'J’ai préféré l’audace à l’immobilisme'

15/02/2013
'J’ai préféré l’audace à l’immobilisme'

Ancien syndicaliste étudiant à la tête du MEET, meneur de la contestation anti-gouvernement sur le campus de l’Université de Lomé il y a encore quelques mois, Adou Séibou (photo) a quitté les bancs de la fac, maîtrise en poche, pour rejoindre … le parti présidentiel UNIR où il s’occupe de la jeunesse.

Republicoftogo.com : Du MEET à UNIR, la transition est surprenante

Adou Séibou : J’ai été rattrapé par la politique. Je me suis posé plusieurs questions au lendemain du congrès du MEET. Il fallait choisir entre l’audace et l’immobilisme. J’ai fait le choix de l’engagement en faveur de la jeunesse et c’est ainsi que j’ai décidé de rejoindre le parti du président Faure Gnassingbé. Mais je reste président d’honneur du MEET.

Republicoftogo.com : On vous croyait plutôt du côté de l’opposition

Adou Séibou : C’est l’erreur du Togolais. On n’a jamais voulu faire la différence entre la lutte politique et un mouvement à caractère social. Moi, j’étais à l’Université et beaucoup d’hommes politiques souhaitaient que je travaille avec eux. Plusieurs m’ont fait des appels du pied, mais à l’époque, ce n’était pas ma mission. 

Republicoftogo : Ne craignez-vous pas d’être mal compris par vos anciens camarades ?

Adou Séibou : Quelque soit ce que les  gens diront de moi, l’histoire retiendra que j’ai fait un choix et je l’assume en toute responsabilité. Je lance un appel à toute la jeunesse togolaise. Le temps de l’audace est venu. Notre avenir ne se mesure pas à notre capacité à lancer des pierres. Nous devons réfléchir pour faire du Togo un pays nouveau.

Republicoftogo.com : En tant qu’ex-leader estudiantin, que regard portez-vous sur la situation dans les universités ?

Adou Séibou : Il y a quelques mois les conditions d’étude étaient chaotiques. Mais les mouvements de contestation ont amené les gouvernants à faire des efforts. Mais, c’est vrai qu’il y a encore des difficultés liées à la gestion même du système LMD (licence, master doctorat, ndlr). Ces problèmes sont concernent à l’évaluation, à l’affichage des résultats, à la reprogrammation des Unités d’enseignement. En dehors de ça, et façon générale, les progrès son réels.

Republicoftogo.com : Comprenez-vous les nouvelles réclamations de certains étudiants qui se plaignent de ne pas avoir reçu leur bourse ?

Adou Séibou : Je comprends les frustrations de certains camarades qui n’ont pas perçu les bourses et allocations et certains qui ne peuvent plus être logés dans les cités universitaires pour cause de travaux de réhabilitation. Concernant les bourses et allocations, il y a des réclamations qui ont été faites. Certains ont mal écrit leur nom et il y a eu quelques difficultés dans la transmission des résultats entre l’Université et la Direction des bourses et stages. D’après mes informations, tous les dossiers ont été traités.

Republicoftogo.com : Les campus sont plutôt calmes après l’agitation observée l’année dernière

Adou Séibou : Nous avons tous intérêt à ce les universités soient calmes. Tout progrès n’arrive que dans la paix. Les autorités ont faits beaucoup d’efforts. Le retard accusé l’année passée est en train d’agir sur le découpage de la nouvelle année. Moi je m’étais engagé afin d’obtenir des universités qui proposent des conditions optimales d’étude. Je pense que le calme qui règne actuellement n’est que la conséquence des initiatives prises par le gouvernement.

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