Le Frac cannibalise l’UFC

02/04/2010
Le Frac cannibalise l’UFC

Quel point commun y a-t-il entre Jean-Pierre Fabre, le candidat de remplacement de l’UFC, Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre du président Gnassingbé Eyadema, Kofi Yamgnane, ancien homme politique français à la recherche d’une retraite dorée au Togo, Maurice Dahuku Péré, président de l’Assemblée nationale sous Eyadema et l’un des principaux dirigeants du RPT ou encore François Boko, auteur d’une tentative de coup d’Etat à la veille des présidentielles de 2005 et réfugié en France depuis ?
Disons le tout net, ces responsables ne s’entendent sur rien sauf sur une chose, leur volonté de faire partir le président Faure Gnassingbé pourtant réélu le 4 mars dernier.
Et chacun estime disposer de la légitimité nécessaire quitte à glisser des peaux de bananes aux autres.
A cette fin, ils ont créé quelques jours avant le scrutin à la va vite une improbable coalition dénommée FRAC, Front républicain pour l'alternance et le changement.
Le candidat de l’UFC s’est donc présenté sous la double casquette du parti fondé par Gilchrist Olympio et de ce rassemblement hétéroclite qu’est le FRAC.
Déjà désorientés par l’absence de M. Olympio au scrutin (ce dernier a fait une chute malencontreuse aux Etats-Unis l’empêchant de passer la visite médicale réglementaire), les électeurs n’ont pas compris pourquoi Jean-Pierre Fabre se réclamait aussi du FRAC.
Ce malaise persiste avec les appels à manifester lancés par l’UFC en association avec d’anciens proches du régime et des pièces rapportées comme Kofi Yamgnane.
Progressivement, le FRAC est en train de cannibaliser l’Union des forces de changement.
Or, l’UFC est bien le dépositaire d’une opposition authentique au Togo. Depuis des décennies, ce parti s’est battu contre le régime en place.
On peut contester certaines de ses méthodes (il est en partie responsable de 15 ans de sanctions économiques imposées par l’Union européenne), mais il faut aussi reconnaître que c’est la seule formation à n’avoir jamais accepté de concessions avec les autorités.
On ne peut pas en dire autant de MM . Kodjo, Péré, Boko ou Yamgnane qui dans un passé récent ne se gênaient pas d’attaquer l’UFC et son leader, Gilchrist Olympio.
Les Togolais n’ont pas la mémoire courte et souhaitent retrouver les fondamentaux d’un combat politique démocratique où une opposition forte et responsable peut jouer un rôle d’équilibre face à la majorité.
Pour l’UFC, l’heure est à un retour à ses origines au risque de perdre son âme et le soutien d’une partie de la population.

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