Fin de la conférence de l'Aldepac

28/06/2008
Fin de la conférence de l'Aldepac

La 3ème Conférence de l'Alliance des Libéraux et Démocrates pour l'Europe, l'Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (ALDEPAC) a pris fin samedi à Lomé. Ouverte officiellement 24 heures plus tôt par le président du Togo, Faure Gnassingbé, elle a été clôturée à l'Hôtel Sarakawa par le Président de l'Assemblée Nationale, Abass Bonfoh.

Les participants ont dressé un bilan globalement satisfaisant des travaux. Réunis autour du thème « l'Afrique libérée, feuille de route de l'Etat libéral et démocrate », les participants ont passé en revue les différents maux qui minent le continent africain et proposé des solutions fondées sur le modèle libéral et démocrate. Ces propositions en neuf points sont contenues dans une déclaration dite « Déclaration de Lomé ».Les assises ont abordé de nombreux thèmes dont la nécessité pour les Etats africains de promouvoir les droits et libertés, l'urgence de passer de l'aide extérieur à un vrai appui au développement. La situation au Zimbabwe a également été évoquée

DECLARATION DE LOME

L'Alliance des Libéraux et Démocrates pour l'Europe, l'Afrique, les Caraïbes et le Pacifique (ALDEPAC) s'est réunie à Lomé du 26 au 28 juin 2008 pour un séminaire intitulé « l'Afrique Libérée, Feuille de Route de l'Etat Libéral et Démocrate ».

Le Président de la République du Togo, S.E. Faure Essozimna Gnassingbé a officiellement ouvert la conférence en présence des co-président ALDEPAC MM. Bawa Bwari et Johan Van Hecke, MPE, de l'ancien Président de la République du Burundi, S.E. Pierre Buyoya, du Président du Groupe ADLE au sein du Parlement européen, M. Graham Watson, de la Présidente du Parti ELDR, Mme Annemie Neyts, MPE, ainsi que des membres libéraux et démocrates des Parlements de vingt-quatre pays ACP et de huit pays de l'Union Européenne.

La déclaration suivante a été adoptée

1)    ALDEPAC est convaincue que tout processus de libération doit débuter par les individus. Chaque citoyen a le droit de développer sa vie culturelle, spirituelle et économique, en jouissant d'un respect total des droits de l'homme et de l'Etat de droit. L'expérience historique et les échecs des autres systèmes politiques ont démontré que la Démocratie Libérale offrait les moyens adéquats pour accomplir une libération aussi complète à travers toute la société. Dans une démocratie libérale, la lutte contre la pauvreté et le droit à l'éducation sont les premières étapes de l'émancipation réelle d'un individu.

2)    Un Etat Libéral Démocrate réellement libéré garantit la liberté de ses citoyens, leur liberté d'expression et d'association. Il garantit également le respect de l'Etat de droit et adopte une position dure face à l'impunité judiciaire. Pour que les Nations africaines puissent réaliser leur plein potentiel, elles doivent pouvoir s'appuyer sur un Etat qui fonctionne de façon efficace.

3)    Le rôle des femmes, en particulier dans la vie politique, est crucial et doit être défendu. Il est urgent de prendre des mesures permettant d'atteindre un équilibre des genres.

4)    La démocratie libérale préconise un Etat dont les fondations reposent sur des institutions qui fonctionnent bien. C'est une doctrine humaniste progressive qui s'oppose par essence au modèle de gouvernement invasif et extrêmement lourd. Elle défend au contraire le principe selon lequel le pouvoir du gouvernement et ses institutions sont limitées afin de permettre une action appropriée au bon niveau.

5)    Afin d'inspirer la confiance des citoyens, les institutions doivent être caractérisées par le bonne gouvernance et non la corruption et le népotisme.

6)    Les institutions doivent soutenir et consolider la démocratie représentative. Les élections doivent se dérouler de manière démocratique et transparente et les résultats doivent être respectés. La crise que traverse le Zimbabwe est le parfait exemple des abus qui doivent être fermement condamnés par la communauté internationale. La conférence ALDEPAC a adopté une résolution sur le Zimbabwe annexée à la présente déclaration.

7)    Les citoyens ne peuvent accomplir leur libération que si les valeurs fondamentales citées plus haut sont respectées en luttant contre la pauvreté, l'ignorance et la discrimination des sexes. L'accumulation aveugle de richesse est un frein à la liberté réelle, c'est pourquoi le développement économique en soi n'est qu'un moyen et non une fin. L'Etat, en particulier en Afrique, doit assumer sa responsabilité en offrant un cadre légal pour une économie de marché qui fonctionne bien, relayée par une responsabilité sociale tels qu'une éducation universelle de bon niveau et une justice sociale. La sécurité sociale a un impact direct sur la réduction de la pauvreté et le développement socio-économique. Elle contribue à la croissance économique en encourageant les investissements des petits entrepreneurs privés et elle promeut les activités génératrices de revenu ainsi que la productivité , en fournissant un accès aux soins de santé. C'est pourquoi, afin d'avoir un impact réel sur la pauvreté, les structures de sécurité sociale doivent être étendues aux membres les plus vulnérables de la société.

8)    Depuis plus de 40 ans, l'Aide Extérieure au Développement n'a pas eu tout l'impact attendu sur l'amélioration du bien-être d'une grande majorité d'Africains. Au contraire, elle a contribué à une culture de dépendance économique qui est en concurrence et empêche parfois les initiatives dans l'entreprenariat. Une nouvelle perspective est nécessaire afin de revigorer les économies africaines et permettre l'émancipation économique. L'initiative privée peut être le catalyseur de la croissance économique. Une initiative privée dont l'objectif ne serait pas tant la recherche du profit en tant que tel, mais l'opportunité pour tous de mettre en Œuvre leurs idées et exercer leurs talents sur un marché ouvert. Un commerce international ouvert et l'intégration régionale sont essentiels pour la création de zones de libre-échange n'entravant pas les barrières douanières. Afin de créer un climat favorable à l'investissement étranger, il faut une structure combinant la bonne gouvernance, l'Etat de droit, l'absence de corruption, une bureaucratie légère et l'accès aux crédits et micro crédits.

9)    Moins de dépendance du côté des pays bénéficiaires de l'aide implique plus de « ownership ». Ceci recquiert une plus grande aide budgétaire accompagnée d'une responsabilité mutuelle adéquate, ce qui signifie un plus grand contrôle démocratique des dépenses publiques. Les parlements pluralistes devraient disposer des compétences appropriées pour réaliser ce contrôle démocratique dans la plus grande transparence.

Ici à Lomé, ALDEPAC réaffirme solennellement les valeurs de la démocratie libérale qui représente les moyens de faire face aux défis qui se présentent à nous dans une société qui change et qui devient de plus en plus globale.

La promotion de la dignité humaine dans le monde, la lutte contre le changement climatique, la gestion de l'immigration, la lutte contre le trafic d'êtres humains, le crime international organisé et le terrorisme, ne sont que quelques problèmes globaux qui doivent être résolus d'urgence. La démocratie libérale est prête à relever ces défis.

 

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