Freddy Nkurikiyé : « Certains togolais aiment jouer à se faire peur »

18/01/2010
Freddy Nkurikiyé : « Certains togolais aiment jouer à se faire peur »

Le spectre de 2005 plane sur le Togo. Va-t-on assister à une vague de violence comme celle qu’avait connu le pays lors des précédentes présidentielles ? C’est peu probable.
D’abord, le contexte politique n’est plus le même. Depuis cinq ans, le climat s’est apaisé et le scrutin législatif de 2007 s’est déroulé sans aucun problème. Ensuite, la population n’est plus disposée à laisser quelques centaines de casseurs paralyser le pays. Enfin, de nombreuses ONG mènent sur le terrain un travail d’information et d’explication auprès électeurs.
« Interafrica » est l’une d’entre elles. Cette organisation travaille sur les questions liées au renforcement de la démocratie et de la réconciliation nationale. A sa tête, Freddy Nkurikiyé (photo), un Burundais installé au Togo depuis quatre ans.

Republicoftogo.com : Le fait d’être burundais vous donne-t-il une légitimité pour parler de non violence au Togo ?
Freddy Nkurikiyé : Dans mon pays, les choses ont commencé en 1996 avec un putsch raté, mais la guerre dure depuis 14 ans. Je ne souhaite pas que le Togo vive ce que moi j’ai subit au Burundi.
J’ai observé que malheureusement certains togolais aiment jouer à se faire peur. Il est important de comprendre qu’une fois que l’on rentre dans un cycle de violence, on ne sait jamais comment ça se termine.
Depuis 2009, nous avons beaucoup travaillé en rencontrant les leaders sociaux pour leur expliquer qu’un environnement serein doit prévaloir avant, pendant et après les élections.
La présidentielle doit être un rendez-vous avec la démocratie retrouvée.
Il faut définitivement tourner la page des suspicions et des violences et ouvrir un nouveau chapitre ; celui de la reconstruction et de l’harmonie entre Togolais.
Republicoftogo.com : En tant qu’étranger vivant au Togo, quel regard portez-vous sur la situation politique actuelle ?
Freddy Nkurikiyé : Je suis arrivé ici en 2006 avec des appréhensions et des a priori négatifs. Depuis, les choses se sont bien améliorées.
Le dialogue majorité-opposition est apaisé ; normal puisque des députés de l’opposition siègent à l’Assemblée. La presse n’est plus aussi agressive qu’auparavant et les gens discutent politique normalement, ce qui n’était pas si évident il y a quelques années.
Il y a eu également une prise de conscience de l’opinion sur le fait que la violence ne mène nulle part. Les Togolais dans leur immense majorité veulent la paix, un pays stable et bien géré, plus de pouvoir d’achat et des conditions de vie meilleures.

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