nous avons lancée contre la corruption sera poursuivie avec une plus grande vigueur, et cette lutte doit être l’affaire de tous.
Il faut reconnaître que dans le domaine de la sécurité juridique, nous avons beaucoup à faire. Il y a encore des situations malheureusement trop nombreuses qui interpellent le bon sens et le sens de la justice sociale.
S’agissant notamment  du foncier, nous devons nous débarrasser de certaines  pratiques rétrogrades qui plongent des milliers d’honnêtes  citoyens dans le désarroi.
Comme vous le savez, avoir un toit à soi a été de tout temps  la priorité des priorités pour le Togolais. Beaucoup sont prêts à tout sacrifier pour atteindre cet objectif. Ce besoin légitime d’accéder à la propriété foncière donne malheureusement lieu à des pratiques peu recommandables. Les efforts de toute une vie sont parfois réduits à néant à cause du phénomène des doubles-ventes qui constituent un véritable fléau dans le secteur foncier.
Cet état de choses doit changer. Des mesures seront prises pour protéger désormais les contractants de bonne foi, en tenant bien entendu compte de la complexité de la question foncière.
Mes chers compatriotes,
Vous le savez mieux que quiconque, tout ne sera pas fait en seul un jour. Mais nous devons nous efforcer dans tous les domaines de poser un à un, les jalons et les fondements d’une société nouvelle au Togo.
Après cinquante ans d’indépendance, je souhaite vivement que nous puissions  trouver dans nos traditions et dans le souvenir des épreuves communes, tous les ressorts pour avancer à grands pas vers la construction d’une nation togolaise moderne, réconciliée et ouverte sur le monde.
Je souhaite vivement que nous puissions consolider grâce aux  efforts quotidiens de tous les Togolais, la conscience de notre originalité nationale, la conscience d’une spécificité togolaise, bâtie autour des vertus du dialogue et de la concertation, grâce auxquelles nous trouvons toujours, quelle que soit la situation, la voie du compromis et de la cohésion. Ce devoir de cohésion s’impose à tous. C’est le seul moyen de nous positionner  désormais comme une nation stable et orientée vers le progrès.
Je vous souhaite à tous, une bonne fête de l’indépendance
Vive la nation togolaise. Vive le renouveau. Je vous remercie.

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