Gerry Taama : ‘La démocratie, c’est la vitalité des énergies’

16/03/2015
Gerry Taama : ‘La démocratie, c’est la vitalité des énergies’

Komandega Gerry Taama

A l’occasion de l’élection présidentielle qui se déroulera le 15 avril prochain, republicoftogo.com lance une série d’entretiens avec les 5 postulants. Premier à s’expliquer sur les raisons de sa candidature, Komandega Gerry Taama. 

Le président du Nouvel engagement togolais (NET) avait un moment songé à renoncer en raison du mode de scrutin – à un tour – qu’il jugeait défavorable. Mais il a depuis fait marche arrière.

La multiplication des candidatures dans l’opposition, si elle est bien exploitée, peut devenir une force, estime ce Saint-Cyrien.

Republicoftogo.com : Fin décembre 2014, vous assuriez ne pas être candidat en cas d’un scrutin à un tour. Or vous l’êtes aujourd’hui. Avez-vous évolué sur la question ?

Komandega Gerry Taama: En vérité, nous avons précisément dit qu’en cas de scrutin à un tour, nous verserons notre candidature dans toute initiative concertée, inclusive et crédible de l’opposition qui nous conduirait à un candidat unique. Comme vous l’avez constaté, ce n’est pas le cas à la veille de cette élection. Nous avons tout naturellement obéi à nos délégués, qui dans les recommandations du congrès du 20 décembre 2014, m’ont demandé de les représenter à cette élection pour tracer la voie du NET. C’est justement ce que je fais par cette candidature.

Republicoftogo.com : Le débat d’idées, la confrontation de programmes sont absents lors des élections présidentielles au Togo. Que proposez-vous aux Togolais si vous êtes élu ?

Komandega Gerry Taama : Nous sommes à quelques jours du début de la campagne, et même si je piaffe d’impatience de dévoiler notre programme, je vais me tempérer et le faire au moment opportun.

Ce que je peux dire à ce sujet, c’est que le débat politique au Togo est sclérosé par des positions extrêmes. Vous avez d’un coté ceux qui veulent que l’actuel président reste quasiment à vie et ceux qui veulent le dégager par tous les moyens sans que personne ne nous dise exactement pourquoi. L’argument selon lequel le pays renait n’a pas de sens quand on sait qu’il n’y a pas eu de renaissance dans la continuité, et quand on voit que plus de 60% de notre population vit toujours en dessous du seuil de pauvreté. Pour les autres qui crient à l’alternance en le présentant comme un programme, rien de concret ne vient étayer cette revendication de l’alternance, en dehors de l’hérédité. Ça suffit, il faut opposer programme contre programme.

Republicoftogo.com : Quatre candidats de l’opposition affrontent le chef de l’Etat. Est-ce selon vous le meilleur moyen de parvenir à l’alternance ?

Komandega Gerry Taama : Non, quatre candidats s’affrontent. On aura un seul vainqueur. Ce n’est sans doute pas le meilleur scénario possible, surtout pour des partis qui ont œuvré ensemble dans des regroupements. Mais c’est un fait, et il faut travailler avec. Par contre, vue l’état de décomposition dans laquelle se trouve notre tissu social, la multiplicité de candidatures dans l’opposition, si elle est bien exploitée, peut devenir une force. Si tous les partis ciblent un certain électorat et maximisent le prélèvement, la différence de voix à la fin risque d’être faible et dans ce scenario, un des candidats peut être victorieux d’une très courte tête. Ce candidat sera le NET, nous l’espérons.

Republicoftogo.com : La crise qui secoue l’opposition n’est pas de bonne augure pour le 15 avril. Voyez-vous sa recomposition après la présidentielle ?

Komandega Gerry Taama : La crise qui secoue l’opposition est la même à la veille de chaque élection présidentielle. Y aura-t-il une recomposition de la classe politique ? Oui, sans doute. Les quatre candidats sont tous à leur première expérimentation de cette configuration. Donc, oui, suivant les résultats, il y aura forcément une recomposition du paysage politique.

Si nous gagnons cette élection, nous mettrons sur pied immédiatement un gouvernement de transition. La crise est trop grande et la méfiance trop importante. Il faut que ce gouvernement de large compétence conduise rapidement aux reformes et renforce les institutions, en vue de rendre notre pays plus compétitif.

Republicoftogo.com : Qu’avez-vous de fondamentalement différent par rapport aux autres candidats de l’opposition ? Tous affirment vouloir gagner mais à part ça

Komandega Gerry Taama : Notre premier atout est notre absence de complexe. Nous ne trainons pas notre passé comme un boulet. Nous n’avons pas, comme le président sortant, un héritage biologique indélébile, ou comme les autres leaders de l’opposition, un palmarès de longévité et souvent la médaille d’honneur de participation à la conférence nationale souveraine. Je portais des culottes courtes en 1991. Cette absence de complexe nous permet d’aborder les sujet du moment dans leur nudité, sans se gargariser d’un prétendue expérience qui au final, n’a pas eu de résultat.

Mon second atout est ma jeunesse. Je suis le benjamin de cette élection (40 ans, ndlr) et comme vous le savez, plus de 60%  de notre population a moins de 35 ans. Nos thématiques développées sont celles de l’emploi, de l’éducation, des nouvelles technologies, et des loisirs. Et quand nous parlons de la jeunesse, parmi les autres candidats, nous au moins, nous savons de quoi nous parlons.

Mon dernier atout est l’audace. De tous les candidats, je suis sans doute le plus improbable. Notre parti est jeune et sans ressources, nous avons pris la décision d’aller à cette élection tardivement, et pourtant, aujourd’hui, nous sommes là, prêts à en découdre. Nous sommes là parce que des gens sont séduits par notre approche et nous aident.  Et c’est notre plus grand atout, car ma candidature est sans aucun doute celle qui produira le résultat le plus insolite. Nous sommes toujours là où on ne nous attend pas.

Republicoftogo.com : Demandez-vous aux sympathisants de l’ANC, du CDPA ou de l’ADDI de voter pour vous ? 

Komandega Gerry Taama : Bien sûr que non. J’ai un fair-play qui me l’interdit. Je demanderai simplement à tous les sympathisants de l’opposition qui militent depuis 25 ans sans aucun succès à oser la rupture, la jeunesse, et peut être même la fougue de notre engagement. 

La démocratie, c’est la vitalité des énergies. Il faut les renouveler, et nous sommes la nouvelle semence. Mais nous nous adresserons aussi à ceux qui, depuis 1967, ont milité dans le parti Etat et qui ont suivi toute les mutations du parti au pouvoir. Il est temps d’essayer une autre approche. Cette approche, c’est celle du NET.

Commentaires

Loading comments ...

Loading comments ...

IL NE FALLAIT PAS MANQUER

Les hommes qui savent aimer Valentine

Culture

La jeune chanteuse togolaise Valentine Alvares poursuit sa carrière à un rythme impressionnant. Elle vient de dévoiler son nouveau clip.

Tchanilé Banna radié à vie

Sport

L’ancien entraîneur des Eperviers, Tchanilé Banna, organisateur d’un match bidon au Bahreïn en septembre 2010, a été radié à vie par la FIFA.

Un univers musical sans frontières

Culture

Le franco-togolais Jer Ndoti donnera un concert vendredi à l'Institut Français du Togo. Un voyage dans l'univers du jazz et des musiques afri-cubaines.

Le Fonds PISCCA finance 9 projets

Coopération

Plusieurs initiatives locales contribuant à renforcer la société civile et à promouvoir les droits sociaux et économiques viennent de recevoir un coup de pouce.